Category Archives: DEVELOPPEMENT DURABLE

Eau et paix dans la zone de Tessalit au Mali

. . DEVELOPPEMENT DURABLE . .

Reçu à CPNN de Bakrene Ag Sidimohamed

Pour la paix dans la région de Tessalit au Nord du Mali, il faut développer des actions de contrôle et de partage des ressources en eau.

I. Introduction

La région de Tessalit située à l’extrême Nord du Mali juste à la frontière Algérienne est caractérisé par une activité d’élevage a grande échelle, 80% des populations sont concernées par l’élevage (élevage des chameaux, des vaches, des chèvres et des moutons).

L’élevage en plus d’être une source de nutrition grâce au lait, au fromage, au beur et la viande ; il est aussi une activité génératrice des revenus à travers la commercialisation des animaux.

Quand on parle d’élevage on parle forcement des pâturages et des points d’eaux.

De 2012 à 2024 (début de la nouvelle instabilité du nord mali) la pratique de l’élevage a nettement augmenté à cause de la croissance économique de la zone de Tessalit et l’intérêt des communautés envers les animaux.

Cette croissance a eu un impact direct et significatif sur l’usage quotidien des points d’eaux dans les zones a grand pâturage et surtout pendant les périodes de grandes chaleurs ; créant ainsi des embouteillages des personnes et de leurs troupeaux sur les points d’eaux et pendant pratiquement 24h/24h.

Il faut aussi ajouter que même sur les très peu de forages existant grâce aux partenaires de développement telle que la MINUSMA et les ONG internationales la même réalité est constaté.

A force de répéter les mêmes habitudes tous les jours, certaines personnes se laissent emporter par leurs émotions et perdent leur raisonnement en provoquant des divergences et des malentendus.

Il est généralement constaté que les propriétaires des points d’eaux et les communautés autochtones d’un site de pâturages soient dérangés par la présence régulière des autres communautés a la recherche de l’eau pour abreuver leurs troupeaux mais également pour leur propres consommations ; d’où l’origine d’une grande partie des conflits inter et intra-communautaires.

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour une version anglaise de cet article..)

Questions for this article:
 
Scarcity of water: a growing source of conflict?

Can a culture of peace be achieved in Africa through local indigenous training and participation?

(. . . suite)

Ces divergences formées autour des points d’eaux sont régulièrement alimenter par les oppositions politiques et idéologiques et aussi des instrumentalisations extérieures.

L’eau étant la principale source de vie dans le grand SAHARA est régulièrement utilisée par les acteurs de conflits comme alibis pour alimenter des tensions entre les communautés et ainsi affaiblir le tissu social.

La gestion rationnelle des points d’eaux est la meilleure façon de prévenir et de gérer les conflits dans les localités du nord Mali.

II. Defis Lies à la Gestion de l’Eau :

Il est constaté que plusieurs facteurs expliquent l’insuffisance de l’eau dans la zone de Tessalit : on peut parler d’une faible pluviométrie et d’une nappe phréatique souvent vide, un usage abusif de l’eau dans les sites miniers pendant l’exploitation et raffinage artisanal de l’or, une grande désertification liée au changement climatique et à la déforestation, La commercialisation de l’eau vers les villes et surtout la croissance significative des troupeaux.

Vu ces diffèrent phénomènes naturels et humaines certaines pratiques peuvent être utiles pour la gestion rationnelle et équitable de l’eau et surtout maintenir une coexistence pacifique au sein des communautés.

III / Recommandations :

Pour restaurer et consolider la cohésion sociale autour des points d’eaux certaines actions constitueront des outils primordiales pour la stabilité de la zone,

° Mettre en place et former des comités de gestion sur les points d’eaux publics.

° Demander aux autorités traditionnelles (chefs de fraction, imams) de divulguer régulièrement des messages de sensibilisation et des habitudes humaines favorables au vivre ensemble.

° Séparer les points d’eaux à usage domestique de ceux à usage commercial tout en instruisant aux orpailleurs de faire leurs propres forages sur leurs sites de travail.

° Plaidoyer auprès des partenaires de développement pour la construction des mini-barrages et des marres de retenues d’eaux.

° Organiser des sessions de sensibilisation à l’endroit des opérateurs économiques et les grands éleveurs à fin de réaliser plusieurs forages dans les milieux a grand pâturages.

° Opérationnaliser des comités de veille citoyenne pour suivre et sensibiliser les populations nomades pendant les différentes transimenses.

– – – – – –

Si vous souhaitez faire un commentaire sur cet article, vous pouvez écrire à coordinator@cpnn-world.org avec le titre “Commentaire sur (nom de l’article)” et nous mettrons votre commentaire en ligne. En raison du flot de spams, nous avons arrêté l’application directe des commentaires.

Greenpeace: Voici les VRAIS coupables de la crise agricole en France

. . DEVELOPPEMENT DURABLE . .

Un article de Greenpeace France

Pourquoi de nombreux agriculteurs et agricultrices ne parviennent pas à vivre dignement de leur travail, alors qu’ils et elles nous nourrissent ? A cette question vitale, au cœur de la crise sociale et environnementale que traverse le monde agricole, le gouvernement n’a toujours pas répondu, préférant s’attaquer aux normes écologiques et privilégier l’agro-business, sans se pencher sur les causes profondes. Les responsables de cette crise agricole sont pourtant connus : l’industrialisation massive de notre système de production et les politiques commerciales ultra-libérales menées depuis des décennies.

Afin de dénoncer les vrais coupables de la crise agricole, nous avons mené ce matin des actions simultanées dans six villes de France, ciblant des groupes de l’industrie agro-alimentaire, de l’agrochimie, des semences et de la grande distribution, ainsi que le syndicat agricole majoritaire. Autant de symboles d’un système qui profite des accords de libre-échange et appauvrit les agriculteurs et agricultrices, au détriment de notre santé et de notre environnement.


Crédit Photo : ©Micha Patault 2024

Qui sont les coupables de la crise agricole ? Voici 5 exemples très concrets de ce système agro-industriel que nous pointons du doigt : LDC, Avril, Bayer, Lactalis, E.Leclerc et la FNSEA.

LDC, le géant de la volaille qui plume les éleveurs

Son nom est peu connu, mais il contrôle 40 % du marché de la volaille en France ! Propriétaire entre autres des marques Le Gaulois et Maître Coq, LDC contractualise près de la moitié des éleveurs de volailles de chair en France, possède des abattoirs, fabrique de l’alimentation animale, etc. Ce groupe tout-puissant dans ses zones d’implantation est capable de priver les éleveurs de débouchés alternatifs. Avec son système industrialisé, LDC relègue l’éleveur au rang de « sous-traitant », une vraie source de mal-être.

Ce géant du poulet développe aussi ses activités en Belgique, au Royaume-Uni et en Pologne, n’hésitant pas à recourir aux importations. Lors d’un barrage autoroutier en France, des éleveurs ont découvert dans un camion des poulets polonais importés pour LDC. Une vraie poule aux œufs d’or : LDC a généré 5,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2022, soit une hausse de 8 % par rapport à 2021. La fortune de la famille Lambert, cofondatrice du groupe, est quant à elle estimée à 825 millions d’euros.

Avril, le gros poisson de l’agro-industrie

Cinquième groupe agro-alimentaire français, Avril est le parfait exemple du savant mélange d’intérêts économiques, financiers et politiques dans le secteur agricole. Le président du conseil d’administration de ce mastodonte agro-industriel n’est autre qu’Arnaud Rousseau, récemment mis sur le devant de la scène en tant que président du syndicat agricole majoritaire, la FNSEA (voir plus bas).

On est loin, très loin de la petite exploitation paysanne. Cette multinationale réalise plus de la moitié de son chiffre d’affaires à l’étranger, via de multiples activités : production d’aliments, chimie, énergie, agrocarburants, finance… En France, le groupe est numéro 1 sur le marché des huiles végétales (via ses marques Lesieur et Puget, entre autres) et truste 25 % des parts de marché de l’oléochimie. Son influence est donc considérable : Avril est très clairement l’un des tenants de la politique d’industrialisation de l’agriculture française qui alimente la crise du monde agricole.

Bayer, le puissant lobby des pesticides et des semences

Numéro un mondial des semences et des pesticides, Bayer est notamment célèbre pour avoir racheté Monsanto et son fameux Round Up, un cocktail à base de glyphosate, herbicide le plus utilisé au monde, classé « probablement cancérogène » par le Centre international de recherche sur le cancer de l’OMS. Non content d’empoisonner les agricultrices et agriculteurs et l’environnement, son poids commercial sur le marché des semences et des pesticides rend les exploitants agricoles dépendants de ses produits.

