Category Archives: Amerique Latine

L’agroécologie et l’agriculture paysanne pour préserver la biodiversité

. . DEVELOPPEMENT DURABLE . .

Un article de AVSF, Agronomes & Vétérinaires Sans Frontières

Le 6 mai 2019, dans son rapport sur la biodiversité, l’IPBES [La Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques] alertait sur la menace d’extinction de près de 1 million d’espèces animales et végétales à court terme. L’agriculture et l’élevage industriels sont en partie responsables de ce désastre. L’agroécologie et l’agriculture paysanne représentent une alternative urgente pour préserver la biodiversité.

En 2017, nous alertions lors de notre campagne de l’érosion inquiétante de la biodiversité agricole : 75% des variétés comestibles ont disparu en 100 ans (FAO). L’essentiel de l’alimentation humaine repose uniquement sur 12 espèces végétales et 14 espèces animales ! Au cours des 10 dernières années, au moins une race animale domestique a disparu chaque mois (et ses caractéristiques génétiques avec elle), et 20% des races bovines, caprines, porcines, équines et avicoles du monde risquent actuellement l’extinction. En cause: la promotion d’une agriculture productiviste à haut investissement de capital et d’intrants de synthèse, en recherche de très hauts rendements à court terme. Or l’agroécologie en conditions d’agricultures paysannes s’avère une solution : elle s’appuie sur la biodiversité agricole, la valorise tout en  la protégeant, et ce faisant contribue au maintien de de la biodiversité dans son ensemble.

La biodiversité agricole est une partie de la biodiversité qui, au travers de la production agricole, contribue à l’alimentation des populations de même qu’à la préservation des écosystèmes. Elle est particulièrement importante pour maintenir la productivité et la résilience des systèmes de culture et d’élevage dans des environnements précaires et vulnérables. C’est cette grande diversité d’espèces végétales et de races animales adaptées au milieu local qui garantit en effet la survie de nombre de paysans d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique Latine dans leurs fermes et sur leurs terroirs, même dans des conditions climatiques difficiles et sur des sols fragiles.

Dans les pays du Sud, les initiatives se multiplient depuis quelques années, pour revaloriser les espèces locales et préserver durablement la biodiversité agricole. Ces initiatives, souvent développées à l’échelle des exploitations familiales, ont mis en lumière la relation étroite qui existe entre sécurité alimentaire et biodiversité.
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Question for this article:

What is the relation between movements for food sovereignty and the global movement for a culture of peace? 



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Deux projets qui préservent la biodiversité agricole

Au Nord d’Haïti, des petits producteurs transforment du cacao de qualité, issu de variétés anciennes, criollo et trinitario, typiques des Caraïbes. Réputées pour leur finesse et leurs arômes puissants, ces fèves sont principalement destinées à la chocolaterie haut de gamme, à l’instar du criollo qui ne représente que 5% de la production mondiale, et s’avère donc une variété recherchée. Bien que les chocolatiers soient fortement demandeurs, ces fèves étaient jusqu’à présent mal valorisées sur le marché mondial. Pourquoi ? Parce que ces fèves haïtiennes n’étaient pas fermentées, une étape primordiale qui libère les “précurseurs” d’arômes. AVSF a donc formé les producteurs des coopératives paysannes FECCANO aux techniques de fermentation de ces variétés anciennes. Plusieurs centres de fermentation, de collecte et de conditionnement ont été installés pour les producteurs des 8 coopératives. Un cacao aujourd’hui très fortement rémunéré sur les marchés bio, équitable et de qualité en Europe, au bénéfice tant des producteurs que de la biodiversité : cultivé au coeur de jardins boisés en association avec de nombreux bois d’ombrage et fruitiers et autres cultures, le cacao joue un rôle important non seulement dans la sécurité alimentaire, mais aussi pour le maintien de la fertilité et de la biodiversité en général.

Partout en Afrique de l’Ouest, l’élevage paysan est quant à lui caractérisé par la diversité de races de bétails qu’il valorise. Ces races ont su développer des capacités d’adaptation exceptionnelles qui ont valu leur durabilité, de même que des résistances à certaines maladies parasitaires, comme la trypanosomiase, transmise par la mouche tsé-tsé et endémique dans toute la région. Or de nos jours, cette durabilité est menacée par l’érosion inquiétante de la diversité des races locales, de plus en plus évincées par des races introduites pour leur plus forte productivité en lait et viande.

Au Sénégal, AVSF soutient des organisations d’éleveurs pour mieux valoriser le bétail ruminant endémique (la race Ndama par exemple) et démontrer sa compétitivité tant sur les marchés que pour la résilience des populations face à des chocs climatiques ou économiques. Race de petit format, possédant une bonne fécondité, sa vitesse de croissance et sa conformation satisfaisantes lui confèrent des qualités bouchères indéniables. Cette valorisation se fait à travers l’organisation de concours, d’expositions et de foires spécifiques à ces espèces et races.

À travers ses nombreux projets AVSF agit auprès des paysans du Sud depuis 40 ans pour préserver et reconquérir la biodiversité cultivée et animale et assurer ainsi leur sécurité alimentaire ainsi que celle des populations urbaines qu’ils nourrissent.

DÉCOUVRIR D’AUTRES ACTIONS TERRAINS

Lire notre dossier de fond

(Merci a Kiki Chauvin, le reporter de CPNN pour cet article.)

Haïti-Rép. Dom. : « Pour une culture de la paix au niveau binational », thème de la 8e édition (2019) de la semaine de la diaspora

. TOLÉRANCE & SOLIDARITÉ .

Un article de Alterpresse

 La 8e édition de la semaine de la diaspora se déroulera, du lundi 22 au dimanche 28 avril 2019, en République Dominicaine, autour du thème « Pour une culture de la paix au niveau binational », indique à AlterRadio Edwin Paraison, directeur exécutif de la Fondation Zile.

