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Dr David Adams is the coordinator of the Culture of Peace News Network. He retired in 2001 from UNESCO where he was the Director of the Unit for the International Year for the Culture of Peace, proclaimed for the Year 2000 by the United Nations General Assembly.

Allemagne : Région de Paix Bodensee : Pas de réarmement ! Pratiquer la non-violence

DÉSARMEMENT & SÉCURITÉ .

Un blog de Joseph Mougel publié par Mediapart

L’association “Région de paix Bodensee” regroupant des personnes des pays bordant le lac de Constance : Allemagne, Suisse et Autriche agissant ensemble pour la reconversion des industries travaillant dans l’armement de 3 pays publie un texte du 02/03/2022 s’opposant à la décision du Bundestag du 27/02/2022 de réarmer l’Allemagne et proposant des méthodes d’action non-violentes

Des réflexes militaristes à la place de la réflexion : le réarmement n’est pas la solution mais au contraire la cause de nouvelles guerres

Applaudissements frénétiques pour le réarmement au Bundestag le 27 février : une honte pour l’Allemagne.

L’association Région de paix Bodensee s’insurge contre le nouveau réarmement de l’OTAN et de la Bundeswehr.

Une stricte diplomatie et des méthodes de résistance civile ont plus de chances de succès qu’une résistance armée.

Lindau / Überlingen 28.2.2022. L’association Région de paix Bodensee condamne sévèrement les blessures faites au peuple et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine par les groupes armés de la Fédération de Russie. Cependant pour Frieder Fahrbach, représentant de l’association : « Ce ne sont pas les livraisons d’armes à l’Ukraine qui peuvent mettre fin à la guerre. Elles créent le danger d’une extension et de la prolongation de la guerre et peuvent après un cessez-le-feu enflammer une guerre civile durable en Ukraine. Avec chaque livraison d’armes s’accroît le danger d’une guerre atomique en Europe ». Le réarmement et une logique de sécurité purement militaire autant du côté de la Fédération de Russie que du côté de l’OTAN sont les causes profondes de la guerre en Ukraine.

Des méthodes non violentes ont plus de chance de réussir qu’une résistance armée

Qui veut la paix doit préparer la paix est l’une des phrases fondamentales de l’association « Région de paix Bodensee ». Même pendant une invasion militaire des méthodes de résistance non violente[1] ne produisent pas seulement moins de victimes mais ont aussi significativement plus de succès que celles de la résistance armée[2].

Le réarmement renforce le réchauffement du climat

La nouvelle livraison récemment publiée du rapport de la 6ème session du conseil mondial du climat IPCC[3] constate que les dangers se sont accrus plus que jamais. À la fin de la décennie la fenêtre d’action pour écarter la catastrophe climatique sera définitivement fermée. Le soutien grandissant de la majorité des partis au Bundestag le 27.2 à une élévation drastique du budget de l’armement est, dans ce contexte, irresponsable car le militaire compte parmi les principales causes de la production de gaz à effet de serre, de la consommation des ressources et du dérangement de la nature. Le réarmement est incompatible avec les efforts pour circonscrire le changement du climat.

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

 

Question for this article:

Can the peace movement help prevent war in the Ukraine?

(. . . suite)

La Région de paix Bodensee exige une révision immédiate des débats au Bundestag, un moratoire sur l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN et une politique de sécurité commune dans la maison Europe.

L’association « Région de paix Bodensee » appelle toutes les parties au conflit à un retour immédiat à la table de négociation et là de prendre également en considération le besoin de sécurité de la Fédération de Russie. Elle demande un moratoire sur l’admission à l’OTAN de nouveaux pays de l’Est européen. Face au gouvernement des USA, seule une politique de paix européenne incluant la Russie peut restaurer et conserver la paix en Europe.

Plus d’information :

www.friedensregion-bodensee.de

www.sicherheitneudenken.de

Contact presse : Friedensregion Bodensee e.V., Frieder Fachbach, Lindau/Überlingen, 0178 – 168 96 26

La Région de Paix Bodensee agit pour une culture de la paix, un style de vie soutenable, une justice globale et pour une conception politique tournée vers la sécurité et le désarmement. À travers des actions, des manifestations, des actions et des formations, notre objectif est une pensée fondée sur une logique de paix dans le sens du concept : « Penser autrement la sécurité ». Les 17 objectifs du développement durables des Nations Unies sont au fondement de notre association.

Nous procurons des compétences à une transformation non violente des conflits dans tous les domaines. Pour cela nous montrons les liens entre la croissance économique capitaliste, la destruction de la nature, la catastrophe climatique, le réarmement et la guerre. Nous travaillons sur les alternatives pour une économie du futur et une vie bonne pour tous. À travers cela, nous portons un engagement pour un grande transformation (économique, écologique/sociale et une politique de sécurité) et encourageons un engagement citoyen et politique.

Le cercle de silence pour la paix, la protection du climat et la justice se tient chaque vendredi de 17 H à 17 H 30 devant l’ancienne mairie de Lindau sous le thème « Guerre en Ukraine »

Stopper la guerre – pas de nouvelles armes

au lieu de cela, Engager un processus de paix pour une « Maison commune Europe »

Pour la paix il ne doit jamais être trop tard

[1] Voir par exemple Theodor Ebert (1981 ). Résistance sociale – Waldkirsch – Société d’édition « Waldkircher Verlagsgesellschaft

[2] Chenoweth, Erica, Maria J. (2011) Why civil resistance works. The strategic logic of nonviolent conflict. New York

[3] GIEC en français

(Cliquez ici pour une version anglaise de cet article.)

ONU Femmes: La Journée internationale des femmes est l’occasion de célébrer la contribution des femmes et des filles, forces multiplicatrices des solutions climatiques

. EGALITE HOMMES/FEMMES .

