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Dr David Adams is the coordinator of the Culture of Peace News Network. He retired in 2001 from UNESCO where he was the Director of the Unit for the International Year for the Culture of Peace, proclaimed for the Year 2000 by the United Nations General Assembly.

De la résilience féminine dans la littérature orale traditionnelle africaine (revue Sociotexte)

. EGALITE HOMMES/FEMMES .

Un article de Fabula

Etudes réunies et cordonnées par Béatrice Kakou Assi, Département de Lettres Modernes, UFHB, Abidjan-Côte d’Ivoire

 Contrairement aux idées reçues, les genres de la littérature orale traditionnelle africaine ne sont pas des fossiles de nos littératures et sciences humaines actuelles. Les thèmes qu’ils soulignent ne sont pas non plus destinés à être relégués au stade de résidus des civilisations passées de mode. Bien au contraire, les genres oraux traditionnels, sont des universaux anthropologiques et des indicateurs de mutations sociales. Ils aident ainsi à problématiser la marche de l’homme, au sens où l’entendait Sénèque, sous la forme de stations processuelles. Ils aident aussi à comprendre et à parfaire les sociétés humaines.

C’est pourquoi Amadou Hampathé Bâ recommande à l’homme de « revenir sans cesse au conte à l’occasion des évènements marquants de sa vie »[1]. Dès lors, les contes, les légendes, les proverbes, les mythes, et autres corpus relevant des traditions orales – ici, particulièrement africaines – devraient être lus comme des sources d’autorités pour les problématiques actuelles : le développement durable, l’écologie, le climat et l’environnement, les droits de l’homme,  la culture de la paix et la gestion des conflits, la protection de la biodiversité, les luttes des femmes, etc.

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour une version anglaise de cet article.)

Questions for this article:

Can the women of Africa lead the continent to peace?

(. . . suite)

Ce dernier thème à propos des discours féminins et féministes en contexte oral et traditionnel africain valident toute la pertinence du présent appel thématique de la revue Sociotexte. Il s’agira de réfléchir à la résilience de figures féminines et/ou féministes dans nos textes oraux, que celles-ci soient illustres par leurs renommées ou anonymes par leur invisibilité. Les contributions devront donc s’arrêter à :

– La lutte des femmes dans les contes, mythes, légendes et épopées

– Les figures de femmes, résistantes ou révolutionnaires

– Les maximes et proverbes à l’avantage d’une image reluisante de la femme

– Les récits (anciens) du pouvoir des femmes (le mythe de la déesse-mère par exemple)

– Les figures modèles pour les mouvements féministes actuels

– Les récits de protection, de célébration ou de déification de la « femme-mère ».

– Les rebellions et révoltes de femmes contre les places et rôles conventionnels assignées aux femmes (femmes-guerrières ou amazones, etc.)

– La femme-mâle

– La femme mère ou la femme isolée (célibataire, veuve ou divorcée)

Les propositions sont reçues à l’adresse suivante :
kakousociotexte2024@gmail.com

Le deadline est ainsi fixé au 16 février 2024.

—  
[1] Amadou Hampaté Bâ, Petit Bodiel, NEI/EDICEF, 1987, p.86.

Bulletin français 1 decembre 2023


CRIMES DE GUERRE PAR ISRAËL .

Dans le mois qui a suivi notre dernier bulletin qui documentait les actions de solidarité avec les Palestiniens de Gaza face au génocide israélien, les Israéliens ont intensifié leur destruction de Gaza, détruisant beaucoup de ses hôpitaux. Ces actions et d’autres constituent des crimes de guerre selon le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme, Amnesty International, Human Rights Watch, les pays des BRICS (Brésil, Russie, Chine et Afrique du Sud) et Israels Against Apartheid.

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme, Volker Türk, a déclaré mercredi 8 novembre que « la punition collective infligée par Israël aux civils palestiniens équivaut… à un crime de guerre, tout comme l’évacuation forcée illégale de civils ». Les commentaires de Türk sont intervenus après avoir visité le poste frontière de Rafah qui relie l’Égypte à Gaza, qu’il a décrit comme « les portes d’un cauchemar vivant – un cauchemar où les gens étouffent, sous les bombardements persistants, pleurent leurs familles, luttent pour avoir de l’eau, de la nourriture, de l’électricité et du carburant. ». Bien avant le 7 octobre, lorsqu’une attaque menée par le Hamas a tué plus de 1 400 Israéliens et déclenché des représailles israéliennes, Gaza était « décrite comme la plus grande prison à ciel ouvert du monde… sous 56 ans d’occupation et 16 ans de blocus par Israël » a-t-il souligné.

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, qui a également fait pression en faveur d’un cessez-le-feu, a dénoncé les opérations aériennes et terrestres d’Israël pour leur impact sur les civils lors d’une conférence Reuters le mercredi 8 novembre. “Nous voyons des milliers d’enfants tués, ce qui signifie qu’il y a clairement quelque chose qui ne va pas dans la manière dont les opérations militaires sont menées”, a ajouté le dirigeant de l’ONU. Selon le ministère palestinien de la Santé à Gaza, la guerre israélienne contre le Hamas a tué plus de 4 300 enfants.

Amnesty International a écrit le 20 octobre que les attaques israéliennes sur Gaza ont causé de nombreuses pertes civiles et doivent faire l’objet d’une enquête comme crime de guerre. « Dans leur intention déclarée d’utiliser tous les moyens pour détruire le Hamas, les forces israéliennes ont fait preuve d’un mépris choquant pour la vie des civils. Elles ont pulvérisé rue après rue des immeubles résidentiels, tuant des civils à grande échelle et détruisant des infrastructures essentielles. Des nouvelles restrictions signifient que Gaza manque rapidement d’eau, de médicaments, de carburant et d’électricité. Les témoignages de témoins oculaires et de survivants ont souligné, à maintes reprises, comment les attaques israéliennes ont décimé les familles palestiniennes, provoquant une telle destruction que les proches survivants n’ont que des décombres pour se souvenir de leurs proches. ».

Human Rights Watch, le 14 novembre, a écrit que « les attaques répétées, apparemment illégales, de l’armée israélienne contre les installations médicales, le personnel et les transports détruisent encore davantage le système de santé de Gaza et devraient faire l’objet d’une enquête comme crime de guerre ». L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a rapporté qu’au moins 521 personnes, dont 16 travailleurs médicaux, ont été tuées dans 137 « attaques contre les soins de santé » à Gaza le 12 novembre. Ces attaques, parallèlement aux décisions d’Israël de couper l’électricité et l’eau et bloquer l’aide humanitaire à Gaza, ont gravement entravé l’accès aux soins de santé. Les Nations Unies ont constaté le 10 novembre que les deux tiers des établissements de soins primaires et la moitié de tous les hôpitaux de Gaza ne fonctionnent pas à un moment où le personnel médical doit s’occuper d’un nombre sans précédent de patients gravement blessés. Les hôpitaux sont à court de médicaments et d’équipements de base, et les médecins ont déclaré à Human Rights Watch qu’ils étaient obligés d’opérer sans anesthésie et d’utiliser du vinaigre comme antiseptique.

Suite à un sommet extraordinaire des BRICS sur le conflit palestino-israélien, convoqué par le président sud-africain Cyril Ramaphosa et tenu par vidéoconférence le 21 novembre 2023, Ramaphosa a déclaré : « Les actions d’Israël violent clairement le droit international, y compris la Charte des Nations Unies et la Convention de Genève. La punition collective des civils palestiniens par le recours illégal à la force par Israël est un crime de guerre. Le déni délibéré de fournir du carburant, de la nourriture et de l’eau aux habitants de Gaza équivaut à un génocide. » Sa demande de cessez-le-feu a trouvé un écho dans les déclarations des présidents de la Russie, du Brésil et de la Chine.

Israelis Against Apartheid, un groupe représentant plus de 1 500 citoyens, a exhorté cette semaine le procureur de la Cour pénale internationale « à prendre des mesures accélérées contre l’escalade des crimes de guerre israéliens et du génocide du peuple palestinien » à Gaza. « Les militaires et les journalistes israéliens appellent désormais ouvertement au nettoyage ethnique et au génocide », ajoute leur lettre. “Il est évident qu’Israël ne tient pas compte de la vie des civils à Gaza, leur ordonnant d’évacuer de vastes zones, même s’il n’y a aucun endroit sûr à Gaza où les gens puissent fuir.”

Comment mettre fin à ces crimes de guerre ? Cette question est abordée dans un blog connexe ce mois-ci.

DROITS DE L’HOMME



UN Rights Chief Says Israel’s Collective Punishment in Gaza Is a War Crime

TOLÉRANCE ET SOLIDARITÉ



Mercosur without Racism: Brazil will propose a campaign at a meeting of ministers from the bloc

DÉVELOPPEMENT DURABLE



The 3rd Edition of the Biennale of Luanda THEME: “Education, Culture of Peace and African Citizenship as tools for the sustainable development of the continent”

LIBERTÉ DE L’INFORMATION


UNESCO: Comment les jeunes peuvent-ils devenir acteurs de paix ?