Les activités débuteront, dans l’après-midi de ce lundi 22 avril 2019, en présence de représentantes et représentants des autorités haïtiennes et dominicaines, entre autres.

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Question related to this article:

 

Solidarity across national borders, What are some good examples?>

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Il est prévu, le mardi 23 avril 2019, une exposition artisanale en plein cœur touristique de Santo Domingo.

La remise des prix ‘’diaspora’’, l’organisation d’un match de baseball à San Pedro de Macoris (Est de la République Dominicaine), entre une équipe haïtienne et une autre dominicaine, et la tenue d’une cérémonie œcuménique sont parmi les activités annoncées.

L’université « Acción pro educación y cultura » (Apec) accueillera les activités académiques, avec deux conférences sur le tourisme binational et les relations haitiano-dominicaines, ainsi qu’un atelier de coaching, de motivation personnelle et de leadership communautaire, rapporte le site Espacinsular.

La 8e édition de la semaine de la diaspora ambitionne de renforcer les liens entre les deux peuples et de promouvoir les échanges culturels, touristiques et commerciaux sur l’île d’Haïti.

Le 20 avril est la date, retenue en Haïti pour marquer la journée nationale de la diaspora.

7ème Foire d’Initiatives Nonviolentes à Quito, Equateur

. PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE .

Un article et un album photo par Walker Vizcarra dans Pressenza (reproduit selon un Creative Commons Attribution 4.0 International license)

Latest Discussion


Can festivals help create peace at the community level?

Plus de 15 organisations qui développent des activités, des projets et des initiatives dans le cadre de la nonviolence active, de la construction d’une culture de la paix, de la non-discrimination et du respect de la diversité se sont réunies sur le boulevard des Nations Unies dans la ville de Quito, le samedi 27 octobre dernier pour la 7ème Foire des Initiatives Nonviolentes, qui est une des activités emblématiques réalisées dans ce que l’on appelle l’Octobre Nonviolent.

Octobre NonViolent  a réuni des collectifs et des organisations de 14 villes qui ont lancé plus de 100 initiatives entre la dernière semaine de septembre et tout le mois d’octobre qui s’est terminé il y a quelques jours.

Cliquez ici pour l’album photo.

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En Amérique latine, l’agroécologie est une lutte profondément politique

. . DEVELOPPEMENT DURABLE . .

Un article par Florence Poznanski pour Articiulação Nacional de Agroecologia

L’agroécologie promeut un nouveau modèle de développement à partir des pratiques d’agricultures et d’utilisation du sol dans une perspective écologique et de bien commun centrée autour des savoirs et cultures traditionnelles et populaires. Au Brésil, l’articulation nationale d’agroecologie (l’ANA) réuni plusieurs centaines d’organisations d’agriculteurs, de femmes, d’artistes et de militants depuis plus de quinze ans. Tous les quatre ans elle organise la rencontre nationale d’agroecologie (la RNA) dans le but de renforcer ce réseau et partager les savoirs-faire. Sa quatrième édition s’est tenue entre les 31 mai et 3 juin dans la ville de Belo Horizonte (sud-est du pays) avec comme thème le lien entre la ville et la campagne pour la production d’une alimentation plus saine. Parmi les 2000 participants provenant des différentes régions du pays se trouvaient également une cinquantaine de personnes de 14 pays.

Martin Willaume, Paulo Petersen et Patrícia Candela Orozco. Photos par Lucas Bois

Les réseaux internationaux de l’agroécologie 

Le Comité catholique contre la faim et le développement (CCFD) faisait partie des participants qui ont fait le voyage. L’organisation française défend le droit à la terre sur tous les continents depuis plus de 50 ans. Sa présence se doit au partenariat de soutien institutionnel qui a été signé avec l’ANA en 2016 dans le cadre d’un programme mondial sur la transition écologique et la valorisation des savoirs des communautés traditionnelles. En Amérique latine, outre le Brésil, le CCFD accompagne des organisations dans 10 pays comme le Mexique, le Pérou, l’Equateur, Haïti.



“L’expérience latino-américaine nous intéresse beaucoup parce qu’elle développe une approche politique de l’agroécologie qui va bien au-delà de la seule question de l’agriculture. En plus du débat sur la production d’aliments biologique et la protection du sol, le mouvement parvient à relier d’autres axes centraux tels que le travail décent, l’égalité de genre ou la lutte pour la démocratie », explique Martin Willaume en charge des projets dans la région andine du CCFD. “Cette approche n’existe pas dans d’autres régions du monde, par exemple en Afrique où le mouvement travaille selon une ligne principalement technique. Nous sommes intéressés à comprendre comment se construit cette articulation pour amener ensuite l’expérience là-bas », ajoute-t-il.

Il fait état de plusieurs expériences agroécologiques sur le continent qui s’entrecroisent avec d’autres agendas politiques. En Bolivie, par exemple, l’agroécologie est devenu un axe central dans le processus de construction de l’autonomie locale des peuples autochtones, conformément à la législation de l’État plurinational. Au Pérou, les mouvements construisent l’agroécologie comme un moyen de lute contre l’exploitation minière, et en Colombie, le mouvement agroécologique associe dans la lutte les enjeux du processus de paix.



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Question for this article:

What is the relation between movements for food sovereignty and the global movement for a culture of peace? 



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Pour affronter les empires de l’agro-business,  il faut une union internationale

Paulo Petersen, membre du comité exécutif de l’ANA, explique en quoi ces alliances internationales sont importantes, surtout dans le contexte que connaît le Brésil actuellement.