Une communiqué de presse de ONU Femmes

Faire progresser l’égalité des sexes dans le contexte de la crise climatique et de la réduction des risques de catastrophes est l’un des plus grands défis mondiaux du 21e siècle. Le thème de la Journée internationale des femmes retenu cette année (8 mars), est « L’égalité des sexes aujourd’hui pour un avenir durable ». Il nous permet d’explorer la façon dont les femmes et les filles mènent la voie en matière d’adaptation, d’atténuation et de réponse aux changements climatiques dans le monde entier, en se transformant en leaders puissantes et porteuses de changement pour un avenir plus durable pour l’ensemble de l’humanité.

Lors de la célébration officielle de la Journée internationale des femmes à l’ONU, M. António Guterres, le Secrétaire général, a souligné l’importance du rôle des femmes et des filles dans la lutte contre les changements climatiques. « Nous avons besoin de plus de femmes ministres de l’Environnement, ou Premières ministres, Présidentes et cheffes d’entreprise. Elles ont le pouvoir d’inciter les pays à affronter la crise climatique, à créer des emplois verts et à construire un monde plus juste et plus durable. Nous ne pouvons pas sortir de la pandémie en faisant tourner l’horloge à l’envers sur l’égalité des sexes. » 

Il ne fait aucun doute que les femmes sont plus vulnérables aux impacts des changements climatiques que les hommes, car elles sont en majorité les plus pauvres de la planète et dépendent davantage des ressources naturelles, si menacées par l’évolution des conditions climatiques. Cependant, malgré le poids des éléments probants, on hésite encore à reconnaître le lien essentiel entre genre, équité sociale et changements climatiques. Dans le même temps, les progrès réalisés vers un monde plus égalitaire entre les sexes sont freinés par des crises qui se multiplient, se conjuguent et s’aggravent mutuellement, dont la plus récente, l’agression dont fait l’objet l’Ukraine en ce moment. Quelle que soit la nature de la crise – conditions climatiques ou conflits armés –, ce sont les femmes et les filles qui sont les premières touchées et qui en souffrent le plus. Sans égalité des sexes aujourd’hui, un avenir durable et égalitaire demeure hors de portée.

« Nous avons vu l’impact de la pandémie de COVID-19 sur l’augmentation des inégalités, la pauvreté et la violence à l’égard des femmes et des filles, et leurs progrès à rebours dans les domaines de l’emploi, de la santé et de l’éducation. L’accélération des crises liées aux changements climatiques et à la dégradation de l’environnement porte atteinte de manière disproportionnée aux droits et au bien-être des femmes et des filles », a déclaré Sima Bahous, Directrice exécutive d’ONU Femmes. « Nous avons aujourd’hui la possibilité de placer les femmes et les filles au cœur de notre planification et de nos actions, et d’intégrer les perspectives de genre dans les lois et les politiques mondiales et nationales. Nous avons la possibilité de repenser, de redimensionner et de réattribuer les ressources. Nous avons la possibilité de tirer parti du leadership des femmes et des filles qui défendent l’environnement et des activistes du climat pour guider la conservation de notre planète. Les changements climatiques sont des multiplicateurs de menaces. Mais les femmes, et en particulier les jeunes femmes, sont des multiplicatrices de solutions ».

Les conséquences économiques et sociales de la pandémie de COVID-19 ont impacté de manière disproportionnée les femmes et les filles, réduisant d’autant leur capacité à résister aux effets de la crise climatique et environnementale. La difficulté pour elles de concilier travail et famille, la fermeture des écoles et la perte d’emplois dans les secteurs à prédominance féminine ont eu pour effet de limiter encore davantage leur participation au monde du travail. En 2020, environ 113 millions de femmes âgées de 25 à 54 ans, vivant avec un conjoint et de jeunes enfants, ont dû abandonner la vie active.

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour l’article en anglais ou ici pour l’article en espagnol .)

 

Questions for this article:

Does the UN advance equality for women?

(. . . suite)

Les changements climatiques augmentent également les vulnérabilités dues aux violences basées sur le genre. Partout dans le monde, les femmes assument une responsabilité disproportionnée lorsqu’il s’agit d’assurer l’alimentation de leur famille, de se procurer de l’eau ou du matériel combustible, tâches que le dérèglement du climat rend plus longues et plus difficiles. La raréfaction des ressources et la nécessité de se déplacer sur de plus longues distances pour se les procurer, exposent les femmes à davantage de violence et à des facteurs de risque accrus liés à la traite des êtres humains, au mariage des enfants ou à l’obligation de générer des revenus pour échapper à la violence domestique.

Les femmes et les filles sont capables d’agir pour enrayer les effets du climat et préserver l’environnement à tous les niveaux, mais leurs voix, leur pouvoir d’action et leur participation sont insuffisamment soutenus, financés, valorisés et reconnus.

Il est essentiel, pour le développement durable et une plus grande égalité des sexes, de continuer à étudier les moyens permettant aux femmes et aux filles de faire entendre leurs voix et d’être des protagonistes, au même titre que les hommes, dans la prise de décisions liées aux changements climatiques et à la durabilité. Et il faut aussi étudier les facteurs qui s’y opposent. Les solutions proposées au travers des politiques et des programmes de réduction des risques climatiques, environnementaux et de catastrophes doivent intégrer une perspective de genre, promouvoir et protéger les femmes qui militent en faveur des droits humains environnementaux, renforcer la résilience des femmes et des filles et de leurs organisations, promouvoir la prévention, la réponse et la récupération en cas d’agression sexuelle et de violence basée sur le genre, permettre d’améliorer les données sexospécifiques et investir dans les statistiques ventilées par sexe pour démontrer la relation entre genre et climat.