  

ÉQUALITÉ HOMMES/FEMMES



Secretary-General Tells Security Council Open Debate ‘Standing with Women Is Good for the World’, Stresses Patriarchy ‘a Massive Obstacle’ to Culture of Peace

ÉDUCATION POUR LA PAIX



Mexico: XIX World Congress and XXIII National Mediation Congress 2023

DISARMAMENT ET SECURITÉ



1,500+ Israelis Urge ICC Action on ‘War Crimes and Genocide’ in Gaza

PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE



Feasibility Proposal for the Creation of a Ministry of Peace for Colombia

Ogarit Younan: « Gaza Maintenant ! »

EDUCATION POUR LA PAIX .

Envoyé à CPNN de Ogarit Younan, Fondatrice de l’Université pour la non-violence et les droits humains (AUNOHR), Beirut, o.younan@aunohr.edu.lb; younan.ogarit@gmail.com

Cher(ère)s toutes et tous

Sous le poids de la douleur, et sans aucune introduction, je vous présente ces huit points, afin que nous y réfléchissions ensemble. Il ne s’agit pas d’un plan d’action, bien qu’il précise les urgences du moment, ni d’une stratégie innovante plus que nécessaire dans ce conflit historique, mais plutôt d’un texte de réflexion, écrit au cours de la première semaine de la guerre d’octobre 2023.


1. Notre humanité, notre humanisme, avant tout

« Souvenez-vous de votre humanité et oubliez le reste ». Cette citation de Bertrand Russell nous rappelle à notre moralité et à notre éthique. La politique, elle, se doit de conjuguer éthique et efficacité. Mais plus l’efficacité s’éloigne de l’éthique, plus elle bascule dans la violence et se met même à la justifier.

Il s’agit ici de notre conscience, que le penseur non-violent Henry David Thoreau – pionnier du concept de « désobéissance civile » – qualifie de « loi suprême », laquelle est radicalement incompatible avec la violence. C’est donc notre positionnement face à la violence, à toute violence, qui reste la question fondamentale de notre humanité.

Dans un conflit, comment est-il possible de prendre en considération les victimes d’un camp et pas celles de l’autre ? Comment, les adversaires en présence comptent-ils, chacun, leurs morts, tout en se réjouissant des pertes infligées à l’autre ? L’être humain est-il schizophrène face au meurtre ? Notre humanité est une et indivisible. Le principe de conscience est primordial ; vient ensuite l’analyse politique, pour ne pas sacrifier le premier au profit de la seconde. Mais au cours de la guerre de Gaza, un peu partout dans le monde, l’être humain ne s’est pas toujours montré à la hauteur de sa conscience.

2. Cessez immédiatement le feu. Des objectifs urgents, en commun

Nous demandons un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel, la levée totale du siège de Gaza pas seulement l’autorisation d’acheminer l’aide humanitaire. Simultanément, il faut que les otages israéliens soient libérés, que les dépouilles des défunts soient remises à leurs familles et, dans un même mouvement, que tous les prisonniers palestiniens, retenus en Israël depuis des années, soient libérés sur-le-champ.

Ces objectifs sont à réaliser en commun et de toute urgence avant qu’il ne soit trop tard. Dans cette perspective, il faudrait que nous exercions des pressions sur les deux camps pour qu’ils fassent preuve de bonnes intentions : il ne s’agit pas seulement de mettre fin à cette guerre, mais aussi d’œuvrer ensemble pour trouver une solution pérenne à ce conflit.

Pour Israël, les États-Unis et leurs alliés, la libération des otages est une priorité absolue quel qu’en soit le coût. Comme un père à la recherche de son fils, sûr de son bon droit, entrera à Gaza à coups de bombardements aveugles et meurtriers, retrouvera les otages, et le monde entier justifiera le déluge de feu qui s’est abattu sur l’enclave palestinienne ou alors fermera les yeux.

Quant au Hamas, au Jihad islamique et à leurs alliés, ils affirment mener leurs actions au nom de résistance palestinienne, dans le but de sauver Gaza et de libérer les prisonniers palestiniens. Mais la sagesse leur dicterait plutôt de contrecarrer les desseins d’Israël et ses objectifs de destruction, de l’empêcher de massacrer des civils, de faire de nouveaux prisonniers et de déplacer la population de Gaza, laquelle n’a plus pour seul horizon que la survie au jour le jour.

Notre rôle est de transformer la justification de la guerre, en une cause humaine pour l’arrêt de la guerre, au nom des otages et des prisonniers.

Insister sur un cessez-le-feu, sans aucune condition ; la vie des humains est au-delà de toutes conditions. Arrêtez le mal. Saisir l’instant présent.

Il ne s’agit pas de lever l’étendard de la victoire, d’autant que ce serait sur amas de cadavres ! Louis Lecoin (1888-1971), le militant non-violent français, déclarait : « S’il m’était prouvé, qu’en faisant la guerre, mon idéal avait des chances de prendre corps, je dirais quand même non à la guerre. Car on n’élabore pas une société humaine sur des monceaux de cadavres.”

3. N’oublions pas que l’occupation de la Palestine est l’origine du problème

Nous sommes au début de la huitième décennie du conflit israélo-palestinien et aucune solution juste n’a été trouvée. Conscient des enjeux, Nelson Mandela disait : « Tant que la Palestine ne sera pas libérée, notre libération en Afrique du Sud ne sera pas totale… La Palestine, c’est une question de morale politique. »

Les partisans de la création de l’État d’Israël – à savoir l’Occident et ses alliés, qui lui ont permis de s’implanter en lieu et place de la Palestine, de sa terre et de son peuple – soutiennent sa constante expansion et ne reconnaissent pas son statut « d’occupant ». C’est un immense déni de justice. Ils ont d’ailleurs été rejoints par certains pays arabes. En donnant une supposée justice aux Juifs, ils ont donné injustice à la Palestine. Cet état de fait, fruit de la politique coloniale anglaise, de la culpabilité européenne concernant le génocide perpétré par les Nazis, mais aussi d’intérêts bassement économiques, a conduit au désastre que nous connaissons aujourd’hui. Écrasés par l’expansionnisme israélien, les Palestiniens en ont payé le prix fort : meurtres, arrestations arbitraires, humiliations, déplacements de populations, expropriations, fragmentations de ce qui restait de leurs terres… Et aujourd’hui, Gaza !

Ce qui a embrasé le conflit du 7 octobre, ce n’est pas une brèche militaire, un nouveau groupe de prisonniers, un hôpital dont les gémissements ont ébranlé le monde, ni le « Hamas » ou « Yoav Gallant et Benyamin Netanyahu », ni même le siège de Gaza… C’est l’occupation qui en est la cause fondamentale.

Quant à l’horreur d’aujourd’hui, il est clair que la violence ne peut qu’engendrer la violence et entraîner à chaque fois un nouveau déclin d’une perspective de paix et une fragmentation du problème. Ne voyons-nous pas que, depuis 1948, aucune solution n’a été trouvée et que le conflit et ses violences se perpétuent toujours ? C’est une question existentielle et stratégique. Elle nécessite une idée innovante.

4. La guerre « par les civils ». La violence chosifie les êtres.

La scène est perdue entre la soif de violence, son exploitation et l’aversion pour cette violence.

Malheureusement, malgré tout ce qui s’est passé, la soif de violence perdure et s’accroît. Heureusement, et peut-être en raison de l’horreur de tout ce qui se passe en ce moment, le refus de la violence persiste et s’amplifie.

(Voir suite sur colonne de droite.)

(cliquez ici pour une version anglaise.

Question pour cet article:

Can peace be guaranteed through nonviolent means?

(. . suite)

Dans la logique de la guerre, les civils sont utilisés comme des « armes » et des cibles dont l’adversaire s’empare. Peu importe qu’elles soient détruites, les humains ne sont plus que des « choses », comme le dénonçait Simone Weil, la philosophe non-violente française : « La violence, c’est ce qui fait de quiconque lui est soumis une chose. Quand elle s’exerce jusqu’au bout, elle fait de l’homme une chose au sens le plus littéral, car elle en fait un cadavre. »

Il existe, à travers le monde, tant de partisans de la cause juste, de la libération de la Palestine. Ils doivent donc soutenir la lutte sans violence, sinon nous serons complices de cette stratégie qui fait des civils des choses. D’autant que « la violence croit détruire le mal, mais elle est elle-même un mal », comme le soulignait Jean-Marie Muller (1939-2021), le philosophe français de la non-violence.