Bayer, c’est aussi un puissant lobby, dont les activités ont des conséquences désastreuses sur le monde agricole, la santé et l’environnement. Le géant pharmaceutique et agrochimique allemand a dépensé plus de 7 millions d’euros pour ses activités de lobbying au niveau européen sur la seule année 2022. Depuis des décennies, Bayer lutte activement pour le développement des OGM et contre l’interdiction et la réduction des pesticides, non sans un certain succès, hélas : la régulation des OGM est aujourd’hui menacée, le glyphosate a été réautorisé pour 10 ans et le projet législatif européen visant à réduire l’usage des pesticides vient d’être purement et simplement retiré…

Lactalis, la multinationale qui prend le beurre et l’argent du beurre

Les produits laitiers sont au cœur de la crise agricole actuelle. Et Lactalis (1er groupe mondial du secteur qui s’est associé au numéro 2, Nestlé, au sein de l’entreprise Lactalis-Nestlé), porte une lourde responsabilité dans la paupérisation du monde agricole. En 2022, alors que les consommateurs payaient plus cher leur litre de lait demi-écrémé, les éleveurs voyaient le montant de leur marge brute sur ce produit baisser de 4 % par rapport à 2021, tandis que les entreprises agro-alimentaires connaissaient une hausse de leurs marges brutes de 64 % et celles de la grande distribution de +188 % ! Une répartition extrêmement inéquitable constatée sur l’ensemble des produits laitiers, comme l’a dénoncé la Fondation pour la nature et l’homme dans son rapport « Éleveurs et consommateurs, grands perdants de la hausse des prix des produits laitiers ».

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour une version anglaise de cet article..)

Questions for this article:
 
Despite the vested interests of companies and governments, Can we make progress toward sustainable development?

What is the relation between movements for food sovereignty and the global movement for a culture of peace?

(. . . suite)

Près de 20 % des éleveurs laitiers vivent sous le seuil de pauvreté et sont extrêmement dépendants des subventions publiques pour survivre. Un souci que ne connaît pas Lactalis, dont le chiffre d’affaires a augmenté de 28,4 % en 2022 par rapport à 2021, grimpant à 28,3 milliards d’euros ! A cela s’ajoutent divers scandales : salmonelle dans le lait infantile, pollution des cours d’eau, non-respect des normes environnementales, dissimulations d’informations. L’entreprise, connue pour ses marques Président, Lactel ou Galbani, est qualifiée de firme « sans foi ni loi » par le média d’investigation Disclose, dans une enquête édifiante sur « l’ogre du lait ».

E. Leclerc, le leader de la grande distribution et de l’opacité

Aujourd’hui, six groupes contrôlent 90 % du marché de la grande distribution. Parmi eux, le leader E. Leclerc, avec près d’un quart de parts de marché, est devenu un acteur dominant dans la vie des consommateurs et des agriculteurs français. En 2022, le numéro 1 français a augmenté son chiffre d’affaires, mais pas sa transparence… Le groupe E. Leclerc est régulièrement soupçonné de contourner la loi française Egalim afin d’obtenir des prix plus bas des producteurs, notamment via une centrale d’achat Eurelec située en Belgique, où la loi est beaucoup plus souple.

Du haut de leur position dominante, les géants de la grande distribution n’hésitent pas à compresser les prix payés aux agriculteurs pour faire davantage de bénéfices. La rémunération des producteurs sert ainsi de variable d’ajustement, les agriculteurs allant jusqu’à vendre à perte. Également en cause : les produits importés et vendus à très bas prix dans les rayons de ces grandes enseignes. Des produits que Michel Édouard Leclerc aimerait vendre encore moins cher : il a dénoncé par le passé l’obligation d’une marge de 10 % sur les produits alimentaires venus de l’étranger, une mesure justement destinée à protéger les rémunérations des producteurs.

FNSEA, défenseur historique de l’agriculture industrielle

Avec 212 000 adhérents revendiqués, la FNSEA est le syndicat agricole majoritaire en France. Mais loin de lutter pour les intérêts et la rémunération des petits producteurs, ses dirigeants continuent de défendre le modèle agro-industriel et productiviste au service des plus grandes exploitations. Celles-là même qui touchent la plus grosse part des subventions de la Politique agricole commune (PAC) européenne. Depuis des décennies, la FNSEA assure une véritable cogestion des politiques agricoles, main dans la main avec les gouvernements successifs, luttant avec succès en faveur de l’agriculture industrielle et de l’agro-industrie, au détriment de l’agriculture paysanne et biologique, et contre des mesures environnementales.

Son actuel président, Arnaud Rousseau, est lui-même à la tête d’une exploitation céréalière de plus de 700 hectares, soit dix fois la taille moyenne d’une exploitation agricole française… En 2021, il a perçu plus de 170 000 euros de la PAC, soit 5,6 fois le montant moyen que touche une exploitation agricole en France. Il est par ailleurs président du Conseil d’administration du groupe agro-industriel Avril (voir plus haut).

Face aux responsables de la crise agricole, que faire ?

Si les coupables sont connus, les solutions le sont également pour sortir de cette crise agricole, permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail et protéger la santé et l’environnement de toutes et tous.

Plusieurs mesures nous semblent aujourd’hui indispensables pour répondre aux attentes des agriculteurs concernant leurs rémunérations, les accompagner dans la transition écologique et transformer durablement le secteur agricole. Il faut notamment :

° Mettre un terme aux Accords de libre-échange, en réexaminant les accords en vigueur et en instaurant un moratoire sur les négociations en cours (notamment entre l’Union européenne et le Mercorsur, et avec le Chili).

* Mettre en place un prix plancher, c’est-à-dire l’interdiction de la vente de produits agricoles en-dessous des prix de revient (incluant coûts, rémunération du travail et cotisations).

° Encadrer les marges des transformateurs et de la grande distribution, pour une meilleure répartition de la valeur.

° Instaurer un prix minimum d’entrée des produits importés, particulièrement pour les filières les plus en difficulté, pour faire face aux importations déloyales sur les plans sociaux et environnementaux.

° Réformer la Politique agricole commune (PAC) européenne, notamment afin de flécher l’argent public en priorité vers les agriculteurs les plus vulnérables, les exploitations d’agriculture biologique et vers l’accompagnement à la transition agroécologique.

° Augmenter massivement l’accompagnement des agriculteurs dans la transition agroécologique.

Les normes environnementales et la réduction des pesticides sont nécessaires, tant pour la santé des agriculteurs que pour celle des consommateurs ou la préservation de la biodiversité. Il faut donc les maintenir et aider les producteurs dans leur mise en œuvre.

Pour en savoir plus sur les causes et les solutions face aux difficultés des agriculteurs : La crise agricole (et comment en sortir) en 4 questions.

Les syndicalistes autochtones réclament plus d’inclusion et de solidarité : « Nous ne sommes pas là juste pour entonner des chants et réciter des prières »

DROITS DE L’HOMME .

Un article de Equal Times (publié sous Creative Commons Attribution-NonCommercial 4.0 International licence)

À travers le monde, plus de 476 millions de personnes (soit 6,2 % de l’humanité) appartiennent à des peuples autochtones, coexistant presque toujours avec les sociétés qui ont colonisé leurs terres ancestrales il y a des centaines d’années. Au XXIe siècle, au terme d’un long parcours au cours duquel leur identité, leur langue ou une partie de leur culture n’ont pas toujours survécu à l’oppression coloniale, les peuples autochtones ont connu des avancées significatives dans différentes régions du monde. Toutefois, les défis qu’ils doivent relever, tels que la discrimination et le manque d’opportunités, ne leur permettent pas de s’intégrer équitablement au marché du travail. Quatre travailleurs autochtones sur cinq gagnent leur vie dans des emplois informels, tandis que les autres travaillent dans des secteurs extrêmement précaires, souvent exposés à toutes sortes d’abus et ne bénéficiant d’aucune protection sociale.

À l’occasion de la Journée internationale des peuples autochtones, instaurée par les Nations unies en 1982, et de l’appel lancé par la CSI  aux gouvernements du monde entier à signer la Convention relative aux peuples indigènes et tribaux  (C169) de l’Organisation internationale du travail (OIT) (qui, bien que lancée en 1989, n’a été ratifiée que par 24 pays), Equal Times s’est entretenu avec trois dirigeants syndicaux d’origine autochtone, issus de trois continents afin de dresser un tableau plus précis de la situation.


 Des dirigeants syndicaux maori, sami et mapuche s’entretiennent avec Equal Times. De gauche à droite : Laures Park (Nouvelle-Zélande), David Acuña (Chili) et Sissel Skoghaug (Norvège). (Equal Times/Composition by Fátima Donaire)

David Acuña Millahueique, président de la Central Unitaria de Trabajadores de Chile (CUT Chile), la principale organisation syndicale de son pays, nous parle depuis les Amériques. M. Acuña, qui devenait il y a un an le premier dirigeant d’origine mapuche à prendre la direction de cette organisation multisyndicale, participe actuellement au processus historique de création d’une nouvelle constitution pour le Chili. Dans ce cadre, la CUT s’efforce de cimenter la liberté d’association et le travail décent en tant que droits fondamentaux garantis dans un pays dont la constitution actuelle, en vigueur depuis la dictature militaire (1973-1990), ne contient pas encore de dispositions relatives aux droits du travail.

En Europe, c’est Sissel Skoghaug, vice-présidente de la Confédération syndicale norvégienne (LO) depuis dix ans et représentante du peuple sami  (également connu sous le nom de Lapons), l’ancien groupe ethnique nomade de l’Arctique, seul peuple autochtone encore présent sur le continent, qui s’entretient avec Equal Times.

En Océanie, nous avons parlé avec Laures Park, qui occupe la fonction de Matua Takawaenga (« médiateur en chef » en maori) du syndicat néo-zélandais des enseignants (NZEI Te Riu Roa), où elle intervient non seulement en tant qu’agent de liaison principal pour tout ce qui concerne les peuples indigènes de l’île, mais aussi, dans la pratique, en tant que dirigeante adjointe du syndicat en l’absence de la secrétaire nationale, ce qui constitue également tout un accomplissement symbolique pour les Maoris.