Commémorations dans le monde entier :

Les événements de commémoration de la Journée internationale des femmes dans le monde seront nombreux : réunions ministérielles, rassemblements, marches, ateliers pour les médias, production de récits et de contenus, expositions de photos, participation de célébrités et activation des médias sociaux.

Les bureaux d’ONU Femmes se joindront aux commémorations à travers une série d’événements marquants, notamment les suivants : des dialogues intergénérationnels et sur différentes thématiques en Thaïlande  ; une galerie virtuelle retraçant le parcours de champions.nes du climat au Bangladesh, au Cambodge et au Viet Nam  ; un défi vidéo régional pour les jeunes entrepreneurs agissant intelligemment face au climat en Afrique de l’Est et australe  ; des visites sur le terrain au Sénégal et en Jamaïque  ; un panel devant déboucher sur une recommandation politique officielle au Mali  ; une exposition de photos interactive au Liban  ; une collaboration avec des illustrateurs bien connus travaillant en Europe et en Asie centrale  ; une compétition sportive d’avirons en Égypte  ; une cérémonie de remise de prix aux entreprises locales de femmes, respectueuses de l’environnement en Albanie  ; une course de 5 km au Mexique  ; un atelier médiatique sur la promotion de l’égalité des sexes et le développement durable au Liberia  ; et un acte commémoratif de haut niveau pendant le #LACForum, entre autres.
Plus de 110 bourses  et places boursières du monde organiseront des sonneries de cloche en début de session pour la huitième année consécutive en signe de soutien aux droits des femmes et à l’égalité des sexes. Anita Bhatia, Directrice exécutive adjointe d’ONU Femmes, en visite officielle aux Émirats arabes unis, participera d’ailleurs à la cérémonie organisée dans le grand hall de la bourse d’Abu Dhabi (ADX Trading Hall).

À New York et à l’Exposition universelle de Dubaï, le Département des opérations de paix des Nations Unies, en collaboration avec le Département des affaires politiques et de consolidation de la paix, et ONU Femmes, présenteront l’exposition de photos dans le cadre du festival Photoville, intitulée : « Quand les femmes prennent la paix en main ». Cette exposition présente le profil de 14 femmes du monde entier qui se sont distinguées en jouant par exemple un rôle de médiation auprès de groupes armés, en ayant participé à des pourparlers de paix, proposé des solutions politiques et plaidé pour les droits et la participation des femmes. Elles sont originaires de la République centrafricaine, de la République démocratique du Congo, du Mali, du Soudan du Sud, du Soudan, du Liban, du Yémen et de la Colombie. L’exposition met également en avant des femmes photographes d’autres pays, qui racontent des histoires en photos, à travers leur objectif.

Rejoignez la conversation en ligne en utilisant le compte #IWD2022 et en suivant @UN_Women. Téléchargez le paquet pour médias sociaux, ici, et pour plus d’informations, de ressources et de récits, visitez l’éditorial d’ONU Femmes, Gros Plan : Journée internationale des femmes.

En Russie, dans la rue et derrière les écrans, un mouvement antiguerre

LIBRE CIRCULATION DE L’INFORMATION

Un article par Pauline Rouquette dans France 24

Malgré la répression, l’opposition à la guerre menée par Moscou en Ukraine mobilise les citoyens russes. Certains continuent de la manifester dans la rue, mais plus encore établissent des bases arrière sur Internet, contournant les restrictions par l’utilisation des réseaux sociaux, de messageries cryptées et de serveurs VPN.


Une manifestation contre l’invasion russe de l’Ukraine, à Moscou, (Russie), le 27 février 2022. © Evgenia Novozhenina, Reuters

“Je n’ai pas peur, je suis sorti seul”, écrit Stanislav sur Twitter, dans un message accompagnant une photo de lui protestant dans une rue de sa ville, Azov, dans l’oblast de Rostov (ouest de la Russie). Dans les mains de ce jeune Russe de 30 ans, un panneau sur lequel est écrit “#НЕТВОЙНЕ” (“pas de guerre”), en larges lettres noires.

Car non, tous les Russes ne sont pas d’accord avec ce qui se passe en Ukraine. Et bien qu’il demeure minoritaire dans son expression publique en raison de la répression, le mouvement antiguerre mobilise sur Internet, principalement à travers les réseaux sociaux et les services de messagerie cryptée tels que Telegram et Signal.

Sur Twitter, le hashtag #ЯпротивВойны (“Je suis contre la guerre”) était d’ailleurs en tête des tendances en Russie, mardi 1er mars. “C’est le cas depuis le début de la guerre”, assure Stanislav à France 24.

Face à la répression, le choix de la discrétion

Bien sûr, en Russie, la mobilisation semble plus présente derrière les écrans, car dans le pays de Vladimir Poutine, manifester sur le pavé son opposition à la guerre, c’est prendre le risque d’être arrêté et condamné. En témoignent les chiffres publiés quotidiennement par l’ONG OVD-Info, un projet médiatique russe indépendant de défense des droits humains visant à lutter contre la persécution politique.

Contactée par France 24, l’ONG précise ne pas effectuer de décompte des participants aux rassemblements contre la guerre, mais  celui des personnes qui y sont arrêtées. Près d’une semaine après le début de l’invasion russe, les chiffres sont déjà significatifs. “Nous n’avons jamais vu un tel nombre de détenus par jour”, explique Grigory Durnovo, analyste pour OVD-Info. “On a compté au moins 6 489 détenus en cinq jours. Cela suffit à nous montrer le nombre de personnes prêtes à sortir dans la rue et à exprimer leur point de vue.”