“La nature même de l’agroécologie est transversale. Si l’on prend les 17 objectifs de développement durable [adoptés par les Nations Unies], on se rend compte que l’agroécologie en couvre la majorité: le climat, l’eau, la lutte pour l’égalité des genres, contre la pauvreté, contre la faim, le travail décent, etc.”, commente Peterson. En complétant la réflexion de Willaume sur la dimension politique de l’agroécologie, il souligne qu ‘«il n’est pas possible de penser l’agroécologie sans penser la défense de la démocratie. Nous parlons de processus qui ne correspondent pas à une logique de marché. L’agroécologie est liée au bien commun. C’est un défi global car les entreprises que nous combattons sont des empires mondiaux et la réponse consiste en plus d’autonomie, plus de souveraineté pour se rapprocher de la nature et créer de nouvelles relations sociales. “


Il explique que plusieurs organisations latino-américaines ont contacté l’ANA pour participer à la RNA et souligne également que ces échanges de connaissances sont importants pour permettre au mouvement de continuer à innover et s’enrichir de nouvelles idées.



Le Brésil a une force d’articulation pionnière sur le continent

Parmi les représentants latino-américains, se trouvait la Colombienne Patrícia Candela Orozco qui s’est rendue au Brésil pour connaître l’expérience de la RNA. Elle représente l’Instituto Mayor Campesino (IMCA), situé dans la région du Valle del Cauca, près de Cali. Une organisation qui  travaille depuis 57 ans avec les communautés paysannes et s’implique pour la promotion de la citoyenneté et de l’économie solidaire.



Pour elle, le Brésil est pionnier au niveau de l’agenda de l’agroécologie en Amérique latine. Elle remarque que les organisations du pays ont su construire une convergence des forces importante qui donne corps au mouvement et leur permet d’organiser un événement aussi important. Elle dit avoir aussi été très impressionnée par la méthodologie appelée «mystique», qui utilise les chants populaires, le théâtre et la poésie pour introduire ou contextualiser les échanges lors des réunions et permets aussi davantage d’interaction avec les participants. “Quand on arrive à atteindre le côté émotionnel des gens on donne un pouvoir beaucoup plus fort à nos messages, on ne reste pas que dans le rationnel. Si chacun ressent la nécessité de cette lutte depuis son fort l’intérieur, il peut transmettre ce message plus facilement au reste de la population », explique Candela Orozco.



La taille du réseau impliqué dans l’organisation de la RNA est un autre point qui a attiré son attention. En Colombie, l’IMCA a participé à la construction de la première rencontre nationale d’agriculteurs qui a eu lieu en 2017 à l’initiative de diverses organisations de la société civile. Patrícia décrit le défi qu’une telle initiative représente et affirme être très enthousiaste en découvrant de nouvelles perspectives d’action présentées par l’expérience brésilienne.

Après quatre jours d’ateliers, de séminaires et d’échanges, l’ANA a adopté une déclaration politique indiquant les principaux axes de lute du mouvement pour les prochaines années. La déclaration dénonce les violences du latifundium et du modèle de développement prédateur qui asservi les peuples à l’extraction des matières première la terre apauvrissant la terre et ceux qui en vivent. Elle réaffirme aussi sa conviction que l’agroécologie représente une alternative tangible et réelle à ce modèle capitaliste centré sur la vie, la nature et la dignité humaine.

(Merci a Kiki Chauvin, le reporter de CPNN pour cet article.)

En route vers le Forum social mondial de Bahia

LIBERTÉ DE L’INFORMATION

Un article de Attac

Le prochain Forum social mondial (FSM) aura lieu à Salvador de Bahia, au Brésil, du 13 au 17 mars 2018.

Cette session du FSM n’aura très probablement pas le même impact que les FSM des années 2000, mais il rassemblera cependant beaucoup de participant·e·s, principalement de la ville et de l’État de Salvador mais aussi des Amériques (Nord et Sud) comme de quelques pays européens, à commencer par la France. La situation politique brésilienne, avec une élection présidentielle qui aura lieu à l’automne de cette année, pèsera évidemment sur ce FSM qui sera mobilisé contre les politiques d’austérité à l’œuvre dans le pays.

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Dans ce contexte plusieurs éléments, qui justifient la présence et l’implication d’Attac dans ce FSM, méritent d’être soulignés.
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Question(s) related to this article:

World Social Forums, Advancing the Global Movement for a Culture of Peace?

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* La situation internationale est très instable, conséquence de l’affaiblissement de la domination américaine, et est marquée par l’arrivée au pouvoir de dirigeants « populistes », xénophobes et tentés par les politiques autoritaires. Il est donc particulièrement important pour les mouvements du monde entier de pouvoir analyser cette nouvelle situation et d’échanger sur les différentes luttes de résistance qui se développent sur tous les continents.

* Ce FSM sera une échéance de plus dans les débats qui portent sur la situation et le bilan des gouvernements de gauche en Amérique du Sud. Des débats qui se poursuivent régulièrement à chaque réunion internationale (FSM de Montréal ou sommet des peuples à Buenos-Aires lors de la ministérielle de l’OMC par exemple) et qui sont intéressant pour tous les mouvements, en Amérique comme sur les autres continents.

* Salvador est une des villes du Brésil où la population d’origine africaine est la plus importante (le Brésil ayant été le pays américain le plus esclavagiste, en nombre de personnes déportées). Les discriminations, les séquelles de l’esclavage et les questions post-coloniales seront donc centrales.

Attac France sera donc présent au Forum social mondial à Salvador, avec une délégation composée de membres du Conseil d’administration et d’animateurs du projet « Alternatives systémiques » (un projet porté par Attac France, la fondation Solon de Bolivie et Focus On The Global South, basé en Asie du Sud-Est qui a permis de publier le livre Le Monde qui émerge).
Si vous souhaitez prendre en contact avec la délégation d’Attac sur place, vous pouvez contacter fsm2018@attac.org.

L’inscription au Forum se passe sur le site web wsf2018.org ; lorsque vous vous inscrirez sur ce site n’oubliez pas de vous rattacher à l’organisation « Attac France ».