Dans votre pays, quelle est la situation actuelle des peuples autochtones en termes d’intégration ou de discrimination sur le plan social et professionnel ?

Laures Park (L.P.) : En Nouvelle-Zélande, la discrimination est toujours présente. Les problèmes sont nombreux, mais on observe aussi une forte intégration. Tout dépend des conditions socio-économiques et géographiques. Les Maoris, qui représentent environ 12 % de la population nationale, ont tendance à occuper les emplois peu rémunérés à forte intensité de main-d’œuvre. Ils occupent généralement des postes de préposés au nettoyage, d’éboueurs et de jardiniers paysagistes… ces types d’emplois. Certes, il y a aussi beaucoup de Maoris qui s’installent en ville et trouvent un emploi dans la fonction publique, mais il faut déménager pour trouver ce genre de postes. Du point de vue de la pauvreté, le taux est probablement très élevé pour les autochtones en Nouvelle-Zélande, en raison du manque d’accès à l’éducation dans leur région d’origine ainsi que du manque d’emploi.

Sissel Skoghaug (S.S.) : Le peuple sami a subi tellement d’injustices. Les autorités ont pratiquement réussi à dépouiller tout un peuple de son identité et de sa langue. Comme l’a récemment conclu la Commission Vérité et Réconciliation, ceci est également vrai pour le peuple Kvène et les Skogfinns (« Finlandais de la forêt »). [Cependant], en Norvège et dans certaines parties de la Suède, la culture samie a connu une très forte renaissance au cours des quatre dernières décennies. Les jeunes et un certain nombre de personnes de ma génération se réapproprient l’héritage perdu depuis deux ou trois générations.

David Acuña Millahueique (D.A.M.) : La situation professionnelle des personnes d’origine autochtone découle de l’intégration forcée de la société autochtone dans la société dominante des colonisateurs. Avant d’en arriver à la situation actuelle, il y a même eu des étapes d’esclavage, qui ont consisté à travailler d’abord dans des activités à revenus très faibles, en tant que travailleurs journaliers, apprentis charpentiers, maçons, boulangers, etc. Nombre de ceux qui ont migré de la campagne vers la ville exerçaient ces types de métiers, tandis que la majorité des femmes autochtones étaient employées de maison et chargées de soins. À l’heure actuelle, un pourcentage significatif des nouvelles générations a accédé à l’éducation formelle, de sorte que nous passons de travailleurs qui, par le passé, ne savaient ni lire ni écrire à ceux qui sont désormais alphabétisés, permettant ainsi des degrés de mobilité sociale minimes dans certains cas.

Qu’en est-il de la reconnaissance et du respect des cultures, des langues et des droits des peuples autochtones, et de leur intégration dans le monde du travail ?

S.S. : En Norvège, aujourd’hui, nous disposons d’un Parlement sami (Samediggi), créé en 1989. Il s’agit de l’organe représentatif du peuple sami dans le pays, qui encourage les initiatives politiques et est compétent pour un certain nombre de questions. Parallèlement, la principale langue samie est également une langue officielle en Norvège. De nombreux progrès ont été accomplis depuis que l’assimilation et la discrimination étaient encore officiellement à l’ordre du jour.

L.P. : En Nouvelle-Zélande, la situation oscille d’un extrême à l’autre. Tout un pan de la population ignore tout de la question ou n’en a cure, parce que les Maoris n’ont aucune incidence sur leur vie. Mais il y a aussi une autre partie de la population qui apprend la langue et participe aux coutumes, et qui est très impliquée dans tout ce qui se passe dans le système éducatif [où il existe un certain nombre d’écoles sélectionnées où la langue maorie est enseignée à tout le monde dès la petite enfance].

Une génération entière de Maoris parle uniquement le maori, et leur famille ne parle que le maori lorsqu’ils sortent et vivent leur vie, ce qui peut causer quelques tensions avec d’autres personnes, principalement des « blancs ». Mais à l’inverse, lorsque nous sommes au centre-ville, d’autres sont ravis d’entendre parler le maori dans la communauté. La situation varie donc. Il y a des gens qui voient cela comme : « Oh, mon Dieu, vous essayez de dissimuler quelque chose », et d’autres qui pensent que c’est tout simplement charmant de l’entendre. Nous avons une chaîne de télévision maorie et le nombre de non-Maoris qui la regarde est tout simplement incroyable. Donc, comme je l’ai dit, [la situation] varie.

D.A.M. : Au Chili, le processus d’intégration des autochtones a été fortement marqué par la discrimination sociale, mais aussi, souvent, par la discrimination au travail et la discrimination raciste, qui ont entraîné des pertes culturelles irréparables, comme la pratique de notre propre langue maternelle, en particulier pour la troisième génération [de Mapuches qui se sont installés dans les villes au milieu du XXe siècle]. Nous sommes devenus des migrants dans notre propre pays, parce que nous avons dû aller dans les villes plus développées, et avec ces processus de migration et d’intégration, nous avons tout perdu, depuis notre langue jusqu’à nos propres coutumes.

Les premières générations de migrants autochtones ont dû se conformer à un nouveau mode de vie et, bien entendu, se comporter « à la chilienne ». En fin de compte, on a fini par être « à moitié “chiliennisés” », en essayant souvent de cacher ou de déguiser ses origines mapuches, et cela s’est enraciné, au point d’éviter même d’utiliser notre propre langue et nos propres coutumes, tout cela pour tenter d’adopter les caractéristiques d’une société qui n’était pas la nôtre, afin de s’y adapter. Ce n’est qu’à partir de la quatrième génération, à laquelle j’appartiens, qu’un processus graduel d’auto-identification avec nos origines a commencé à se mettre en place. De fait, au cours des cinq ou six dernières années, le drapeau mapuche lui-même a fait l’objet d’une revendication, qui s’est manifestée en 2019 lors de l’explosion sociale, au cours de laquelle l’un des symboles les plus populaires et les plus visibles des manifestations a été ce drapeau mapuche. Il a presque causé un boom commercial, car le drapeau mapuche se vendait soudainement comme des petits pains. Cela montrait qu’une identité que nous avions perdue jusque-là était enfin remise à l’honneur.

(Cliquez ici pour une version espagnole de cet article, ou ici pour une version anglaise.)

Question(s) related to this article:
The right to form and join trade unions, Is it being respected?

Indigenous peoples, Are they the true guardians of nature?

Votre pays a-t-il ratifié la Convention de l’OIT relative aux peuples indigènes et tribaux (C169) de 1989 ? Comment a-t-elle affecté la vie des peuples autochtones actuels dans votre pays ? Quelle importance revêt la convention C169 pour votre peuple ?

S.S. : En 1990, la Norvège a été le premier pays à ratifier la convention 169 de l’OIT. Je suis fière du rôle joué par la confédération syndicale norvégienne dans la mise en œuvre de la Convention 169 de l’OIT, adoptée d’abord dans notre propre pays. Outre la Constitution et la loi sur les Samis, la Convention 169 de l’OIT est l’un des piliers de la politique norvégienne à l’égard des Samis. La Convention 169 de l’OIT est un monument à l’esprit collectif de coopération qui caractérisait la Norvège au début des années 1990. Cet esprit collectif a également permis à la population majoritaire de traverser une période difficile de chômage et de troubles financiers et politiques.

L.P. : En Nouvelle-Zélande, le gouvernement ne l’a pas ratifié. Sa justification est que nos nouvelles lois doivent se conformer à un grand nombre d’autres lois antérieures avant de pouvoir la ratifier. Pour nous, cela ne change rien. Si nous voulons faire valoir un point de vue, nous continuerons d’utiliser la C169, qui a toujours du poids. D’une certaine manière, [le fait que la Nouvelle-Zélande n’ait pas ratifié la convention C169] renforce probablement notre argument.

D.A.M. : Pour sa part, le Chili l’a ratifiée en 2008. L’État chilien a ainsi adopté une politique publique de reconnaissance des peuples autochtones et s’est engagé à mettre en place des politiques de reconnaissance et de respect à l’égard de cette composante de la société. Lorsque des politiques nationales susceptibles d’affecter les conditions sociales, culturelles, politiques et environnementales dans lesquelles évoluent les communautés autochtones sont élaborées, une consultation est toujours organisée. À ce jour, nous en sommes restés là, mais il s’agit d’une avancée importante, car cet outil permet aux communautés autochtones de s’exprimer sur les questions qui auront un impact direct sur elles, ce qui n’était pas le cas auparavant.

Pourquoi avez-vous adhéré à un syndicat, quelles difficultés avez-vous rencontrées dans votre environnement de travail et dans les syndicats eux-mêmes, simplement en raison de votre appartenance à une communauté autochtone ?

L.P. : J’y ai adhéré lorsque j’étais enseignante. Il y a de nombreuses années, nous avons discuté de la manière d’encourager les Maoris à s’intéresser aux syndicats. C’est à ce moment-là que le mouvement est devenu beaucoup plus pertinent pour moi. Et depuis lors, c’est ce qui m’a poussé à faire en sorte que les syndicats travaillent pour les Maoris.

Nous avons un dicton, donné par un très ancien tipuna [ancêtre], qui dit qu’« il n’y a qu’un seul chas d’aiguille par lequel tous les fils doivent passer : le blanc, le rouge, le noir. » Pour notre syndicat, ce sentiment est exactement celui auquel nous croyons que les gens devraient adhérer, car ce n’est qu’en s’unissant et en allant dans la même direction que l’on peut faire avancer les choses. Sinon, nous tirons les uns contre les autres.