Plus de 3 100 arrestations à Moscou, plus de 2 000 à Saint-Pétersbourg, une centaine à Iekaterinbourg, et quelques dizaines dans d’autres villes moins peuplées du pays, précise une publication Facebook de l’ONG, mardi. La répression n’empêche pas des milliers de Russes de braver la loi pour afficher leur rejet de la guerre, mais dans ce pays de quelque 144 millions d’habitants, l’immense majorité de ceux qui s’opposent à la guerre préfère faire profil bas. Un phénomène que Grigory Durnovo justifie par la vague de répression constatée en 2021 contre la société civile  en Russie, et les poursuites pénales engagées contre des personnes ayant participé aux manifestations du début de l’année 2022. “Cela a vraiment eu un impact significatif sur les gens, ils sont devenus plus calmes”, dit-il à France 24.

Twitter, Signal, Telegram… les bases arrière du mouvement antiguerre

Bien souvent gouvernés par la peur, les protestataires trouvent donc des biais pour manifester leur opposition à la guerre tout en restant sous les radars.

“Les contacts entre protestataires se font principalement sur Twitter et Telegram”, affirme Stanislav, qui dépeint avant tout des réseaux de solidarité. Sur ces groupes, les membres partagent des informations de médias indépendants (notamment de la chaîne de télévision en ligne Dojd), relayent des actions et des pétitions, mais soutiennent aussi les manifestants arrêtés par la police. “Nous les aidons à payer les amendes, et nous trouvons aussi des avocats pour les aider”, ajoute-t-il.

En fonction des chefs d’accusation, précise OVD-Info sur son site, les risques encourus par les manifestants vont “de 2 000 à 300 000 roubles d’amende (de 17 à plus de 2 500 euros, NDLR) et jusqu’à 30 jours de détention”.

(Cliquez ici pour une version de cet article en anglais).

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Can the peace movement help stop the war in the Ukraine?

How can we be sure to get news about peace demonstrations?

Ne pouvant s’appuyer sur la transparence des médias officiels concernant les manifestations, OVD-Info reçoit les informations directement du terrain et des détenus eux-mêmes. “Ils nous appellent via notre numéro d’assistance téléphonique ou envoient des messages à notre bot Telegram”, explique Grigory Durnovo. “Nous leur demandons de nous indiquer le nombre de détenus dans un bus de police ou dans un commissariat, leurs noms, le nom de la ville, et toute autre information significative, comme d’éventuels cas de violences.”

Ces informations sont recoupées et enrichies avec d’autres sources d’informations, ajoute l’analyste, évoquant les médias indépendants et les chaînes Telegram, et dans une moindre mesure les déclarations des responsables de la police (qui doivent être comparées avec les données récupérées par ailleurs).

“Les ‘médias officiels’ mentionnent parfois les manifestations antiguerre, mais très brièvement, et nous ne pouvons pas les utiliser comme source car ils ne disent pas tout.” Parfois, nous pouvons citer le nombre de détenus à partir des déclarations des responsables de la police, en le comparant avec nos données.

Une pétition recueille plus d’un million de signatures

Outre les ONG, des groupes de citoyens tentent de porter la voix des “antiguerre”, profitant de leur profession ou de leur notoriété, en s’aidant des réseaux sociaux ou en trouvant appui sur les médias indépendants.

De nombreuses pétitions et lettres ouvertes circulent depuis le début du conflit : des avocats russes  mettent en avant la violation par la Russie de la Charte des Nations unies ; des traducteurs de langue ukrainienne ou russe vers l’anglais  déplorent quant à eux que “le régime russe essaie de justifier l”attaque’ militaire en falsifiant l’Histoire et en déformant le sens de concepts culturels et historiques clés” ; sur YouTube, des scientifiques russes ont, eux, posté une vidéo  pour manifester leur opposition à la guerre.

Mais l’initiative la plus significative demeure la pétition intitulée “Arrêtez la guerre avec l’Ukraine !”, lancée par Lev Ponomarev, militant politique russe engagé dans la défense des droits de l’Homme. Le texte, qui appelle les citoyens russes à dire “non” à la guerre, dépassait mardi le million de signatures.

La pétition demande notamment “un cessez-le-feu immédiat des forces armées russes et leur retrait immédiat du territoire de l’État souverain d’Ukraine”.

Selon Lev Ponomarev, si un million de signatures sont réunies, cela signifie que des dizaines de millions de personnes sont opposées à la guerre contre l’Ukraine, compte tenu des difficultés voire de l’impossibilité pour beaucoup de Russes d’accéder à Internet.

“Sur Internet, les restrictions peuvent être contournées”

Sur les réseaux sociaux, de nombreux messages témoignent aussi bien de la vigueur qu’ont certains Russes à manifester leur opposition à la guerre et au gouvernement, que de leur réticence à aller la clamer dans la rue.

“En Occident, les étrangers écrivent sur les réseaux sociaux ‘Il n’appartient qu’aux Russes d’arrêter le dictateur’, mais comment diable ? Ce monstre écrasera toute protestation”, peut-on lire dans les commentaires sous un post Facebook.

“Mes amis sont sortis manifester à Moscou aujourd’hui avec des pancartes. Personne ne les a rejoints”, regrette une autre internaute, avant d’ironiser dans un autre message : “Vous devez sortir pour chanter des chansons ukrainiennes : le chant choral n’est pas encore interdit !”

Manifester son opposition aux décisions du gouvernement russe semble en effet bien moins risqué sur Internet que dans la rue, malgré les efforts des autorités russes pour tenter de contrôler et censurer certaines ressources en ligne.

Pour tenter de faire taire les voix dissidentes, bien présentes sur la Toile, les autorités ont menacé d’infliger des amendes à plusieurs médias indépendants russes ou de les bloquer s’ils ne supprimaient pas certaines publications sur la guerre en Ukraine, a déclaré l’ONG Human Rights Watch mardi, s’inquiétant de la forte hausse de la censure. Depuis quelques jours, Facebook et Twitter se trouvent eux aussi dans le viseur de Roskomnadzor, le gendarme des communications en Russie, qui limite désormais leur accès.