5. Le résultat politique est la question

Le résultat politique est à la fois la question et le but. Dans la lutte non-violente, « la fin est dans les moyens comme l’arbre est dans la semence », comme l’affirmait Gandhi. Alors que la violence et la politique politicienne professent que la fin justifie les moyens et portent la cruauté à son paroxysme.

Les partisans d’Israël affirment que le pays a le droit de se défendre, de frapper et de détruire le Hamas. Ils sont les ardents promoteurs de l’idée selon laquelle c’est l’issue politique de la bataille qui compte, et ce malgré des événements monstrueux, tels que l’invasion de l’Irak basée sur des mensonges, malgré Al-Qaïda, les Talibans, le 11 septembre, Daech…

Les partisans du Hamas et ceux du Hezbollah affirment qu’une fois de plus, ils sont en train de tracer la ligne de force entre les principaux acteurs, les USA et l’Iran, qu’ils ont ramené la question palestinienne « au premier plan », considérant que leur coup de force sans précédent est victorieux. La réalité est que le décompte des morts de Gaza est tous les jours en constante augmentation, autant de pertes horribles qui détermineront l’issue politique. Il est vrai que la question palestinienne est à la « une » de tous les médias, mais à quel prix et au profit de qui ?

Quant à l’Iran et aux USA, avons-nous prêté attention à leurs déclarations parallèles mesurées et à leur tonalité équilibrée !? « Ils sont dans un partenariat existentiel, dans une fécondation croisée du mal », écrivait Walid Slaybi, le penseur arabe non-violent, dans son livre Forces de mort. Forces de vie. Nous ne faisons confiance ni aux partis de la violence ni à ces pouvoirs violents dont on ne connaît pas les objectifs réels… Le résultat politique auquel nous aspirons est celui qui rétablira les droits, la justice et la paix pour les peuples opprimés.

6. Deux camps violents, aux idéologies religieuses, dirigent le ring maintenant

Comment pouvons-nous accepter l’existence d’un État basé sur l’occupation, l’apartheid, sur une doctrine religieuse qui revendique sa « supériorité » ? Israël a compté, dans ses premiers cercles, des organisations et milices politico-militaires extrémistes, telles la « Haganah » et les organisations sionistes successives, même si, aujourd’hui, ce pays se définit comme démocratique. Comment soutenir l’existence d’organisations politico-militaires palestiniennes, telle que le « Hamas » et d’autres organisations similaires, basées sur une doctrine religieuse intégriste, même si elle se définit comme une résistance nationale ?

Ce sont ces deux camps qui mènent désormais la guerre d’octobre 2023, épaulés par les États- Unis et l’Iran.

Ainsi, nous sommes confrontés à un dilemme de plus, à savoir, la nature théocratique violente des politiques que mènent les protagonistes du conflit : d’une part, la montée des extrémistes en Israël, d’autre part, le contrôle de la résistance palestinienne par des forces également extrémistes. C’est un obstacle en soi à toute possibilité de solution de paix juste.

Pour notre part, nous rejetons la violence de tous les partis et le terrorisme qu’ils exercent, nous rejetons les idéologies violentes au nom d’une religion ou de toute autre doctrine, et nous rejetons la manipulation – par des pays hégémoniques, occidentaux et non-occidentaux – des peuples et de leur aspiration à des causes justes.

7. Nous ne pouvons pas assimiler la violence de l’oppresseur à la violence des opprimés. Nous ne justifions aucune violence.

Voici quelques citations de Walid Slaybi, qui a beaucoup écrit pour une résistance non-violente en Palestine :

*« L’opprimé devient ‘l’égal’ de l’oppresseur dès l’instant où il utilise la violence et se laisse déchaîner. »

* « Le fait que la violence des opprimés résulte de la colère et du désespoir, face à l’oppression et à l’humiliation, est une chose que nous comprenons, sans la justifier. Mais pour que la violence soit idéologisée et devienne une politique, une approche de la pensée et de la vie menant à sa glorification, c’est une question extrêmement dangereuse. »

* « Je ne vois pas la violence atteindre un objectif juste. Pour une raison simple, non pas parce qu’elle ne peut pas vaincre dans une bataille ou une autre, mais parce qu’elle bat d’abord celui qui a la cause juste. Une noble cause exige de nobles moyens. On peut dire que le moment de la victoire militaire maximale sur l’adversaire est le moment de la défaite maximale du résistant par la violence. L’adversaire a été vaincu militairement, le résistant a été vaincu humainement, la violence a triomphé. »

* « La violence de l’oppresseur sert l’objectif de l’oppresseur. La violence des opprimés sert aussi l’oppresseur. »

*« OUI À LA RÉSISTANCE, NON À LA VIOLENCE. »

8. Nous ne sommes pas voués à la violence unilatérale. La responsabilité des non-violents.

La violence existe. La non-violence existe. Nous ne sommes pas condamnés à la violence unilatérale. Il y a donc de l’espoir.

Nous perdons toute logique si nous décrivons chaque partie comme s’il s’agissait d’une affirmation irrévocable. Par exemple : « Tous les Israéliens sont des racistes violents qui rejettent la paix, privilégient l’occupation et l’élimination du peuple de Palestine. » ; ou « Tous les Palestiniens sont des violents extrémistes militarisés, qui rejettent la paix et prônent la disparition d’Israël. »

Notre tâche prioritaire est de rassembler les forces non-violentes, tant individuelles que collectives, en Palestine, au Liban, en Israël et dans le monde entier, de mettre en valeur leur voix et d’accélérer cette démarche, afin que l’image qui est la plus répandue ne soit pas celle de la violence. Nous n’oublions pas qu’une majorité aspire à un dénouement autre que la destruction, notamment non-violent, y compris ceux et celles qui subissent actuellement un déluge de bombes.

Le moment est désormais crucial. Walid Slaybi affirmait : « Nous ne sommes pas dans un monde où la violence a vaincu, nous sommes dans un mode où la non-violence n’a pas vaincu autant jusqu’à maintenant. »

La cause palestinienne continue de vaciller, voire de régresser. Jusqu’à présent, les territoires palestiniens sont désignés sous le vocable de « Palestine occupée » et nous souhaitons qu’une situation de paix mette un terme à cette appellation, au profit de « la Palestine » tout court.

Le peuple palestinien a, bien sûr, le droit de se révolter contre l’injustice. Mais nous souhaitons que ce soit non-violent. Comme le l’écrivait Albert Camus dans L’Homme révolté : « Je me révolte, donc nous sommes. La révolte, dans son principe, se borne à refuser l’humiliation, sans la demander pour l’autre. »

UNESCO: Comment les jeunes peuvent-ils devenir acteurs de paix ?

LIBRE CIRCULATION DE L’INFORMATION

Un article de l’Unesco

Pour célébrer le 70e anniversaire du Réseau des écoles associées de l’UNESCO), plus de 10.000 élèves de 67 pays se sont réunis pour une série inédite de campus numériques en trois langues.

La paix, le dialogue interculturel , le développement durable et l’éducation de qualité : tels sont les fondements du réSEAU, qui célèbre son 

Alors que de nombreuses régions du monde sont confrontées à la guerre et aux conflits armés, les actions visant à construire une paix durable restent plus que jamais cruciales. À cette fin, le Campus UNESCO a organisé une série de Campus, dans trois langues différentes, afin de créer un dialogue entre les étudiants d’Asie, d’Europe, d’Afrique et d’Amérique latine. Une occasion unique de célébrer l’ouverture de la 42ème Conférence Générale de l’UNESCO. Les dialogues entre les experts, les élèves et les enseignants ont abouti à une liste d’actions et d’activités qui non seulement promeuvent la paix, mais aussi la façon dont chacun d’entre nous peut être un citoyen du monde actif à plusieurs niveaux.

Au niveau international, la coopération entre les organisations internationales et la societé civile est essentielle. Firmin Edouard Matoko, Conseiller Spécial Afrique auprès de  de la Direction Générale de l’UNESCO, a insisté sur la nécessité de cultiver une culture de la paix. La paix est composée de valeurs, d’attitudes et de comportements, que l’on peut apprendre dès le plus jeune âge.
 

(Cliquez ici pour une version anglaise

Question related to this article:
 
Will UNESCO once again play a role in the culture of peace?

La paix n’est pas seulement l’absence de la guerre. Toutes les situations de conflit, d’insécurité sociale ou économique, ainsi que l‘instabilité environnementale, contribuent à l’absence de paix. Chaque génération a une mission à accomplir : celle de garantir la paix pour les générations à suivre.

– Firmin Edouard Matoko, Conseiller Spécial Afrique, Direction Générale, UNESCO

Dans les pays en conflit ou sortant d’un conflit, la médiation est essentielle à l’instauration d’une paix durable. Eric Blanchot, Directeur de Promediation a partagé avec les jeunes et les enseignants son travail et ses missions de médiation, de prévention des conflits et de stabilisation au Sahel, au Moyen Orient, et dans le Golfe de Guinée.