Brésil: Convocation du Forum Social Mondial 2018

LIBERTÉ DE L’INFORMATION

Convocation par le Forum Social Mondial 2018

Le Collectif Brésilien d´Organisations et de Mouvements Sociaux, espace d´articulation du FSM 2018, au travers de cette LETTRE OUVERTE invite les personnes, les organisations, les mouvements sociaux, réseaux et plateformes de mouvements du Brésil, d´Amérique Latine et du Monde à s´incorporer au processus d´organisation et de réalisation du Forum Social Mondial 2018 qui sera réalisé au Brésil, du 13 au 17 Mars 2018, à Salvador de Bahia.


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Le Conseil International du FSM, lors de sa dernière réunion qui s´est déroulée en janvier 2017 à Porto Alegre, a estimé qu´il est urgent et nécessaire de réaliser une édition mondiale du FSM, en mars 2018, à Salvador, en raison de la gravité de la crise économique, sociale, environnementale et de la crise des valeurs démocratiques par laquelle passe l´humanité. La poussée de la pensée réactionnaire et autoritaire, aussi bien au Brésil, en Amérique Latine et dans le Monde, met tous les défenseurs et toutes les défenseuses d´un nouveau monde basé sur la solidarité, la justice sociale, la démocratie et la paix, en état d´alerte et de mobilisation permanente, et exige un processus d´articulation et d´unité mondiale des mouvements sociaux pour une lutte de résistance et de transformation de la réalité chaotique qui afflige l´humanité.

Le Forum Social Mondial s´est consolidé comme un espace ouvert de rencontre, horizontal et pluriel, pour le débat démocratique des idées, la formulation de propositions, l´échange libre d´expériences et l´articulation pour des actions efficaces, des organisations et des mouvements de la société civile planétaire qui s´opposent à la domination du monde par le capital et par n´importe quelle forme d´impérialisme. Il s´agit d´un processus de caractère mondial qui cherche à construir des alternatives à la globalisation néolibérale et à renforcer les articulations des mouvements sociaux, des réseaux et des autres formes d´articulation de la société civile, en augmentant la capacité de résistance sociale, sur la base de la pluralité, au processus de déshumanisation que le monde est en train de vivre.

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Question(s) related to this article:

World Social Forums, Advancing the Global Movement for a Culture of Peace?

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En ce sens, face à la crise civilisatoire mondiale, le FSM 2018 à Salvador est une grande opportunité de rencontre des mouvements altermondialistes pour penser ensemble à des issues communes pour l´humanité, dans une optique solidaire, démocratique, de respect des diversités, qui puissent affonter les causes des diverses formes de violence et des inégalités sociales et régionales.

Le Brésil et Bahia, en particulier, sont des territoires où les mouvements de résistance se sont multipliés au cours des derniers mois, face aux attaques des secteurs conservateurs nationaux et internationaux. On y cherche à réfléchir sur les erreurs et les succès des stratégies adoptées par le champ démocratique et populaire au cours de la dernière période historique. Pour cela, une édition du FSM à em Salvador sera une occasion singulière d´unir les diverses expériences de résistances pour pouvoir, de façon fraternelle et engagée, penser ensemble à des actions efficaces pour affronter les pensées autoritaires qui prennent corps au Brésil et dans le monde.

Le choix du thème, Resister c´est Créer, Resister c´est Transformer indique que, pour le Collectif Brésilien, notre résistance a le germe du nouveau. Nous comprenons que, dans ce processus de lutte des peuples, des territoires et des mouvements contre le néolibéralisme, contre l´imperialisme et contre la dégradation environnementale, nous construisons, dans la pratique, des alternatives d´un autre monde possible.

Pour cela, le Conseil International du FSM et le Comité Facilitateur du FSM 2018 CONVOQUENT les citoyennes et les citoyens du monde, engagé-e-s dans la construction d´une société solidaire, radicalement démocratique, environnementalement durable et socialement juste, à se joindre au processus d´organisation et de réalisation du Forum Social Mondial 2018, Résister c´est Créer, Résister c´est Transformer. La participation de toutes et de tous est fondamentale pour le futur de nos utopies.

São Paulo, 18 août 2017

Collectif Brésilien du FSM 2018

Les adhésions peuvent être envoyées à l´e-mail: forumsocialmundial@fsm2018.org ou par le propre site www.fsm2018.org.

Indiquez dans le titre : Adhésion la convovation du FSM. Et informez votre nom et de votre organisation.

Amérique latine et Caraïbes: première région en développement susceptible d’éradiquer la faim

. . DEVELOPPEMENT DURABLE . .

Un article de FAO – Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture

«La région Amérique latine et Caraïbes pourrait être la première région en développement à éradiquer complètement la faim si leurs gouvernements mettent en œuvre le plan développé par le bloc de la CELAC pour la sécurité alimentaire», a indiqué aujourd’hui [25 janvier 2017] M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO.

S’exprimant lors du Sommet des Présidents, des Chefs d’Etats et de gouvernements de la communauté d’Amérique latine et des Etats caribéens (CELAC) qui se tenait à Punta Cana, en République dominicaine, M. José Graziano da Silva a déclaré que «le Plan pour la sécurité alimentaire, la nutrition et l’éradication de la faim (FNS) de la CELAC symbolise une volonté politique des gouvernements d’éradiquer la faim avant 2025».

Approuvé par la CELAC en 2015, le plan vise à promouvoir des politiques publiques destinées à réduire la pauvreté, améliorer les conditions rurales, adapter l’agriculture au changement climatique, mettre un terme au gaspillage alimentaire et réduire les risques de catastrophes.

Dans son discours, le Directeur général de la FAO a souligné que le plan FNS de la CELAC correspondait totalement aux engagements mondiaux pris par plusieurs pays, à l’image de l’Accord de Paris sur le changement climatique et des Objectifs de développement durable (ODD).

«La région a d’ailleurs pris un engagement encore plus ambitieux : éradiquer la faim d’ici 2025, soit cinq ans avant la date limite fixée par l’ODD 2 : qui consiste à atteindre l’objectif Faim Zéro», a-t-il ajouté.