Toutefois, comme le précise Stanislav, “sur Internet, les restrictions peuvent être contournées”. Nombre de ressources en ligne restent notamment accessibles en utilisant un VPN (réseau privé virtuel), dont l’usage est très répandu. “Le VPN transmet le trafic via les serveurs d’un autre pays que la Russie, où certaines sources d’informations peuvent être bloquées”, ajoute le militant antiguerre d’Azov.

Lui ne peut néanmoins pas se contenter de cette base arrière, et même s’il est seul à chaque fois – ses amis ayant peur de manifester avec lui au grand jour –, il dit vouloir continuer de prendre le risque de sortir dans la rue. Car Stanislav en est convaincu : “Protester uniquement sur Internet ne peut pas aboutir à grand-chose.”

Guerre en Ukraine : le régulateur russe des médias censure les journalistes, sommés de suivre la ligne du Kremlin

LIBRE CIRCULATION DE L’INFORMATION

Un article de Reporters Sans Frontières

Une chape de plomb s’abat sur les journalistes et médias indépendants en Russie. La guerre menée par les autorités sur le territoire ukrainien rend leur travail, auparavant déjà entravé, de plus en plus difficile. Reporters sans frontières (RSF) soutient leurs efforts pour relayer une information fiable dans ce contexte dramatique.


La salle de rédaction de la chaîne de télévision russe indépendante Dozhd (« Pluie »), à Moscou, photographiée le 20 août 2021. (republié de Human Rights Watch

Читать на русском / Lire en russe

Le régulateur russe des médias, le Roskomnadzor, s’érige en “ministère de la Vérité”, comme le souligne   courageusement le Syndicat des journalistes et travailleurs des médias, indépendant. Les mots “guerre”, “attaque” ou “invasion” sont  interdits   dans les médias. Seules les informations issues “de sources officielles russes”, et donc du ministère de la Défense, sont autorisées. Et celles sur les pertes de l’armée ou le moral des troupes sont  classifiées  depuis octobre dernier, au risque de poursuites pénales et d’inscription sur le registre des “agents de l’étranger”.
 
Le Roskomnadzor a ainsi  bloqué  lundi au moins six médias en ligne à cause de leur couverture de la guerre : Nastyaschee Vremia, chaîne de télévision en ligne fondée par le média américain Radio Free Europe/Radio Liberty (RFE/RL), Krym Realii, une autre filiale de RFE/RL en Crimée, le média d’opposition The New Times, le journal étudiant  Doxa, la version russe de l’agence de presse Interfax-Ukraine et le site d’information ukrainien pro-gouvernemental Gordon.

“La guerre de l’information bat son plein en Russie même, souligne la responsable du bureau Europe de l’Est et Asie centrale de RSF, Jeanne Cavelier. Le président Vladimir Poutine a besoin de mettre tous les médias en ordre de bataille pour justifier auprès des citoyens russes l’invasion de l’Ukraine, en dissimulant les victimes du conflit. Mais l’époque de la Pravda est révolue. RSF soutient les médias indépendants délivrant des informations fiables dans ce contexte dramatique.” 
 
Poursuites judiciaires
 
Le régulateur poursuit   également au moins dix médias pour “diffusion de fausses informations”, dont la radio Écho de Moscou, le site d’information populaire Mediazona, la chaîne de télévision Dojd ou encore le journal d’investigation Novaïa Gazeta. Tout un symbole, son directeur de publication, le Prix Nobel de la Paix Dmitri Mouratov, a appelé dans une  vidéo  à un grand mouvement anti-guerre et a décidé de faire paraître son édition du 26 février en russe et en ukrainien, en signe de solidarité. C’est probablement pour avoir diffusé ce message comportant le mot “guerre” sur son site internet que le magazine professionnel Journaliste est également poursuivi – bien qu’il ait supprimé la vidéo.

(cliquez ici pour l’article en anglais ou cliquez ici pour l’article en espagnol.)

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Free flow of information, How is it important for a culture of peace?

How can we be sure to get news about peace demonstrations?

Ces supports diffusent des informations “sur le bombardement de villes ukrainiennes et la mort de civils en Ukraine à la suite des actions de l’armée russe, ainsi que des documents dans lesquels l’opération en cours est qualifiée d’attaque, d’invasion ou de déclaration de guerre”, s’offusque le Roskomnadzor.
 
D’autres médias ont reçu des avertissements du Roskomnadzor, et craignant le blocage du site et la condamnation à une amende allant jusqu’à cinq millions de roubles (plus de 50 000 euros), ont été forcés de supprimer les contenus qui déplaisent au pouvoir. C’est le cas de Prospekt Mira, un média en ligne basé à Krasnoïarsk, en Sibérie, pour un article évoquant des explosions dans des villes ukrainiennes.
 
Les réseaux sociaux sont également visés. Des fournisseurs d’accès à internet ont limité   l’accès à Twitter. Le Roskomnadzor a commencé à restreindre l’accès à Facebook, comme annoncé   vendredi, après la décision de la plateforme de limiter les résultats de recherche sur les publications de certains médias d’État et pro-pouvoir. Le fondateur de la messagerie sécurisée Telegram, Pavel Dourov, a quant à lui  envisagé  de restreindre l’accès à sa plateforme en Ukraine et en Russie en raison de la propagation incontrôlée d’informations fausses par de nombreuses chaînes, avant de se rétracter.
 
Arrestations de journalistes
 
Des journalistes ont été arrêtés pour cause de sujets liés au conflit. Polina Oulanovskaïa, du média en ligne SotaVision, ainsi qu’au moins trois autres reporters de sites d’information locaux, Valeria Doulskaïa, de 93.ru, Valeria Kirsanova et Nikita Zyrianov de Yuga.ru, ont été brutalement appréhendés dimanche alors qu’ils couvraient une manifestation contre la guerre à Krasnodar, dans le sud-ouest du pays. Ils ont été libérés   dans la soirée.
 