Le conflit, expliqué par Eric Blanchot, est le résultat de l’absence de communication et de dialogue entre les parties en opposition. La médiation, avec la volonté des deux acteurs, permet de reconstruire la confiance et reste donc un outil clé pour établir la paix. Elle permet de déconstruire les propos menant au conflit et de parvenir à une solution.

En abordant la construction de la paix selon un point d’action locale, la participation des femmes et la mobilisations des jeunes nécessitent d’être renforcées. En commençant par cela, Daniel da Hien, coordinateur de l’ONG Afrique Jeunesse au Burkina Faso s’est adressé aux participants, qui se sont vivement engagés avec leurs multitudes de questions. L’élément sur lequel il a considérablement insisté est la participation des jeunes à la gestion des affaires publiques. Cela permet aux jeunes de s’impliquer dans leur environnement et de devenir des citoyens internationaux. Bien évidemment, pour atteindre un tel objectif il faut commencer par l’éducation, afin d’intégrer la culture de la paix dans l’esprit des plus jeunes.
 
Le Campus s’est conclu sur une pensée positive : la possibilité d’une paix globale n’est pas juste désirable mais aussi réalisable. Chacun, à son niveau, peut agir pour la paix.
 
Cet évènement été possible grâce au soutien de TECH4ALL et de la France.

Bulletin français 1 novembre 2023


. SOLIDARITÉ AVEC GAZA . .

« Nous assistons à un génocide en temps réel. En seulement trois semaines, l’armée israélienne a tué plus de 8 000 Palestiniens à Gaza, parmi lesquels plus de 3 000 enfants », a déclaré Jewish Voice for Peace (JVP) lundi 30 octobre. « C’est plus que le nombre annuel d’enfants tués dans les conflits à travers le monde depuis 2019. » Selon les Nations Unies, au 26 octobre, au moins 45 % des logements ont été détruits ou endommagés..

En réponse, des millions de personnes à travers le monde se sont mobilisés dans un mouvement de solidarité sans précédent avec Gaza. Comme nous l’informe le militant palestinien Mazin Qumsiyeh , c’est l’holocauste le mieux documenté de l’histoire.

Le 23 octobre, nous avons publié des photos de manifestations de masse dans 42 pays, et une semaine plus tard, le 29 octobre, nous avons publié des photos de 44 pays. Comme on pouvait s’y attendre, la plus grande, impliquant des millions de personnes, a eu lieu dans des pays à majorité musulmane, comme le Pakistan, le Yémen, l’Indonésie, le Bangladesh, l’Iran, la Malaisie, l’Irak, la Jordanie, le Maroc, l’Égypte, le Qatar et le Liban. En Turquie, l’énorme manifestation a été soutenue par une prise de parole du président Erdogan.

L’ampleur des manifestations dans les pays ou les gouvernements soutiennent Israël ont été particuliairement importantes. Londres a vu des plus grandes manifestations pro-palestiniennes de l’histoire britannique. Aux États-Unis, d’énormes manifestations ont eu lieu, entre autres, à New York, Chicago et San Francisco. La manifestation de Jewish Voice for Peace qui a rempli la gare Grand Central de New York faisait partie d’un mouvement qui a été qualifié de « plus grande mobilisation massive de Juifs dans l’histoire américaine ». Un millier de manifestants se sont massés à l’université Harvard, la plus prestigieuse université des Etats-Unis.

Le 28 octobre, Stockholm a été le théâtre de l’une des plus grandes manifestations de l’histoire moderne, avec des milliers de personnes venues soutenir la population de Gaza. Malgré les tentatives visant à interdire leurs manifestations, les partisans palestiniens sont descendus en grand nombre dans les rues de Paris et de Vienne. D’autres manifestations de masse ont eu lieu en Inde, au Népal, au Chili, au Canada, aux Pays-Bas, en Espagne, en Italie, au Danemark, en Australie, au Brésil, en Nouvelle-Zélande, en Finlande, en Irlande, en Grèce, en Suisse, en Norvège, en Belgique, en Allemagne, au Venezuela et même en Pologne et en Corée du Sud.

Amnesty International a recensé des attaques israéliennes illégales, notamment des attaques aveugles, qui ont causé de nombreuses pertes civiles et qui doivent faire l’objet d’une enquête qualifiée de crime de guerre.

Les appels au cessez-le-feu émanaient d’organisations du monde entier : non seulement Amnesty International, mais aussi l’Assemblée générale des Nations Unies, le secrétaire général Antonio Guterres et les agences des Nations Unies, notamment le Programme alimentaire mondial, l’Organisation mondiale de la santé, le Programme des Nations Unies pour le développement, le Fonds des Nations Unies pour la population et UNICEF. Parmi les autres organisations exigeant un cessez-le-feu figurent l’Organisation mondiale du mouvement scout, le Conseil œcuménique des Églises, Oxfam, Save the Children, le Conseil de coopération du Golfe et l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est. Parmi les individus figurent le pape François et l’archevêque de Canterbury. Parmi les chefs d’État figurent le président chinois Xi Jinping et le président brésilien Lula da Silva. Le Département d’État américain a dû demander aux diplomates américains de ne pas utiliser le mot « cessez-le-feu » dans les documents de presse, suite à la démission de l’un de leurs plus hauts diplomates pour protester contre leur soutien à Israël.

Un sondage d’opinion aux États-Unis montre que 66 % des électeurs probables conviennent que « les États-Unis devraient appeler à un cessez-le-feu et à une désescalade de la violence à Gaza » et « tirer parti de leurs relations diplomatiques étroites avec Israël pour empêcher de nouvelles violences et des morts civiles ».

Les organisations pacifistes traditionnelles ont appelé à la non-violence de la part du Hamas ainsi que d’Israël. Quant à la violence du Hamas, elle a été assimilée à une « évasion de prison ». Selon le rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’Homme dans le territoire palestinien, l’occupation militaire israélienne a transformé l’ensemble du territoire palestinien occupé en une prison à ciel ouvert, où les Palestiniens sont constamment enfermés, surveillés et disciplinés.

Malgré le terrible bilan de morts et de destructions, Mazin Qumsiyeh déclare : « Je suis optimiste parce que l’attaque sioniste (ciblant les hôpitaux, les écoles, les universités, les boulangeries, les immeubles résidentiels, les mosquées, les églises, anéantissant des familles entières) a déclenché le soulèvement mondial que moi et d’autres réclamons et prévoyons depuis longtemps. . . Il suffit d’intensifier la pression, car chaque jour où les États-Unis et Israël sont autorisés à continuer signifie des centaines de morts supplémentaires. Plus tôt ce cauchemar se terminera, plus nous serons proches de la paix et de la justice. »

DISARMAMENT ET SECURITÉ



Calls for ceasefire in Gaza

TOLÉRANCE ET SOLIDARITÉ



L’association de sauvetage en mer SOS MEDITERRANEE remporte le Right Livelihood Award 2023

DÉVELOPPEMENT DURABLE



Tourism at the International Day of Peace Has a Double Meaning

LIBERTÉ DE L’INFORMATION



RSF lance la campagne mondiale “Dommages collatéraux” pointant le danger que représentent les poursuites contre Julian Assange pour les médias et le droit du public à l’information

  

ÉQUALITÉ HOMMES/FEMMES



Yemeni peace laureate to deliver keynote speech on the matter in Cape Town today
w Collaborations And Collective Action At Women’s Conclave

ÉDUCATION POUR LA PAIX



Œuvrer en faveur d’une renaissance africaine à travers la culture et l’histoire

DROITS DE L’HOMME



More Demonstrations for Palestine

PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE



3rd World March for Peace and Nonviolence officially launched in the Spanish Congress of Deputies

RSF lance la campagne mondiale “Dommages collatéraux” pointant le danger que représentent les poursuites contre Julian Assange pour les médias et le droit du public à l’information

LIBRE CIRCULATION DE L’INFORMATION

Un article de Reporters sans Frontieres

Reporters sans frontières (RSF) lance une nouvelle campagne de communication mondiale dans le cadre de son combat sans relâche pour la libération du fondateur de WikiLeaks Julian Assange. À partir du 18 octobre, des médias du monde entier diffuseront, sur papier et en ligne, le visuel de campagne de RSF mettant en lumière le danger que représentent pour tous les médias et pour le droit du public à l’information les poursuites engagées par le gouvernement américain contre Julian Assange.


Développée en partenariat avec l’agence de publicité française BETC, la nouvelle campagne de communication de RSF présente une image de Julian Assange dont les traits du visage sont constitués des logos de dizaines d’organisations de médias du monde entier. Ces médias font partie de ceux qui ont initialement publié des articles basés sur les fuites de documents classifiés publiés par WikiLeaks en 2010.

