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Ukraine: Message de Yurii Sheliazhenko au Mouvement de la Paix 19 novembre

DESARMAMENT & SECURITE .

Un message au Mouvement de la Paix

Chers amis! Je suis ravi de transmettre les salutations de Kyiv, du Mouvement pacifiste ukrainien, au congrès du mouvement pacifiste français. Je vous souhaite du succès dans vos initiatives visant à défendre activement la paix en Ukraine, à promouvoir la diplomatie et les changements structurels nécessaires pour institutionnaliser et renforcer la culture de la paix, à aider différentes personnes à vivre ensemble sur une planète commune comme une grande famille et à gérer les conflits de manière non violente.


Gagnants du MacBride Peace Prize de cette année. Yurii Sheliazhenko est troisième à partir de la gauche.

Le Mouvement pacifiste ukrainien a adopté une déclaration stratégique intitulée “Agenda de paix pour l’Ukraine et le monde”, qui dit que nous considérons comme objectifs de notre mouvement pacifiste et de tous les mouvements pacifistes du monde de faire respecter le droit de l’homme à l’objection de conscience au service militaire, de mettre fin au la guerre en Ukraine et toutes les guerres dans le monde par des moyens pacifiques, et d’assurer une paix et un développement durables pour tous les peuples de la planète. Pour atteindre ces objectifs, nous devons dire la vérité sur le mal et la tromperie de la guerre, apprendre et enseigner des connaissances pratiques sur la vie paisible sans violence ou avec sa minimisation, et nous aiderons les nécessiteux, en particulier ceux qui sont touchés par les guerres et la coercition injuste pour soutenir l’armée ou participer à la guerre. C’est notre vision de la stratégie à long terme du mouvement pour la paix, et j’espère que cette vision vous sera utile.

Les mouvements pacifistes ont besoin d’une stratégie à long terme parce que les fauteurs de guerre ont des stratégies à long terme. Les complexes de production militaire génèrent des profits insensés, leurs ailes médiatiques transforment avec succès les populistes militants en héros glorieux rejetant la responsabilité de tous les problèmes sur l’ennemi étranger, et les élites dirigeantes sont satisfaites de la guerre qui est un meurtre de masse organisé par des gouvernements qui n’ont pas réussi à résoudre pacifiquement leurs différends.

Nous entendons trop rarement des voix responsables appelant à une solution diplomatique, et je suis heureux de voir parmi ces voix le président Macron, mais beaucoup de ceux qui parlent pour la paix sont encore liés par une vieille idée fausse selon laquelle la diplomatie ne remplace pas mais complète la machine de guerre. Et cette vieille idée fausse déresponsabilise la société civile en permettant aux militaristes de détourner l’agenda politique, tout en évitant toute responsabilité démocratique du complexe militaro-industriel qui dévore dans l’obscurité la part du lion des finances publiques, désormais intentionnellement gonflées pour nourrir les bêtes de guerre. S’ils se positionnent en défenseurs du peuple, peuvent-ils nous défendre de la pauvreté, des pénuries alimentaires et énergétiques ? Vont-ils nous défendre du changement climatique par un hiver nucléaire et tuer toute vie sur la planète ? Pour ces défenseurs, le premier ennemi est un citoyen pacifique qui ne croit pas que la guerre est un sens de la vie et que l’armée doit toujours être aux commandes ; ils se battent pour le pouvoir et défendent ceux qui sont au pouvoir, pas les civils maltraités par la guerre, car toute guerre est une violation flagrante des droits de l’homme et elle commence par transformer des civils en soldats contre leur volonté.

Ne vous méprenez pas : les profiteurs de guerre et les bellicistes opportunistes ne se soucient pas de la souffrance des gens, ils ne se soucient que de leurs gains qui augmentent avec la prolongation du conflit, ils perpétueront donc la guerre aussi longtemps que possible. Leurs excuses sont interminables et misérables : la sainteté de la terre qui est censée coûter des sacrifices humains ; des torts profonds censés faire de la guerre une chose juste ; etc. Mais aucune guerre n’a jamais été, n’est ou ne sera inévitable, nécessaire, juste ou bénéfique, et si vous pensez qu’une guerre était ou est une exception à cette règle, vous n’avez tout simplement pas étudié votre guerre bien-aimée de manière suffisamment critique. Toute guerre est bénéfique pour quelques-uns et désastreuse pour beaucoup. Les profiteurs de guerre des capitales orientales et occidentales ont trop investi dans la guerre, ils entendent tirer le maximum en retour sans hésitation, ignorant le sang et les larmes des populations civiles.

L’Ukraine, comme la France et toute l’Europe, fait face à un hiver rigoureux. Mon électricité est coupée presque toute la journée, tous les jours. Près de la moitié de l’infrastructure énergétique en Ukraine est en ruine, nous avons perdu une grande partie du PIB et l’économie continue de se contracter, des dizaines de milliers de personnes sont tuées, certaines sources disent qu’environ une centaine de milliers, des millions ont quitté le pays. La Russie poursuit sa conquête du Donbass, bombardant sans pitié le reste de l’Ukraine avec des centaines de roquettes, et l’armée ukrainienne se sent en position de contre-offensive sur le sud après la reprise de Kherson.

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Question for this article:

Can the peace movement help stop the war in the Ukraine?

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Pour arrêter la guerre, nous avons besoin d’un cessez-le-feu et de pourparlers de paix sans conditions préalables. Mais le président Poutine refuse de négocier la paix sans que l’Ukraine reconnaisse le contrôle russe sur la Crimée, Donetsk, Louhansk, Zaporizhya et les régions de Kherson tandis que le président Zelensky refuse de négocier la paix à moins que la Russie ne retire ses troupes d’Ukraine, n’accepte de payer des réparations pour les pertes ukrainiennes et ne juge Poutine pour crime d’agressivité. Lorsque Zelensky s’est empressé d’accuser la Russie d’avoir attaqué la Pologne au missile après un accident tragique avec un antimissile ukrainien, il a tenté d’engager l’OTAN sur le champ de bataille du côté ukrainien, comme il l’avait déjà fait en appelant à l’application d’une zone d’exclusion aérienne, et ce n’est pas seulement son propre radicalisme, c’est la politique des conseillers américains bellicistes de son administration qui rêvent de remplacer les Nations Unies par l’OTAN au prix d’une troisième guerre mondiale. Son discours au sommet du G20, où il a insisté sur le fait que la Russie doit être punie, et non qu’il faut

négocier avec elle, a été ridiculement transformé en une bonne publicité de formule de paix. Si vous avez des doutes quant à savoir s’il s’agit d’un appel à la paix ou non, il vous suffit de consulter le Pacte de sécurité de Kyiv annoncé dans le discours de Zelensky, rédigé par des responsables de son bureau faisant équipe avec les mêmes conseillers américains bellicistes : ce document indique que l’Ukraine aura besoin d’une aide militaire de L’UE et de l’OTAN qui doivent combattre la Russie pendant plusieurs décennies, et tous les civils ukrainiens adultes doivent être transformés en soldats. Imaginez la guerre en Europe dans les dix, vingt, trente prochaines années et des appels plus hystériques à la production d’armes à feu au lieu de beurre. C’est un plan très sérieux et sinistre, et il est déjà en cours d’exécution. Il est interdit à la jeunesse ukrainienne de traverser la frontière, même pour étudier dans les universités européennes, et les tribunaux imposent des peines de prison aux objecteurs de conscience au service militaire, foulant aux pieds la valeur fondamentale des droits de l’homme tandis que Zelensky se fait hypocritement le défenseur héroïque des valeurs occidentales, transformant l’Europe de l’Est en Moyen-Orient.