Même scénario dans le centre de Moscou, le 24 février, pour une équipe de Radio Svoboda, la filiale russe du média américain RFE/RL. Ivan Voronine, Artiom Radyguine et Nikita Tatarskiy sont  restés  six heures au poste de police, relâchés sans inculpation après l’intervention de leurs avocats.
 
Près de la frontière ukrainienne, à Belgorod, ce sont deux journalistes de Novaïa Gazeta, Ilya Azar et Ivan Jiline, le correspondant de Radio Svoboda (la filiale russe du média américain RFE/RL) Sergueï Khazov-Kassia et le caméraman Andreï Kisselev qui ont été  détenus   plus de 2 heures au poste de police samedi. Ils préparaient un reportage sur une manifestation contre la guerre.
 
Entrés dans un hôpital pour poser des questions sur des blessés qui y auraient été transportés, les deux reporters de Novaïa Gazeta ont été priés par un garde de quitter le bâtiment, racontent-ils dans un  article   paru le même jour. “La veille, une collègue de Belsat (chaîne biélorusse en exil, ndlr) a été malmenée dans ce même hôpital et contrainte de supprimer toutes ses photos. Elle dit qu’elle en a vu plus que nous”, précisent-ils.
 
Pressions
 
Premiers impactés par cette chape de plomb imposée par le pouvoir, les journalistes de médias indépendants n’ont pas hésité à manifester, malgré les risques. Certains ont été arrêtés par la police parce qu’ils brandissaient une pancarte contre la censure dans l’espace public, en solo, l’unique moyen de protestation autorisé. D’autres subissent des pressions. La responsable du bureau étranger du quotidien économique Kommersant, Elena Tchernenko, a par exemple été exclue du pool de journalistes accrédités au Kremlin pour avoir publié une lettre ouverte signée par plus de 300 journalistes pour s’opposer à la guerre.
 
De leur côté, les médias d’État se mettent en ordre de bataille. La chaîne télévisée Rossiya 1 a décidé dimanche d’accroître considérablement le temps d’antenne des émissions déroulant la propagande du pouvoir, comme le talk-show du présentateur Vladimir Soloviev, i sous sanction . “En Russie, les autorités et les journalistes russes qui ne soutiennent pas Poutine doivent être purghttps://rsf.org/fr/classementés”, a-t-il déclaré lors de son  émission  du 24 février.
 
La Russie occupe la 150e place sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse de RSF.

Une lettre ouverte de scientifiques et de journalistes scientifiques russes contre la guerre avec l’Ukraine

DÉSARMEMENT & SÉCURITÉ .

Publié sur le site russe TrV-science (variante de Troie – Science) (traduit du russe par Google Translator)

Également publié en russe sur les sites Web russes suivants au 25 février :: Colta; Polit; Postimees; Echomsk radio; TJournal; Dozhd TV Rain; Ostro b; MIGNEWS; KO ; Vesma Today; News2.


Illustration tirée de Postimees

Et en russe sur d’autres sites :

Ekho Kavkaza; Exclusive, Kazakhstan; Delfi, Italy; Natali-Ya Live Journal Digest No. 349; Exler blog; Kalakazo Live Journal; ZDG, Moldova; Palestinets 1977 Live Journal; Yulkar Live Journal.

Une lettre ouverte de scientifiques et de journalistes scientifiques russes contre la guerre avec l’Ukraine

Avec 502 commentaires et plus de 370 signatures au 24.02.2022

Nous, scientifiques et journalistes scientifiques russes, déclarons une forte protestation contre les hostilités lancées par les forces armées de notre pays sur le territoire de l’Ukraine. Cette étape fatale entraîne d’énormes pertes humaines et sape les fondements du système établi de sécurité internationale. La responsabilité de déclencher une nouvelle guerre en Europe incombe entièrement à la Russie.

Il n’y a aucune justification rationnelle à cette guerre. Les tentatives d’utiliser la situation dans le Donbass comme prétexte pour lancer une opération militaire n’inspirent aucune confiance. Il est clair que l’Ukraine ne constitue pas une menace pour la sécurité de notre pays. La guerre contre elle est injuste et franchement insensée.

L’Ukraine a été et reste un pays proche de nous. Beaucoup d’entre nous ont des parents, des amis et des collègues scientifiques vivant en Ukraine. Nos pères, grands-pères et arrière-grands-pères ont combattu ensemble contre le nazisme. Déclencher une guerre au nom des ambitions géopolitiques des dirigeants de la Fédération de Russie, motivés par des fantasmes historiosophiques douteux, est une trahison cynique de leur mémoire.

Nous respectons le statut d’État ukrainien, qui repose sur des institutions démocratiques réellement fonctionnelles. Nous traitons le choix européen de nos voisins avec compréhension. Nous sommes convaincus que tous les problèmes dans les relations entre nos pays peuvent être résolus pacifiquement.

Après avoir déclenché la guerre, la Russie s’est vouée à l’isolement international, à la position de pays paria. Cela signifie que nous, scientifiques, ne pourrons plus faire notre travail normalement : après tout, mener des recherches scientifiques est impensable sans une pleine coopération avec des collègues d’autres pays. L’isolement de la Russie du monde signifie une nouvelle dégradation culturelle et technologique de notre pays en l’absence totale de perspectives positives. La guerre avec l’Ukraine est un pas vers nulle part.

Il est amer pour nous de constater que notre pays, qui a contribué de manière décisive à la victoire sur le nazisme, est devenu aujourd’hui l’instigateur d’une nouvelle guerre sur le continent européen. Nous exigeons l’arrêt immédiat de toutes les opérations militaires dirigées contre l’Ukraine. Nous exigeons le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’État ukrainien. Nous exigeons la paix pour nos pays.

