All posts by cpnn coordinator

About cpnn coordinator

Dr David Adams is the coordinator of the Culture of Peace News Network. He retired in 2001 from UNESCO where he was the Director of the Unit for the International Year for the Culture of Peace, proclaimed for the Year 2000 by the United Nations General Assembly.

Enseignant(e)s et militant(e)s dénoncent les politiques migratoires américaines et tentent d’offrir des livres et des jeux aux enfants placés en détention

DROITS DE L’HOMME .

Un article de Internationale de l’Education

Un groupe d’enseignant(e)s, de syndicalistes, de militant(e)s et de dignitaires religieux/euses s’est rendu dans un centre de détention situé à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique pour offrir des livres, des jeux et des cadeaux aux enfants incarcérés par les autorités migratoires américaines.

Cette délégation avait pour objectif de dénoncer le caractère cruel, inhumain et traumatisant de la séparation entre enfants et parents, les conditions de détention illégales des mineur(e)s d’âge et les violations systématiques des droits humains des familles migrantes auxquelles se livrent les autorités américaines.

Sous le soleil accablant du Texas, les éducateurs/trices en provenance des deux côtés de la frontière entre les Etats Unis et le Mexique se sont rendu(e)s au centre de détention de Tornillo, où vivent actuellement plusieurs centaines d’enfants dans une série de tentes encerclées d’un mur de pierre et de fils barbelés, sous la surveillance des gardes armés du Département de la sécurité intérieure des Etats-Unis. 

Avant de rejoindre l’entrée du centre, la délégation de militant(e)s, composée de membres de l’American Federation of Teachers (AFT), du Sindicato Nacional de Trabajadores de la Educación (SNTE) et du Secrétaire général de l’Internationale de l’Education (IE) David Edwards, a participé à un rassemblement en vue de protester contre les politiques de séparation familiale et de détention illimitée, mises en place par le gouvernement américain.

Ce rassemblement, ainsi que la visite au centre, fait suite au décret migratoire promulgué par le Président Donald Trump, lequel n’a pris aucune mesure pour réunir les enfants et leurs parents et poursuit sa politique de détention des enfants, des mineur(e)s et des migrant(e)s cherchant asile. L’administration continue également à violer les lois internationales et à placer en détention des milliers d’enfants.

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour une version anglaise de cet article ou ici pour une version espagnole.)

Questions for this article:

The post-election fightback for human rights, is it gathering force in the USA?

(. . . suite)

Les gardes armés protégeant l’entrée du centre ont refusé d’accepter les cadeaux (cahiers, ours en peluches, ballons de football) et n’ont pas autorisé les enseignant(e)s à entrer sur le site ou à rendre visite aux enfants. De même, les autorités américaines n’ont pas répondu à une lettre envoyée au préalable, demandant l’autorisation de remettre du matériel pédagogique aux enfants.

« Nous avons vu des gouvernements dans le monde maltraiter les populations migrantes et réfugiées, mais nous sommes scandalisé(e)s par le degré de cruauté, d’arrogance et de mépris des droits humains qu’affichent les autorités américaines », a fait remarquer David Edwards, Secrétaire général de l’IE.

Plusieurs ONG ont signalé que des enfants avaient été ligotés, menottés et forcés à prendre des médicaments et des somnifères. D’autres sont privés d’exercice et d’affection humaine. Leur situation est encore aggravée par le traumatisme à long terme engendré par le fait d’avoir été séparés de leurs parents, a expliqué Edwards:

« En tant que représentante des éducateurs et éducatrices, en tant que communauté de professionnels chargés de prendre soin des enfants, et en tant qu’organisation internationale engagée à défendre les droits humains, l’Internationale de l’Education condamne ce traitement violent et scandaleux des migrants et des enfants, et exige la cessation immédiate de ces mesures. En tant qu’éducateurs, notre mission consiste à accueillir, développer, encourager et inspirer les enfants. Et nous luttons également pour faire valoir leurs droits. »

La Présidente de l’AFT, Randi Weingarten, a déclaré: « Ces politiques sont caractéristiques des régimes tyranniques ou dictatoriaux, et non pas de nos démocraties… Ces agissements considérés comme une violation des droits humains fondamentaux ont causé de profondes séquelles traumatisantes. La communauté internationale doit réagir et prendre des mesures pour mettre un terme aux agissements odieux de cette administration. »

Juan Díaz de la Torre, Président du SNTE, également présent lors du rassemblement, a déclaré que, en tant qu’éducateurs/trices, « notre vocation va bien au-delà de l’enseignement dans les classes. Nous sommes des femmes et des hommes engagés à former les citoyens et citoyennes de demain. Le traitement inhumain enduré par ces enfants laissera des traces dans leur développement si nous n’intervenons pas immédiatement. »

Il a ajouté que si l’on souhaite apporter des solutions au problème de la migration, un processus/accord multilatéral est nécessaire, impliquant tous les pays qui accueillent ou expulsent les migrant(e)s. Tout le monde doit s’employer à trouver des solutions: « Même si les frontières paraissent nous diviser, nous partageons une vocation commune qui nous unit ».

Remarque – Vous vous demandez peut-être ce qu’il est advenu des cadeaux. Ils ont été remis aux organisations travaillant avec les enfants migrants dans la région frontalière.

(Merci a Janet Hudgins, le reporter de CPNN pour cet article.)

Voyage en Vélo: en Prise Directe avec les Gens

TOLÉRANCE & SOLIDARITÉ .