Je sais que le mouvement pacifiste français discute des moyens d’arrêter la guerre. La conférence mondiale sur la paix est une bonne idée, et les Nations Unies devraient jouer un rôle. Mais les diplomates ont l’habitude d’être des messagers de guerre, pour changer il faut changer le système. Plus il y a d’institutions de paix, mieux c’est, il pourrait être utile de créer un ministère de la paix. Mais rien ne saurait remplacer le rôle moteur de la société civile et de la diplomatie citoyenne. Seules les voix du peuple, des rues pleines de slogans anti-guerre pourraient indiquer clairement que l’humanité ne tolérera pas l’économie, la politique et la culture militarisées, que nous exigeons des réformes profondes vers une gouvernance non violente ici et maintenant. Les appels à la casse des armes, à la dissolution des armées et à la transformation des bases militaires en auberges pour sans-abri et en galeries d’art devraient être entendus partout, de chaque côté de la ligne de front, afin que personne de sain d’esprit n’ose accuser les gens épris de paix de “trahison”.

La solidarité du mouvement pacifiste dans tous les coins de la planète est cruciale, et nous, le mouvement pacifiste ukrainien, sommes fiers d’avoir des amis dans les mouvements pacifistes russes et biélorusses, appelant à la paix ensemble dans différents forums internationaux. C’est le moment de la solidarité entre les personnes qui parlent de paix dans différentes langues, qui prient ou pensent à la paix avec des croyances et des visions du monde différentes, qui recherchent, enseignent et expérimentent la paix dans différentes disciplines académiques, qui travaillent pour la paix dans de multiples professions, — mais pas des tueurs professionnels, soyons clairs, – tous les milliards de membres de la famille humaine souffrant de guerres sans fin doivent contribuer à la cause de la paix, et plus tôt leur conscience sera éveillée, mieux ce sera. Un jour, huit milliards de personnes crieront “paix” si fort que les profiteurs de guerre s’en iront et le moment viendra d’admettre et de réparer les torts, de trouver la réconciliation et de jouir d’une paix durable sur Terre. En conclusion, je réitère une vérité vieille d’un siècle : la guerre est un crime contre l’humanité, par conséquent, nous devons être déterminés à ne soutenir aucune sorte de guerre et à lutter pour l’élimination de toutes les causes de guerre.

Le système de guerre existe grâce à l’assentiment populaire. Combien de temps les armées pourraient-elles continuer à verser le sang sans le soutien populaire, face à la résistance fiscale, aux grèves et aux rues pleines de manifestations anti-guerre ? Si tout le monde refuse de tuer, aucune guerre ne sera possible. Nous pouvons et devons éliminer les causes de la guerre, qui ne sont pas des ennemis démoniaques mais l’ignorance et les surinvestissements dans un militarisme stupide. Aucune guerre ne pouvait durer éternellement. En novembre 1918, la première guerre mondiale a pris fin, et elle a été trop longue et dévastatrice à cause de la poursuite obstinée des victoires, mais les gens avaient de l’espoir pour la fin de la guerre et l’espoir est devenu réalité, puis les guerres ont été interdites par le droit international. Il est temps de faire fonctionner la loi. Espérons et agissons de manière non violente pour mettre fin à la guerre en Ukraine ! Car, comme l’écrivait le poète ukrainien Ivan Franko pendant la première guerre mondiale : Le ciel pur est fièrement azur, lorsque l’effusion de sang de la guerre inhumaine a cessé, Et la paix dure.

Yurii Sheliazhenko, Ph.D. (Law)
+380973179326
Executive secretary, Ukrainian Pacifist Movement
Board member, European Bureau for Conscientious Objection (Brussels, Belgium)
Member of the Board of Directors, World BEYOND War (Charlottesville, VA, United States)
Member of the Council, International Peace Bureau (Berlin, Germany) LL.M., B.Math, Master of Mediation and Conflict Management

France: Echos du congrès national du Mouvement de la Paix

DESARMAMENT & SECURITE .

Un article de Mouvement de la Paix Corrèze

Du vendredi 18 au dimanche 20 novembre 2022 ,dans le cadre du congrès national du Mouvement de la Paix,  plus de 400 personnes ont participé ou assisté à une des initiatives organisées en  Mairie de Tours par le Mouvement de la Paix ( exposition Art et Paix,  forum international , congrès national du Mouvement de la Paix, soirées culturelles-musicales).

Le  forum international du 18  a réuni environ 280  personnes dont 27 délégués de 14 pays différents ( Algérie, République démocratique du Congo, Belgique , Allemagne, USA, Russie, Ukraine, Croatie, Italie, Kazakhstan, Japon, Irak, Iran, Palestine).

150 militants venant de  62 départements ont été délégués au  congrès.

Au vernissage de l’exposition proposée par la Galerie ‘l’Art et la Paix” nous étions plus de 300 personnes, beaucoup de personnalités locales, des représentants d’associations et des amis du Mouvement de la paix, syndicats, une bonne diversité … Une magnifique exposition, un forum avec une salle pleine, des soirées culturelles extraordinaires , un congrès vivant 

Parmi les présents au vernissage :Monsieur le Maire de Tours  Emmanuel Denis parlant au nom de la ville qui a mis les locaux de la Mairie de Tours pendant 3 jours à disposition du Congrès du Mouvement de la Paix, a fait un beau discours ancré sur l ‘histoire de Tours,  Monsieur le Député Charles Fournier, Monsieur le vice président de la Région Centre Val –de- Loire Jean Patrick Gille, Madame la Conseillère Régionale Isabelle Texeira, la conseillère départementale Madame Ursula Vogt et de nombreuses et nombreux conseillères et conseillers, Maire Adjoints de Tours et  des communes du département  ainsi que   des associations , syndicats, des personnalités du monde de la culture culture .

Président de la Région Centre-pays de Loire,François Bonneau, a adressé un message aux congressistes insistant sur l’importance de la paix , du rôle complémentaire des collectivités  et des citoyens dans la défense et la construction de la Paix.

Par ailleurs , des représentants d’organisations nationales comme l’Arac, la CGT, la libre pensée, l’ACCA,.Enseignants pour la Paix, Pugwash, Initiative pour le désarmement Nucléaire (IDN),Afcdrp,  Initiative Feministe internationale, Europ Ecologie Les Verts (EELV),Pcf,Pax Christi, Ccfd, Peuples solidaires,Acat,France kurdistan, Chrétiens migrants, éducateurs à la paix,handicap international,planning familial…

(Note de la rédaction : Cliquez ici pour l’appel à la paix lancé par le Congrès.)

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Question for this article:

How can the peace movement become stronger and more effective?

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 Dans cette période, où l’on constate un certain recul des engagements citoyens, dans une situation internationale grave et préoccupante, tout un chacun ne peut que se réjouir de cette mobilisation citoyenne pour la paix, qui atteste de la représentativité du Mouvement de la Paix et de la réalité du l’engagement et du rassemblement citoyen autour de ce mouvement .Le Mouvement, est  reconnu comme un des éléments structurants de la résistance à la guerre, à toutes les guerres et l’une force citoyenne, capable de rassembler y compris à travers son rôle d’un des animateurs du collectif national des marches  pour la paix  constitué de  210 organisations en France.

 Nous avons le plaisir de vous transmettre ci-après un premier reportage réalisé par madame Manon  Salé journaliste à CitéRadio Tours.

Nous avions prévu un rdv de presse le vendredi soir autour de certains participants étrangers  avant le vernissage salle Petrucciani.A l’issue de ce point de presse, Manon Salé elle a  fait un montage très intéressant qui donne un bon aperçu des travaux du forum international et de l’atmosphère générale de ces 3 journées exceptionnelles..

Ce reportage contient les interviews des personnes suivantes.

Ludo De Brabander, militant Pacifiste de Belgique, est revenu sur les enjeux de sécurité commune en Europe et dans le monde.

Shura Dumanic, une des coordinatrices des mouvements féministes pour la paix en ex-Yougoslavie, nous a partagé son expérience sur la paix et la guerre en Croatie.