Les signatures continuent d’arriver, on en rajoute autant qu’on peut (maintenant il y en a plus de 370) :

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour une version anglaise de cet article.)

 

Question for this article:

Can the peace movement help prevent war in the Ukraine?

(. . . suite)

Voici la version originale russe :

Открытое письмо российских ученых и научных журналистов против войны с Украиной
 


24.02.2022 /  502 комментария

Мы, российские ученые и научные журналисты, заявляем решительный протест против военных действий, начатых вооружёнными силами нашей страны на территории Украины. Этот фатальный шаг ведёт к огромным человеческим жертвам и подрывает основы сложившейся системы международной безопасности. Ответственность за развязывание новой войны в Европе целиком лежит на России.

Для этой войны нет никаких разумных оправданий. Попытки использовать ситуацию в Донбассе как повод для развёртывания военной операции не вызывают никакого доверия. Совершенно очевидно, что Украина не представляет угрозы для безопасности нашей страны. Война против неё несправедлива и откровенно бессмысленна.

Украина была и остаётся близкой нам страной. У многих из нас в Украине живут родственники, друзья и коллеги по научной работе. Наши отцы, деды и прадеды вместе воевали против нацизма. Развязывание войны ради геополитических амбиций руководства РФ, движимого сомнительными историософскими фантазиями, есть циничное предательство их памяти.

Мы уважаем украинскую государственность, которая держится на реально работающих демократических институтах. Мы с пониманием относимся к европейскому выбору наших соседей. Мы убеждены в том, что все проблемы в отношениях между нашими странами могут быть решены мирным путём.

Развязав войну, Россия обрекла себя на международную изоляцию, на положение страны-изгоя. Это значит, что мы, учёные, теперь не сможем нормально заниматься своим делом: ведь проведение научных исследований немыслимо без полноценного сотрудничества с коллегами из других стран. Изоляция России от мира означает дальнейшую культурную и технологическую деградацию нашей страны при полном отсутствии позитивных перспектив. Война с Украиной — это шаг в никуда.

Нам горько сознавать, что наша страна, которая внесла решающий вклад в победу над нацизмом, сейчас стала поджигателем новой войны на европейском континенте. Мы требуем немедленной остановки всех военных действий, направленных против Украины. Мы требуем уважения суверенитета и территориальной целостности украинского государства. Мы требуем мира для наших стран.

Подписи продолжают приходить, добавляем по мере сил (сейчас их более 370):

Colombie. La dépénalisation de l’avortement est une victoire pour les droits humains

DROITS DE L’HOMME .

Un article de Amnesty International

La décision de la Cour constitutionnelle colombienne en faveur de la dépénalisation de l’avortement au cours des 24 premières semaines de grossesse est une grande victoire pour les droits humains, a déclaré Amnesty International le 21 février 2022.


Photo de Daniel Romero/Long Visual Press/Universal Images Group via Getty Images

« Nous saluons cette décision comme une victoire historique pour le mouvement des femmes en Colombie qui lutte depuis des décennies pour la reconnaissance de leurs droits. Les femmes, les filles et les personnes susceptibles d’être enceintes sont les seules habilitées à prendre des décisions concernant leur corps. Désormais, au lieu de les sanctionner, les autorités colombiennes devront reconnaître leur autonomie vis-à-vis de leur corps et de leurs projets de vie, a déclaré Erika Guevara-Rosas, directrice pour les Amériques à Amnesty International.

« Après la légalisation de l’avortement en Argentine l’an dernier et la récente dépénalisation au Mexique, cette décision témoigne de l’élan irrépressible de la marée verte en Amérique latine. Nous continuerons de nous battre tant que les droits en matière de sexualité et de procréation de toutes les femmes, les filles et les personnes susceptibles d’être enceintes ne seront pas reconnus sur tout le continent, sans exception. »

(Cliquez ici pour une version espagnole de cet article, ou ici pour une version anglaise.)

Question(s) related to this article:
 
Abortion: is it a human right?

Le 21 février 2022, la Cour constitutionnelle a approuvé la décision de dépénaliser l’avortement au cours des 24 premières semaines de grossesse, à cinq voix pour et quatre contre. Au bout des 24 semaines, l’avortement ne sera légal qu’en cas de risque pour la vie ou la santé de la personne enceinte ou en cas de malformations fœtales potentiellement mortelles, ou lorsque la grossesse résulte d’un viol, d’un inceste ou d’une insémination artificielle non consentie.

« Bien que la dépénalisation de l’avortement au cours des 24 premières semaines soit une avancée cruciale pour le droit à l’avortement en Colombie, ainsi qu’en Amérique latine et aux Caraïbes, personne ne devrait jamais être criminalisé pour avoir avorté. Aussi devons-nous rester mobilisés en faveur de l’accès complet à un avortement sûr et légal en toutes circonstances, en Colombie et dans le monde », a ajouté Erika Guevara-Rosas.

Alors qu’il s’agit d’un droit fondamental établi par la Cour constitutionnelle par le décret C-355 de 2006, l’accès à l’avortement est actuellement inégal et limité en Colombie. On estime que 400 400 avortements sont pratiqués chaque année  dans le pays, et que moins de 10 % le sont légalement, avec une forte concentration de services dans les plus grandes villes.

Non seulement l’avortement légal est beaucoup plus sûr que l’avortement clandestin, mais son coût en Colombie, par rapport à des soins pour un avortement incomplet, est bien moins élevé, lorsqu’il est pratiqué dans des institutions de haut niveau grâce aux techniques recommandées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

La criminalisation de l’avortement exacerbe les inégalités entre les femmes. La grande majorité des personnes signalées pour des avortements clandestins en Colombie vivent dans des zones rurales et près d’un tiers  d’entre elles sont des victimes de violences domestiques, de violences sexuelles ou de dommages corporels. Au lieu d’un cadre offrant de meilleures garanties en termes de droits humains, c’est un cadre de persécution envers les femmes les plus vulnérables qui a prévalu.