«Cette région réunit toutes les conditions nécessaires pour atteindre cet objectif, en commençant par la volonté politique qui permet au plan FNS de la CELAC de voir le jour», a expliqué M. José Graziano da Silva.

Ce plan porte déjà ses fruits dans la région: la Bolivie, le Chili, le Salvador, le Guatemala, le Honduras, le Nicaragua et le Venezuela s’appuient dessus pour évaluer leurs politiques portant sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle, tandis que le Pérou l’utilise comme référence pour élaborer des lois sur les dons alimentaires et minimiser les pertes et le gaspillage alimentaire.

Lutter contre le double défi de la malnutrition

Les fondements du plan FNS de la CELAC permettent aux pays de non seulement lutter contre la faim mais également contre l’obésité, qui, selon le rapport FAO/OPS Panorama de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, touche 140 millions de personnes dans la région.

La malnutrition génère d’énormes coûts socio-économiques et les systèmes de santé publique doivent maintenant faire face à de plus en plus de cas de diabète, d’hypertension, de maladies cardiaques, ainsi qu’aux conséquences des retards de croissance, du rachitisme et de la sous-alimentation.

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Question for this article:

Can UN agencies help eradicate poverty in the world?

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Selon la FAO, l’une des tendances les plus préoccupantes dans la région est la hausse de l’obésité féminine: le taux d’obésité chez les femmes est dix fois plus élevé que celui des hommes dans plus de 20 pays de la région.

Afin de remédier à cette situation, M. José Graziano da Silva a mis l’accent sur la Stratégie en matière d’égalité des sexes du Plan FNS de la CELAC, dont l’objectif est de garantir que le plan bénéficiera aux femmes et aux hommes de manière égale. Le plan a d’ailleurs déjà été mis en œuvre dans quatre pays : le Salvador, le Paraguay, le République dominicaine et Haïti.

Renforcer l’agriculture familiale pour faire face au changement climatique

Selon le Directeur général de la FAO, les impacts du changement climatique risquent d’annuler les progrès réalisés dans la lutte contre la faim et la pauvreté extrême dans la région.

«L’agriculture est le secteur le plus affecté par le changement climatique et les petits agriculteurs familiaux, les hommes et les femmes dont la plupart luttent au quotidien pour survivre, comptent parmi ses principales victimes», a déclaré M. José Graziano da Silva.

Avec la CELAC, la FAO développe actuellement un plan d’action pour l’agriculture familiale et le développement territorial rural visant à promouvoir une intensification durable de la production, la création de marchés publics, de systèmes d’approvisionnement alimentaire, la mise en place de services ruraux et la création de meilleures opportunités pour les jeunes en milieu rural.

La FAO soutient la CELAC dans la mise en œuvre d’une Stratégie régionale de préparation aux catastrophes dans le secteur agricole afin d’assurer la sécurité alimentaire, qui encourage la résilience et l’adaptation des agriculteurs grâce à une meilleure gestion des ressources et à l’adoption de techniques agricoles durables.

M. José Graziano da Silva a insisté sur le fait que onze pays de la région avaient déjà adhéré à l’Accord relatif aux mesures du ressort de l’État du port visant à éradiquer la pêche illégale, non déclarée et non réglementée et a appelé tous les autres pays à se joindre à eux, ainsi qu’à leurs efforts visant à assurer la durabilité des ressources halieutiques et à les protéger.

Paix, sécurité alimentaire et développement durable

En Colombie, le plan FNS de la CELAC a contribué à la création d’une stratégie visant à rétablir les moyens d’existence des communautés vulnérables dans le centre du pays.

Selon le Directeur général de la FAO, le processus de paix en Colombie illustre le lien indéfectible entre la paix, la sécurité alimentaire et le développement durable, un thème cher au Programme de développement durable à l‘horizon 2030.

«Il n’y aura ni stabilité sociale ni paix tant que la faim, la pauvreté et les inégalités persisteront. Nous ne pourrons pas non plus progresser si nous continuons à exploiter nos ressources naturelles. La durabilité est une condition préalable au développement», a déclaré M. José Graziano da Silva.

(Merci à Sergio Tripi et à la “Good News Agency” d’avoir attiré notre attention sur cet article.)

Les communautés paysannes, indigènes, et afro-colombiennes disent “oui!” à la paix

. PARTICIPATION DEMOCRATIQUE .

Un article du Collectif agricole Abya Yala Radio Macondo (traduit par CPNN)

“Nous pensons que la défense de la vie et de la terre ne peut pas être une tâche isolée de nos communautés autochtones. Nous proposons sur notre territoire des liens d’unité, de solidarité, de fraternité et d’engagement avec tous: le monde paysan, les communautés afro-colombiennes, non seulement du secteur agricole et rural, mais également du milieu urbain, tous ceux qui comprennent la nécessité de changer l’histoire de ce pays,” (Déclaration nationale du dialogue pour la paix par les femmes autochtones).

indigenous

Comme l’a noté l’historienne Diana Uribe, nous sommes arrivés à un tournant avec la solution négociée du conflit armé entre les Forces armées révolutionnaires de Colombie et le gouvernement national. L’annonce en mars dernier des négociations avec l’Armée de libération nationale ELN pour faire avancer la construction d’une nation diverse qui ne soit plus marquée par l’histoire de la guerre., est égalemet encourageante.