Un article de Stip & F

Après huit ans de vie professionnelle dans le domaine bancaire à Paris, nous avons décidé de voyager à vélo pour découvrir l’Europe en passant par le Maroc. Ce moyen de locomotion s’est imposé à nous comme une évidence. Economique et pratique, il nous a permis de rouler 17000 km pendant une année. Les rencontres en sont d’autant plus facilitées que nous sommes en prise directe avec les gens.


(Cliquez sur l’image pour la video.)

Les mêmes questions reviennent fréquemment dans toutes les langues : D’où êtes-vous ? Pourquoi faites-vous ça ? Où dormez-vous ? Elles permettent d’entrer en contact, d’exprimer qui nous sommes, sans forcement passer par les mots, mais surtout en montrant notre sourire, et ce que l’on espère dégager : la simplicité.

Nous sommes partis à la recherche de nous-mêmes, notamment grâce à la rencontre des autres êtres humains, au partage de leurs histoires et de leurs expériences. Le souvenir de ces échanges restera dans nos mémoires : une famille belge qui nous tire notre première larme au moment du départ en Espagne ; le couple de marocains dans les montagnes de l’Atlas qui a tout partagé ; la gentillesse et le grand cœur d’une famille italienne à Cremone ; l’accueil et la générosité d’un entrepreneur serbe ; le petit déjeuner mémorable avec deux retraités en plein milieu de la Finlande…

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour une traduction anglaise.

(. . . suite)

Nous avons découvert aussi un nouveau type de relation rapide et intense. En tant que voyageurs de passage, les personnes n’hésitent pas à nous raconter leur vie et leurs accidents de parcours. Cela nous pousse à la compassion et à l’humilité face à ces histoires bouleversantes. Nous écoutons avec attention, réconfortons et repartons, peut-être un peu vite… En espérant que la paix a repris sa place.

Ces échanges spontanés sont un moyen formidable d’apprendre sur soi. Ce qui nous faisait peur n’était en vérité que rarement justifié, ce sentiment reposait le plus souvent sur des croyances limitantes, encrées au plus profond de nous-mêmes de part notre éducation et les messages véhiculés par la société. Cette expérience nous a prouvée que la bienveillance était partout, il suffit de la voir. Finalement, on ne croit pas ce que l’on voit, mais on voit ce que l’on croit. Parfois dans les cafés, un client paie la note, le patron nous offre un repas, une personne nous propose une chambre… Arriver avec une intention positive peut faire une grande différence.

Inévitablement, certains événements arrivent à jouer avec nos nerfs, comme cette pluie diluvienne, près de Foggia en Italie, qui au final s’est ponctuée par une belle soirée autour d’un feu de cheminée. Nous apprenons que l’on doit accueillir chaque chose, l’accepter telle qu’elle est, même celle que l’on pourrait juger négative.

Le ressenti est devenu notre meilleur allié au fil des jours dans toutes les situations. Il s’agit de laisser tomber le mental et de donner plus de place à nos sensations, le meilleur indicateur qui soit. Plus proche des éléments, nous sommes en immersion dans l’environnement, comme si l’on captait plus d’informations. Nos sens s’aiguisent, nous savons instinctivement si l’on doit prolonger une rencontre, l’écourter ou changer de route. Il nous arrive de froisser des personnes lorsque nous refusons des invitations, surtout lorsqu’elles sont très insistantes. Nous préférons de très loin être en accord avec nous-même plutôt que de subir un compromis.

Les épreuves traversées, qu’elles soient liées au climat, aux relations avec les autres, ou à nos propres doutes… sont des moyens de grandir. Une fois l’inconfort passé, le champ des possibles s’agrandit. Un voyage pour se rappeler qui nous sommes, au-delà des façades construites autour de l’ego.

Nous poursuivons notre chemin en étant plus conscients et reconnaissants envers toutes les intentions de la vie. L’être humain est bienveillant par nature, il doit simplement s’en rappeler.

Bulletin français 1 août 2018

. . DEVELOPPEMENT DURABLE . .

Le mois dernier, nous avions constaté les progrès du reboisement en Afrique avec l’évolution de la Grande Muraille Verte qui s’étend d’Ouest en Est, d’une part, et avec l’initiative Million Trees en Zambie. Auparavant, nous avions fait état du reboisement en Chine , au Pakistan et au Brésil.

Ce mois-ci, nous ajoutons des rapports sur l’initiative Greentrees Sequester en Amérique du Nord et le projet Defenders of the Forest à Madagascar. L’initiative Greentrees a reçu un prix de l’American Carbon Registry “en reconnaissance de la mise en œuvre exceptionnelle de la plus grande initiative de reforestation au monde en termes de volume de réductions d’émissions confirmées en haute qualité et en nombre de propriétaires fonciers et d’acres.”

Le projet de Madagascar est important parce que l’île est l’un des points chauds de la biodiversité les plus importants du monde avec la grande majorité de ses espèces de faune et de flore endémiques. Une grande partie de la faune sauvage de Madagascar est menacée, en particulier ses forêts humides. L’association Mitsinjo, composée des activistes locaux, embauche la jeunesse locale pour planter des arbres et conserver les animaux qui sont en danger d’extinction. L’association a des programmes d’éducation et de renforcement des capacités pour les communautés qu’elle soutient, y compris les écoles.

En même temps, le désinvestissement de combustibles fossiles continue de se renforcer. Nous avons déjà fait état d’initiatives pour une grande variété d’organisations locales et mondiales, incluant la Banque mondiale, des institutions catholiques, la Norvège et la ville de New York. Go Fossil Free, un groupe qui milite en faveur du désinvestissement, estime que des actions pour combustibles fossiles, de 6,15 billions de dollars ont été vendues depuis le début du mouvement en 2010.