Jim Anderson, animateur de Peace Action, l’un des plus grands réseaux pacifistes des USA, a insisté sur l’importance de s’engager en menant des actions concrètes pour la paix.

Cherifa Kheddar, présidente d’une association de défense des victimes du terrorisme islamiste en Algérie (Djazairouna), a souhaité insister sur la dimension humaine des conflits et de la paix, qui passe selon elle par les femmes.

Roland Nivet, porte-parole national du Mouvement de la Paix, a également pris la parole. Il a notamment expliqué l’importance de mettre en place une « économie de la paix », en opposition à « l’économie de la guerre ».

David Adams, ancien Directeur de la Culture de la Paix à l’Unesco et animateur du réseau CPNN, a parlé de la place des Etats-Unis dans la géopolitique internationale et des opportunités européennes pour mettre en place un nouvel ordre tourné vers la paix.

Enfin, Michel Thouzeau, secrétaire national du Mouvement de la Paix, a proposé différentes solutions pour préparer la paix et est revenu sur le mot « utopiste », dont les militants pour la paix sont souvent qualifiés.

Une fois la conférence terminée, nous nous rendons au vernissage de l’exposition l’Art pour la Paix, présente dans le hall de l’hôtel de ville, pour assister au mot du Maire de Tours  Emmanuel Denis . L’occasion de rappeler l’importance de l’art et de l’engagement de la ville de Tours pour la paix.

Chambéry, France: coupes de cheveux en solidarité avec les femmes d’Iran

. EGALITE HOMMES/FEMMES .

Un article de France 3

Ils étaient une centaine dans le centre de Chambéry à venir se couper une mèche de cheveux, en solidarité avec les iraniennes. Ces mèches, également récoltées ce samedi à Grenoble et à Lyon, seront envoyées à l’ambassade d’Iran.

Le geste est “dérisoire.” Isabelle en convient volontiers en coupant une mèche d ses cheveux, mais la Chambérienne “veut que ça se sache : nous sommes en solidarité, en sororité” avec les femmes d’Iran, qui “se battent pour être libres” et manifestent depuis le décès de la jeune Masha dans un commissariat de Téhéran.


Les mèches de cheveux seront envoyées à l’ambassade d’Iran. • © France 3 Alpes

Ils sont une centaine à avoir répondu à l’appel de la Ligue des droits de l’homme, mais aussi de la CGT, du PCF, d’EELV, du PS de Savoie, d’Amnesty International ou encore du Mouvement pour la Paix.

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Questions for this article:

Prospects for progress in women’s equality, what are the short and long term prospects?

Solidarity across national borders, What are some good examples?

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Pour la représentante du Mouvement pour la Paix en Savoie, Laurette Mugnier, “ce n’est rien par rapport à tout ce que ces femmes endurent depuis si longtemps, en Iran mais pas seulement. On pense aussi aux femmes afghanes qui se battent contre les talibans, aux petites filles qui ne peuvent pas aller à l’école. Au Mouvement de la Paix, on demande à ce qu’une culture de la paix soit promue à l’appel de l’ONU. On ne peut pas simplement les regarder se battre toutes seules en Iran. Le soutien d’un peuple est important pour un peuple qui se bat.”

C’est en persan que résonne Bella Ciao, le chant des partisans et résistants italiens durant la Seconde guerre mondiale. Et sur les marches de l’hôtel de ville, une étoffe mauve recueille des mèches de cheveux longs, de cheveux courts, de femmes, d’hommes, de tous âges. “Elles seront envoyées à l’ambassade d’Iran,” promet au micro Marc Pascal, écologiste et membre du collectif “tous migrants”. “Et le même symbole est utilisé dans d’autres villes : l’ambassade devrait recevoir des cheveux de beaucoup d’endroits de France”.  

Déjà pratiqué en début de semaine par des actrices, le geste a fait jaser – se couper une simple mèche, invisible. Marc Pascal insiste : “ce n’est pas que du symbole. Que des gens acceptent de venir porter atteinte à leur intégrité physique en se coupant des cheveux, c’est un geste fort qui dit que l’on s’engage physiquement. C’est important”.

La même manifestation était organisée ce samedi matin, à Lyon. Et dans l’après-midi, à Grenoble. 

Vienne: Une Alliance Forte pour le Succès de la Première Réunion du Traité sur L’interdiction des Armes Nucléaires

DESARMAMENT & SECURITE .

Un article de ICAN France (licensed under a Creative Commons Attribution-NonCommercial-ShareAlike 4.0 International License)

Les États signataires du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) se sont réunis du 21 au 23 juin à l’ONU, Vienne, pour la première réunion de mise en œuvre de cette nouvelle norme juridique internationale. Un plan d’action et une déclaration « Notre engagement en faveur d’un monde exempt d’armes nucléaires » très fermes ont été adoptés ; créant une alliance mondiale, basée sur le TIAN, pour faire reculer les menaces nucléaires inacceptables et illégales et les risques de guerre nucléaire. La France, elle, a refusé le dialogue multilatéral en brillant par son absence, dans un contexte d’insécurité internationale renforcée

Comparée à de nombreux autres documents finaux de l’ONU, la Déclaration est claire dans la présentation de son objectif final : « Nous n’aurons de cesse tant que le dernier État n’ait adhéré au Traité, que la dernière ogive n’ait été démantelée et détruite et que les armes nucléaires n’aient totalement disparu de la Terre.» La Déclaration exprime également son inquiétude et sa consternation « face aux menaces d’utilisation d’armes nucléaires et à la rhétorique nucléaire de plus en plus stridente ». Les États parties « condamnent sans équivoque toutes les menaces nucléaires, qu’elles soient explicites ou implicites et quelles que soient les circonstances ».

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Question for this article:

Can we abolish all nuclear weapons?

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Le plan d’action fournit lui une voie claire pour une action collective contre les armes nucléaires. Loin d’être un simple document qui donne un souffle positif, il s’agit d’une feuille de route conçue par les États parties en partenariat avec les survivants, les communautés touchées, la société civile et les organisations internationales, qui consiste en des mesures pratiques pour mettre en œuvre le TIAN. Ces actions comprennent le lancement d’un fonds d’affectation spéciale destiné à soutenir les personnes ayant souffert de l’impact des explosions nucléaires, la création d’un conseil consultatif scientifique, la fixation d’un délai de dix ans pour la destruction des armes nucléaires, l’adhésion d’autres pays au TIAN.

Cette première Réunion du TIAN a démontré que ce traité est bien plus qu’un simple document. Les États parties, en partenariat avec les survivants, les communautés touchées, la société civile et les organisations internationales, ont travaillé ensemble ces trois derniers jours pour convenir d’un large éventail d’actions spécifiques et pratiques pour faire progresser chaque aspect de la mise en œuvre de ce traité crucial. « Nous avons l’interdiction et nous avons un plan » a indiqué Beatrice Fihn, Directrice Exécutive de ICAN Internationale

Pour Jean-Marie COLLIN, expert et co. porte-parole de ICAN France, « Il est remarquable de voir des États se réunir à l’ONU pour travailler ensemble et de bonne foi face à une menace globale. Le TIAN est un traité global de désarmement, un traité humanitaire et un traité qui porte assistance aux victimes. Il est désormais ancré fortement dans le droit international pour renforcer notre sécurité à tous. Les déclarations et le plan d’action reflètent cette volonté de travailler – et ce sans nier les difficultés – jusqu’à ce que la dernière ogive ait été démantelée et disparue de notre planète. L’absence de la diplomatie française à cette première réunion du Traité est une faute grave de la Ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna. Notre Campagne appelle désormais les parlementaires à porter le TIAN au cœur de leur Assemblée » 

ICAN France appelle les parlementaires à soutenir le TIAN en signant l’Appel parlementaire, les maires à signer l’Appel des Maires  et chaque citoyen à agir dans notre Campagne, pour faire changer la posture de la France et être au siège des Nations unies à New York du 27 novembre au 1er décembre 2023 pour la Seconde Réunion du Traité sur l’Interdiction des armes nucléaires.