Cet article vise à rendre visible la voix des communautés paysannes autochtones, et afro-colombiennes. Ces victimes ont été profondément affectées par le développement du conflit armé non résolu dans le pays, mais néanmoins les propositions pour la paix progressent, comme il est precisé dans le texte suivant du rapport de la Commission historique du conflit:

“Les principaux acteurs d’aujourd’hui [par rapport à l’affirmation des droits] sont maintenant les citadins déplacés par la guerre, les paysans et les groupes autochtones, les femmes, les détenus en prisons, et les minorités ethniques et sexuelles. Ils demandent la paix, avec :

– le rejet des amendements anti-démocratiques de la Constitution et de la législation,

– la dénonciation des réformes fiscales,

– le révélation des effets négatifs de l’ALENA (Accord de libre-échange nord-américain)

– la réclamation de la terre,

– l’opposition aux programmes d’éradication des récoltes illicites par des pulvérisations aériennes qui affectent les conditions de vie et aggravent la crise environnementale,

– la reforme du secteur public hospitalier,

– des changements dans le système éducatif,

– le placement des démobilisés et des personnes déplacées,

– et la fin des actions par les forces armées qui violent les droits de l’Homme »(page 67)

En signe de soutien au processus de négociation de La Havane, ils ont laissé les communautés présenter leurs positions sur des questions complexes comme l’arrivée des anciens combattants sur leurs territoires.

En Caldono, en Juillet dernier, les autorités traditionnelles des réserves indigènes de Pueblo Nuevo, San Lorenzo de Caldono, Pioyá de la municipalité de Caldono et Tumburao de la Municipalité de Silvia ont redigé une lettre proposant l’utilisations de leurs territoires pour installer une “ZVTN” (Zone Régionale de Transition vers la Normalisation):

«Quand nous avons appris que Caldono était une ZVTN, ce ne fut pas une surprise pour nous qui étions préparés et bien engagés pour cela, engagés non pas pour les grands investissements produits par la mise en œuvre des accords, mais pour accueillir nos collègues qui avec ou sans conviction avaient rejoint l’insurrection. Certains faisaient partie de la discorde et des déséquilibres dans les différents territoires du pays, mais ils sont les bienvenus et pardonnés quand ils prennent des engagements compensant les dommages, avec des idées qui transforment positivement l’ordre social. Cela éclairera les normes de notre Loi d’Origine en renvoyant les membres de notre communauté dans leur foyer spirituel initial pour équilibrer et harmoniser la coexistence entre la communauté et la Terre-Mère “.

Pendant ce temps, les communautés rurales paysannes des zones de réserve qui étaient des protagonistes du postconflit, se sont proposer en tant que gestionnaires du processus des accords à partir d’un regard critique sur l’application des lois comme les ZIDRES [Zonas de Interés de Desarrollo Rural, Económico y Social] qu’ils jugent opposés au processus de paix.

(Cliquez ici pour une traduction anglaise ou ici pour l’original espagnole)

(L’article se continue à droite.)

Question for discussion

What is happening in Colombia, Is peace possible?

(L’article se continue de la gauche.)

Selon la Déclaration politique de l’Assemblée générale de l’Association nationale des Zones de Réserves paysannes [ANZORC]-: “Les 66 représentants de l’ANZORC, à une Assemblée générale dans le village de San Isidro de Pradera (Valle), considérant que la signature éventuelle d’un accord final avec les FARC et l’application des accords de paix présenteront une grande opportunité. (…) L’ANZORC dans sa première Assemblée générale 2016 a décidé :

“- d’engager un processus d’ancrage territorial des accords de paix,

– de soutenir la circonscription spéciale des accords de la paix (les 16 zones de transition),

– de promouvoir les territoires interculturels,

– de lutter contre l’expropriation de 6000 familles de paysans vivant dans les régions “vacant FARC” à El Pato Balsillas, El Yari, le Losada-Guayabero et la Macarena,

– de porter plainte contre les lois de ZIDRES,

– d’organiser des Gardes Ruraux dans les territoires,

– d’établir un dialogue avec le ministère de l’Environnement et des sociétés régionales autonomes concernant la loi sur la deuxième zone de réserve forestière et les zones protégées régionales,

– de faire une proposition de contrôle social sur les récoltes de coca,

– d’étendre le développement des assemblées populaires à tout le pays,

– de simplifier nos processus à l’Assemblée nationale constituante.”

A Natagaima du 12 au 14 Août dernier/ sous le thème “Les femmes autochtones tissent ensemble leurs pensées pour défendre le territoire et construire la paix avec la justice sociale,” plus de 170 femmes autochtones provenant de différents villages se sont réunies. Après un marche dans la ville, elles ont décidé publiquement “Oui” pour le plébiscite, tout en sachant que même si la paix est possible avec la fin du conflit armé, sa construction va être un grand défi au quotidien:

«Nous croyons que les peuples autochtones ne peuvent pas rester indifférents à ce moment historique que connaît le pays avec la fin du conflit armé. Le processus dans lequel nous avons été impliqués demande une approche ethnique dans chacun des accords. Nous devons nous préparer à ratifier notre OUI au référendum comme outil principal pour construire des territoires pour la paix avec la justice sociale. Cela doit se traduir par l’équilibre et l’harmonie dans notre relation avec la Mère Nature et par la garantie des conditions d’une vie digne dans nos territoires et donc dans nos collectivités. »

Il a été déclaré par les parties à la table des négociations à La Havane que la mise en œuvre des accords exige une nouvelle approche afin de surmonter les conditions historiques et structurelles du conflit armé en Colombie. Dans cette approche, il est nécessaire d’inclure les propositions des communautés des territoires. Cette approche doit voir au-delà des principes juridiques rigides de la tradition anglo-saxonne dans la constitution et la loi, et prendre en considération les diverses cosmologies des peuples. Il faut lutter contre les pratiques telles que le racisme et l’extinction des communautés autochtones.