Au Japon, qui a été l’un des plus grands financiers de la technologie du charbon au monde, Nippon Life Insurance, le plus grand assureur vie du Japon, avec 667 milliards de dollars d’actifs, a annoncé qu’il cesserait de financer les centrales électriques au charbon.

Ce mois-ci, nous voyons que le Parlement irlandais a voté pour vendre ses 370 millions de dollars d’investissements dans les combustibles fossiles “dès que possible”. Le vote de l’Irlande est particulièrement important parce qu’il reflète un changement majeur dans le mouvement de désinvestissement. Dans le passé le désinvestissement était entièrement motivé par des préoccupations morales – les institutions retiraient leur argent des compagnies pétrolières, gazières et houillères parce qu’elles ne voulaient pas contribuer à la destruction d’un climat stable. Désormais, le désinvestissement est de plus en plus perçu comme une initiative financière intelligente pour les investisseurs.

Peut-être le plus important de tout, il y a toujours des progrès dans les énergies renouvelables qui ne polluent pas l’atmosphère. Il y a quelques mois, nous avions signalé des investissements accrus dans l’énergie solaire en Chine, en Australie, en Suède, au Royaume-Uni et en Allemagne, y compris des voitures électriques et une autoroute solaire en Chine. Et ce mois-ci, nous voyons que l’Inde progresse vers le leadership dans l’énergie éolienne et solaire. Bien que les énergies renouvelables ne fournissent actuellement que 20% des besoins du pays, cela commence à changer en raison de considérations financières. La construction d’une nouvelle énergie renouvelable coûte moins cher que l’entretien de la plus grande partie de l’énergie électrique au charbon au pays, et encore moins que la construction de nouvelles centrales.

Enfin, pour une approche globale, nous pouvons vous recommander celle de l’agroécologie. Au Brésil, l’articulation nationale d’agroecologie réuni plusieurs centaines d’organisations d’agriculteurs, de femmes, d’artistes et de militants depuis plus de quinze ans afin de promouvoir un nouveau modèle de développement à partir des pratiques d’agricultures et d’utilisation du sol dans une perspective écologique et de bien commun centrée autour des savoirs et cultures traditionnelles et populaires.. La nature même de l’agroécologie est transversale et holistique. Si l’on prend les 17 objectifs de développement durable adoptés par les Nations Unies, on se rend compte que l’agroécologie en couvre la majorité: le climat, l’eau, la lutte pour l’égalité des genres, contre la pauvreté, contre la faim, le travail décent, etc.”

      

DÉVELOPPEMENT DURABLE



India strides towards clean energy leadership

DISARMAMENT ET SECURITÉ



Campaign Nonviolence National Convergence in Washington, DC this September 21-22, 2018

PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE



II World Forum on Urban Violence and Education for Coexistence and Peace: Madrid, 5-8 November

LIBERTÉ DE L’INFORMATION



Mauritanie: Création du Mouvement de la Jeunesse Consciente pour l’Emploi

ÉQUALITÉ HOMMES/FEMMES



Les femmes à l’école de la construction d’une paix durable au Cameroun

DROITS DE L’HOMME



9th International Conference on Human Rights Education

TOLÉRANCE ET SOLIDARITÉ



USA: A call to resist immigrant concentration camps

ÉDUCATION POUR LA PAIX



Peru: Law to promote the culture of peace and non-violence in basic education

Mauritanie: Création du Mouvement de la Jeunesse Consciente pour l’Emploi

LIBRE CIRCULATION DE L’INFORMATION

Un article de Maghreb Emergent

Le Mouvement de la jeunesse consciente pour l’emploi a tenu jeudi [26 juillet] en fin de journée une conférence de presse au cours de laquelle ce mouvement a annoncé sa création.


Photo de CRIDEM

Le président de ce mouvement, M. Balle Diagne a évoqué les causes à l’origine de la création du mouvement et passé en revue ses objectifs qui visent, entre autres, la récupération des jeunes exposés à une potentielle rupture avec la société et à lutter en leur sein contre les dérives drogue, stupéfiants, gangs de la criminalité mais aussi courants extrémistes etc.

( Cliquez ici pour une version anglaise.)

 

Question related to this article.

Youth initiatives for a culture of peace, How can we ensure they get the attention and funding they desereve?

Pour ce faire, le mouvement entend créer un espace d’échanges et d’apprentissage fonctionnel entre les institutions étatiques et non étatiques, vulgariser l’unité et la cohésion nationales et interpeller les décideurs et les opérateurs économiques pour investir en faveur de la promotion et du développement de la jeunesse et sensibiliser l’opinion sur les valeurs de la citoyenneté et la culture de la paix.

Dans ce cadre, le président du mouvement a souligné l’importance que revêt, pour les jeunes, la préservation des acquis nationaux et la promotion de projets de développement à l’intention des jeunes.

Quant à la secrétaire générale du mouvement, Mme Malika Mint Mohamed Saleck, elle a réaffirmé les mêmes principes et objectifs invitant tous les jeunes mauritaniens à adhérer au mouvement qui a pour objectif de développer la Mauritanie et de la protéger contre tous les dangers.

Répondant à une question de l’Agence Mauritanienne d’Information, sur la nature du mouvement, M. Balle Diagne a déclaré que le mouvement est apolitique, appelant toutefois la jeunesse mauritanienne à s’inscrire sur la liste électorale et à participer pleinement aux prochaines élections.