 Déclaration des parlementaires à la première réunion des États parties au TIAN

France: Le collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires

DESARMAMENT & SECURITE .

Communiqué de presse n° 29 – 16 juin 2022 recu à CPNN de L’Institut de recherche sur la Résolution Non-violente des Conflits

La France doit être observatrice à la réunion de l’ONU à Vienne du 21 au 23 juin 2022

Manifestation à Dijon et entretien à la Préfecture de région

Le 16 juin 2022 à 12 h 30, 13 lanceurs d’alerte du ‘Collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires’ ont déployé sur la place Darcy à Dijon des banderoles demandant que la France ne boude pas le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN). Une délégation a rencontré un représentant du Préfet à ce sujet à 14 h.

Les armes nucléaires ne laissent personne en sécurité. Elles n’empêchent pas la guerre conven- tionnelle, comme le montre l’actualité, mais elles protègent l’agresseur. Elles ne sont qu’un instrument de terreur au détriment des populations et détournent des sommes astronomiques qui devraient être consa- crées, notamment, à la lutte contre le changement climatique. Elles sont inefficaces, dangereuses, illé- gales, antidémocratiques, démobilisatrices, immorales et ruineuses.

Le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) a été adopté par une majorité des États (122) à l’ONU le 7 juillet 2017. C’est le seul traité qui interdit juridiquement les armes nucléaires. Il est entré en vigueur le 22 janvier 2021, venant notamment compléter d’autres instruments, comme le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).

L’ONU va accueillir du 21 au 23 juin 2022 à Vienne la première réunion des États Parties au TIAN avec notamment des partenaires européens comme l’Allemagne, l’Autriche, la Finlande, l’Irlande, Malte, la Norvège, la Suisse, la Suède. Certains prennent part à ce processus en qualité d’observateur.

La Campagne ICAN France, conduite par de très nombreuses organisations, demande au Prési- dent de la République de ne pas isoler notre pays d’un processus multilatéral porté par l’ONU, en partici- pant en qualité d’observateur, à la première réunion des États Parties au TIAN.

La France qui ne cesse, quel que soit son gouvernement, de dire qu’elle est un État responsable, n’a pas le droit de s’isoler de la scène internationale et européenne. Elle n’a pas le droit de refuser le dia- logue en vue d’agir pour notre sécurité humaine et environnementale face aux arsenaux nucléaires qui nous menacent en permanence ; elle doit être présente comme État observateur à la première réunion du TIAN. Peut-on imaginer un seul instant que la France laisse son siège vide lors de cette réunion de l’ONU, se rangeant ainsi aux côtés d’absents tels que les puissances autoritaires ou dictatoriales (Russie, Chine, Corée du Nord) ?

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Can we abolish all nuclear weapons?

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Une action près de Valduc

Le même jour à 17 h à Moloy, près du site du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) de Valduc qui assure la maintenance et la modernisation des 290 armes nucléaires françaises, les lanceurs d’alerte ont déployé des banderoles. Ils appellent


- au respect par la France de l’art. 6 du Traité de non-prolifération (TNP) auquel elle a adhéré en 1992 et dont elle viole l’esprit et la lettre, alors qu’elle demande aux autres États de respecter le droit inter- national,


- à l’adhésion de la France au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN),


- et à la reconversion à des activités pacifiques des sites CEA-DAM, dont celui de Valduc.

Des actions à Paris, Londres, Berlin, Barcelone, Turin et Faslane

Entre le 16 juin et le 18 juin, des actions ont été ou seront menées à Paris à l’occasion de la prochaine réunion de Vienne, mais aussi à Londres, Berlin, Barcelone, Turin et devant la base de Faslane (Écosse) qui abrite les sous-marins nucléaires britanniques, afin que les pays d’Europe soutiennent la dynamique du TIAN.

Comment les citoyens peuvent-ils soutenir le TIAN ?

– Lisez et diffusez la tribune de 56 parlementaires français dans Le Monde du 18 juin, demandant que la France soit observatrice à la réunion des États parties au TIAN à Vienne

– Écrivez à votre Maire, afin que votre commune signe l’Appel des villes d’ICAN pour le désarmement nucléaire, à votre Député et Sénateur pour que la France adhère au TIAN.

– Questionnez votre banque sur son financement de la bombe atomique en participant à la campagne d’action sur ce thème.

– Intéressez-vous aux armes nucléaires, aux questions de sécurité internationale et aux alternatives de défense de la démocratie.

– Participez aux vigies citoyennes, notamment à Bordeaux du 6 au 9 août 2022.

Les vigies et actions non-violentes menées par le ‘Collectif Bourgogne Franche Comté pour l’abolition des armes nucléaires’ s’inscrivent dans le cadre d’ ICAN, ‘Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires’ (International Campaign to Abolish Nuclear Weapons), prix Nobel de la paix 2017, et dans la suite des précédentes victoires de l’ONU : interdiction des armes biologiques (1972), des armes chimiques (1993), des mines antipersonnel (1997), et des bombes à sous-munitions (2008).

Regardez la vidéo « Le début de la fin des armes nucléaires ».
Découvrez l’historique avec photos des actions à Dijon et Valduc depuis 2014.
Informez autour de vous sur les sept vices de la dissuasion nucléaire.
Lisez l’étude sur les déchets nucléaires militaires français.

Le collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires http://abolitiondesarmesnucleaires.org – abolitiondesarmesnucleaires@orange.fr – 06 14 24 86 96 ■

Europe: Les maires et les dirigeants locaux jouent un rôle clé dans la promotion de l’interdiction des armes nucléaires

DESARMAMENT & SECURITE .

Un article de L’Association Française des Communes, Départements et Régions pour la Paix

Le webinaire organisé le 25 mai par la section européenne de Maires pour la Paix a exposé les contributions essentielles des collectivités locales pour la promotion du Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN).

Des dirigeants locaux de toute l’Europe ont présenté leurs initiatives de plaidoyer et de coopération en la matière. Le municipalisme de paix et les réseaux de la société civile peuvent contribuer à mobiliser davantage de pays en faveur du TIAN et de l’approche humanitaire, fer de lance de l’interdiction des armes nucléaires.

Face à l’escalade continue des menaces nucléaires, ainsi qu’aux impacts de l’invasion russe en Ukraine, les collectivités locales ont exprimé leur solidarité avec les villes ukrainiennes  (article en anglais) et ont appelé à une vision à long terme de la sécurité internationale qui dépasse la dissuasion nucléaire.

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Can we abolish all nuclear weapons?

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Les participants au webinaire ont convenu d’assurer une contribution significative à la prochaine réunion des États parties au TIAN  (article en anglais), qui se tiendra à Vienne du 21 au 23 juin prochain. Cette conférence internationale apportera un suivi crucial à l’agenda du désarmement nucléaire.

Retrouvez le résumé des discussions de l’événement en français ici

Le webinaire a été organisé par la section européenne de Maires pour la Paix en partenariat avec les organisations suivantes :
* Maires pour la Paix
* Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires – ICAN
* Autorités locales dénucléarisées – NFLA
* Cités et Gouvernements Locaux Unis – CGLU

Des représentants de six collectivités locales à travers l’Europe ont pris la parole au cours de l’événement, notamment : David Blackburn, conseiller municipal de Leeds (Royaume-Uni) ; Thomas Hermann, maire adjoint de Hanovre (Allemagne) ; Philippe Rio, maire de Grigny (France) ; Marianne Borgen, maire d’Oslo (Norvège) ; Roberto Cammarata, président du conseil municipal de Brescia (Italie) et Álvaro Ferrer, maire adjoint de Granollers (Catalogne, Espagne).