D.A.M. : Je travaille depuis que j’ai 17 ans ; j’ai dû subvenir aux besoins de ma famille dès mon plus jeune âge et j’ai toujours été étroitement lié au travail. Lorsque j’ai commencé à découvrir le monde syndical, un jour, un syndicat est venu chercher des délégués au supermarché où je travaillais et deux camarades se sont présentés comme délégués. On pouvait en élire trois, et ces personnes-là n’avaient aucune conscience de classe ; on pourrait dire qu’elles n’étaient pas vraiment pro-travailleurs, elles étaient plutôt pro-patronat et elles étaient très proches de l’entreprise. J’ai donc dit : « Non, si nous voulons lutter pour les droits des travailleurs, nous devons conclure des accords avec l’entreprise, mais aussi avoir des désaccords et lutter pour les droits auxquels nous croyons ». Ça a été un moment, une décision, pour dire : « soit je continue à regarder le statu quo en spectateur, soit je provoque un certain changement », et j’ai choisi de provoquer un changement, avec les sacrifices que cela implique aussi.

Vu la position de leader que vous avez atteinte au sein de votre organisation, qu’est-ce que cela symbolise pour vous et pour la suite de la lutte pour les droits des autochtones ?

D.A.M. : C’est une source de fierté pour moi et ma famille. Ma première Fête du 1er mai en tant que président a été une date marquante pour moi. Ce jour-là, j’ai reconnu mon identité et j’ai affirmé : « Je suis un travailleur du commerce, je suis Mapuche et je viens d’une communauté autochtone de Lleulleu, dans la région de Los Ríos ». Plus qu’un dirigeant syndical, je me considère comme un travailleur et je reconnais également aujourd’hui mon héritage historique : ma mère a émigré du sud du Chili vers la capitale et nous avons perdu notre langue, nous avons perdu une partie de notre culture, mais nous n’avons pas perdu le lien avec le territoire. Il est très important pour moi de le reconnaître, car je suis fière de représenter aujourd’hui, à ce poste, un peuple aussi combatif que l’était et l’est encore le peuple mapuche dans sa revendication territoriale – qui est toujours latente à ce jour.

S.S : Avec le temps, j’ai découvert que ma propre famille avait perdu la majeure partie de son identité samie et kvène, y compris la langue, et ce en raison de la politique de « norvégiannisation » menée depuis des décennies. Mais nous nous réapproprions notre héritage, ma fille et mon fils ouvrant la voie avec des études de langues et bien d’autres choses encore. Lors de mes apparitions publiques, je suis très fière de porter le gakti (robe traditionnelle samie), que j’ai récemment fait confectionner. J’ai le sentiment que ce processus est en soi une victoire sur l’injustice qui a été commise.

Comment les syndicats peuvent-ils davantage aider les peuples autochtones à s’intégrer réellement dans le monde du travail ?

D.A.M. : Avec solidarité et respect. Le respect de l’identité, des croyances, mais aussi la solidarité et l’inclusion dans les espaces de travail.

S.S. : Nous étudierons ce que nous, la confédération syndicale norvégienne, pouvons faire pour contribuer à la lutte contre le racisme, comme nous l’avons fait sur le lieu de travail. Jusqu’à présent, dans le monde du travail, LO a été un ardent défenseur de la législation contre la discrimination désormais en vigueur en Norvège. Cette législation permet aujourd’hui aux employés et aux candidats à l’emploi de bénéficier de l’égalité des chances, indépendamment de leur appartenance ethnique, de leur religion, de leur sexe ou de leurs responsabilités en tant que soignant. Tous les employeurs norvégiens sont tenus de promouvoir activement, de manière ciblée et systématique, l’égalité et de prévenir la discrimination sur le lieu de travail, conformément à la loi sur l’égalité et la lutte contre la discrimination. Cette obligation de participation active de l’employeur est un travail préventif que les employeurs sont tenus d’effectuer avant que ne surviennent des incidents liés à la discrimination.

L.P. : Les syndicats pourraient se transformer en interne et employer davantage d’autochtones dans leurs organisations. En outre, ils ne devraient pas avoir peur de promouvoir ces choses auprès de leurs affiliés ; pour l’instant, c’est un peu perçu comme de la poudre aux yeux. Mais nous appartenons tous à ce pays. Nous devrions donc tous faire la même chose, sans nous contenter de laisser les gens être inclusifs ou de leur dire, et je vais être impoli : « Allez là-bas et jouez avec vos billes pendant que nous nous occupons du vrai travail à faire ici ». Les syndicats doivent être plus inclusifs et faire davantage la promotion des peuples autochtones, de sorte que nous ne soyons pas là juste pour entonner des chants et réciter les prières inaugurales.

Comment les peuples autochtones peuvent-ils contribuer, avec leurs sensibilités, leur culture et leurs expériences spécifiques, aux débats mondiaux actuels concernant la transition juste, la justice sociale, les droits humains et du travail et la santé démocratique de nos sociétés ?

D.A.M. : Au Chili, les peuples originels partent d’une culture de revendication qui réclame de nombreux droits qui leur ont été usurpés : le droit à la terre constitue l’une de leurs principales revendications, mais il y a aussi les cultures ancestrales, en particulier la médecine ancestrale, qui aujourd’hui fait déjà partie de la pénétration de la culture mapuche dans la société d’une manière qui était impensable auparavant. En effet, depuis 15 ou 20 ans, une rupture culturelle a permis à la culture des peuples originels de refaire surface. Aujourd’hui, la quasi-totalité des communes dispose d’une ruca mapuche, c’est-à-dire d’un centre cérémoniel consacré à la gastronomie, à la culture et à la médecine traditionnelle, de sorte qu’au-delà d’un drapeau et d’une tradition combative, apparaît également une culture ancestrale qui parle de solidarité, d’inclusion et de participation, de respect des aînés et de son propre corps.

S.S. : Je pense que nous devons revenir à l’esprit de coopération qui caractérisait la Norvège au début des années 1990. Nous vivons à nouveau une période de crise et de grands risques pèsent sur nous. La polarisation que nous observons à la fois à travers le monde et dans notre partie de celui-ci laisse la place à des forces qui ne souhaitent le bien ni des minorités, ni des majorités, ni des démocraties. Les droits acquis ne le seront pas automatiquement pour toujours. Le combat n’est jamais terminé. Le mouvement syndical en est bien conscient.

L.P. : Lorsque je pense à la transition juste, et en particulier au changement climatique, je pense que les peuples autochtones ont beaucoup à offrir. Mais les pouvoirs en place ne leur demandent rien. Par exemple, lorsque vous pensez aux régions qui souffrent actuellement de la sécheresse, du manque d’eau, etc., les peuples autochtones d’Australie vivent dans ces conditions depuis des années. Comment se fait-il qu’on ne leur parle pas ? Vous savez, sur la façon de survivre dans ce genre de situation ? Et quelle est votre contribution à ces conversations ? Les peuples autochtones ont toujours su agir avec sagesse et de manière durable, et ils continueront à le faire. Les peuples autochtones détiennent une grande partie de ce savoir et s’en servent probablement comme s’il s’agissait du simple bon sens de la vie quotidienne. Si quelqu’un se donnait la peine d’enquêter ou d’en parler, je pense que les peuples autochtones ont beaucoup à offrir, mais premièrement : ont-ils voix au chapitre ? Et deuxièmement, les gens écoutent-ils ce qu’ils ont à dire ?

 

France: Les Résistantes 2023 – rencontres de luttes locales et globales

. . DEVELOPPEMENT DURABLE . .

Un article de Les Resistantes

Du 3 au 6 août 2023, sur le plateau du Larzac aura lieu la première édition des Résistantes – Rencontres des luttes locales et globales ! Plus de 570 luttes locales sont identifiées aujourd’hui sur la carte de Reporterre, et ces Rencontres par et pour les luttes seront l’occasion de les mettre à l’honneur et de rassembler ce vaste mouvement qui grandit à travers la France.


La carte de resistantes dans le sud de France
(Cliquez sur l’image pour élargir)

Du local au global, de nombreuses associations, syndicats et collectifs travaillent aussi sur des sujets connexes, sociaux, environnementaux, sociétaux, et gagneraient beaucoup à se rencontrer et s’entraider plus.

Concrètement, ces 4 jours seront l’occasion d’inviter de nouvelles personnes à rejoindre nos luttes, de préparer des perspectives de mobilisation ensemble, de se former, de célébrer nos victoires, de voir comment s’entraider et de renforcer les coalitions de luttes géographiques ou thématiques qui se montent un peu partout. Concerts, ateliers, assemblées, rencontres, formations, projections-débats, spectacles, espace enfants, balades naturalistes, radio participative et bien d’autres choses seront ainsi au rendez-vous !

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour une version anglaise de cet article..)

Questions for this article:
 
Local resistance actions: can they save sustainable development?

(. . . suite)

Les grands objectifs de l’événement

Avec ces Rencontres, nous cherchons à :

-> Rassembler la sphère militante qui gravite autour des luttes sans forcément s’y impliquer beaucoup, et l’inciter à le faire via des moyens clairs et nombreux.

