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La ville d’Hiroshima: Déclaration de Paix le 6 août 2022

DESARMAMENT & SECURITE .

Reçu par email des AFCDRP (Association Frençaise des Communes, Départements et Régions pour la Paix)

Ce qui suit est le texte intégral de la déclaration de paix lue le 6 août par le maire d’Hiroshima, Kazumi Matsui, lors d’une cérémonie marquant le 77e anniversaire du bombardement atomique de la ville.


Kazumi Matsui, le maire d’Hiroshima

“J’adorais ma mère ; elle m’a élevée avec tant de gentillesse et d’attention”. La femme qui énonce ces paroles avait 16 ans lorsqu’elle a quitté sa maison en portant le déjeuner que sa mère avait préparé avec amour. Elle n’avait jamais imaginé que ce serait leur dernière séparation. L’été, il y a 77 ans. Ce matin-là, sans avertissement, la première arme nucléaire est larguée et explose au-dessus de l’humanité. Debout près de la gare d’Hiroshima, la jeune fille a vu un flash terrifiant. Puis vint un grondement de tonnerre. Frappant par derrière, le souffle de l’explosion l’a projetée dans les airs et lui a fait perdre connaissance. Quand elle est revenue à elle, elle a erré dans la ville en flammes, à la recherche de sa mère. Elle a vu un nombre effrayant de corps noircis. Un cadavre carbonisé était encore debout, accroché au cou d’une vache. Les corps flottant dans la rivière allaient et venaient au gré des marées. Elle se souvient encore de ce matin où la vie quotidienne s’est violemment transformée en scènes de l’enfer.

En envahissant l’Ukraine, le dirigeant russe, élu pour protéger la vie et les biens de son peuple, utilise les armes nucléaires comme des instruments de guerre, volant la vie et les moyens de subsistance de civils innocents dans un autre pays. Dans le monde entier, l’idée que la paix dépend de la dissuasion nucléaire gagne du terrain. Ces erreurs trahissent la détermination de l’humanité, née de nos expériences de guerre, à parvenir à un monde pacifique exempt d’armes nucléaires. Accepter le statu quo et abandonner l’idéal d’une paix maintenue sans force militaire, c’est menacer la survie même de l’humanité. Nous devons cesser de répéter ces erreurs. Par-dessus tout, confier un bouton nucléaire à un dirigeant mondial, quel qu’il soit, c’est continuer de sanctionner l’humanité par des menaces nucléaires et recréer potentiellement le paysage infernal du 6 août 1945. Nous devons immédiatement vider de leur sens tous les boutons nucléaires.

Devons-nous continuer à tolérer un égocentrisme qui menace les autres, jusqu’à nier leur existence ? Nous devrions prendre à cœur les paroles de Léon Tolstoï, le célèbre auteur russe de Guerre et Paix, qui conseillait : “Ne construisez jamais votre bonheur sur le malheur des autres, car c’est seulement dans leur bonheur que vous pouvez trouver le vôtre.”

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour la version anglaise de cet article.)

Question for this article:

Can we abolish all nuclear weapons?

(. . . suite)

Plus tôt cette année, les cinq États dotés d’armes nucléaires ont publié une déclaration commune : “La guerre nucléaire ne peut être gagnée et ne doit jamais être menée.” Ils ont en outre déclaré leur intention de “… rester attachés à nos obligations découlant du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).” Après avoir publié une telle déclaration, pourquoi ne tentent-ils pas de tenir leurs promesses ? Pourquoi certains font-ils même allusion à l’utilisation d’armes nucléaires ? Les puissances nucléaires doivent agir maintenant pour jeter des ponts de confiance entre les nations. Plutôt que de considérer un monde sans armes nucléaires comme un rêve lointain, elles devraient prendre des mesures concrètes pour le réaliser. J’appelle les dirigeants des États dotés d’armes nucléaires à se rendre dans les villes bombardées, où ils pourront se rendre compte personnellement des conséquences de l’utilisation des armes nucléaires et renforcer leur volonté de prendre ces mesures. Je veux qu’ils comprennent que le seul moyen sûr de protéger les vies et les biens de leurs populations est d’éliminer les armes nucléaires. Je souhaite ardemment que les dirigeants qui participeront au sommet du G7 à Hiroshima l’année prochaine parviennent à cette conclusion.

Avec la volonté de paix des hibakusha au cœur de notre action, et en héritant de l’esprit “ne jamais abandonner” du leader hibakusha Tsuboi Sunao, qui a consacré sa vie à cette cause, Hiroshima continuera à avancer vers l’abolition des armes nucléaires, même si le chemin est ardu.