La proposition de paix du dialogue interethnique mise sur la table à la Havane le 6 Avril dernier par les organisations autochtones et afro-colombiennes dit: «Les communautés d’origine africaine, les palenqueras, les raizales et les peuples autochtones conçoivent la terre comme un bien collectif, en fonction des besoins de leurs habitants. La terre est une source de matière, de la vie culturelle et écologique. Elle n’est pas un produit commercial basé sur le profit privé. La terre doit être considérée comme un espace géographique et libre où les communautés peuvent se développer pleinement. C’est un lieu physique et une source symbolique du bien-être souverain, de l’indépendance, en vertu des principes de l’autonomie, de la solidarité, de la croissance, du développement indigène, de l’équilibre et de la durabilité ” (…)

«Les peuples autochtones, les Noirs, les Afro-Colombiens, palenqueros et raizales ont été des victimes historiques des structures d’exclusion, de pratiques racistes et discriminatoires de l’État, ce qui nous a empêché de jouir de tous les droits et garanties qu’ont les citoyens dans une nation . Dans cette veine, le conflit social et armé de 60 ans que le pays a connu a particulièrement affecté ces communautés.

Enfin, nous disons que le défi de la construction d’une culture de la paix en Colombie prendra plusieurs générations, mais à chaque pas dans les territoires, il y a d’avantage d’espoir de laisser derrière soi la longue nuit de 500 ans et l’héritage colonial et républicain de la guerre !

Amerique Latine: Mouvement pédagogique: nouvelle phase, nouvel élan

. . EDUCATION POUR LA PAIX . .

Un article de l’Internationale de l’Education

La troisième réunion du Mouvement pédagogique a permis de renouveler la cohésion et le programme pour l’avenir de l’éducation en Amérique latine, grâce à un plan visant à renforcer l’influence du mouvement syndical sur les politiques publiques.

pedagogical

Organisée du 1er au 3 décembre à San José, au Costa Rica, la réunion a regroupé plus de 500 personnes provenant de 18 pays et 34 syndicats de l’éducation d’Amérique latine, ainsi que des invité(e)s internationaux/ales venu(e)s des Etats-Unis, de France, de Norvège et de Suède.

Selon Hugo Yasky, Président du Comité régional de l’Internationale de l’Education pour l’Amérique latine, le chemin que doit emprunter le mouvement pédagogique constitue une nouvelle étape au cours de laquelle les syndicats doivent évaluer non seulement l’expérience de l’école, mais également l’expérience et les pratiques du personnel enseignant, tout en l’alignant sur la lutte et les mouvements sociaux. « Nous devons tout mettre en œuvre afin d’intégrer concrètement d’autres secteurs sociaux et de chercher à établir une relation solidaire avec les représentants des secteurs impliqués dans la cause des peuples d’Amérique latine. Nouer de telles alliances est capital », a affirmé Hugo Yasky.

La déclaration adoptée à l’issue de cette réunion présente le Mouvement pédagogique comme un espace de rencontre et de construction collective, qui vise à incarner, dans le monde de l’éducation, une vision de la société opposée au pouvoir économique, médiatique, financier et militaire.

(Voir suite sur colonne de droite.)

(cliquez ici pour la version anglaise de cet article ou ici pour la version espagnole.)

Question pour cet article:

What is the relation between peace and education?

(. . suite)

Contre la commercialisation et la privatisation de l’éducation

Parmi les principaux thèmes abordés dans le cadre de cette réunion, les affiliés de l’IE ont débattu des stratégies adoptées par les multinationales en vue de privatiser l’éducation. Pour illustrer ce thème, Antonio Olmedo, chercheur à l’Université de Roehampton au Royaume-Uni, a donné une conférence sur « Le processus de privatisation et de commercialisation de l’éducation », dans laquelle il a analysé les stratégies adoptées par les grandes entreprises pour imposer aux gouvernements leurs politiques mercantiles, lesquelles contribuent à nuire à la qualité de l’éducation et de l’enseignement. « Nous devons envisager d’autres solutions, car, tel un caméléon, le néolibéralisme est davantage réglementé que le secteur public lui-même », a expliqué Antonio Olmedo.

En outre, le professeur Luiz Fernandes Dourado, de l’Université fédérale de Goiás, au Brésil, a souligné que le processus de privatisation est un processus complexe qui affaiblit le mouvement syndical et tourne le dos à une gestion démocratique des écoles. Cette approche entre en contradiction avec la vision du Mouvement pédagogique latino-américain qui considère l’éducation comme un droit social.

Origine de la campagne internationale

D’après David Edwards, Secrétaire général adjoint de l’Internationale de l’Education (IE), la nouvelle campagne mondiale menée par son organisation contre le commerce de l’éducation – ce dernier étant prôné par les multinationales et les organismes multilatéraux – a pris naissance en Amérique latine. Cette campagne vise à défendre l’éducation publique et à mettre en lumière les véritables desseins de la privatisation.

« Lors du Congrès d’Ottawa, nous avons reçu le mandat de lancer une campagne contre la privatisation de l’éducation et d’en démasquer les principaux instigateurs. Nous avons tout d’abord analysé la situation dans d’autres régions du monde. Le marché mondial du secteur de l’éducation représente plus de 3 milliards de dollars américains, et les gouvernements de certains pays permettent à des groupes privés d’accéder à ce ʺbutinʺ. Nous tentons de révéler aux citoyens les agissements de ces multinationales », a déclaré Edwards.

(Merci à Janet Hudgins, le reporter pour cet article.)

La mission humanitaire de l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations Unies pour les jeunes réfugiés et le sport en Colombie

. . TOLÉRANCE & SOLIDARITÉ . .

Un article du Site officiel du Mouvement olympique

Jacques Rogge, président d’honneur du CIO et envoyé spécial du secrétaire général Ban Ki-moon pour les jeunes réfugiés et le sport, vient de conclure cette semaine [27 novembre] une mission humanitaire de deux jours en Colombie. Au cours de cette mission, il a eu l’occasion de se faire une idée concrète des défis que les personnes déplacées à l’intérieur du pays doivent relever.