-> Visibiliser et médiatiser le mouvement des luttes locales à travers la France, son ampleur et sa force, dans une optique de recrutement et de crédibilisation.

-> Faire se rassembler des réseaux de luttes qui ne se parlent pas ou trop peu, des luttes locales isolées ou organisations globales qui se battent sur des sujets connexes, qui verraient ainsi que leur cas est loin d’être le seul et qu’elles peuvent trouver du soutien à l’extérieur.

-> Accélérer les dynamiques de coopération inter-luttes : les Rencontres permettront de mettre à disposition des capacités logistiques, communicationnelles, organisationnelles, financières et des compétences afin que les coalitions de luttes y organisent des temps de structuration, d’entraide, de planification et de recrutement.

-> Mettre les luttes, les prochaines échéances et les prochains grands combats globaux à l’agenda des médias et de nombreux alliés pour la rentrée 2023.

-> Structurer un réseau de bénévoles pérenne capable de soutenir des luttes et leurs réseaux sur le temps long à travers la France.

-> Faire un temps joyeux qui célèbre nos victoires passées et qui permette d’en préfigurer des dizaines à venir !

contact@lesresistantes2023.fr

(Merci à Emanuelle Dufossez pour avoir envoyé cet article à CPNN)

France: « Vous êtes, nous sommes, Les Soulèvements de la Terre »

. . DEVELOPPEMENT DURABLE . .

Un article de Reporterre

Même dissous, Les Soulèvements de la Terre continueront à faire parler d’eux. Dans cette tribune, ils invitent à créer un mouvement de résistance.

Les Soulèvements de la Terre ont été dissous le 21 juin par le gouvernement. Face à cette attaque inédite à l’encontre du mouvement écologique, Reporterre s’engage à continuer de parler des Soulèvements de la Terre, de leurs actions et de leurs convictions. Voici leur tribune publiée à l’issue de la dissolution.

Ce 21 juin, en conseil des ministres, le gouvernement vient d’enclencher la procédure de dissolution des Soulèvements de la Terre. Après nous avoir jeté ses grenades mutilantes au visage, il prétend que nous n’aurions plus le droit d’exister ensemble, ni de nous organiser. Il prétend maintenant dissoudre un soulèvement, par tous les moyens.

Depuis les sinistres bureaux de la place Beauvau, cette dissolution se veut être un couperet. Elle se voulait être la fin d’une histoire. Et pourtant le bruit qui court à travers le pays, là où les espoirs bourgeonnent encore, dit tout autre chose. Des chuchotements contagieux, des éclats de solidarité innombrables nous rappellent que les pires attaques produisent parfois des renversements inattendus.

Et si cette dissolution était en réalité un appel ministériel à rejoindre un grand mouvement de résistance ? Un réseau déjà fort de 110 000 membres déclarés, de 180 comités locaux, fort d’autant de personnes engagées dans la vie publique, dans des collectifs et syndicats. Un mouvement prétendument interdit, mais collectivement inarrêtable, visé par le pouvoir, mais ancré dans les territoires, présent dans les lieux de travail et d’études, les granges et arrière-salles, jusqu’au sein même des administrations. Le gouvernement prétendait nous faire disparaître, en réalité nous serons chaque jour de plus en plus visibles.

« Malgré la dissolution, Les Soulèvements ressurgiront »

Face à la persistance de cette menace, nous vous proposons un grand jeu. Un jeu on ne peut plus sérieux, un jeu qui constitue un réseau de résistance. Nous allons ensemble, dans les jours et semaines qui viennent, continuer à faire apparaître Les Soulèvements de la Terre de 1 000 manières dans l’espace public : devant les bistrots et centres sociaux, à la pause café, par des réunions ouvertes, des antennes internationales, des inscriptions sur les murs, des fanions et des fêtes, des désarmements et des pieds de nez.

Malgré la dissolution, Les Soulèvements ressurgiront au débotté sur des chantiers ou au cœur d’un site industriel, déborderont de rues bondées de clameurs contre l’ordre marchand, s’enracineront dans des jardins pirates, des maisons du peuple ou des fermes communes. À vous, à nous de trouver.

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour une version anglaise de cet article..)

Questions for this article:
 
Despite the vested interests of companies and governments, Can we make progress toward sustainable development?

Local resistance actions: can they save sustainable development?

(. . . suite)

Ce qui repousse partout ne peut être dissous

Ces surgissements commencent dès ce soir [mercredi 21 juin], avec des rassemblements de soutien organisés dans déjà plus de 100 villes de France à 19 heures, devant les préfectures.

Nous, participant·es de partout aux Soulèvements, vous appelons donc à rejoindre les plus de 180 comités locaux  qui se sont formés ces derniers mois, les centaines de résistances territoriales, de luttes locales et les sections syndicales déjà existantes qui ont revendiqué publiquement leur appartenance au mouvement. La parole des Soulèvements de la Terre leur appartient, elle vous appartient.

Nous allons ensemble continuer à soutenir nos blessé·es. Nous allons poursuivre les luttes de terrain partout et converger à plus nombreux·ses encore.

Deux prochaines échéances sont déjà posées cet été, deux temps d’action essentiels pour le partage de l’eau en plein été et en pleine sécheresse historique :

* le convoi de l’eau de Poitiers à Paris du 18 au 27 août ;

* la campagne d’actions 100 jours pour les sécher.

Par-delà ces quelques proches repères, nous allons forger partout les complicités nécessaires pour enrayer concrètement l’avancée du bitume, l’assèchement des sols, l’intoxication de l’eau et la dissolution des liens.

Nous allons nous retrouver. Vous êtes, nous sommes, Les Soulèvements de la Terre.

« Un mouvement ne peut être dissout ! »

En solidarité face à la mesure de dissolution, différents médias s’engagent à proposer des espaces pour diffuser des informations sur les déclinaisons du mouvement à travers le pays dans les semaines et mois à venir. Voici les premiers : Basta !, Cerveaux non disponibles, La Relève et la peste, Contre-attaque, Le Média, Partager c’est sympa, Lundi Matin,  Dijoncter.info,  Reporterre, Terrestres, etc.

Ces différents canaux, créés en solidarité par des soutiens ou des orgas, hébergeront également les multiples voix décentralisées qui se revendiquent aujourd’hui être Les Soulèvements de la Terre :

* un blog Mediapart  d’amies des Soulèvements de la Terre ;

* un canal Telegram  inter-orga à rejoindre.

Une adresse mail d’ami·es du mouvement qui s’engage à collecter et relayer la manière dont différentes organisations et luttes locales existantes comptent donner suite à cet appel localement : lesamiesdessoulevements@cryptomail.ch

Des appuis et antennes relais internationales des Soulèvements de la Terre sont annoncés en Italie, Suisse, Belgique, Espagne et aux États-Unis par un certain nombre d’organisations et médias face aux menaces de censure par le gouvernement français.

Des équipes juridiques en soutien continueront à suivre les procédures engagées : antirep-bassines@riseup.net, legal-lutteslocales@riseup.net
Un mouvement ne peut être dissout !

Kinshasa, capitale de la première biennale de la CEEAC pour une culture de la paix

. DEVELOPPEMENT DURABLE . .

Un article de Digital Congo

Le Collège des Hautes Etudes de Stratégie et de Défense (CHESD) abrite depuis vendredi, 14 octobre 2022, les travaux sur le première biennale de la Commission Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) pour une culture de la paix.

Placée  sous le thème : ” APSA@20 : défis et perspectives pour faire taire les armes en Afrique centrale : Rétrospection et analyse prospective “, cette conférence est organisée en partenariat avec le Gouvernement de la RDC, le Programme des Nations Unies pour le développement(PNUD) et avec le soutien du CHESD piloté par le Général Major Augustin MUBIAYI MAMBA, du Centre Africain pour la Résolution Constructive des Conflits (ACCORD), de l’Institut d’Études de Sécurité (ISS), de l’UNESCO, de l’OIF, du CICIBA, du CERDOTOLA.

Elle  donne également l’occasion aux participants de réfléchir sur une meilleure coordination des efforts au niveau continental, régional et local pour la réalisation de l’agenda 2063 de l’Union Africaine sur la démocratie, la bonne gouvernance, et une Afrique pacifique et sûre.

Dans son allocution, la Représentante Résidente ai du PNUD, Madame Rokya Ye NDIENG a indiqué que :

“Le thème de cette conférence, à savoir ” Culture de la paix ” présente trois possibilités essentielles aux participants. D’abord, c’est la possibilité d’évaluer les approches, outils et systèmes existants de gestion des conflits à tous les niveaux, ensuite, la nécessité de proposer des recommandations concrètes pour améliorer les stratégies de renforcement de la paix et de la sécurité et enfin, l’impératif de formuler une feuille de route pour “Faire taire les armes” à l’horizon 2031, en Afrique Centrale (…)”.

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour l’article en anglais..)

Question for this article:

Can the African Union help bring a culture of peace to Africa?

( . . . suite)

Et de poursuivre :

“La dynamique des conflits sur le continent a changé ces dernières années. Des nouvelles menaces ont émergé, à l’exemple du changement climatique, des pandémies et de la cybersécurité. Elles demandent des réponses adaptées, cohérentes et concertées. Les profils des acteurs de ces conflits ont également évolué et leurs modes opératoires ont changé. Il en est ainsi des pirates, des terroristes et des organisations criminelles (…) “, a relevé la Représentante Résidente ai du PNUD, Rokya Ye NDIENG.