Il a ajouté que son mouvement n’opère pas dans le cadre des structures sectaires tribales et régionales mais, bien au contraire, s’y oppose énergiquement. Toutefois, il croit en les compétences et capacités des jeunes mauritaniens.

Les femmes à l’école de la construction d’une paix durable au Cameroun

. EGALITE HOMMES/FEMMES .

Un article de Média Terre

La Friedrich Ebert Stiftung pour le Cameroun et l’Afrique Centrale a tenu à Bastos dans sa salle de conférence ce 24 juillet 2018 à travers son programme Ladies Hours, plateforme d’échanges, d’information et de formation des femmes sur les enjeux de l’heure, la troisième rencontre de l’année sous le thème « Le rôle des femmes dans la résolution des conflits et dans la construction d’une paix durable au Cameroun ». Vingt cinq femmes décideuses venant du gouvernement, des partis politiques, de la société civile, des associations culturelles et professionnelles ainsi que des médias ont été conviées à ce rendez-vous trimestriel, pour partager leurs expériences, et faire un plaidoyer pour la mise sur pied des réformes permettant d’améliorer le statut des femmes camerounaises afin qu’elles soient de meilleures partenaires dans la construction d’une paix durable et le développement du Cameroun.

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour une version anglaise de cet article.)

Questions for this article:

Can the women of Africa lead the continent to peace?

(. . . suite)

Quel rôle les femmes jouent-elles dans les conflits actuels ?

Un état des lieux de l’activité des femmes dans la situation sécuritaire actuelle de notre pays indique que ce sont les femmes et les jeunes filles qui souffrent le plus dans les conflits en raison de leur vulnérabilité : pauvreté, viols, destruction de leurs maisons entraînant parfois leur délocalisation, perte des êtres chers. Les femmes sont très absentes dans les instances de décision, elles ignorent le contexte socio-politique du pays, et vivent les différentes crises (Boko Haram et crise anglophone) dans la neutralité, dans la passivité. Quant à celles des régions anglophones, elles se sont constituées en groupe de sensibilisation et de médiation pour un retour au calme.

Que peuvent faire les femmes dans la construction d’une paix durable ?

L’éducation d’une société repose principalement sur les femmes. Elles sont des donneuses de vie, des protectrices de la vie, des initiatrices à la vie. Elles ont donc une responsabilité très grande dans la culture de la paix à travers l’initiation des enfants et de la société à la justice, à la paix. La culture de la paix est un ensemble d’actes et d’attitudes donnant la primauté à l’harmonie sociale et ayant pour préalable la justice sociale. Les femmes doivent donc être des agents de paix et des acteurs de construction de la paix au Cameroun à travers leurs attitudes, le langage qu’elles tiennent, les positions et analyses qu’elles font des différentes situations de la vie. La justice et l’équité doivent gouverner leurs actions. Pour cela, elles doivent mettre à contribution tous les moyens en leur possession pour construire la paix au Cameroun, et engager un plaidoyer sur la protection des femmes et des jeunes filles en temps de conflits. De plus les femmes doivent travailler ensemble pour l’engagement d’un dialogue inclusif sur la culture de la paix.

En conclusion, invitation a été faite en direction des femmes décideuses pour une sensibilisation et une formation continue des femmes membres de leur structure sur le contexte et la nécessité pour les femmes d’être des acteurs de premier plan dans la construction d’une paix durable dans le monde en général et au Cameroun en particulier.
 

Bulletin français 1 juillet 2018

. “SLOW NEWS” D’AFRIQUE . .

Alors que les manchettes sont généralement pessimistes sur la paix, il y a eu deux moments forts qui nous donnent de l’espoir pour des solutions à deux des plus longues tensions internationales. En Corée, des résultats positifs proviennent de l’évaluation des sommets entre les Présidents des deux pays et le sommet des Présidents de la Corée du Nord et des États-Unis. De même, il y a quelques évaluations positives du rapprochement entre l’Éthiopie et l’Érythrée.

Parallèlement, il y a des «slow news» qui ne font pas les gros titres, mais qui se développent lentement et à un niveau profond. Ce n’est pas simplement la paix, mais plutôt une «culture de la paix».

Nous pouvons voir cela surtout en Afrique. Au cours des dernières décennies, l’Afrique a démontré son leadership avec la Commission Vérité et Réconciliation en Afrique du Sud et les Gacaca au Rwanda, et suivant les traces des combattants contre l’apartheid d’hier, elle a un grand potentiel pour continuer dans le futur. A CPNN, nous avons suivi ces développements pendant de nombreuses années. Celui-ci est notre cinquième bulletin consacré au développement de la culture de la paix en Afrique. Les bulletins précédents ont été publiés en mars 2016, décembre 2014, avril 2014 et août 2012.

Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) a récemment tenu sa 766e réunion. Elle a été consacrée au «Paysage africain de la paix et de la sécurité d’ici 2023» . Les thèmes suivants ont été abordés: amélioration de la gouvernance, utilisation des missions d’observation des élections, gestion efficace des ressources naturelles, développement économique équilibré, inclusion des jeunes dans les processus de paix, et inclusion de la paix, unité dans la diversité et la tolérance dans les curriculums de l’éducation. CPNN suit les initiatives de paix de l’UA depuis 2011.