“Alors que le sort de Julian Assange est en suspens, il est plus important que jamais que les organisations de médias et les journalistes du monde entier expriment leur soutien aux principes en jeu. Si le gouvernement américain réussit à extrader Julian Assange et à le poursuivre en vertu de la loi sur l’espionnage, tous ceux qui publient des articles basés sur des fuites d’informations classifiées pourraient être poursuivis et, en définitive, c’est notre droit à être informé qui sera affecté. Il est temps de faire preuve d’une solidarité internationale en soutien au journalisme et à la liberté de la presse, avant qu’il ne soit trop tard.

Rebecca Vincent
Directrice des campagnes de RSF

(Cliquez ici pour une version anglaise ou ici pour une version espagnole)

Question related to this article:
 
Julian Assange, Is he a hero for the culture of peace?

Free flow of information, How is it important for a culture of peace?

Le slogan de la campagne “Dommage collatéral” fait référence au danger que les poursuites engagées par le gouvernement américain contre Julian Assange représentent pour les médias du monde entier, ainsi que pour le droit du public à l’information. Il rappelle également la vidéo “Collateral Murder” qui faisait partie des documents publiés par WikiLeaks en 2010, révélant une attaque air-sol par un hélicoptère Apache de l’armée américaine dans la banlieue de Bagdad, qui a tué au moins une douzaine de civils, dont deux journalistes de l’agence Reuters.
La campagne est soutenue par Le Monde (France) et The Guardian (Royaume-Uni), qui faisaient partie des premiers partenaires médias à avoir travaillé avec WikiLeaks en 2010 sur les documents du “Cablegate”, soit plus de 250 000 câbles diplomatiques ayant fait l’objet d’une fuite. La campagne a également été soutenue par de nombreux autres médias à travers le monde.

RSF lance cette campagne à moins d’une semaine de la visite d’État du Premier ministre australien Anthony Albanese à Washington DC, du 23 au 26 octobre, où il sera accueilli par le président américain Joe Biden. RSF a appelé les deux dirigeants à trouver une solution diplomatique à l’affaire Assange à cette occasion. RSF lancera également un “tweetstorm” (une “tempête de tweets”) mondial visant le président Biden et le Premier ministre Albanese le week-end précédant la visite d’État, du 20 au 22 octobre.

Le lancement de la campagne intervient également à l’approche de la dernière étape de la procédure judiciaire au Royaume-Uni, où une audience devrait avoir lieu d’un moment à l’autre – une date désignée comme le “jour X”. Cette audience marquera la dernière étape de la procédure nationale, ne laissant que la possibilité d’une requête auprès de la Cour européenne des droits de l’homme si le tribunal britannique rejette l’appel de Julian Assange contre l’ordre d’extradition.

Les États-Unis et le Royaume-Uni sont respectivement classés 45e et 26e sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2023 de RSF.
 

Les médias qui souhaitent soutenir cette campagne de communication en diffusant le contenu sur papier ou en ligne peuvent contacter Emilie Poirrier, directrice de la communication et de l’engagement de RSF, à l’adresse epoirrier@rsf.org.

Pour les interviews sur le cas de Julian Assange, veuillez contacter Rebecca Vincent, directrice des campagnes de RSF, à l’adresse rvincent@rsf.org. 

Montpellier: Biennale Euro-Africa et Water Days

. TOLÉRANCE & SOLIDARITÉ .

Extraits des sites web de Entreprendre-Montpelier – Biennale et Entreprendre-Montpelier – Water Days

En 2021, Montpellier accueillait un événement novateur et porteur d’une volonté de réinvention des liens entre le continent africain et le territoire français : le Nouveau Sommet Afrique-France. Un Sommet mettant à l’honneur les liens entre les sociétés civiles, dans lequel les participants n’étaient pas des chefs d’État ou des ministres, mais des artistes, des entrepreneurs, des sportifs, ou encore des chercheurs et des universitaires africains et français.

Aujourd’hui, nous devons urgemment innover et forger ensemble les conditions d’un futur durable pour tous. Comme vous le savez, notre métropole est toujours en lice pour devenir Capitale Européenne de la Culture en 2028, à ce titre, j’ai souhaité que cette première édition de la Biennale Euro-Africa Montpellier soit le point d’orgue de notre candidature. Le temps d’une semaine, nous réunirons un large panel d’acteurs de nos deux continents pour traiter ensemble des sujets qui nous relient. Que ce soit en abordant le thème de l’eau, sujet crucial pour nos territoires et si central à notre stratégie MedVallée, ou sur l’importance de faire évoluer les regards sur le continent africain, Montpellier crée, à travers cette Biennale, un cadre propice à l’innovation et à la mise en place collective de solutions concrètes.



Michaël Delafosse Maire de Montpellier

Président de Montpellier Méditerranée Métropole

La Biennale Euro-Africa comportera deux volets :

Un volet culturel grand public

Avec, au programme, des événements de rayonnement national et international pour valoriser les coopérations existantes et à venir entre Montpellier et le continent africain (festival grand public, soirées de projections, concerts, danses dans les salles et les lieux emblématiques de la ville ainsi qu’en plein air, des résidences d’artistes, des focus dans les lieux artistiques, de culture et de savoir de la ville), mais aussi pour transformer les regards du public sur la réalité des cultures actuelles africaines notamment dans le domaine des Industries Culturelles et Créatives  (ICC).

Un concentré du tissu africain dans le domaine des ICC sera ainsi présent à la Halle Tropisme et dans les espaces de la ville, dans le prolongement du Forum Africa Past Forward qui se tiendra à la Gaîté Lyrique de Paris les 6 et 7 octobre 2023.

Un volet développement et innovation

Qui englobera le congrès multi-acteurs sur les enjeux liés à la gestion de la ressource en eau et sur les coopérations entre les territoires, scientifiques et société civile pour répondre à ceux-ci. Sur ce volet, les “Euro-Africa Montpellier Water Days”  prendront la forme d’un congrès multi-acteurs autour des enjeux liés à la gestion de la ressource en eau et des coopérations entre les territoires, les scientifiques et la société civile.

Autre temps fort : le “Campus des Jeunes Entrepreneurs Africains” qui ouvrira ses portes pour sa deuxième édition à Montpellier du 1er au 11 octobre prochains et qui offre un programme d’accompagnement aux entrepreneurs africains innovants évoluant dans les domaines de la technologie et de l’innovation, de la santé globale, des industries culturelles et créatives et du sport en Afrique. 

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(cliquez ici pour une version anglaise de cet article.)

Question related to this article:

 

Solidarity across national borders, What are some good examples?>

(. . . suite)

Et trois axes :

Axe 1 : L’eau qui nous relie,

Axe 2 : Les futurs en série pour se projeter sur d’autres modes de coopération,

Axe 3 : Trans pour transformer les regards des citoyens européens sur la réalité du continent africain.

Water Days

L’eau est un enjeu majeur dans le cadre de la stratégie MedVallée, l’eau qui nous relie est au cœur des problématiques de santé, de préservation de l’environnement et d’agriculture qui constitue le socle de la stratégie, à l’image du triptyque « Soigner, Protéger, Nourrir ». Raréfaction des précipitations, sur-sollicitation des ressources, manque d’infrastructures font l’enjeu de ces journées qui veulent créer les conditions idéales d’un dialogue entre les parties prenantes étatiques et privées, scientifiques ou venant du terrain, pour solutionner les problèmes humains, géopolitiques et économiques posés par le manque d’eau dans un contexte de réchauffement climatique de démographie urbaine en hausse et d’inégalités d’approvisionnement.

2 jours d’échanges pour exposer la réalité et trouver des solutions entre acteurs impliqués sur la thématique.

Les journées du 9 au 10 octobre porteront sur les thèmes suivants :

° Changement climatique et risque hydrologique
° Urbanisation des mégapoles méditerranéennes et africaines
° Accès à l’eau
° Assainissement et santé
° Agriculture urbaine et péri-urbaine
° Gouvernance
° Eau et genre
° Retour sur la conférence des Nation Unies sur l’eau (mars 2023)

En fonction des thématiques, les tables-rondes et ateliers envisagés réuniront :

° Scientifiques : 40 scientifiques méditerranéens, africains et européens sont attendus.

° Entreprises du secteur privé méditerranéen, européen et africain: 30 représentants d’entreprises sont attendus.

° Institutionnels et décideurs : 40 représentants des gouvernances locales, régionales, nationales, méditerranéennes, africaines ou européennes sont invités à participer aux différentes tables rondes.

° Organisations internationales : 40 représentants de diverses organisations et associations internationales sont invités à participer.

° Représentants et Chaires UNESCO : 20 personnes sont invitées à participer aux tables rondes.

° Des temps d’échanges labellisés MedVallée

(Merci à Emmanuelle Dufossez, le reporteur pour cet article.)