Maires pour la Paix, qui est désormais un réseau de 8 200 collectivités territoriales de la paix dans le monde, tiendra sa 10e conférence générale à Hiroshima cette année. Cette conférence œuvrera à l’avènement d’une société civile dans laquelle chaque citoyen partage la conviction qu’une vie heureuse passe par la fin de la guerre, la fin des conflits armés et la fin de la discrimination sociale qui menace la vie. Dans cette optique, nous intensifierons la coopération entre nos collectivités membres pacifiques afin de promouvoir une “culture de la paix” qui rejette toute forme de violence. Maires pour la Paix encourage les décideurs politiques à poursuivre leurs politiques étrangères par le dialogue sans s’appuyer sur la dissuasion nucléaire.

En juin dernier, la première réunion des États parties au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) a adopté une déclaration qui, sur fond d’invasion russe, rejette catégoriquement la menace des armes nucléaires. Avec les États dépendant des armes nucléaires qui ont participé en tant qu’observateurs, la réunion a spécifiquement souligné que le TIAN contribue au TNP et le complète. Par conséquent, j’exige d’abord que le gouvernement japonais serve de médiateur lors de la conférence d’examen du TNP. Par ailleurs, le Japon doit participer à la prochaine réunion des États parties au TIAN, devenir rapidement lui-même un État partie et soutenir de tout cœur le mouvement en faveur de l’abolition des armes nucléaires.

L’âge moyen des hibakusha dépasse maintenant 84 ans, et leur vie est toujours affectée par les effets néfastes des radiations sur leurs esprits et sur leurs corps. J’appelle donc le gouvernement japonais à prendre en compte leurs souffrances et leur offrir des mesures de soutien renforcées.

Aujourd’hui, à l’occasion de cette cérémonie de commémoration du 77e anniversaire du bombardement, nous présentons nos sincères condoléances aux âmes des victimes de la bombe atomique. Avec Nagasaki et les personnes de même sensibilité dans le monde entier, nous nous engageons à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour abolir les armes nucléaires et ouvrir la voie à une paix mondiale durable.

Amnesty International: Une génération de jeunes militant·e·s reprend le flambeau contre le durcissement de la répression en Asie

DROITS DE L’HOMME .

Un article de Amnesty International

Une vague de manifestations initiées par la jeunesse en Asie brave la répression croissante qui s’abat sur tout le continent, notamment sur la liberté d’expression et de réunion pacifique, a déclaré Amnesty International le 29 janvier 2020 à l’occasion de la publication de son rapport annuel sur la situation des droits humains dans la région.

Intitulé Human Rights in Asia-Pacific: Review of 2019, il présente une analyse précise de l’évolution des droits humains dans 25 États et territoires, et illustre la lutte de toute une nouvelle génération de militants et militantes contre la violente répression visant la dissidence, les campagnes toxiques orchestrées sur les réseaux sociaux et la censure politique généralisée.

« 2019 fut en Asie une année de répression, mais aussi de résistance. Alors que les gouvernements à travers le continent s’efforcent de déraciner les libertés fondamentales, les citoyens se mobilisent – et les jeunes sont en première ligne de la lutte, a déclaré Nicholas Bequelin, directeur régional d’Amnesty International pour l’Asie de l’Est, l’Asie du Sud-Est et le Pacifique.

« Des étudiant·e·s de Hong Kong qui protestent en masse contre la mainmise croissante de la Chine sur la région administrative aux étudiant·e·s d’Inde qui manifestent contre les politiques hostiles aux musulmans, des jeunes électeurs et électrices thaïlandais venus gonfler les rangs d’un nouveau parti d’opposition aux manifestant·e·s pour l’égalité des personnes LGBTI à Taïwan : en ligne et sur le terrain, les mouvements populaires menés par la jeunesse remettent en cause l’ordre établi. »

La résistance de Hong Kong résonne à travers le monde

La Chine et l’Inde, les deux grandes puissances d’Asie, ont donné le ton de la répression
dans la région en rejetant ouvertement les droits humains. Le soutien de Pékin au projet de loi sur l’extradition à Hong Kong, texte conférant au gouvernement local le pouvoir de transférer des suspects vers la Chine continentale, a suscité un mouvement de protestation d’une ampleur sans précédent sur le territoire.