D’autres intervenants de haut niveau ont rejoint le webinaire pour représenter les principaux partenaires de la section européenne, notamment : Takashi Koizumi, secrétaire général de Maires pour la Paix ; David Kmentt, président désigné de la réunion 1MSP et diplomate autrichien ; Beatrice Fihn, directrice exécutive de ICAN ; Emilia Sáiz, secrétaire générale de CGLU.

France : « Désertons » : des jeunes ingénieurs appellent à refuser les « jobs destructeurs »

. . DEVELOPPEMENT DURABLE . .

Un article de Reporterre

Lors d’un discours prononcé à la cérémonie de remise des diplômes d’AgroParisTech, le 10 mai, huit étudiants disent refuser d’exercer des « jobs destructeurs » et appellent leurs camarades à rejoindre les luttes écolos et à travailler de leurs mains.

Le grand écran lumineux annonçait le discours de fin d’année d’une jeune diplômée. Mais à la tribune, elles et ils sont arrivés à huit. À tour de rôle, ils ont décrit le rôle que joue leur formation et leur métier dans la catastrophe écologique et sociale et appelé leurs collègues à « bifurquer maintenant ».


Une image de la vidéo de leurs discours
(Cliquez sur l’image pour voir le video)

Les diplômés de 2022 sont aujourd’hui réunis une dernière fois après trois ou quatre années à AgroParisTech. Nous sommes plusieurs à ne pas vouloir faire mine d’être fières et méritantes d’obtenir ce diplôme à l’issue d’une formation qui pousse globalement à participer aux ravages sociaux et écologiques en cours.

Nous ne nous considérons pas comme « les talents d’une planète soutenable ».

Nous ne voyons pas les ravages écologiques et sociaux comme des « enjeux » ou des « défis » auxquels nous devrions trouver des solutions en tant qu’ingénieurs.

Nous ne croyons pas que nous avons besoin de « toutes les agricultures ». Nous voyons plutôt que l’agro-industrie mène une guerre au vivant et à la paysannerie partout sur Terre.

Nous ne voyons pas les sciences et techniques comme neutres et apolitiques.

Nous pensons que l’innovation technologique ou les start-up ne sauveront rien d’autre que le capitalisme.

Nous ne croyons ni au « développement durable », ni à la « croissance verte », ni à la « transition écologique », une expression qui sous-entend que la société pourra devenir soutenable sans qu’on se débarrasse de l’ordre social dominant.

AgroParisTech forme chaque année des centaines d’élèves à travailler pour l’industrie de diverses manières : trafiquer en labo des plantes pour des multinationales qui renforcent l’asservissement des agricultrices et des agriculteurs ; concevoir des plats préparés et ensuite des chimiothérapies pour soigner les maladies causées ; inventer des labels bonne-conscience pour permettre aux cadres de se croire héroïques en mangeant mieux que les autres ; développer des « énergies vertes » qui permettent d’accélérer la numérisation de la société tout en polluant et en exploitant à l’autre bout du monde ; pondre des rapports RSE [responsabilité sociétale des entreprises] d’autant plus longs et délirants que les crimes qu’ils masquent sont scandaleux ; ou encore compter des grenouilles et des papillons pour que les bétonneurs puissent les faire disparaître légalement.

« Nous nous adressons à celles et ceux qui doutent »
Ces jobs sont destructeurs, et les choisir, c’est nuire… en servant les intérêts de quelques-uns.

C’est pourtant ces débouchés qui nous ont été présentés tout au long de notre cursus à AgroParisTech. En revanche, on ne nous a jamais parlé des diplômés qui considèrent que ces métiers font davantage partie des problèmes que des solutions et qui ont choisi de déserter.

Nous nous adressons à celles et ceux qui doutent. Que ce doute soit quotidien — ou fugitif.

À vous, qui avez accepté un boulot parce qu’« il faut bien une première expérience ».

À vous, dont les proches travaillent à perpétuer le système, et qui sentez le poids de leur regard sur vos choix professionnels.

À vous, qui, assises derrière un bureau, regardez par la fenêtre en rêvant d’espace et de liberté.

À vous qui prenez le TGV tous les week-ends en quête d’un bien-être jamais trouvé.

À vous qui sentez un malaise monter sans pouvoir le nommer, qui trouvez souvent que ce monde est fou, qui avez envie de faire quelque chose mais ne savez pas trop quoi, ou qui espériez « changer les choses de l’intérieur » et n’y croyez déjà plus.

Nous voulions vous dire que vous n’êtes pas les seuls à trouver qu’il y a quelque chose qui cloche. Car il y a vraiment quelque chose qui cloche.

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

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Questions for this article:
 
Despite the vested interests of companies and governments, Can we make progress toward sustainable development?

Are we seeing the dawn of a global youth movement?

(. . . suite)

Nous aussi, nous avons douté, et nous doutons parfois encore.

Et nous refusons de servir ce système, nous avons décidé de chercher d’autres voies, de construire nos propres chemins.

Comment est-ce que ça a commencé ?

Nous avons rencontré des personnes qui luttaient, et nous les avons suivies sur leurs terrains de lutte. Ils nous ont fait voir l’envers des projets que nous aurions pu mener en tant qu’ingénieurs. Je pense à Christina et Emmanuel qui voient le béton couler sur leurs terres du plateau de Saclay. Je pense à ce trou desséché, une compensation bien dérisoire à une mare pleine de tritons. Ou encore à Nico qui voit de sa tour d’immeuble les jardins populaires de son enfance rasés pour la construction d’un écoquartier.

Ici et là, nous avons rencontré des personnes qui expérimentent d’autres modes de vie, qui se réapproprient des savoirs et des savoir-faire pour ne plus dépendre des monopoles d’industries polluantes.

Des personnes qui comprennent leur territoire pour vivre de lui sans l’épuiser. Qui luttent activement contre des projets nuisibles. Qui pratiquent au quotidien une écologie populaire, décoloniale et féministe. Qui retrouvent le temps de vivre bien et de prendre soin les unes-les uns des autres. Toutes ces rencontres nous ont inspirées pour imaginer nos propres voies.

… J’habite depuis deux ans à la zad de Notre-Dame-des-Landes où je fais de l’agriculture collective et vivrière, entre autres choses.

… Moi je suis en cours d’installation en apiculture dans le Dauphiné.

… J’ai rejoint le mouvement Les Soulèvements de la terre pour lutter contre l’accaparement des terres agricoles et leur bétonisation partout en France.

… Je vis à la montagne, j’ai fait un boulot saisonnier et je me lance dans le dessin.

… On s’installe en collectif dans le Tarn sur une ferme Terre de Liens avec un paysan boulanger, des brasseurs et des arboriculteurs.

… Je m’engage contre le nucléaire près de Bure.

… Je me forme aujourd’hui pour m’installer demain et travailler de mes mains.

Nous considérons que ces façons de vivre sont plus que nécessaires et nous savons qu’elles nous rendront plus fortes et plus heureuses.

Vous craignez de faire un pas de côté parce qu’il ne « ferait pas bien » sur votre CV ?

De vous éloigner de votre famille et de votre réseau ?

De vous priver de la reconnaissance que vous vaudrait une carrière d’ingénieur agronome ?

Mais quelle vie voulons-nous ? Un patron cynique ? Un salaire qui permet de prendre l’avion ? Un emprunt sur trente ans pour un pavillon ? Même pas cinq semaines par an pour souffler dans un « gîte insolite » ? Un SUV électrique, un Fairphone et une carte de fidélité à la Biocoop ?

Et puis un burnout à 40 ans ?

« N’attendons pas le 12ᵉ rapport du Giec »
Ne perdons pas notre temps. Mais surtout, ne laissons pas filer cette énergie qui bout quelque part en nous.

Désertons avant d’être coincés par des obligations financières.

N’attendons pas que nos mômes nous demandent des sous pour faire du shopping dans le Metavers parce que nous aurons manqué de temps pour les faire rêver à autre chose.

N’attendons pas d’être incapables d’autre chose que d’une pseudo-reconversion dans le même taf, mais repeint en vert.