Participation Togolaise à la Biennale de Luanda, ou Forum panafricain sur la culture, aura lieu dans la capitale angolaise du 22 au 24 novembre

LIBRE CIRCULATION DE L’INFORMATION

Un article du Republic of Togo

La Biennale de Luanda, ou Forum panafricain sur la culture, aura lieu dans la capitale angolaise du 22 au 24 novembre.

Trois jeunes Togolais ont été invités, Komlan Nestor Kotchadjo, Samson Ayi Kouevi et Lidaw-wè Fabienne Dontema.


Samson Ayi Kouevi © republicoftogo.com

(Cliquez ici pour une version anglaise

Question related to this article:
 
The Luanda Biennale: What is its contribution to a culture of peace in Africa?

Cette rencontre est une initiative conjointe de l’UNESCO, l’Union africaine (UA) et du gouvernement angolais qui vise à promouvoir la prévention de la violence et la résolution des conflits, en encourageant les échanges culturels en Afrique et le dialogue entre les générations. 

En tant qu’espace de réflexion et de diffusion d’œuvres artistiques, d’idées et de bonne pratiques liées à la culture de la paix, elle rassemble des représentants des gouvernements, de la société civile, de la communauté artistique et scientifique et des organisations internationales. 

Elle participe à la mise en œuvre du « Plan d’action pour une culture de la paix en Afrique/Agissons pour la paix » adopté en mars 2013 à Luanda.

Samson Ayi Kouevi, le coordonnateur national Togo du réseau panafricain des jeunes pour la culture de la paix, se félicite de figure sur la liste des participants.

‘La paix et le vivre-ensemble sont nos priorités. Nous croyons en la dignité humaine, en la justice sociale, en la coopération internationale et en la coexistence harmonieuse des peuples. Ces valeurs sont nécessaires si nous voulons construire un avenir meilleur’, a-t-il déclaré mardi.

Il s’agit pour la Biennale de Luanda d’œuvrer à une appropriation et une mise en œuvre individuelles et collectives quotidiennes et durables, sur le continent, du concept de culture de la paix.

Comment promouvoir la culture de la paix en RDC ?

EDUCATION POUR LA PAIX ..

Un article de Radio Okapi

La République Démocratique du Congo est toujours confrontée à de nombreux défis liés, notamment aux risques d’instabilité sécuritaires et aux conflits, en cette période électorale. Pour des experts, il est capital de promouvoir la culture de la paix et de la non-violence dans l’esprit des hommes et des femmes. C’est dans ce cadre que les artistes Gospel ont décidé de se mettre ensemble pour promouvoir la paix à travers les chansons au cours du Festival dénommé « 100 voix pour la paix, Gospel Mass Choir for Peace » prévu en octobre prochain à Goma (Nord-Kivu).

( Cliquez ici pour une version anglaise)

 

Question related to this article:

What place does music have in the peace movement?

Près de 20 000 festivaliers sont attendus à cette grande célébration de la paix.  Comment se déroule les préparatifs de cet évènement ?  Comment promouvoir la culture de la paix à travers le Gospel ?

Jody Nkashama en parle avec Ludovic Kalengay, coordonnateur du Programme multisectoriel de vulgarisation et de sensibilisation (PMVS), Marlon Mateta, Manager-adjoint du Festival « 100 voix pour la paix » et avec Madame Annifa  Vahavi, Présidente de la Gracia divine et membre de l’équipe d’organisation du Festival 100 voix pour la paix

Œuvrer en faveur d’une renaissance africaine à travers la culture et l’histoire

EDUCATION POUR LA PAIX .

Un article de La Depeche d’Abidjan

Comment, à travers la tradition orale et la connaissance de l’histoire, la culture africaine véhicule la paix et la créativité sur le continent, au-delà, et dans le monde entier.


Dans le folklore ouest-africain, Anansi était un charmant farceur ayant l’apparence d’une araignée. Il s’aperçut que les êtres humains étaient tristes, car ils n’avaient aucune raison d’espérer ni d’envisager un avenir radieux. Il se souvint alors que Nyame, le dieu du ciel, possédait des choses magiques appelées histoires. Ces histoires pourraient rendre les humains heureux, pensa Anansi.

Il rendit visite à Nyame et demanda à lui acheter ses histoires. Cependant, le dieu du ciel lui répondit qu’elles n’étaient pas à vendre. « Je ne les vendrai pour rien au monde, excepté pour Onini le python meurtrier, Osebo l’insaisissable léopard, Mmoatia la fée malicieuse et Mmoboro, l’essaim de frelons mortels », dit Nyame. Cette mission relevait de l’exploit, mais pas pour Anansi, qui parvint à capturer ces quatre cibles hors d’atteinte en usant de son génie. Lorsqu’il les livra à Nyame, ce dernier ne fut pas satisfait. Toutefois, ayant conclu un marché avec Anansi, il se devait d’honorer sa promesse.

« Rapporte ces histoires sur terre et donne-les aux humains, dit Nyame. Ils te seront éternellement reconnaissants. D’ailleurs, ils baptiseront tous les grands contes, “histoires d’araignées” en ton honneur. »

Ainsi, Anansi le farceur devint le dieu qui connaissait toutes les histoires. Le mythe d’Anansi illustre la nécessité pour chaque société de créer et de partager des histoires.

Netflix et l’UNESCO se sont associés afin de lancer un concours de courts métrages innovant sur le thème « Contes populaires africains revisités », dans toute l’Afrique subsaharienne. Les lauréats du concours seront formés et suivis par des professionnels du milieu et recevront un budget de production de 75 000 dollars afin de réaliser des courts métrages qui seront diffusés pour la première fois sur Netflix en 2022, sous la forme d’une Anthologie des contes populaires africains. L’un des principaux objectifs de ce concours est de découvrir de nouvelles voix et de donner une visibilité internationale aux jeunes réalisateurs d’Afrique subsaharienne.

De contes d’araignées à l’histoire de l’Afrique

Les récits tels que ceux partagés par Anansi sont au cœur de la vie humaine depuis des milliers d’années, telle une sorte de jeu cognitif qui stimule l’esprit humain, nous permettant de comprendre les phénomènes naturels et sociaux, et d’imaginer différentes stratégies pour vivre dans un monde complexe. On pourrait supposer que plus nous collectons et partageons ces histoires, plus nous serons capables de nous comprendre, et de comprendre les autres, le monde qui nous entoure, les valeurs et traditions respectives et communes. Le travail de l’UNESCO, réalisé au cours des dernières décennies afin de documenter, collecter et écrire ces récits provenant du monde entier, ne constitue pas seulement un effort indispensable pour protéger et préserver un patrimoine précieux, mais également un effort visant à développer la connaissance du monde ainsi que notre capacité collective à nous comprendre.

Les contes d’araignées sont répandus en Afrique de l’Ouest, toutefois les contes ghanéens d’Anansi figurent parmi les plus connus, en langue akan le nom Anansi provient du mot « araignée ».

Aujourd’hui, Anansi symbolise la sagesse, la créativité et la complexité de l’ensemble du continent africain. Les traditions orales — messages, chansons, fables et proverbes — se transmettent d’une génération à l’autre sans écrit, permettant aux populations de donner un sens au monde qui les entoure et leur enseignant des aspects essentiels de leur culture.

À l’instar des contes d’Anansi, racontés depuis la nuit des temps, l’histoire du continent africain s’est transmise oralement de génération en génération. Bien qu’il existe des écrits historiques en Afrique de l’Ouest depuis de nombreux siècles, la majorité des populations du continent était incapable de les lire. La tradition orale permettait aux Africains de partager leur histoire commune, qu’ils soient originaires du nord ou du sud du continent, cependant les Européens considéraient que ce dernier n’avait pas d’histoire, car ils étaient incapables de la lire et de la comprendre. Ainsi, l’histoire de l’Afrique qui a été partagée avec le reste du monde a commencé avec le récit du colonialisme et celui des Européens en Afrique.

Décoloniser l’histoire africaine

Au début des années 60, alors que l’Afrique entrait dans une phase de décolonisation rapide, les intellectuels et les dirigeants des pays nouvellement indépendants se sont efforcés de libérer leur histoire ainsi que celle de leur nation. Afin de mettre un terme à la méconnaissance générale de l’histoire africaine, l’UNESCO a lancé « l’Histoire générale de l’Afrique » en 1964. L’Organisation a invité les intellectuels africains à écrire, pour la toute première fois, l’histoire de leur continent en ayant recours à des sources souvent ignorées par les historiens occidentaux, telles que le folklore, les traditions et la culture, afin de fournir une perspective africaine, dépourvue des biais raciaux émanant de la traite des esclaves et de l’intervention européenne.