Depuis le mois de juin, une partie de la population de Hong Kong descend régulièrement dans les rues pour réclamer le respect de l’obligation de rendre des comptes face aux méthodes brutales de maintien de l’ordre, notamment l’utilisation injustifiée de gaz lacrymogènes, les arrestations arbitraires, les agressions physiques et les atteintes aux droits humains en détention. Cette lutte contre l’ordre établi a fait ricochet sur tout le continent.

En Inde, des millions de personnes ont contesté une nouvelle loi discriminatoire à l’égard des musulmans et manifesté pacifiquement. En Indonésie, des citoyens et citoyennes se sont rassemblés pour protester contre la promulgation par le Parlement de plusieurs lois menaçant les libertés publiques. En Afghanistan, les manifestant·e·s se sont mis en danger pour exiger la fin du conflit qui sévit de longue date dans le pays. Au Pakistan, le Mouvement pour la protection des Pachtounes (PTM), mouvement non violent, a défié la répression étatique pour se mobiliser contre les disparitions forcées et les exécutions extrajudiciaires.

La dissidence se heurte à la répression

Les contestations et la dissidence pacifiques ont fréquemment fait l’objet de représailles de la part des autorités.

Les manifestant·e·s ont été confrontés aux arrestations et à l’incarcération au Viêt-Nam, au Laos, au Cambodge et en Thaïlande, les gouvernements répressifs en Asie du Sud-Est ayant pris diverses mesures pour réduire au silence leurs opposants et museler les médias.

En Indonésie, plusieurs personnes ont trouvé la mort lorsque la police a réprimé des manifestations en faisant usage d’une force excessive. Pourtant, les autorités n’ont pas fait grand-chose pour amener les responsables présumés à rendre des comptes. Aucun policier n’a été arrêté ni aucun suspect identifié.

Au Pakistan et au Bangladesh, des militant·e·s et des journalistes ont été pris pour cibles par des lois draconiennes qui restreignent la liberté d’expression et sanctionnent la dissidence en ligne.

(Cliquez ici pour une version espagnole de cet article, ou ici pour une version anglaise.)

Question(s) related to this article:

What is the state of human rights in the world today?

Et à Hong Kong, pour écraser les manifestations pacifiques, la police a employé des méthodes dangereuses sans discrimination, notamment la torture en détention. Les demandes d’ouverture d’une enquête digne de ce nom sur la conduite des forces de l’ordre n’ont toujours pas été entendues.

« Les manœuvres des autorités visant à écraser toute forme de critique et à bâillonner la liberté d’expression s’avèrent tout aussi impitoyables qu’imprévisibles, et les personnes osant s’exprimer contre ces gouvernements répressifs en paient souvent le prix fort, a déclaré Biraj Patnaik, directeur pour l’Asie du Sud à Amnesty International.

« Les autorités répondent aux habitant·e·s de la région Asie-Pacifique que leurs aspirations à des sociétés plus équitables sont fantaisistes, qu’il est impossible de remédier aux inégalités économiques, que le réchauffement climatique est inexorable et les catastrophes naturelles inévitables. Surtout, la population s’entend dire que remettre en cause ce discours ne sera pas toléré », a déclaré Biraj Patnaik.

Les minorités sentent le poids d’un nationalisme intolérant

En Inde et en Chine, le simple risque d’insubordination dans des régions théoriquement autonomes a suffi à déclencher la répression d’État, les minorités étant commodément taxées de menaces pour la « sécurité nationale ».

Dans la province chinoise du Xinjiang, jusqu’à un million de Ouïghours et d’autres membres de minorités ethniques à majorité musulmane ont été enfermés de force dans des camps de « déradicalisation ».

Le Cachemire, seul État indien à majorité musulmane, a vu son statut particulier d’autonomie révoqué, lorsque les autorités ont imposé le couvre-feu, coupé l’accès à toutes les communications et arrêté les leaders politiques.

Au Sri Lanka, où des violences contre la population musulmane ont éclaté au lendemain des attentats du dimanche de Pâques, l’élection du président Gotabaya Rajapaksa a affaibli les espoirs d’avancées en termes de droits humains. Un autre homme fort autoproclamé, le président philippin Rodrigo Duterte, a poursuivi sa « guerre contre la drogue » meurtrière.

Les gouvernements ont tenté de justifier la répression en diabolisant leurs détracteurs et en les faisant passer pour des pions des « puissances étrangères », et ils ont renforcé cette répression au moyen de campagnes sophistiquées sur les réseaux sociaux. Ni l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) ni l’Association sud-asiatique pour la coopération régionale (ASACR), les deux principaux organismes de la région, n’ont tenté d’amener leurs membres à rendre des comptes, même en cas de violations flagrantes des droits humains.