N’attendons pas le 12ᵉ rapport du Giec, qui démontrera que les États et les multinationales n’ont jamais rien fait d’autre qu’aggraver les problèmes, et qui placera ses derniers espoirs dans les soulèvements et les révoltes populaires.

Vous pouvez bifurquer maintenant.

Commencer une formation de paysan-boulanger. Partir pour quelques mois de woofing. Participer à un chantier sur une zad ou ailleurs. Vous engager auprès de celles et ceux qui en ont besoin. Vous investir dans un atelier vélo autogéré ou rejoindre un week-end de lutte avec les Soulèvements de la terre.

Ça peut commencer comme ça.

À vous de trouver vos manières de bifurquer.

France : « Nous, Maires, voulons être des architectes de Paix ! »

. PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE . .

Une tribune de l’AFCDRP-Maires pour la Paix

Dans nos villes, cette attaque militaire fait remonter à la surface les histoires familiales du siècle passé. Elle a aussi une résonance particulière avec les conflits du monde d’aujourd’hui, pour les habitants issus de la première, deuxième et troisième générations d’immigrés qui ont fui les guerres et la misère pour offrir aux leurs une vie meilleure sur notre continent.


À Kiev, le départ de personnes fuyant les bombardements russes en Ukraine. | LE PICTORIUM/MAXPPP

Au quotidien, face à la guerre en l’Ukraine, les villes agissent !

Au quotidien, face à la guerre en l’Ukraine, les villes agissent ! Elles organisent et accompagnent l’accueil et le parcours des réfugiés, les collectes de dons, les hébergements et demain la scolarisation, les cours d’alphabétisation ou l’insertion professionnelle.

Les villes œuvrent aussi tous les jours pour ancrer, dans les politiques publiques locales, les valeurs de paix, de solidarité et de compréhension mutuelle et ce, dès le plus jeune âge.

En 2010, lors d’une conférence de Mayors for Peace, Ban Ki Moon, secrétaire général des Nations unies, soulignait que « la paix se construit dans les villes et les villages partout dans le monde et pas uniquement dans les salles de conférences à New York ou à Genève ».

Contre tous les va-t-en-guerre, les faiseurs de guerre et les vendeurs de canon, les villes portent en elle la puissante force pacifique des peuples et leur volonté première d’enrayer les escalades mortifères et les plans les plus funestes.

(Cliquez ici pour l’article en anglais. )

Latest Discussion

How can culture of peace be developed at the municipal level?

Dans notre ère moderne, aucune ville n’a jamais déclaré la guerre à une autre. Les villes et leurs représentants par leur proximité avec les peuples savent trop le coût humain du sang, des armes et des larmes !

Une diplomatie des villes bien vivante

Dès le lendemain de la Seconde Guerre mondiale, elles ont, au contraire, été des architectes de la paix avec des jumelages de chaque côté du Rhin.

Cette diplomatie des villes est bien vivante grâce au réseau Mayors for Peace qui alerte le monde depuis des décennies sur le risque nucléaire, grâce à l’association Cités unies France, qui permet aux communes de s’unir vers des objectifs communs d’union de la paix et de démocratie, ou encore avec Cités et gouvernements locaux unis.

À côté de l’impérieuse nécessité du silence des armes, les villes construisent, chaque jour, les valeurs du dialogue. La diplomatie, c’est, au fond, la patience du temps long contre la fulgurance des armes !

Faire rentrer les villes sur la scène internationale

Pour construire un monde meilleur, nous devons plus que jamais faire entrer les villes sur la scène internationale et donner voix au chapitre au municipalisme pacifique et à la diplomatie des villes.

Nous, maires, voulons tout pour faire vivre nos jumelages et coopérations pour le dialogue entre les peuples.

Nous, maires, avons un devoir de construire des stratégies locales de culture de paix auprès de nos concitoyens.

Nous réaffirmons ainsi avec force que tout doit être fait pour trouver une issue diplomatique à cette guerre et à toutes les guerres ! »

Les signataires : Philippe Rio, maire de Grigny (PCF, 91), président de Maires pour la paix France ; Gilles Leproust, maire d’Allonnes (PCF, 72) ; Stéphanie Daumin, maire de Chevilly-Larue (PCF, 94) ; Jérôme Pasco, maire de Conches-en-Ouch (Sans étiquette, 27) ; François Rebsamen, maire de Dijon (PS, 21) ; Christophe Sonrel, Maire de Damelevières (PCF, 54) ; Quentin Gesell, maire de Dugny (DVD, 93) ; Olivier Corzani, maire de Fleury-Mérogis (PCF, 91) ; Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers (PCF, 92) ; Patricia Tordjman, maire de Gentilly (PCF, 92) ; Michel Soriano, maire de Lasséran (Sans étiquette, 32) ; Jean-François Fountaine, maire de La Rochelle (DVG, 17) ; Jacqueline Belhomme, maire de Malakoff (PCF, 92) ; Michaël Delafosse, maire de Montpellier (PS, 34) ; Philippe Lacroix, maire d’Oradour-sur-Glane (LREM-Horizons, 87) ; Patrick Jarry, maire de Nanterre (DVG, 92) ; Ali Rabeh, maire de Trappes (Génération. s, 93) ; Pierre Garzon, maire de Villejuif (PCF, 94) ; Pierre Bell-Lloch, maire de Vitry-sur-Seine (PCF, 94).
 

Écoles dans le Sahel : beaucoup de courage, pas d’enseignants !

. TOLÉRANCE & SOLIDARITÉ .

Un article pour CPNN par Emmanuelle Dufossez

Il y a quelques mois, à l’occasion du Sommet Afrique France qui se tenait à Montpellier, la nécessité d’entrer dans une phase de coopération réelle avec les habitants a été enfin évoquée dans un cadre officiel et médiatisé, y compris par le Président Macron, qui a assuré que c’était le cap engagé par la France.

Il est urgent de saisir cette occasion pour faire progresser le projet pacifique : la coopération a besoin d’un objectif commun, et quel enjeu plus évident alors que celui de la Paix ?

En tant qu’enseignante française travaillant avec un collègue de la commune de Tessalit, j’aimerai partager notre expérience afin de démontrer que la coopération n’est pas seulement urgente mais qu’elle est surtout possible y compris dans des zones qui parce qu’elles sont déclarées rouges, se voient désertées par les ONG Internationales institutionnalisées et la plupart des journalistes.


Video fait par les élèves en Mali

Tessalit se trouve dans la région de Kidal, au nord du Mali. La France est très présente sur place, que se soit avec la force Barkhane, ou au sein de la Minusma, dont les campements sont répartis dans le Nord, le plus souvent assez près des communes, ce qui n’est pas toujours un facteur de protection des civils.

Il ne s’agit pas de mettre en doute l’intégrité des casques bleus mais de nous interroger sur leur capacité d’action sur le terrain sans une coopération internationale claire avec les populations sur place, dont on sait qu’elles sont tout simplement les premières victimes du conflit, conflit dont il serait d’ailleurs temps qu’il soit décrit clairement.

Quelque soit la complexité de la situation, il est important de dire que les populations aussi abandonnées soient-elles par les gouvernements successifs du pays, prennent leur destin en main. Elles le font dans la mesure des conditions matérielles très réduites qui sont les leurs, avec courage et intelligence mais sans notre soutien. La France ne l’ignore pas, qui trouve des collaborateurs efficaces sur place, quand il s’agit de combattre un ennemi pour le moment commun.