Colombia
caption: ©Coldeportes (5)

La visite de Jacques Rogge a également été l’occasion d’annoncer le lancement d’un nouveau projet fondé sur le sport dans les villes de Quibdò et Buenaventura situées dans la région pacifique, fortement touchées par cette question. Le projet, conjointement financé par le CIO et le Haut-Commissariat des réfugiés (HCR) a pour ambition de protéger, par le sport, les jeunes et les enfants des risques de conflits armés et d’autres formes de violence.

Pour cette mission, Jacques Rogge était accompagné du ministre colombien des Sports et ancien membre du CIO, Andrés Botero Phillipsbourne, du président du Comité National Olympique (CNO) colombien, Baltazar Medina, de la lutteuse colombienne et double médaillée olympique, Jackeline Rentería Castillo, et d’une délégation du HCR placée sous la conduite du représentant du HCR en Colombie, Stéphane Jaquemet.

La mission a commencé par une visite du bureau du HCR à Bogotá afin de discuter du déplacement de la population locale, lequel est dû à 50 ans de conflits internes et s’est traduit par plus de 6,9 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays dont 38 % d’enfants et d’adolescents selon les estimations. L’agence onusienne pour les réfugiés planche sur des solutions afin de gérer les lourdes conséquences que doivent supporter en particulier les enfants et les femmes de cette région. La réunion a été suivie par une visite au ministère des Sports – Coldeportes – et au CNO afin de discuter des éventuelles synergies autour de la mise en œuvre de programmes de sport pour les personnes déplacées à l’intérieur du pays.

L’envoyé spécial, Jacques Rogge, s’est également rendu au bureau du HCR à Quibdó et dans la communauté de Villa España, laquelle accueille actuellement une centaine de familles déplacées. Il a eu l’occasion de dialoguer sur le terrain avec des représentants de l’association locale pour la jeunesse AJODENIU, qui a fait part de son profond désir quant à la création d’infrastructures et de programmes de sport étant donné le manque actuel d’installations les plus sommaires.

Le nouveau projet dévoilé par l’envoyé spécial est baptisé “L’alternative du sport : protéger les enfants et les jeunes des risques de conflits armés et des autres formes de violence”. Son objectif précis est de répondre à ces besoins tout en utilisant le sport pour créer un environnement sûr et un lieu d’échanges, où les jeunes peuvent recevoir le soutien approprié, être informés de leurs droits et développer des mécanismes de protection automatique. Pour les jeunes qui ont connu les conflits, la guerre et le déplacement, le fait de pratiquer un sport et de participer à des activités récréatives leur fournit un exutoire constructif et le soutien psychosocial dont ils ont tant besoin.

(Cliquez ici pour une traduction anglaise.)

(L’article se continue à droite.)

Question for discussion

What is happening in Colombia, Is peace possible?

(L’article se continue de la gauche.)

Le sport est aussi une alternative saine à des modèles et à des modes de vie potentiellement dangereux ou risqués. Ainsi qu’Ingrid Palacios, une jeune représentante déplacée de l’association des jeunes, l’a précisé : “Le déplacement n’a pas tué nos rêves et je suis convaincue que, dans notre communauté, nous avons de nombreux médaillés olympiques potentiels, nous avons juste besoin d’une occasion pour le prouver ! Nous savons que ce rêve peut devenir réalité, car le sport nous incitera à devenir de meilleures personnes, nous donnera le sens du travail en équipe et encouragera une culture de paix dont nous avons cruellement besoin dans notre pays.” De plus, s’agissant du cas spécifique des communautés indigènes, le soutien à la pratique des sports traditionnels contribuera au renforcement de l’identité communautaire et de la cohésion sociale.

Le projet conjoint CIO-HCR – auquel Coldeportes et le CNO se sont engagés à apporter un soutien sans faille, à commencer par la construction d’une infrastructure multisportive par le ministère – devrait s’étendre sur trois ans. Son coup d’envoi l’année prochaine coïncidera avec la signature très attendue en mars 2016 d’un accord de paix en Colombie entre le gouvernement et les factions belligérantes.

S’exprimant à propos de ces développements historiques, l’envoyé spécial, Jacques Rogge, a déclaré : “Il est de notre devoir d’aider la jeunesse et la population locale et de soutenir les efforts de paix en cours. Et quel meilleur moyen de le faire que par le sport, lequel est reconnu comme un puissant vecteur de responsabilisation des jeunes, de santé, d’éducation et d’intégration sociale.”

Le représentant du HCR en Colombie, Stéphane Jaquemet, a pour sa part indiqué : “Les athlètes sont des modèles pour les jeunes déplacés et défavorisés. Nous sommes intimement convaincus du rôle déterminant que le sport peut jouer, non seulement pour leur reconstruction personnelle, mais aussi plus largement, pour faire avancer le processus de paix.”

Ces 20 dernières années, le CIO et le HCR ont utilisé le sport pour soutenir le rétablissement et le développement des jeunes réfugiés dans de nombreux camps et installations à travers le monde. Suite à l’approbation de l’Agenda olympique 2020, la feuille de route stratégique pour l’avenir du Mouvement olympique, et au vu de la crise actuelle des réfugiés à l’échelle mondiale, le CIO a débloqué un fonds d’urgence spécial de deux millions de dollars américains pour mettre sur pied des projets d’aide par le sport en collaboration avec les CNO du monde entier. Les détails de certains des projets d’ores et déjà lancés sont disponibles ici et ici.

Avec le concours des CNO et du HCR, le CIO s’est en outre lancé dans un processus d’identification des athlètes subissant des déplacements forcés afin de les aider grâce aux programmes de la Solidarité Olympique à participer aux Jeux Olympiques de Rio 2016. Le CIO ne doute pas que cette initiative apportera de l’espoir aux athlètes réfugiés qui souhaitent reprendre l’entraînement et concourir aux Jeux. Cette initiative est aussi pensée comme un symbole d’espoir pour tous les réfugiés du monde entier et permettra de contribuer à sensibiliser à l’ampleur de cette crise.