Il échoit à la Cour pénale internationale d’enquêter sur les crimes contre l’humanité commis contre les Rohingyas par l’armée du Myanmar dans l’État d’Arakan en 2017. La Cour examine également les milliers d’homicides commis par des policiers aux Philippines, ainsi qu’un appel de sa décision de refuser l’ouverture d’une enquête sur des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité en Afghanistan.

Par ailleurs, dans le Pacifique, du fait de la politique de détention à l’étranger menée par l’Australie, des personnes réfugiées ou demandeuses d’asile croupissent dans des conditions physiques et psychologiques se dégradant, sur l’île de Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, et à Nauru.

Des avancées contre toute attente

Les personnes qui dénoncent ces atrocités sont régulièrement sanctionnées, mais leur mobilisation fait la différence. Dans de nombreux cas, les initiatives visant à faire progresser les droits humains en Asie se sont avérées payantes.

À Taïwan, le mariage entre personnes de même sexe est devenu légal, grâce au travail de campagne soutenu mené par les militant·e·s. Au Sri Lanka, des avocat·e·s et des militant·e·s ont mené avec succès une campagne contre la reprise des exécutions.

Le Brunéi Darussalam a été contraint de faire marche arrière quant à l’application de lois rendant l’adultère et les relations homosexuelles passibles de lapidation, tandis que l’ancien Premier ministre de Malaisie, Najib Razak, a été traduit en justice pour corruption – une première.

Le gouvernement pakistanais a promis de lutter contre le dérèglement climatique et la pollution de l’air et, pour la première fois, deux femmes ont été nommées juges pour siéger à la Cour suprême des Maldives.

À Hong Kong, la force de la contestation a contraint le gouvernement à retirer le projet de loi sur l’extradition. Pourtant, l’obligation de rendre des comptes étant bafouée pour les violences infligées aux manifestant·e·s depuis des mois, la lutte continue.

« En 2019, en Asie, les personnes qui manifestaient ont été blessées, mais pas brisées. Elles ont été muselées, mais pas réduites au silence. Et ensemble, elles ont adressé un message de résistance aux gouvernements qui continuent de bafouer les droits humains dans le but de consolider leur mainmise sur le pouvoir », a déclaré Nicholas Bequelin.

L’ASEAN insiste sur le rôle des femmes dans le maintien de la paix

. EGALITE HOMMES/FEMMES .

Un article du Courrier de Vietnam

Le secrétaire général de l’ASEAN, Dato Lim Jock Hoi, a souligné le rôle important des femmes dans les dialogues interreligieux et dans le maintien de la paix et de la sécurité régionales lors du Dialogue interreligieux des femmes de l’ASEAN à Jakarta, en Indonésie.


États membres de ASEAN: Image: ASEAN

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(Cliquez ici pour l’article en anglais)

Questions for this article:

Do women have a special role to play in the peace movement?

(. . . suite)

Cet événement de deux jours, qui s’est ouvert le 12 novembre, est organisé par l’Institut de l’ASEAN pour la paix et la réconciliation, en coordination avec le ministère indonésien des Affaires étrangères, l’Agence australienne pour le développement international (AusAID) et la Fondation asiatique.

Selon le secrétaire général de l’ASEAN, les femmes jouent un rôle indispensable dans le maintien de la paix et le relèvement après un conflit. Les organisations de femmes, en particulier celles qui disposent de réseaux de base solides, aident à détecter les signes d’alerte précoce de conflits potentiels et à empêcher l’escalade des conflits. Il a rappelé que l’ASEAN avait adopté une déclaration commune sur la promotion de la femme, de la paix et de la sécurité dans l’ASEAN en 2017 et lancé le Forum des femmes pour la paix de l’ASEAN (AWPR) en 2018.

Le Dialogue interreligieux des femmes de l’ASEAN réunit des femmes experts et des universitaires venant des 10 pays membres de l’ASEAN et de l’Australie. Ils participeront à sept débats sur l’autonomisation des femmes, l’amélioration de la participation et de l’intégration des femmes, de leur rôle dans les initiatives

La Chine éclipse l’UE en atteignant en avance son objectif solaire pour 2020

. . DEVELOPPEMENT DURABLE . .

Un article de Euractiv

La Chine a déjà atteint son objectif 2020 d’énergie solaire, avec une capacité de production qui dépasse de loin les 105 GW. L’Europe est loin de dépasser ses propres objectifs.