“(…) l’architecture africaine de paix et de sécurité créée par l’Union Africaine en collaboration avec les Communautés Economiques Régionales doit répondre à ces défis qui deviennent de plus en plus complexes en vue de prévenir, gérer et régler les conflits sur le continent (…) le PNUD soutient la vision stratégique de l’Union Africaine déclinée à travers le Programme 2063 pour une Afrique prospère et pacifique.

Cette vision participe à l’atteinte de l’Objectif du Développement Durable (ODD) 16 visant à “promouvoir l’avènement de sociétés pacifiques et inclusives aux fins du développement durable, assurer à tous l’accès à la justice et mettre en place, à tous les niveaux, des institutions efficaces, responsables et ouvertes (…) il ne saurait y avoir de développement durable sans la paix et la stabilité. La prévention et le règlement pacifique des conflits sont donc des conditions nécessaires pour l’atteinte des Objectifs de Développement Durable, notamment dans le contexte de la sous-région d’Afrique Centrale marquée par des fragilités politiques, économiques, sociales et sécuritaires (…) “, a-t-elle  précisé.

Avant d’ajouter : ” (…) une approche holistique de la prévention des conflits s’impose à nous si nous voulons bâtir et enraciner une culture de la paix sur le continent et plus particulièrement en Afrique Centrale. Bâtir la paix à travers l’édification de sociétés inclusives, pacifiques et résilientes suppose la mise en place de mécanismes fonctionnels de prévention et de résolution des conflits à tous les niveaux en vue de renforcer l’architecture africaine de paix et de sécurité. Dans cette optique l’implication des femmes et des jeunes aux efforts continentaux, régionaux, nationaux et locaux de paix est un impératif (…) ”

Par ailleurs, le président de la Commission, Gilberto da Piedade VERISSIMO a quant à lui salué la tenue de ces assises qui entre dans la ligne droite de trouver une paix durable en Afrique centrale.

Signalons que cette première biennale, dont la clôture des travaux  intervient ce samedi, 15 octobre 2022, réunit  des participants de haut niveau de la région et du monde entier, des groupes de jeunes et de femmes, des organisations de la Société Civile, des ONG et des Représentants de diverses entités des Nations Unies.

Le « Fihavanana » de Madagascar : corruption ou culture de paix ?

. . DEVELOPPEMENT DURABLE . .

Publié le 30 Juillet 2022 sur Blogger.com

Nous n’aurons de cesse de le répéter, il faut lutter contre la corruption avant que la corruption ne lutte contre nous. Car ne pas agir c’est approuver et l’approuver revient à faire preuve de non-assistance à pays en danger. Et pendant que la corruption devient un mode de vie dans grande île, de plus en plus de personnes pointent du doigt le « Fihavanana ».

On vous explique …

Il s’agit d’un concept culturel malgache fondé sur l’entraide et la réciprocité des services rendus. Le « Fihavanana » tend vers une perspective harmonique ayant pour but de maintenir coûte que coûte la paix sociale en évitant ou en tranchant les désaccords familiaux, dans le voisinage ou à travers le pays.


Photo de l’article The Fihavanana: Myths and Realities of a Value that Guarantees Social Peace

(cliquez ici pour une version anglaise de cet article.)

Question for this article:

Opposing tax havens and corruption: part of the culture of peace?

Echec ou réussite, ici, le problème réside dans le fait que cette façon de penser collective se trouve à présent au service de la corruption, la plus abjecte manière d’en user. Si cette dernière se traduit dans le détournement d’un pouvoir délégué pour servir des intérêts personnels, elle a surtout lobotomisé les malgaches au prix d’une valeur commune. L’entraide est déviée vers des dessous de table ; des responsables officiels reçoivent une rétribution pour assouplir des démarches ou rendre favorables des demandes. Les pots de vin sont justifiés par la volonté de maintenir le « Fihavanana ». Il n’est même plus question d’éviter les désaccords, ils vont plutôt s’en servir pour faire du favoritisme, priorité aux connaissances dans le voisinage. Qui se soucient des compétences et des efforts ! Les postes et les places iront d’abord aux membres de la famille. C’est du « Fihavanana » népotiste. Certains vont jusqu’à falsifier des données pour favoriser leurs proches, risquer leur travail pour de la corruption. Mais ironiquement, vaut-il vraiment mieux perdre de l‘argent que perdre la familiarité comme dit le proverbe malgache ?

Il faut néanmoins admettre que le blâme ne devrait pas porter sur le « Fihavanana » mais dans l’usage que l’on en fait. Une culture de la paix ne peut pas être néfaste. Mais une lutte contre la corruption s’impose pour que le « Fihavanana » retrouve toute sa blancheur entachée car ils sont en train de corrompre une valeur nationale, une culture qui caractérise Madagascar. Et même si le pays a fait une avancée remarquable en passant de 149ème en 2020 à 147ème en 2021 sur l’Indice de Perception de la Corruption (IPC), la lutte devient même culturelle.

(Merci à Jay Ralitera d’avoir envoyé cet article à CPNN)

La Via Campesina appelle les États à sortir de l’OMC et à créer un nouveau cadre basé sur la souveraineté alimentaire

. . DEVELOPPEMENT DURABLE . .

Un communiqué de presse le 15 juin 2022 de Via Campesina

La Via Campesina, le mouvement paysan mondial représentant les voix de plus de 200 millions de petit·es paysan·nes d’Asie, d’Afrique, d’Europe et des Amériques, a été mobilisé toute cette semaine contre l’OMC. La crise alimentaire qui frappe le monde aujourd’hui est une preuve supplémentaire que le libre-échange – loin d’apporter la sécurité alimentaire – affame les peuples.

L’Organisation mondiale du commerce a une fois de plus échoué à proposer une solution permanente quant aux stocks publics à des fins de sécurité alimentaire. Depuis plus de huit ans, les pays riches bloquent les propositions concrètes des membres africains et asiatiques du G33 à cet égard.

Jeongyeol Kim, de l’Association Coréenne des Femmes Paysannes et membre du Comité de coordination international (CCI) de La Via Campesina, remarque que :

« Le libre-échange affame. Après 27 ans sous le règne de l’OMC, cette conclusion est sans appel. Il est temps de sortir l’agriculture de tous les accords de libre-échange. La pandémie, ainsi que l’impact et les perturbations induites par la guerre ont montré clairement que nous avons besoin d’un système de gouvernance alimentaire local et national basé sur les personnes, et non sur les agro-industries. Un système qui soit construit sur des principes de solidarité et de coopération plutôt que sur la concurrence, la coercition et les agendas géopolitiques. »

Burry Tunkara, de l’Organisation gambienne des petit·es paysan·nes, des pêcheur·euses et des forestier·ères et une des principales jeunes leaders de La Via Campesina, fait écho à ce même sentiment dans ce témoignage :

« L’OMC ne défend que les riches et leurs intérêts commerciaux. Il s’agit d’un outil du néo-colonialisme. Elle sert seulement les intérêts des multinationales pour trouver de nouveaux marchés et une main-d’œuvre moins chère. Il est temps de mettre un terme cela ! »

L’agenda socio-économique des pays les plus pauvres et à faible revenu n’est pas la priorité de l’OMC. La preuve : son incapacité à fournir un mécanisme de sauvegarde contre le « dumping » des pays riches et son approche des subventions à la pêche au détriment des petit·es pécheur·euses. Il ne sert à rien d’essayer de réformer une institution construite pour favoriser les intérêts commerciaux d’une poignée d’entreprises multinationales.

Perla Álvarez du Paraguay, et membre de la Coordination Latino-Américaine de La Via Campesina (CLOC) a déclaré qu’un changement systémique est urgent et nécessaire :

« La crise alimentaire mondiale est un moment de vérité pour nous. Il n’y a pas de place pour l’approche “business as usual”. Nous présentons des propositions à court et à long terme qui peuvent changer radicalement la façon dont le commerce affecte les communautés paysannes à travers le monde. »

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour une version anglaise de cet article. ou ici pour une version espagnole.)

Questions for this article:
 
What is the relation between movements for food sovereignty and the global movement for a culture of peace?

(. . . suite)

Aujourd’hui, le 15 juin, depuis Genève, alors que la Conférence ministérielle de l’OMC a une nouvelle fois trahi les attentes des populations les plus touchées par la crise alimentaire, nous, La Via Campesina, partageons nos propositions.

La Via Campesina appelle tous les gouvernements nationaux à reconstituer des stocks publics et à soutenir la création de réserves alimentaires au niveau communautaire avec des produits locaux issus de pratiques agroécologiques. Il a également appelé tous les gouvernements à mettre en place une législation anti-dumping, nécessaire pour empêcher les exportateurs de détruire les marchés locaux.

Yudhvir Singh de l’Union Bhartiya Kisan, qui fait partie des syndicats qui ont formé le fer de lance de la mobilisation historique des paysan·nes indien·nes en 2021, présente l’expérience de son pays avec les stocks publics alimentaires :

« Les paysan·nes ont besoin de politiques publiques fortes comme le prix minimum et le stock public pour continuer à vivre décemment en produisant des aliments. Les attaques de l’OMC contre notre modèle de régulation des marchés sont extrêmement dangereuses. Le G33 doit continuer à résister et à construire sur la base des aspirations et des espoirs des petit·es producteur·trices. »

La Via Campesina a demandé une suspension immédiate de toutes les règles existantes de l’OMC qui empêchent les pays de développer des stocks publics alimentaires et de réguler le marché et les prix. Les gouvernements doivent avoir le droit d’utiliser des critères choisis par eux-mêmes pour protéger et promouvoir leur souveraineté alimentaire. Chaque pays doit pouvoir développer sa propre politique agricole et alimentaire et protéger les intérêts de ses paysan·nes, sans nuire aux autres pays. L’utilisation de produits agricoles pour les agro-carburants doit être interdite. La Via Campesina a également appelé à stopper la spéculation.