L’Union africaine a récemment annoncé que le secteur du tourisme soutient environ 21 millions d’emplois en Afrique d’une valeur de plus de 160 millions de dollars, dépassant les secteurs manufacturier et bancaire réunis. CPNN a déjà fait un reportage sur un événement majeur du tourisme pour une culture de la paix qui s’est tenu à Johannesburg, en Afrique du Sud, en janvier 2015 et nous suivons le développement du tourisme pour une culture de paix dans le monde.

La Grande Muraille Verte, une initiative de reboisement qui traverse tout le continent africain, est récemment de retour dans les médias avec l’annonce d’un financement substantiel de la Banque Mondiale, de l’Union Européenne et de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture. C’est encore un autre projet de l’Union africaine. CPNN a d’abord rapporté sur le Grand Mur Vert en 2011 quand il a été initié par Wangari Matthai, Lauréate du Prix Nobel de la Paix. Le projet est né d’un mouvement qu’elle avait lancé au Kenya en 1977.

Un autre projet de reboisement, l’initiative «Plant a million trees », est actuellement en cours en Zambie, plus au sud sur le continent africain. Jusqu’à présent, des pépinières ont été créées dans 12 écoles à Lusaka et le projet prévoit d’atteindre 720 écoles dans les deux prochaines années dans 60 districts du pays.

Les lecteurs de CPNN reconnaîtront la Fondation Felix Houghouet-Boigny, qui a récemment organisé un séminaire sur la culture de la paix à Yamoussoukro en Côte d’Ivoire. La Fondation était à l’origine de l’Initiative de l’UNESCO pour une culture de la paix en 1989, et CPNN était fier d’être invité en 2014 pour célébrer son 25e anniversaire. D’autres initiatives récentes de la Fondation comprennent une école pour la culture de la paix, un centre régional pour la culture de la paix et des clubs universitaires pour la paix et la non-violence.

Le Réseau panafricain des femmes pour la culture de la paix et du développement durable a récemment élu un nouveau président. Elle a annoncé que le réseau sera mis en place dans l’ensemble des neuf provinces du Gabon. CPNN a été témoin de la création du réseau en 2014.

De nombreuses initiatives de paix s’opposent à la propagation du terrorisme islamique en Afrique. Certains sont religieux, comme la Fondation Mohammed VI, basée au Maroc qui s’est réunie récemment en Côte d’Ivoire. Ils promeuvent “les sources originelles de l’Islam, qui est attaché à la paix, à la tolérance et à la coexistence pacifique dans la société”. D’autres initiatives sont laïques, telles que le Séminaire international post-Forum sur la paix et la sécurité en Afrique. Lors de sa récente réunion à Dakar, il a été présenté par un militant tunisien qui a appelé à une stratégie globale et multiforme, impliquant non seulement l’Etat mais aussi les populations en général.

La plus grande contribution de l’Afrique à la culture de la paix a été celle de Nelson Mandela. Ses contributions sont encore en cours de réalisation. Le ministre sud-africain des Relations internationales et de la Coopération, Lindiwe Sisulu, a annoncé que le prochain mandat de l’Afrique du Sud au Conseil de sécurité des Nations Unies sera consacré à l’héritage du président Mandela et à son engagement pour la paix. Lindiwe est la fille de Walter Sisulu, l’une des plus grandes militantes pacifistes sud-africaines et une proche camarade de Nelson Mandela dans la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud.

Bien que ces histoires sur la culture de la paix ne soient pas des «fast news», elles ont au moins été rapportées quelque part sur Internet en tant que «slow news». Cependant, nous devons imaginer que de nombreuses autres initiatives en faveur d’une culture de la paix ne se retrouvent jamais sur Internet, et que ce que nous voyons n’est que la partie émergée de l’iceberg. Nous sommes toujours à la recherche de reporteurs, donc si vous connaissez des initiatives qui ne soient ni reconnues, ni vulgarisées, qui sont donc passées sous silence, merci de nous les envoyer afin que nous puissions les publier sur CPNN.

      

LIBERTÉ DE L’INFORMATION


South Africa: Sisulu – UN Security Council Tenure Will Be Dedicated to Mandela’s Legacy

DISARMAMENT ET SECURITÉ


Global community responds to recent positive progress in Ethiopia, Eritrea relations

PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE



US Conference of Mayors Resolution for Peace

DÉVELOPPEMENT DURABLE



En Amérique latine, l’agroécologie est une lutte profondément politique

ÉQUALITÉ HOMMES/FEMMES


Réseau Panafricain des Femmes pour la Culture de la Paix et le Développement Durable : Pour une culture de la paix

DROITS DE L’HOMME



USA: “It’s Time for Moral Confrontation”: New Poor People’s Campaign Stages Nationwide Civil Disobedience

TOLÉRANCE ET SOLIDARITÉ



Côte d’Ivoire: la Fondation Mohammed VI prône le retour aux sources de l’Islam à travers la doctrine achâarite

ÉDUCATION POUR LA PAIX



La culture de la non-violence bientôt au cœur des programmes scolaires libanais

Côte d’Ivoire: la Fondation Mohammed VI prône le retour aux sources de l’Islam à travers la doctrine achâarite

TOLÉRANCE & SOLIDARITÉ .

Un article par George Moihet dans Afrique le 360

La Fondation Mohammed VI des Oulema africains a organisé ces 21 et 22 juin à Abidjan un colloque qui a rassemblé les guides, érudits et leaders de la communauté musulmane ivoirienne autour des enseignements de la doctrine achâarite. Prônée par l’Imam Al Achâari, cette doctrine est une invitation aux sources originelles de l’Islam, qui est attaché à la paix et à la tolérance et à la coexistence pacifique au sein de la société.