Ce projet ambitieux, censé renouveler les approches scientifiques de l’histoire de l’Afrique, a eu d’immenses répercussions sur l’histoire du monde, et a offert une nouvelle perspective globale sur l’histoire de tous les continents. Il a placé l’Afrique au cœur de l’histoire de l’humanité. Pour la première fois, on tentait de dépasser les frontières des récits nationaux afin de construire une véritable « histoire générale », soulignant les points communs entre les peuples et les cultures, révélant les tendances et les échanges au fil des siècles au-delà des frontières nationales, et mettant en valeur les identités comme jamais auparavant.

Le continent africain possède la plus longue histoire du monde : c’est le berceau de l’humanité. Au XIXe siècle, Charles Darwin a été le premier à avancer que l’ancêtre commun des êtres humains était très probablement africain, une idée qui en a alarmé plus d’un à l’époque. « Le fait que nous puissions avoir évolué en Afrique constituait un anathème pour beaucoup, qui étaient incapables de croire que les populations du nord, d’un blanc pur, aux yeux bleus et aux cheveux de lin, aient pu être originaires du “continent noir”. Pourtant, tous les événements majeurs liés à notre histoire remontent à l’Afrique », explique le paléontologue kenyan, Richard Leakey, l’un des premiers contributeurs au projet de l’Histoire générale de l’Afrique. « Nous sommes un animal africain, une espèce africaine qui a colonisé et recolonisé le monde à différentes époques et de différentes manières. Aujourd’hui, aucun être humain ne peut affirmer que l’Afrique n’est pas sa mère patrie ».

L’Histoire générale de l’Afrique

L’Histoire générale de l’Afrique (HGA) est un projet précurseur, inédit, ayant pour ambition de couvrir l’histoire de l’ensemble du continent africain, depuis le début de l’humanité jusqu’aux défis contemporains auxquels sont confrontés les Africains et leurs diasporas à travers le monde. Une histoire qui révèle au grand jour la période précoloniale et entremêle le destin de l’Afrique à celui de l’humanité en mettant en lumière son lien avec les autres continents et la contribution des cultures africaines au progrès général de l’humanité. Ces dernières années, l’UNESCO a entamé la préparation et la rédaction de trois nouveaux volumes de l’HGA (volumes IX à XI).

Partant de l’exemple de l’Afrique, l’UNESCO a dirigé d’autres vastes projets d’histoires à l’échelle régionale, telles que l’Histoire générale de l’Amérique latine, des Caraïbes, l’Histoire des civilisations de l’Asie centrale, les différents aspects de la culture islamique ainsi que l’Histoire de l’humanité. Ces volumes et leurs milliers de pages, rédigés bien avant la naissance de plateformes en ligne telles que Wikipédia, représentent l’une des entreprises scientifiques les plus ambitieuses visant à construire une compréhension commune de l’histoire humaine que nous partageons. L’Histoire générale de l’Afrique a depuis changé la perspective mondiale sur la façon dont l’histoire est écrite et constitue un changement d’échelle historiographique que « l’histoire mondiale » moderne et les « histoires connectées » contemporaines continuent d’explorer.

L’Histoire générale de l’Afrique en vidéo

L’Histoire générale de l’Afrique (HGA) lancée par l’UNESCO en 1964 est entrée dans une nouvelle phase avec une série documentaire en neuf parties, réalisée par la journaliste et productrice de la BBC, Zeinab Badawi. Cette dernière a voyagé aux quatre coins de l’Afrique, interrogeant des historiens, des archéologues et des citoyens africains dont les témoignages et les histoires dépeignent un tableau aux couleurs vives du passé de leur continent et de son influence sur leur vie actuelle.

Enseigner l’Histoire générale de l’Afrique

En mars 2009, l’UNESCO a lancé « l’Utilisation pédagogique de l’Histoire générale de l’Afrique » pour répondre aux demandes formulées par les pays africains, concernant l’adaptation du contenu des volumes de l’Histoire générale de l’Afrique à l’enseignement scolaire. Pour ce faire, l’UNESCO a élaboré du contenu pédagogique à enseigner aux enfants des écoles primaires et secondaires africaines afin d’améliorer les connaissances des élèves et étudiants africains sur la manière dont les sociétés africaines ont évolué à travers le temps et l’espace et sur l’impact de ces changements sur le présent et l’avenir.

Célébrer une culture commune : du nord au sud, de l’ouest à l’est

Il existe une expression commune à de nombreuses langues d’Afrique australe : « Umuntu ngumuntu ngabantu », qui signifie littéralement « une personne est une personne à travers d’autres personnes ».

Dans la culture africaine, le « soi » n’est pas séparé du monde, au contraire, il ne fait qu’un avec l’environnement naturel et social. Bien qu’il existe différentes ethnies et nationalités — chacune ayant sa propre langue, gastronomie et ses propres expressions artistiques — tous les Africains partagent une culture commune. Cette sagesse africaine fait écho à la célèbre citation de John Donne « aucun homme n’est une île » (« no man is an island »), qui rappelle que les êtres humains se portent mal lorsqu’ils sont isolés des autres et qu’ils ont besoin de faire partie d’une communauté pour s’épanouir.

La fin de la colonisation au début des années 60 n’a pas été gage d’une paix durable sur le continent.

Au contraire, des événements politiques violents, enracinés dans des conflits ethniques, frappent l’Afrique subsaharienne depuis les indépendances, engendrant des millions de morts et freinant le développement économique.

Pour garantir la paix sur le continent, les communautés régionales ont compris qu’elles devaient consolider leurs liens et interagir les unes avec les autres, en célébrant leur culture commune.

Puisons ensemble dans nos valeurs, nos traditions, notre culture afin de trouver le chemin de la prospérité et de la paix.  Denis Mukwege, Gynécologue congolais et lauréat du prix Nobel de la paix en 2018

(Voir suite sur colonne de droite.)

(cliquez ici pour une traduction anglaise.

Question pour cet article:

Can popular art help us in the quest for truth and justice?

(. . suite)

Construire la paix en Afrique

Tous les deux ans, Luanda, capitale angolaise, se transforme en un centre mondial pour la paix en Afrique, car la ville accueille le « Forum panafricain pour la culture de la paix », également connu sous le nom de Biennale de Luanda. Plus de 60 pays sont représentés, attirant des représentants de gouvernements, des organisations internationales, des ONG et des artistes. Ils partagent des idées, concluent de nouveaux partenariats et prennent part à des événements culturels, avec pour seul objectif commun : renforcer la culture de la paix sur le continent.

La Biennale est le fruit des efforts conjoints du gouvernement angolais, de l’Union africaine et de l’UNESCO. Elle est organisée pour venir à bout des différents obstacles à la croissance et à la prospérité de l’Afrique.

Elle constitue également une plateforme de choix permettant de faire un état des lieux et d’encourager certaines des initiatives les plus importantes de l’UNESCO en faveur de l’éducation, de la science, de la liberté de la presse et de l’égalité des genres sur tout le continent. Selon les données de l’Institut de statistique de l’UNESCO (ISU), au moins la moitié des jeunes âgés de 15 à 17 ans en Afrique subsaharienne n’était pas scolarisée avant la pandémie de COVID-19, et la situation n’a fait qu’empirer. Il s’agit de la proportion la plus élevée de toutes les régions du monde. Plus de la moitié de ceux qui devraient, à l’heure actuelle, peaufiner les compétences dont ils ont besoin pour le marché du travail ou pour accéder à l’enseignement supérieur ne sont même pas scolarisés. À titre d’exemple d’action concrète, la Coalition mondiale pour l’éducation de l’UNESCO a fourni un accès gratuit à internet au Sénégal et dans d’autres pays africains afin de faciliter l’apprentissage à distance immédiat d’un demi-million d’apprenants, l’objectif étant d’en inscrire 3,5 millions supplémentaires au programme.

Le forum des partenaires de la Biennale de Luanda se concentre sur la manière de construire des partenariats innovants en faveur d’une démocratie et d’une paix inclusives à travers les pays africains. Il rassemble des organisations internationales, le secteur financier privé, des fondations et des médias ainsi que la société civile, des artistes et des entrepreneurs culturels.

Ce forum d’idées offre une plateforme de dialogue portant sur l’avenir de l’Afrique, et met l’accent sur les solutions permettant de prévenir et de résoudre les conflits à l’aide de la culture, de l’éducation et de la presse libre. Il aborde la protection des personnes déplacées et des migrants, la contribution de la diaspora africaine et la gestion concertée des ressources naturelles du continent.