Parc solaire flottant en Chine [Sungrow]
(Cliquez sur l’image pour l’élargir)

De nouveaux chiffres publiés par Asia Europe Clean Energy Advisory (AECEA) révèlent que la Chine a déjà dépassé son objectif 2020 de 105 GW de capacité de production d’énergie solaire, grâce à de nouvelles constructions en juin et juillet lui permettant d’atteindre 112 GW.

En 2018, l’énergie solaire a déjà progressé de 24,4 GW de capacités au premier semestre. La position de l’Empire du Milieu en tant que leader mondial dans le secteur se maintient donc, alors que l’Europe creuse de plus en plus son retard.

(Merci à Kiki Chauvin, le reporter ce CPNN pour cet article.)

( Cliquez ici pour la version anglaise .)

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La visite historique de Barack Obama à Hiroshima marque une nouvelle étape de la mobilisation internationale

DESARMAMENT & SECURITE .

Un article du Huffington Post par Eddie Aït, Secrétaire général adjoint du Parti Radical de Gauche (PRG), Philippe Rio, Maire de Grigny et Président de l’AFCDRP-Maires pour la Paix France, et Jacqueline Belhomme, Maire de Malakoff et vice-présidente du réseau international

Le président des États-Unis, Barack Obama, est aujourd’hui [27 mai] à Hiroshima pour une visite historique: la première d’un dirigeant américain près de 71 ans après l’ordre du Président Truman de lancer les deux premières attaques nucléaires de l’histoire, sur Hiroshima (6 août) puis sur Nagasaki (9 août).

Hiroshima

Pour le réseau international Maires pour la Paix, présidé par les maires de ces deux villes martyres, et sa branche française l’AFCDRP, une telle visite est un signe positif qui peut marquer une nouvelle étape de la mobilisation internationale pour parvenir à l’élimination complète des armes nucléaires, comme le prévoit le Traité sur la non-prolifération (TNP).

Depuis sa création en 1982, Maires pour la Paix n’a eu de cesse d’inviter les dirigeants du monde entier à se rendre à Hiroshima et à Nagasaki. Au fil des ans, de plus en plus de représentations diplomatiques ont assisté aux commémorations. En avril dernier, la venue à Hiroshima des Ministres des Affaires Étrangères du G7, dont trois représentants d’États nucléaires -États-Unis, France et Royaume-Uni- était déjà un pas en avant: enfin de hauts responsables d’États, tous signataires du TNP, acceptaient de voir de leurs propres yeux la ville victime de cette arme inhumaine, aux effets indiscriminés.

Les bombes atomiques américaines ont complètement détruit Hiroshima et Nagasaki. Elles les ont transformées en quelques minutes en d’immenses charniers à ciel ouvert. À Hiroshima, le bâtiment de la chambre du commerce, devenu le Dôme de la bombe atomique, tenait à peine debout. Il témoigne aujourd’hui de la puissance de la déflagration. En 1945, plus de 200.000 personnes sont mortes, victimes de l’explosion ou des radiations dans les jours et semaines qui suivirent. Après une telle horreur, les survivants -les Hibakusha-, n’ont pourtant jamais cessé de porter un message de paix: que plus personne ne souffre comme ils ont souffert. Un message que relayent inlassablement les élus locaux de plus de 7000 collectivités de 161 pays rassemblés au sein du réseau Maires pour la Paix.

Premiers responsables de la sécurité de nos concitoyens en cas de conflit, nous avons une conscience aigüe de l’ampleur de la menace nucléaire qui pèse sur le monde dans son ensemble. Nous ne pouvons pas prendre le risque de voir Hiroshima ou Nagasaki se répéter car aujourd’hui, cela signifierait une escalade suicidaire. Pour cela, nous devons agir à deux niveaux: localement, en nous attaquant aux racines des conflits, en nous appuyant sur les ressources de la culture de la paix telle que définie par l’UNESCO, et globalement en nous mobilisant auprès d’Hiroshima et de Nagasaki pour parvenir à l’élimination totale des armes nucléaires.

Il reste encore près de 16.000 armes nucléaires sur la surface du globe. Ces armes menacent l’existence même de l’être humain et de son environnement. Ce “péril total” mine l’humain, et donc le monde présent, ouvrant la voie à toutes sortes de dérives mortifères que seule la culture de la paix et de la réconciliation apaiseront.

Les élus territoriaux inspirés par le geste symbolique qu’est la venue du Président américain à Hiroshima seront les bienvenus au sein de notre réseau, l’AFCDRP, l’Association Française des Communes, Départements et Régions pour la Paix.

(Cliquez ici pour une traduction en anglais.)

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