Video du colloque

L’enjeu de la rencontre est de faire la promotion de ces valeurs, elles-même promues par le Prophète de l’Islam, afin de contribuer à la consolidation du «vivre ensemble» dans la société ivoirienne. Mais également il s’agit de «réhabiliter et redorer l’image de l’Islam» dans un contexte de persistance des actes terroristes au niveau mondial.

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour une traduction anglaise.

Question for this article

Islamic extremism, how should it be opposed?

(. . . suite)

«Ce colloque qui est le début d’un ensemble d’activités va permettre de mettre en place le musulman nouveau (…) par la réhabilitation de nos valeurs qui nous caractérisent en réalité et pour éviter de tomber dans l’extrémisme et le radicalisme qui ne sont pas islamiques», a expliqué le Cheickh Boikary Fofana, président du COSIM, le Conseil supérieur des Imams et guide suprême de la communauté musulmane dans le pays.

Ce tout premier colloque de la Fondation Mohammed VI en Afrique a été l’occasion du lancement de la section ivoirienne de l’organisation. Présent à la cérémonie, l’ambassadeur du Maroc, Abdelmalek Kettani, s’est réjoui de l’action de la Fondation qui participe à «une vision de partage de connaissances, de savoirs mais aussi d’enracinement de la paix, de la stabilité, de la cohésion entre les différentes parties de ce grand continent qui est le nôtre en vue de sa promotion et de son développement».

Une série de colloques est prévue cette année par la section locale de la Fondation autour de thèmes tels que le soufisme, l’école malikite, etc.

Séminaire post-forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique

TOLÉRANCE & SOLIDARITÉ .

Un article de 7sur7 Senegal

Le Sénégal a abrité, aujourd’hui, le séminaire post-forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique. Ce séminaire, organisé dans le cadre d’un partenariat entre le Ministère des affaires étrangères et des sénégalaises de l’extérieur et le Centre des Hautes Etudes de Défense et de Sécurité (CHEDS) du Sénégal, porte sur le thème : “Prévention et lutte contre l’extrémisme violent : quelles réponses des populations ?”.


Horchani Ferhat

Professeur à la Faculté de droit et des sciences politiques de Tunis, Horchani Ferhat a, dans son exposé introductif, expliqué les raisons de l’échec de la communauté internationale dans la lutte contre le terrorisme. Cet échec, selon lui, se traduit au moins sur trois plans.

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour une traduction anglaise.

Question for this article

Islamic extremism, how should it be opposed?

(. . . suite)

Le premier, c’est l’augmentation spectaculaire des groupes terroristes. À l’en croire, le nombre des groupes de terroristes devient plus important avec des appellations locales.

Le deuxième plan de ce constat, c’est que, selon le professeur Ferhat, les groupes terroristes actuels (État islamique, Daesch) ont des ambitions plus larges que la simple terreur. Ils ont des ambitions territoriales, politiques.

S’agissant du troisième plan d’échec, le professeur renseigne que ces groupes peuvent avoir une force d’attraction à l’égard d’un nombre important de jeunes à travers les frontières nationales. Il s’agit, poursuit-il, d’une menace transnationale pour ne pas dire transcontinental. 

Pour le professeur, cet échec relatif de la communauté internationale, malgré tout l’argent qui a été dépensé, exige une autre lecture. “Nous ne pouvons plus continuer comme ça”, a déclaré le professeur Horchani Ferhat, pensant qu’il faut une lecture juste du phénomène terrorisme. L’objectif de cette lecture, poursuit-il, est d’éradiquer non pas seulement ce qui est visible mais il faut extirper le mal dans sa racine.

“Il faut une véritable stratégie. Et cette stratégie ne peut être qu’une stratégie mondiale et multiforme. Cela veut dire qu’elle implique non seulement l’État mais aussi les communautés nationales c’est-à-dire les populations mondiales”, a-t-il souligné. Il a rappelé par ailleurs que le phénomène du terrorisme est très complexe et peut avoir des motivations très diverses. Il peut, à son avis, avoir sa source dans la criminalité, le commerce des stupéfiants, la quête de l’argent facile, la radicalisation, l’exclusion sociale et économique, la pauvreté absolue entre autres.

Le Canada et ses partenaires annoncent un investissement historique dans l’éducation des femmes et des filles en situation de crise et de conflit

. EGALITE HOMMES/FEMMES .

Un article du page web du Premier Ministre du Canada

L’égalité des sexes est un droit de la personne fondamental et une priorité de premier plan pour le Canada et sa présidence du G7. Si nous voulons faire de l’égalité des sexes une réalité, les femmes et les filles à travers le monde doivent avoir un accès égal à une éducation et à des opportunités d’apprentissage de qualité. Lorsque les femmes et les filles ont une chance égale d’apprendre, de s’épanouir et de réussir, elles aident à bâtir une économie qui profite au plus grand nombre.

Le Canada, de concert avec l’Allemagne, la Banque mondiale, le Japon, le Royaume-Uni, et l’Union européenne a annoncé aujourd’hui [9 juin] un investissement de près de 3,8 milliards de dollars canadiens. Cet annonce représente l’investissement le plus important jamais réalisé dans l’éducation des femmes et des filles en situation de crise et de conflit, et marque un tournant décisif en vue d’améliorer l’accès et de réduire les obstacles à l’éducation de qualité à travers le monde. Cet investissement pourrait changer la vie de millions de femmes et de filles parmi les plus vulnérables dans le monde.