Le forum des femmes se concentre sur les moyens de mettre fin à toutes les formes de violence à l’égard des femmes et sur le rôle des réseaux de femmes pour instaurer la paix en Afrique. « Je pense qu’il est important pour nous, en tant que continent, de nous réunir et d’avoir une discussion sur les voies que nous souhaitons emprunter et sur la manière dont nous allons y parvenir, a déclaré Xoliswa Phenya, Directrice adjointe du développement de l’artisanat auprès du Ministère sud-africain des Arts et de la Culture. Nos dirigeants ont évoqué la renaissance africaine. Il est peut-être temps que les jeunes générations entrent en scène afin de faire de ce rêve une réalité. »

Quand l’histoire africaine permet de comprendre les sociétés d’aujourd’hui

L’araignée Anansi est devenue le symbole de la finesse et de la sagesse africaines en matière d’expression et ses histoires ont survécu grâce à la tradition orale. Elles ont également voyagé à travers le monde entier. Cette même tradition orale a diffusé les contes d’Anansi dans le reste du monde, en particulier dans les Caraïbes, par le biais des populations réduites en esclavage pendant la colonisation de l’Afrique.

Pour les Africains réduits en esclavage et leurs descendants, Anansi est devenu un symbole de résilience et de survie. Les contes relatant l’ingéniosité et la fourberie de l’araignée ont aidé les esclaves à survivre à l’épreuve de la captivité, à perpétuer le lien avec leur passé africain et à affirmer leur identité.

Aujourd’hui, près de 200 millions de personnes à travers le continent américain se considèrent d’origine africaine. Plusieurs millions supplémentaires vivent dans d’autres régions du monde, hors du continent africain. La compréhension de ces liens historiques et culturels est une condition préalable pour relever les défis contemporains de la cohésion sociale et des nombreuses formes d’appartenance culturelle dans les sociétés multiculturelles modernes. C’est également l’occasion pour tous les pays dont la population est composée de millions de citoyens d’ascendance africaine, d’encourager le dialogue international et de tisser des liens avec d’autres sociétés à travers le monde. Les citoyens d’origine africaine représentent souvent certains des groupes les plus défavorisés et les plus marginalisés, ayant un accès limité à une éducation de qualité, aux services de santé, au logement et à la sécurité sociale. Comprendre le passé constitue peut-être l’une des conditions permettant de briser le cercle vicieux et l’héritage du racisme, de la discrimination et de l’exclusion.

Durant la traite transatlantique, quelque quatre millions d’esclaves ont été amenés sur les côtes américaines de Salvador de Bahia, dans l’actuel Brésil, dans le but de travailler dans des plantations de sucre. Certains esclaves sont parvenus à s’échapper et à s’installer sur des terres libres. Parmi eux, les ancêtres de Sandra de Santos, qui ont créé la communauté agricole, Quilombo do Dandá, il y a 250 ans. Pourtant, Sandra a dû se battre pour conserver les terres sur lesquelles sa famille vivait depuis des générations.

« Des tracteurs sont venus détruire nos cultures. Il y avait des conflits. Du jour au lendemain toutes nos plantations ont été détruites », raconte-t-elle. Après des mois de bataille juridique, elle a été autorisée à rester sur ses terres.

Afin d’aider les descendants d’esclaves africains et les personnes d’origine africaine, l’UNESCO a soutenu la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine. Lancée en janvier 2015, elle se poursuivra jusqu’en décembre 2024. Cette décennie a pour objectif de célébrer l’importance et les contributions des populations d’origine africaine à travers le monde, de faire progresser les politiques d’inclusion et de justice sociale, d’éradiquer le racisme et l’intolérance, de promouvoir les droits de l’homme et de créer des communautés plus prospères conformément aux objectifs de développement durable des Nations Unies.

La culture et l’art africains à travers le monde

Âgée de 19 ans et originaire de la République dominicaine, Eveline Murmann fait partie des jeunes militants afrodescendants qui se battent chaque jour pour la reconnaissance de leurs racines et la fin des discriminations, banalisées dans les échanges quotidiens : « les cheveux raides sont plus formels » et « la peau pâle est plus jolie ». D’autres emploient des expressions artistiques comme les chansons, le rap, la poésie et la danse pour raconter leurs histoires, comme le faisaient leurs ancêtres avec les contes d’Anansi.

« C’est le point de départ pour mettre fin à la structure du racisme qui imprègne notre société. Être afrodescendant implique d’accepter nos origines, d’aimer notre culture et de prendre part à notre histoire », affirme-t-elle. Cela signifie être fier de cette belle peau et de ces cheveux si pleins de liberté. C’est reconnaître notre valeur et mettre en lumière notre contribution au développement des sociétés.

See us ! Hear us ! Count us in! » [Regardez-nous ! Entendez-nous ! Incluez-nous !]:

Les voix de la Décennie pour les personnes d’ascendance africaine

Célébration de la première partie de la mise en œuvre de la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine (2014-2025) : spectacles musicaux, mini-documentaire produit en Amérique latine, conversations avec des experts et des voix inspirantes de jeunes d’ascendance africaine venus du monde entier partageant leurs témoignages, leurs espoirs et leurs rêves par la danse, la poésie, le chant, le rap, le slam et d’autres expressions créatives.

En effet, les voix de la diaspora africaine et de ses jeunes représentants sont devenues suffisamment fortes pour être entendues dans le monde entier. Comme celle de Mohamed Mbougar Sarr, auteur sénégalais de 31 ans, qui a remporté ces dernières années de nombreux prix littéraires pour des ouvrages sur des thèmes contemporains tels que le racisme, la discrimination et les relations de l’Afrique avec l’Europe. Grâce à son dernier roman, La plus secrète mémoire des hommes, il est devenu le premier auteur d’Afrique subsaharienne à recevoir le prix littéraire français le plus prestigieux, le prix Goncourt, et l’un des plus jeunes lauréats de tous les temps.

Tout comme l’histoire africaine, la littérature africaine n’a jamais cessé de vivre. La reconnaissance croissante de ses auteurs est une première étape importante vers la redéfinition du rapport de l’Afrique au monde. Les formes de reconnaissance de l’UNESCO telles que la Journée internationale du jazz ou l’inscription de la rumba congolaise comme élément du patrimoine culturel immatériel de l’humanité font partie des nombreuses initiatives récemment prises pour mettre en lumière et faire comprendre l’importance des artistes et créateurs d’origine africaine. En alliant la tradition musicale de leurs ancêtres aux arrangements et improvisations, les artistes d’ascendance africaine ont créé de nouveaux codes musicaux, qui ont conduit à la naissance du blues sur les rives du delta du Mississippi et du jazz à La Nouvelle-Orléans. Les chanteurs et les danseurs de rumba congolaise ont également été en première ligne de toutes les luttes et de toutes les aspirations à l’indépendance du Congo.

S’attacher à l’Afrique, c’est améliorer notre monde. Reconnaître et partager les nombreuses ramifications de l’histoire africaine nous aide à comprendre les sociétés d’aujourd’hui et à vivre ensemble. C’est l’élément moteur de l’engagement de l’UNESCO en faveur de la Priorité Afrique, et la raison de croire que la culture africaine est un accélérateur de compréhension mutuelle, de créativité et d’innovation, nous permettant d’exploiter le champ des possibles. C’est ainsi que l’UNESCO tient la promesse d’Anansi et écrit le prochain chapitre de l’histoire de l’araignée.

L’UNESCO et ses partenaires de développement suivent attentivement 54 pays africains, à l’aide d’une stratégie plus forte et mieux ciblée. La renaissance africaine est en marche : l’adoption de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et de l’Agenda 2030 pour le développement durable préparent le terrain pour l’action de la Communauté économique africaine.

Le patrimoine africain

L’UNESCO est fermement convaincue que la paix et le développement durables sont intrinsèquement liés aux capacités et compétences des individus ainsi qu’à leur dignité et leurs droits. Il s’agit de tirer parti de cet élan en renforçant les atouts de l’Afrique, dont le patrimoine représente une source de créativité prodigieuse. La richesse du patrimoine du continent incite à le sauvegarder pour les générations futures. Bien que l’Afrique soit sous-représentée sur la Liste du patrimoine mondial avec seulement 12 % des sites inscrits à travers le monde, près de la moitié de ces sites figure sur la liste du patrimoine mondial en péril.

Agenda 2063 : l’Afrique que nous voulons

L’Agenda 2063  est le schéma et le plan directeur de l’Afrique visant à transformer l’Afrique en puissance mondiale de l’avenir. C’est le cadre stratégique du continent qui vise à atteindre son objectif de développement inclusif et durable. Il s’agit d’une manifestation concrète de la volonté panafricaine d’union, d’autodétermination, de liberté, de progrès et de prospérité collective poursuivie dans le cadre du panafricanisme et de la renaissance africaine.

Le Projet de patrimoine cinématographique africain (AFHP)< L’AFHP est un projet à long terme mené en partenariat avec la Film Foundation, présidée par Martin Scorsese, et la Fédération panafricaine des cinéastes (FEPACI) afin de contribuer à la localisation, la restauration et la préservation des films réalisés sur le continent africain. Il identifiera 50 films ayant une importance historique, artistique et culturelle et entreprendra par la suite le processus de restauration. L’UNESCO envisage d’inscrire ces films sur le registre « Mémoire du monde ».