« La réforme agraire est nécessaire pour construire la souveraineté alimentaire », a ajouté Zainal Arifin Fuat de Serikat Petani Indonesia et membre du Comité de Coordination International de LVC.

« Les gouvernements doivent mettre fin à l’accaparement de l’eau, des semences et des terres par les sociétés transnationales et garantir aux petit.es producteur·trices des droits équitables sur les biens communs. »

Nous, La Via Campesina, insistons pour que, dans le cadre de la pandémie et de la crise mondiale de l’approvisionnement, les gouvernements donnent la priorité aux marchés locaux.

Morgan Ody, paysanne en Bretagne, France, et coordinatrice générale de La Via Campesina, a déclaré au nom du mouvement paysan mondial :

« L’Organisation mondiale du commerce est un projet qui a échoué. Notre mouvement paysan mondial appelle tous les États, en particulier ceux du Sud, à quitter l’OMC immédiatement. Il faut créer un nouveau cadre international pour l’agriculture et le commerce fondé sur la souveraineté alimentaire. C’est seulement ainsi que nous pourrons défendre les intérêts des petits producteurs alimentaires. »

Pour toute question, écrivez à press@viacampesina.org

Note de l’éditeur : La Via Campesina compte parmi ses membres 181 organisations paysannes dans plus de 80 pays. Le réseau paysan mondial et ses alliés ont mené les négociations à l’ONU pendant 17 ans, ce qui a conduit les Nations Unies à adopter la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Paysans et Autres Personnes Travaillant dans les Zones Rurales (UNDROP) en 2018.

France : « Désertons » : des jeunes ingénieurs appellent à refuser les « jobs destructeurs »

. . DEVELOPPEMENT DURABLE . .

Un article de Reporterre

Lors d’un discours prononcé à la cérémonie de remise des diplômes d’AgroParisTech, le 10 mai, huit étudiants disent refuser d’exercer des « jobs destructeurs » et appellent leurs camarades à rejoindre les luttes écolos et à travailler de leurs mains.

Le grand écran lumineux annonçait le discours de fin d’année d’une jeune diplômée. Mais à la tribune, elles et ils sont arrivés à huit. À tour de rôle, ils ont décrit le rôle que joue leur formation et leur métier dans la catastrophe écologique et sociale et appelé leurs collègues à « bifurquer maintenant ».


Une image de la vidéo de leurs discours
(Cliquez sur l’image pour voir le video)

Les diplômés de 2022 sont aujourd’hui réunis une dernière fois après trois ou quatre années à AgroParisTech. Nous sommes plusieurs à ne pas vouloir faire mine d’être fières et méritantes d’obtenir ce diplôme à l’issue d’une formation qui pousse globalement à participer aux ravages sociaux et écologiques en cours.

Nous ne nous considérons pas comme « les talents d’une planète soutenable ».

Nous ne voyons pas les ravages écologiques et sociaux comme des « enjeux » ou des « défis » auxquels nous devrions trouver des solutions en tant qu’ingénieurs.

Nous ne croyons pas que nous avons besoin de « toutes les agricultures ». Nous voyons plutôt que l’agro-industrie mène une guerre au vivant et à la paysannerie partout sur Terre.

Nous ne voyons pas les sciences et techniques comme neutres et apolitiques.

Nous pensons que l’innovation technologique ou les start-up ne sauveront rien d’autre que le capitalisme.

Nous ne croyons ni au « développement durable », ni à la « croissance verte », ni à la « transition écologique », une expression qui sous-entend que la société pourra devenir soutenable sans qu’on se débarrasse de l’ordre social dominant.

AgroParisTech forme chaque année des centaines d’élèves à travailler pour l’industrie de diverses manières : trafiquer en labo des plantes pour des multinationales qui renforcent l’asservissement des agricultrices et des agriculteurs ; concevoir des plats préparés et ensuite des chimiothérapies pour soigner les maladies causées ; inventer des labels bonne-conscience pour permettre aux cadres de se croire héroïques en mangeant mieux que les autres ; développer des « énergies vertes » qui permettent d’accélérer la numérisation de la société tout en polluant et en exploitant à l’autre bout du monde ; pondre des rapports RSE [responsabilité sociétale des entreprises] d’autant plus longs et délirants que les crimes qu’ils masquent sont scandaleux ; ou encore compter des grenouilles et des papillons pour que les bétonneurs puissent les faire disparaître légalement.

« Nous nous adressons à celles et ceux qui doutent »
Ces jobs sont destructeurs, et les choisir, c’est nuire… en servant les intérêts de quelques-uns.

C’est pourtant ces débouchés qui nous ont été présentés tout au long de notre cursus à AgroParisTech. En revanche, on ne nous a jamais parlé des diplômés qui considèrent que ces métiers font davantage partie des problèmes que des solutions et qui ont choisi de déserter.

Nous nous adressons à celles et ceux qui doutent. Que ce doute soit quotidien — ou fugitif.

À vous, qui avez accepté un boulot parce qu’« il faut bien une première expérience ».

À vous, dont les proches travaillent à perpétuer le système, et qui sentez le poids de leur regard sur vos choix professionnels.

À vous, qui, assises derrière un bureau, regardez par la fenêtre en rêvant d’espace et de liberté.

À vous qui prenez le TGV tous les week-ends en quête d’un bien-être jamais trouvé.

À vous qui sentez un malaise monter sans pouvoir le nommer, qui trouvez souvent que ce monde est fou, qui avez envie de faire quelque chose mais ne savez pas trop quoi, ou qui espériez « changer les choses de l’intérieur » et n’y croyez déjà plus.

Nous voulions vous dire que vous n’êtes pas les seuls à trouver qu’il y a quelque chose qui cloche. Car il y a vraiment quelque chose qui cloche.

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour une version anglaise de cet article..)

Questions for this article:
 
Despite the vested interests of companies and governments, Can we make progress toward sustainable development?

Are we seeing the dawn of a global youth movement?

(. . . suite)

Nous aussi, nous avons douté, et nous doutons parfois encore.

Et nous refusons de servir ce système, nous avons décidé de chercher d’autres voies, de construire nos propres chemins.

Comment est-ce que ça a commencé ?

Nous avons rencontré des personnes qui luttaient, et nous les avons suivies sur leurs terrains de lutte. Ils nous ont fait voir l’envers des projets que nous aurions pu mener en tant qu’ingénieurs. Je pense à Christina et Emmanuel qui voient le béton couler sur leurs terres du plateau de Saclay. Je pense à ce trou desséché, une compensation bien dérisoire à une mare pleine de tritons. Ou encore à Nico qui voit de sa tour d’immeuble les jardins populaires de son enfance rasés pour la construction d’un écoquartier.

Ici et là, nous avons rencontré des personnes qui expérimentent d’autres modes de vie, qui se réapproprient des savoirs et des savoir-faire pour ne plus dépendre des monopoles d’industries polluantes.

Des personnes qui comprennent leur territoire pour vivre de lui sans l’épuiser. Qui luttent activement contre des projets nuisibles. Qui pratiquent au quotidien une écologie populaire, décoloniale et féministe. Qui retrouvent le temps de vivre bien et de prendre soin les unes-les uns des autres. Toutes ces rencontres nous ont inspirées pour imaginer nos propres voies.

… J’habite depuis deux ans à la zad de Notre-Dame-des-Landes où je fais de l’agriculture collective et vivrière, entre autres choses.

… Moi je suis en cours d’installation en apiculture dans le Dauphiné.

… J’ai rejoint le mouvement Les Soulèvements de la terre pour lutter contre l’accaparement des terres agricoles et leur bétonisation partout en France.

… Je vis à la montagne, j’ai fait un boulot saisonnier et je me lance dans le dessin.

… On s’installe en collectif dans le Tarn sur une ferme Terre de Liens avec un paysan boulanger, des brasseurs et des arboriculteurs.

… Je m’engage contre le nucléaire près de Bure.

… Je me forme aujourd’hui pour m’installer demain et travailler de mes mains.

Nous considérons que ces façons de vivre sont plus que nécessaires et nous savons qu’elles nous rendront plus fortes et plus heureuses.

Vous craignez de faire un pas de côté parce qu’il ne « ferait pas bien » sur votre CV ?

De vous éloigner de votre famille et de votre réseau ?

De vous priver de la reconnaissance que vous vaudrait une carrière d’ingénieur agronome ?

Mais quelle vie voulons-nous ? Un patron cynique ? Un salaire qui permet de prendre l’avion ? Un emprunt sur trente ans pour un pavillon ? Même pas cinq semaines par an pour souffler dans un « gîte insolite » ? Un SUV électrique, un Fairphone et une carte de fidélité à la Biocoop ?

Et puis un burnout à 40 ans ?

« N’attendons pas le 12ᵉ rapport du Giec »
Ne perdons pas notre temps. Mais surtout, ne laissons pas filer cette énergie qui bout quelque part en nous.