En décembre 2018, sur une sorte de coup de tête collectif optimiste, nous avons eu l’idée, avec mes camarades de Tessalit, d’organiser une rencontre entre un groupe de jeunes de mon collège en France et un groupe du même âge, accompagné d’un des rares enseignants d’état présents à Tessalit. (Voir l’article de CPNN de 19 octobre, 2021.) Par chance, mon Chef d’établissement, très sensible à la situation du Sahel, a partagé notre enthousiasme, et a fait installer une web cam et un micro dans ma salle de classe. Avec l’aide de la CPE, nous avons réuni un groupe d’élèves très motivés. De son côté, mon camarade Bakrene Ag Sidimohamed, a convaincu le chef du camp de la Minusma, situé à quelques kilomètres de la ville, d’accueillir le groupe de jeunes, afin qu’ils puissent accéder à une connexion internet et à du matériel permettant l’échange. Et l’aventure a commencé ! D’abord sous la forme de ces échanges réguliers, puis à travers des projets pédagogiques communs, plus ciblés.

L’objet n’est pas de décrire longuement ici notre travail. Ce qui me semble important, c’est d’apporter par notre témoignage, un exemple de ce que cette belle idée de coopération peut produire de miraculeux : c’est après coup, que nous avons pris conscience de ce que nous avions réussi à faire avec des moyens simples, évidents, en conjuguant les efforts, les compétences, les possibilités matérielles des uns et des autres, en France comme au Mali. Les projets qui ont suivis prouvent que la volonté mutuelle est l’ingrédient essentiel d’une coopération, puisque nous les avons réalisés contre vents et marées, et on peut le dire, sans aucun soutien matériel, si ce n’est la mise à disposition de la connexion internet par nos établissements respectifs (mon lycée en France, la Minusma à Tessalit) (pour une description plus précise du projet, cf article 2R3S)

En accueillant les élèves, la Minusma a rempli l’une de ses missions en faveur de la Paix. Les conséquences positives de ce projet en cours sont innombrables mais notre satisfaction se porte surtout sur l’élan de curiosité bienveillante qu’il a provoqué chez les jeunes.

Nous aimerions que cela continue.

Mais la situation en matière éducative de Tessalit est à l’image de ce qui se passe dans la région de Kidal, au Nord du Mali, et bien au-delà, sur une bonne partie de la bande saharo Sahélienne : les écoles publiques n’existent quasiment pas, si ce n’est parfois sur le papier : pas d’enseignants, pas de matériel ou si peu que cela revient à zéro, comme peut en témoigner Issouf Maïga, mon collègue de Tessalit, qui est à peu près seul avec ses plus de 350 élèves, lesquels bien sûr finissent par ne plus venir, si ce n’est pour des projets spécifiques, comme ceux que nous tentons de monter ensemble.

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(cliquez ici pour une version anglaise de cet article.)

Question related to this article:

 

Youth initiatives for a culture of peace, How can we ensure they get the attention and funding they deserve?

(. . . suite)

Depuis que j’ai commencé à travailler avec des enseignants et des volontaires de la région de Kidal, je suis touchée par l’engagement incroyable de toute une partie de la population pour faire avancer la cause de l’école. Un peu partout les habitants construisent tant bien que mal des salles de classes, qui ne sont parfois qu’un toit d’herbes sèches pour réunir les enfants à l’ombre. Ils se cotisent pour payer un enseignant qui acceptera cette tâche difficile et dangereuse, qu’il devra affronter la plupart du temps avec un matériel et dans des conditions désastreuses.

L’argument qui consiste à invoquer la dangerosité de la région pour y laisser toute cette jeunesse à l’abandon n’est pas recevable. Il est absolument possible d’aider cette population à sortir de la crise par sa propre force, les associations et ong locales présentes sur place font largement le travail des grands organismes qui ont désertés la région : se sont les intermédiaires naturels des projets de coopération, ceux sur lesquels il est possible de s’appuyer. En s’engageant pour l’éducation de ses enfants, la population de la région montre largement son besoin de Paix. Ils ne veulent plus voir leurs enfants partir faire la guerre.

On peut se demander sincèrement pourquoi depuis tant d’année, la Communauté Internationale n’a pas réussi à faire pression sur les gouvernements pour que l’éducation au Nord soit une priorité.

On peut aussi se demander comment il est possible que malgré la multitude d’appel à l’aide, de demande de subvention, de transport de matériel, rien ne se passe, alors même que nous apportons les gages d’un travail sérieux. La plupart du temps, c’est l’incertitude de la viabilité du projet qui est invoquée pour justifier du refus. Mais l’incertitude ne tient qu’à une série de préjugés sur la capacité et la volonté des habitants. Nous jugeons peut-être à l’avance, à l’aune des multiples scandales qui entachent notre propre industrie humanitaire. Pourtant il s’agit ici, d’hommes et de femmes qui veulent assurer un avenir à leurs enfants et par dessus tout, il faut le dire, c’est une chose qui revient souvent, dans les échanges auxquels j’assiste : un avenir de Paix.

L’absence d’éducation est un argument d’asservissement. Concrètement, le travail des enfants, notamment dans l’extraction de l’or, est une des conséquences immédiates de l’absence d’écoles. On peut alors se demander si réellement, l’éducation est une priorité logique, puisqu’il n’est plus nécessaire de démontrer ce que le travail des enfants apporte au système en terme de coût très bas des salaires et donc des marchandises.

Cette situation scandaleuse n’est pas récente ni unique.

Les écoles dans le Nord sont fermées depuis 2012, mais la réalité de la région est celle d’un abandon général, et ce qui tient malgré tout, est essentiellement le fruit d’une volonté collective. La communauté internationale n’a pas besoin de chercher midi à quatorze heure éternellement : au Mali, comme au Niger, il y a des jeunes hommes et femmes, qui souvent ont été entravés au beau milieu de leurs propres études par le conflit, et luttent aujourd’hui pour l’éducation de leurs cadets. Il faut simplement s’appuyer sur eux, soutenir les projets qui existent, avec confiance.

Des exemples très concrets à mettre sur la table, nous n’en manquons pas, et au delà des écoles fermées des communes importantes, se pose la question des enfants des populations nomades, une grande partie des habitants de la région, contraints de se sédentariser pour trouver un peu de sécurité. Pouvons nous réellement accepter que ces enfants soient privés d’école, alors même que nous avons signé la Déclaration Universelle des Droits de l’Enfant et que nous parlons de Paix ?

Puisqu’il y a des projets sur place, pourquoi ne pas travailler avec ceux qui les portent ? La question n’est pas d’envoyer des manuels ou des pupitres de temps en temps, mais surtout d’apporter un soutien ciblé à chaque projet, en s’appuyant sur les associations locales et les chefs de communautés. Nous devons accepter un fonctionnement différent du notre dans la gestion du collectif et aider ces peuples nomades dont la liberté semble inacceptable aux yeux des puissants, à former leurs enfants au monde actuel. Sans l’enseignement des langues vernaculaires et des langues véhiculaires, des mathématiques et de la culture, comment imaginer pour ces hommes et femmes de demain, qu’ils pourront aller se former dans les écoles et université, pour revenir, médecin, ingénieur, enseignant, construire la Paix qu’ils appellent de leurs vœux ? Et qui formera sur place les artisans de demain, alors que les familles peinent à se nourrir ? Il faut aider les professionnels sur place à transmettre leurs compétences.

La communauté internationale, les bailleurs, doivent accorder leur confiance sans chercher à reproduire un modèle scolaire occidental qui n’est pas toujours adapté et partir du postulat que les mères et les pères du Sahel souhaitent autant que nous le meilleur pour leurs enfants. Simplement.

Nous avons récemment été touchés par la tribune cosignée par plus de 30 élu(e)s de collectivités française et publiée par Cité Unie France. Tout comme nous ils appellent à une consolidation des liens avec les représentants de la population dans la région. Ces appels démultipliés seront-ils entendus, à l’heure où beaucoup trop de dirigeants sont tentés par les armes ? Pour ma part, je garde l’espoir, portée par le courage de mes amis, et j’espère que mon appel en faveur des écoles sera entendu.