Le premier ministre Justin Trudeau participe à la seance de traveil du G7. Photo par Adam Scotti (CPM)

Ces investissements appuieront des mesures à l’échelle mondiale visant les objectifs suivants :

* doter les femmes et les filles des compétences nécessaires aux emplois de demain;

* améliorer la formation des enseignants afin d’offrir un meilleur programme d’éducation aux femmes et aux filles;

* améliorer la qualité des données disponibles sur l’éducation des femmes et des filles;

* promouvoir une meilleure coordination entre les partenaires humanitaires et du développement;

* soutenir des méthodes d’éducation innovatrices, en particulier pour les groupes vulnérables et difficiles à desservir, dont les réfugiés et les personnes déplacées;

* soutenir les pays en développement dans leurs efforts visant à offrir la chance égale aux filles d’effectuer un parcours éducatif de qualité d’une durée minimale de 12 ans, de l’école primaire à l’école secondaire.

Le Canada travaillera avec ces partenaires et d’autres pour appuyer l’éducation des femmes et des filles partout dans le monde. Ils veilleront également à ce que les voix des femmes et des filles éclairent les décisions portant sur l’éducation et l’emploi.

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour une version anglaise de cet article.)

Questions for this article:

Gender equality in education, Is it advancing?

(. . . suite)

Citation

« Nous devons travailler ensemble pour veiller à ce que les femmes et les filles aient accès à une éducation de qualité et à une formation axée sur les compétences qui soit moderne. De l’école primaire à l’école secondaire, et par la suite, les femmes et les filles dans les situations de crise et de conflit doivent avoir une chance égale de réussir. Le fait d’investir dans leur éducation n’est pas seulement la bonne chose à faire, mais bien un choix intelligent. Nous savons que, si elles en ont la chance, les femmes et les filles seront le moteur de changements positifs. Elles pourront améliorer leur vie, celle de leur famille et de leur communauté et, du même coup, transformer notre monde. »


— Le très hon. Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Faits saillants

Dans le cadre de leur annonce de fonds d’aujourd’hui, les partenaires internationaux se sont engagés à réaliser les investissements suivants :

* Le Canada investit 400 millions de dollars canadiens sur trois ans, en plus de l’investissement en janvier 2018 de 180 millions de dollars au Partenariat mondial pour l’éducation pour la période de 2018 à 2020.

* L’Allemagne investit 75 millions d’euros.

* La Banque mondiale investit 2 milliards de dollars américains sur cinq ans.

* Le Japon investit 200 millions de dollars américains dans une éducation de qualité pour les filles et les femmes, y compris celles dans les situations d’urgence ou les États fragiles et touchés par un conflit.

* Le Royaume-Uni investit 187 millions de livres, s’appuyant sur l’annonce que la première ministre May a faite à la Réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth du mois d’avril, quand elle a promis de verser 212 millions de livres pour offrir des possibilités d’apprentissage à près d’un million de filles des pays en développement du Commonwealth.

* L’Union européenne investit 72 millions d’euros sur trois ans.

* En février 2018, la France s’est engagée à verser 200 millions d’euros au Partenariat mondial pour l’éducation afin de soutenir l’éducation des filles et d’aider à renforcer les systèmes d’éducation dans les pays en développement.

À la fin de 2016, il y avait dans le monde 65,5 millions de personnes déplacées de force, dont plus de la moitié étaient des femmes de moins de 18 ans, n’ayant que peu ou pas accès à des possibilités d’apprentissage et à une éducation de qualité.

Les filles sont plus susceptibles d’être retirées de l’école en raison de la pauvreté que provoque le déplacement, elles sont plus susceptibles d’être contraintes de se marier tôt et elles sont touchées de manière démesurée par la violence sexuelle et la violence fondée sur le sexe.

Dans le cadre de sa présidence du G7 en 2018, le Canada fait progresser des priorités nationales et internationales qui s’inscrivent dans cinq grands thèmes :

* Investir dans la croissance économique qui profite à tout le monde

* Se préparer aux emplois de l’avenir

* Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes

* Travailler ensemble à l’égard des changements climatiques, des océans et de l’énergie propre

* Construire un monde plus pacifique et plus sûr

(Merci à la Good News Agency d’avoir porté ceci à notre attention.)

En Amérique latine, l’agroécologie est une lutte profondément politique

. . DEVELOPPEMENT DURABLE . .

Un article par Florence Poznanski pour Articiulação Nacional de Agroecologia

L’agroécologie promeut un nouveau modèle de développement à partir des pratiques d’agricultures et d’utilisation du sol dans une perspective écologique et de bien commun centrée autour des savoirs et cultures traditionnelles et populaires. Au Brésil, l’articulation nationale d’agroecologie (l’ANA) réuni plusieurs centaines d’organisations d’agriculteurs, de femmes, d’artistes et de militants depuis plus de quinze ans. Tous les quatre ans elle organise la rencontre nationale d’agroecologie (la RNA) dans le but de renforcer ce réseau et partager les savoirs-faire. Sa quatrième édition s’est tenue entre les 31 mai et 3 juin dans la ville de Belo Horizonte (sud-est du pays) avec comme thème le lien entre la ville et la campagne pour la production d’une alimentation plus saine. Parmi les 2000 participants provenant des différentes régions du pays se trouvaient également une cinquantaine de personnes de 14 pays.