Désertons avant d’être coincés par des obligations financières.

N’attendons pas que nos mômes nous demandent des sous pour faire du shopping dans le Metavers parce que nous aurons manqué de temps pour les faire rêver à autre chose.

N’attendons pas d’être incapables d’autre chose que d’une pseudo-reconversion dans le même taf, mais repeint en vert.

N’attendons pas le 12ᵉ rapport du Giec, qui démontrera que les États et les multinationales n’ont jamais rien fait d’autre qu’aggraver les problèmes, et qui placera ses derniers espoirs dans les soulèvements et les révoltes populaires.

Vous pouvez bifurquer maintenant.

Commencer une formation de paysan-boulanger. Partir pour quelques mois de woofing. Participer à un chantier sur une zad ou ailleurs. Vous engager auprès de celles et ceux qui en ont besoin. Vous investir dans un atelier vélo autogéré ou rejoindre un week-end de lutte avec les Soulèvements de la terre.

Ça peut commencer comme ça.

À vous de trouver vos manières de bifurquer.

Journée historique dans la campagne de lutte contre la pollution plastique : les nations s’engagent à élaborer un accord juridiquement…

. . DEVELOPPEMENT DURABLE . .

Une communiqué de presse de Programme de l’environnement des Nations Unies

Nairobi, 02 mars 2022 – Les chefs d’État, les ministres de l’environnement et d’autres représentants de 175 nations ont approuvé aujourd’hui à Nairobi, lors de l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement (UNEA-5), une résolution historique visant à mettre un terme à la pollution plastique  et à élaborer un accord international juridiquement contraignant d’ici 2024. La résolution porte sur l’ensemble du cycle de vie du plastique, y compris sa production, sa conception et son élimination.


Scène d’une vidéo de la réunion du UNEA

“Sur fond de troubles géopolitiques, l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement montre la coopération multilatérale sous son meilleur jour”, a déclaré le président de l’UNEA-5 et ministre norvégien du climat et de l’environnement, Espen Barth Eide. “La pollution plastique est devenue une épidémie. Avec la résolution d’aujourd’hui, nous sommes officiellement sur la voie d’un remède.” 

La résolution, basée sur trois projets initiaux de résolutions émanant de diverses nations, établit un comité intergouvernemental de négociation (CIN), qui commencera ses travaux en 2022, avec l’ambition d’achever un projet d’accord mondial juridiquement contraignant d’ici la fin de 2024. Il devrait présenter un instrument juridiquement contraignant, qui refléterait diverses alternatives pour traiter le cycle de vie complet des plastiques, la conception de produits et de matériaux réutilisables et recyclables, et la nécessité d’une collaboration internationale renforcée pour faciliter l’accès aux technologies, le renforcement des capacités et la coopération scientifique et technique.

Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) organisera, d’ici à la fin de 2022, un forum ouvert à toutes les parties prenantes en marge de la première session du CNI, afin de partager les connaissances et les meilleures pratiques dans différentes régions du monde. Il facilitera les discussions ouvertes et veillera à ce qu’elles soient éclairées par la science, en rendant compte des progrès réalisés tout au long des deux prochaines années. Enfin, à l’issue des travaux du CNI, le PNUE convoquera une conférence diplomatique pour adopter ses résultats et les ouvrir à la signature.

“Ce jour marque le triomphe de la planète Terre sur les plastiques à usage unique. Il s’agit de l’accord multilatéral sur l’environnement le plus important depuis l’accord de Paris. Il s’agit d’une police d’assurance pour cette génération et les suivantes, qui pourront vivre avec le plastique sans en être condamnées”, a déclaré Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE.

“Qu’il soit clair que le mandat du CNI n’accorde à aucune des parties prenantes une pause de deux ans. Parallèlement aux négociations sur un accord international contraignant, le PNUE travaillera avec tous les gouvernements et les entreprises qui le souhaitent, tout au long de la chaîne de valeur, pour abandonner les plastiques à usage unique, ainsi que pour mobiliser les financements privés et supprimer les obstacles aux investissements dans la recherche et dans une nouvelle économie circulaire”, a ajouté Mme Andersen.

La production de plastique est passée de 2 millions de tonnes en 1950 à 348 millions de tonnes en 2017, devenant ainsi une industrie mondiale évaluée à 522,6 milliards de dollars US, et sa capacité devrait doubler d’ici 2040 . Les conséquences de la production et de la pollution du plastique sur la triple crise planétaire du changement climatique, de la perte de la nature et de la pollution sont une catastrophe en devenir :

°L’exposition aux plastiques peut nuire à la santé humaine, en affectant potentiellement la fertilité, l’activité hormonale,  métabolique and neurologique et la combustion à l’air libre des plastiques contribue à la pollution atmosphérique.

°D’ici 2050, les émissions de gaz à effet de serre associées à la production, à l’utilisation et à l’élimination  des plastiques représenteraient 15 % des émissions autorisées, dans le cadre de l’objectif visant à limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C (34,7 °F).

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour une version anglaise de cet article ou ici pour une version espagnole )

Questions for this article:
 
Despite the vested interests of companies and governments, Can we make progress toward sustainable development?

(. . . suite)

°Plus de 800 espèces marines et côtières sont affectées par cette pollution par ingestion, enchevêtrement et autres dangers.

°Quelque 11 millions de tonnes de déchets plastiques se déversent chaque année dans les océans. Ce chiffre pourrait tripler d’ici 2040.

°Le passage à une économie circulaire peut réduire  de plus de 80 % le volume de plastique entrant dans les océans d’ici à 2040, réduire de 55 % la production de plastique vierge, faire économiser 70 milliards de dollars aux gouvernements d’ici à 2040, réduire de 25 % les émissions de gaz à effet de serre et créer 700 000 emplois supplémentaires, principalement dans les pays du Sud.

La résolution historique, intitulée “Mettre fin à la pollution plastique : vers un instrument international juridiquement contraignant” a été adoptée à l’issue de la réunion de trois jours de l’UNEA-5.2 , à laquelle ont assisté plus de 3 400 participants en personne et 1 500 participants en ligne de 175 États membres des Nations unies, dont 79 ministres et 17 hauts fonctionnaires.

L’Assemblée sera suivie par l’événement “PNUE@50 “, une session spéciale de deux jours de l’Assemblée marquant le 50e anniversaire du PNUE, au cours de laquelle les États membres devraient se pencher sur la manière de construire un monde post-pandémique résilient et inclusif.

À L’ATTENTION DES RÉDACTEURS

°Citation du gouvernement du Japon : “La résolution nous mènera clairement vers un avenir sans pollution plastique, y compris dans l’environnement marin”, a déclaré Tsuyoshi Yamaguchi, ministre japonais de l’Environnement, dont le projet de résolution a contribué à la résolution finale. “Unis, nous pouvons y parvenir. Ensemble, allons de l’avant en entamant les négociations vers un avenir meilleur, sans pollution plastique.”

°Citation du gouvernement du Pérou : “Nous apprécions le soutien reçu des différents pays au cours de ce processus de négociation”, a déclaré Modesto Montoya, ministre de l’Environnement du Pérou, dont le projet de résolution, proposé avec le gouvernement du Rwanda, a contribué à la résolution finale. “Le Pérou va promouvoir un nouvel accord qui prévient et réduit la pollution plastique, favorise une économie circulaire et prend en compte le cycle de vie complet des plastiques.”

°Citation du gouvernement rwandais : “Le monde s’est réuni pour agir contre la pollution plastique : une menace sérieuse pour notre planète. Les partenariats internationaux seront cruciaux pour s’attaquer à un problème qui nous concerne tous, et les progrès réalisés à l’UNEA reflètent cet esprit de collaboration”, a déclaré le Dr Jeanne d’Arc Mujawamariya, ministre rwandais de l’environnement. “Nous sommes impatients de travailler avec le CNI et nous sommes optimistes quant à l’opportunité de créer un traité juridiquement contraignant servant de cadre à la définition d’ambitions nationales, à la surveillance, à l’investissement et au transfert de connaissances pour mettre fin à la pollution plastique.”

Texte complet de la résolution adoptée (en anglais)
 
PNUE@50  : Un moment pour réfléchir au passé et envisager l’avenir

La Conférence des Nations unies sur l’environnement humain qui s’est tenue en 1972 à Stockholm, en Suède, a été la toute première conférence des Nations unies dont le titre comportait le mot « environnement ». La création du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) a été l’un des résultats les plus visibles de cette conférence aux nombreuses premières. Le PNUE a été créé pour être la conscience environnementale de l’ONU et du monde. Les activités qui se dérouleront jusqu’en 2022 porteront sur les progrès significatifs réalisés ainsi que sur ce qui nous attend dans les décennies à venir.

À propos du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE )

Le PNUE est la principale autorité mondiale en matière d’environnement. Le programme fournit un leadership et encourage les partenariats pour la protection de l’environnement en étant source d’inspiration, en informant et en permettant aux nations et aux peuples d’améliorer leur qualité de vie sans compromettre celle des générations futures.

Pour advantage d’informations, veuillez contacter :

Keisha Rukikaire, cheffe de l’information et des médias, Programme des Nations Unies pour l’environnement – rukikaire@un.org/


Moses Osani, responsable des médias, Programme des Nations Unies pour l’environnement – moses.osani@un.org/