Avec l’Association franco-malienne Tazunt, pour laquelle je m’exprime, nous pouvons faire des propositions très concrètes et sérieuses pour apporter un soutien réel en matière éducative, et nous serons heureux de répondre à vos remarques. Le cri d’appel de la population d’Intescheq doit être entendu, nous le mettons en pièce jointe. Nous ne pouvons plus laisser ces enfants sans aide, la situation devient chaque jour plus critique.

Contact : tazuntazunt (arobat) gmail.com

Ukraine : Déclaration de l’UNESCO à la suite de l’adoption de la résolution par l’Assemblée générale des Nations Unies

DÉSARMEMENT & SÉCURITÉ .

Un article de l’UNESCO

3 mars 2022. Suite à l’adoption par l’Assemblée générale des Nations Unies de la résolution intitulée « Agression contre l’Ukraine », et constatant l’escalade dévastatrice de la violence, l’UNESCO est profondément préoccupée par l’évolution de la situation en Ukraine et travaille à l’évaluation des dommages dans ses domaines de compétences (notamment l’éducation, la culture, le patrimoine et l’information), et à la mise en place d’actions de soutien d’urgence.

La résolution de l’AGNU réaffirme l’importance primordiale de la Charte des Nations Unies et du respect de la souveraineté, de l’indépendance, de l’unité et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine dans ses frontières internationalement reconnues, et exige que « la Fédération de Russie cesse immédiatement de recourir à la force contre l’Ukraine. »

La Directrice générale, Audrey Azoulay, s’associe pleinement aux remarques prononcées par le Secrétaire général en ouverture de la session extraordinaire de l’Assemblée générale : « cette escalade de la violence – qui entraîne la mort de civils, y compris des enfants – est totalement inacceptable. »

Elle appelle en outre à « la protection du patrimoine culturel ukrainien, qui témoigne de sa riche histoire, à l’instar des sept sites du patrimoine mondial – notamment situés à Lviv et Kyiv – à la sauvegarde d’Odessa et Kharkiv, villes membres du réseau des villes créatives de l’UNESCO, ainsi que des archives nationales dont certaines appartenant au Registre UNESCO de la Mémoire du Monde, ou bien encore des lieux de mémoire de la tragédie de la Shoah. »

Conformément à son mandat, l’UNESCO exige la cessation immédiate des attaques contre les installations civiles, telles que les écoles, les universités, les lieux de mémoire, les infrastructures culturelles et de communication, et déplore les victimes civiles, parmi lesquelles figurent des étudiants, enseignants, artistes, scientifiques et journalistes. Les femmes, les enfants – en particulier les filles – sont aussi touchés de manière disproportionnée par le conflit et les déplacements.

Dans le domaine de l’éducation, la Résolution 2601 adoptée en 2021 par le Conseil de sécurité des Nations Unies, prévoit que les États membres doivent « prévenir les attaques et les menaces d’attaques contre les écoles et assurer la protection des écoles et des civils liés aux écoles, notamment les enfants et les enseignants, dans les situations de conflit armé et d’après conflit ». Dans sa résolution du 2 mars, l’Assemblée générale des Nations Unies s’est déclarée gravement préoccupée par les informations faisant état d’attaques contre des infrastructures civiles, notamment des écoles. À cet égard, l’UNESCO condamne fermement les attaques contre les infrastructures éducatives, alors qu’au cours de la semaine passée, sept institutions ont subi des dégâts, notamment suite à l’attaque du 2 mars contre l’Université nationale de Karazin Kharkiv. 

La fermeture des écoles et des établissements d’enseignement à l’échelle nationale a touché l’ensemble de la population d’âge scolaire – 6 millions d’élèves âgés de 3 à 17 ans et plus de 1,5 million d’étudiants inscrits dans des établissements d’enseignement supérieur. L’escalade de la violence empêche l’éducation de remplir sa mission protectrice ; les répercussions pourraient être considérables, y compris dans les pays voisins.

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour une version anglaise de cet article.)

Question for this article:

Can the peace movement help prevent war in the Ukraine?

(. . . suite)

Dans le domaine de la culture, l’UNESCO rappelle les obligations du droit humanitaire international, et en particulier de la Convention de la Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé et ses deux Protocoles (1954 et 1999), afin de prévenir les dommages infligés aux biens culturels, et condamne toute attaque et tout dommage porté au patrimoine culturel sous toutes ses formes. L’UNESCO appelle également à appliquer pleinement la résolution 2347 du Conseil de Sécurité de l’ONU.

À cet égard, l’UNESCO est extrêmement préoccupée par les dommages infligés à la ville de Kharkiv, une Ville créative de l’UNESCO pour la Musique, ainsi qu’au centre historique de Tchernihiv, inscrit sur la Liste indicative du patrimoine mondial de l’Ukraine. L’UNESCO regrette profondément les signalements de dommages causés aux œuvres de la célèbre artiste ukrainienne Maria Primachenko, à l’anniversaire de laquelle l’UNESCO s’était associée en 2009. 

L’UNESCO condamne également l’attaque qui a affecté le mémorial de l’Holocauste Babi Yar, site de l’un des plus grands massacres par balles de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, et appelle à respecter les sites historiques, dont la valeur éducative et mémorielle est irremplaçable.

Afin de prévenir ces attaques, l’UNESCO, en étroite collaboration avec les autorités ukrainiennes, œuvre à marquer le plus rapidement possible les principaux monuments et sites historiques d’Ukraine de l’emblème distinctif de la Convention de 1954 de La Haye, une signalisation internationalement reconnue pour la protection du patrimoine culturel en cas de conflit armé. En outre, l’UNESCO a pris l’attache des autorités ukrainiennes pour organiser une réunion avec des directeurs de musées de tout le pays pour les aider à répondre aux besoins urgents en matière de sauvegarde des collections muséales et des biens culturels. En coopération avec UNITAR/UNOSAT, l’UNESCO suivra l’évolution des dommages subis par les sites culturels grâce à l’analyse d’images satellites. 

En ce qui concerne l’accès à l’information et la liberté d’expression, l’UNESCO rappelle sa précédente déclaration, qui soulignait l’obligation, au titre de la Résolution 2222 du Conseil de Sécurité de l’ONU, de protéger les professionnels des médias et les membres du personnel associé. Elle note également que, selon la même résolution, « le matériel et les installations des médias sont des biens de caractère civil et, en tant que tels, ne doivent être l’objet ni d’attaques ni de représailles, tant qu’ils ne constituent pas des cibles militaires ».

À cet égard, l’UNESCO est profondément préoccupée par les témoignages rapportant que des infrastructures de communication ont été prises pour cible, à l’image du bombardement de la principale tour de télévision de Kyiv le 1er mars 2022, qui aurait fait plusieurs victimes, dont au moins un professionnel des médias ; et elle s’inquiète également des cas signalés de violence contre les journalistes, ainsi que des tentatives de restreindre l’accès à Internet. 

Dans une situation de conflit, des médias libres et indépendants sont essentiels pour garantir l’accès des civils à des informations susceptibles de leur sauver la vie et pour identifier ce qui relève de la désinformation et des rumeurs.

À la demande d’un groupe d’États membres, le Conseil exécutif de l’UNESCO tiendra une session spéciale le 15 mars « pour examiner les répercussions et les conséquences de la situation actuelle en Ukraine sous tous les aspects du mandat de l’UNESCO ».

Désignations et sites de l’UNESCO en Ukraine

sites du patrimoine mondial de l’UNESCO
éléments sur la Liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO
Réserves de biosphère de l’UNESCO
10 Chaires universitaires de l’UNESCO
78 écoles associées de l’UNESCO
villes créatives de l’UNESCO
villes apprenantes de l’UNESCO
institut de catégorie 2 de l’UNESCO
inscriptions au Registre de la Mémoire du monde de l’UNESCO

Contacts presse :

Lucia Iglesias Kuntz, +33 1 45 68 17 02, l.iglesias@unesco.org
Thomas Mallard, + 33 1 45 68 22 93, t.mallard@unesco.org