Martin Willaume, Paulo Petersen et Patrícia Candela Orozco. Photos par Lucas Bois

Les réseaux internationaux de l’agroécologie 

Le Comité catholique contre la faim et le développement (CCFD) faisait partie des participants qui ont fait le voyage. L’organisation française défend le droit à la terre sur tous les continents depuis plus de 50 ans. Sa présence se doit au partenariat de soutien institutionnel qui a été signé avec l’ANA en 2016 dans le cadre d’un programme mondial sur la transition écologique et la valorisation des savoirs des communautés traditionnelles. En Amérique latine, outre le Brésil, le CCFD accompagne des organisations dans 10 pays comme le Mexique, le Pérou, l’Equateur, Haïti.



“L’expérience latino-américaine nous intéresse beaucoup parce qu’elle développe une approche politique de l’agroécologie qui va bien au-delà de la seule question de l’agriculture. En plus du débat sur la production d’aliments biologique et la protection du sol, le mouvement parvient à relier d’autres axes centraux tels que le travail décent, l’égalité de genre ou la lutte pour la démocratie », explique Martin Willaume en charge des projets dans la région andine du CCFD. “Cette approche n’existe pas dans d’autres régions du monde, par exemple en Afrique où le mouvement travaille selon une ligne principalement technique. Nous sommes intéressés à comprendre comment se construit cette articulation pour amener ensuite l’expérience là-bas », ajoute-t-il.

Il fait état de plusieurs expériences agroécologiques sur le continent qui s’entrecroisent avec d’autres agendas politiques. En Bolivie, par exemple, l’agroécologie est devenu un axe central dans le processus de construction de l’autonomie locale des peuples autochtones, conformément à la législation de l’État plurinational. Au Pérou, les mouvements construisent l’agroécologie comme un moyen de lute contre l’exploitation minière, et en Colombie, le mouvement agroécologique associe dans la lutte les enjeux du processus de paix.



(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour une version anglaise de cet article ou ici pour une version espagnole.)

Question for this article:

What is the relation between movements for food sovereignty and the global movement for a culture of peace? 



(. . . suite)

Pour affronter les empires de l’agro-business,  il faut une union internationale

Paulo Petersen, membre du comité exécutif de l’ANA, explique en quoi ces alliances internationales sont importantes, surtout dans le contexte que connaît le Brésil actuellement.



“La nature même de l’agroécologie est transversale. Si l’on prend les 17 objectifs de développement durable [adoptés par les Nations Unies], on se rend compte que l’agroécologie en couvre la majorité: le climat, l’eau, la lutte pour l’égalité des genres, contre la pauvreté, contre la faim, le travail décent, etc.”, commente Peterson. En complétant la réflexion de Willaume sur la dimension politique de l’agroécologie, il souligne qu ‘«il n’est pas possible de penser l’agroécologie sans penser la défense de la démocratie. Nous parlons de processus qui ne correspondent pas à une logique de marché. L’agroécologie est liée au bien commun. C’est un défi global car les entreprises que nous combattons sont des empires mondiaux et la réponse consiste en plus d’autonomie, plus de souveraineté pour se rapprocher de la nature et créer de nouvelles relations sociales. “


Il explique que plusieurs organisations latino-américaines ont contacté l’ANA pour participer à la RNA et souligne également que ces échanges de connaissances sont importants pour permettre au mouvement de continuer à innover et s’enrichir de nouvelles idées.



Le Brésil a une force d’articulation pionnière sur le continent

Parmi les représentants latino-américains, se trouvait la Colombienne Patrícia Candela Orozco qui s’est rendue au Brésil pour connaître l’expérience de la RNA. Elle représente l’Instituto Mayor Campesino (IMCA), situé dans la région du Valle del Cauca, près de Cali. Une organisation qui  travaille depuis 57 ans avec les communautés paysannes et s’implique pour la promotion de la citoyenneté et de l’économie solidaire.



Pour elle, le Brésil est pionnier au niveau de l’agenda de l’agroécologie en Amérique latine. Elle remarque que les organisations du pays ont su construire une convergence des forces importante qui donne corps au mouvement et leur permet d’organiser un événement aussi important. Elle dit avoir aussi été très impressionnée par la méthodologie appelée «mystique», qui utilise les chants populaires, le théâtre et la poésie pour introduire ou contextualiser les échanges lors des réunions et permets aussi davantage d’interaction avec les participants. “Quand on arrive à atteindre le côté émotionnel des gens on donne un pouvoir beaucoup plus fort à nos messages, on ne reste pas que dans le rationnel. Si chacun ressent la nécessité de cette lutte depuis son fort l’intérieur, il peut transmettre ce message plus facilement au reste de la population », explique Candela Orozco.



La taille du réseau impliqué dans l’organisation de la RNA est un autre point qui a attiré son attention. En Colombie, l’IMCA a participé à la construction de la première rencontre nationale d’agriculteurs qui a eu lieu en 2017 à l’initiative de diverses organisations de la société civile. Patrícia décrit le défi qu’une telle initiative représente et affirme être très enthousiaste en découvrant de nouvelles perspectives d’action présentées par l’expérience brésilienne.

Après quatre jours d’ateliers, de séminaires et d’échanges, l’ANA a adopté une déclaration politique indiquant les principaux axes de lute du mouvement pour les prochaines années. La déclaration dénonce les violences du latifundium et du modèle de développement prédateur qui asservi les peuples à l’extraction des matières première la terre apauvrissant la terre et ceux qui en vivent. Elle réaffirme aussi sa conviction que l’agroécologie représente une alternative tangible et réelle à ce modèle capitaliste centré sur la vie, la nature et la dignité humaine.

(Merci a Kiki Chauvin, le reporter de CPNN pour cet article.)