De plus, la criminalisation de l’avortement suscite peur et rejet parmi les professionnel·le·s de santé, ce qui les amène à éviter de pratiquer des interruptions de grossesse, par crainte des conséquences sociales et légales auxquelles ils s’exposent.

Bulletin français 1 mars 2022

MILITANTS CONTRE GUERRE EN UKRAINE .

(Note de l’éditeur : ce bulletin a été initialement publié le 21 février avant l’invasion.)

Les médias commerciaux, qui sont plus que jamais, un bras de la culture de guerre, ont claironné que l’Ukraine était sur le point d’être envahie par la Russie dans une guerre ouverte et que les États-Unis et l’OTAN déplaçaient des forces dans les pays tout autour.

Les médias commerciaux n’ont pas fait la moindre mention des déclarations anti-guerre des militants pacifistes dans tous les pays concernés !

Grâce à une recherche minutieuse, nous avons pu trouver ces déclarations. Les voici.

Ukraine : Le Mouvement pacifiste ukrainien a publié une déclaration sur sa page facebook, exigeant

– Le respect de l’accord de paix de Minsk de 2015 ;
– Le retrait de toutes les troupes,
– La suspension de tous les approvisionnements en armes et équipements militaires,
– La suspension de la mobilisation totale de la population pour la guerre, la propagande de guerre et l’hostilité des civilisations dans les médias et les réseaux sociaux.”

et allant au-delà de l’Ukraine ils exigent :
– La désescalade et le désarmement mondiaux
– La dissolution des alliances militaires,
– L’élimination des armées et des frontières qui divisent les peuples.”

Russie : Une lettre ouverte, signée par de nombreux artistes, politiciens et universitaires russes, et même un colonel à la retraite des forces armées, critique ce qu’ils appellent « le parti de la guerre dans la direction russe ». “Un seul point de vue est présenté à la télévision d’État, et c’est le point de vue des partisans de la guerre. Nous entendons parler de menaces et d’agressions militaires contre l’Ukraine par l’Amérique et les pays occidentaux. Mais le plus dangereux est que la guerre est présentée comme acceptable et inévitable. Ils essaient de tromper, de corrompre, de nous imposer l’idée d’une guerre sainte avec l’Occident au lieu de développer notre pays et d’élever notre niveau de vie. La question n’est pas discutée, mais ce sont les gens ordinaires qui devront payer ce prix – un prix énorme et sanglant.”

Ironiquement, le document Google avec la liste complète des signatures est bloqué par Google, avec la déclaration “Vous ne pouvez pas accéder à cet élément car il enfreint nos conditions d’utilisation”.

(Note de la rédaction : plus récemment, à partir du 5 mars, les protestations russes contre la guerre se sont intensifiées, y compris des milliers d’informaticiens, d’enseignants, les directeurs de LUKOIL, la plus grande entreprise privée de Russie, des mathématiciens, des champions d’échecs, des personnalités culturelles et des scientifiques qui ont signées lettres ouvertes ou déclarations contre la guerre.)

États-Unis : L’United National AntiWar Coalition (UNAC), qui regroupe la plupart des principales organisations anti-guerre des États-Unis, a publié un communiqué rappelant que les États-Unis avaient promis aux dirigeants soviétiques à la fin de la guerre froide que l’OTAN ne s’étendrait pas à l’est de l’Allemagne, et critiquant l’Occident pour avoir rompu cette promesse et menacé la Russie.

L’UNAC demande :
– Pas d’armes américaines ni de conseillers militaires pour l’armée ukrainienne ;
– Arrêtez le “cliquetis du sabre américain”;
– Pas de guerre avec la Russie ;
– Gardez l’Ukraine hors de l’OTAN. :

France : Une longue liste d’organisations pacifistes et de syndicats français ont signé une déclaration condamnant « les jeux géopolitiques de la part de la Fédération de Russie, de l’Union européenne, de l’OTAN et d’autres » et demandant :

– Les négociations immédiates pour la désescalade ;
– D’arrêter les menaces, les concentrations de troupes de l’OTAN et de la Russie et les livraisons d’armes à toutes les parties ;
– Un cessez-le-feu en Ukraine et la mise en œuvre des accords existants ;
– Que les Nations Unies soient le cadre privilégié pour élaborer des solutions politiques et diplomatiques pour régler la question ukrainienne.

Royaume-Uni : la coalition Stop the War a publié une déclaration s’opposant à la guerre en Ukraine et critiquant le rôle joué par le gouvernement britannique en parlant continuellement de la menace de guerre, en n’avançant aucune proposition de solution diplomatique, en envoyant des armes en Ukraine et en déployant davantage troupes en Europe de l’Est. Entre autres demandes, la Coalition appelle à “l’arrêt de l’expansion vers l’Est de l’OTAN” et “un nouvel accord de sécurité pour l’Europe qui réponde aux besoins de tous les Etats et peuples”.

Allemagne : une pétition signée par plus de 200 hommes politiques et militants pacifistes allemands déclare qu'”un blâme unilatéral contre la Russie, tel que pratiqué par certains gouvernements occidentaux et dans les principaux médias, est injustifié et prend de plus en plus le caractère d’une propagande de guerre”. La pétition demande :

– Des mesures concrètes de désescalade, pas de fournitures militaires à Kiev,
– Fini la rhétorique de guerre, la politique de confrontation et les sanctions contre la Russie ;
– Un plaidoyer actif pour la mise en œuvre de l’accord de Minsk II, en vertu du droit international ;
– Des négociations avec la Russie sur la base d’un engagement clair en faveur de la détente et du principe de sécurité commune ;
– Plaidoyer actif pour la maîtrise des armements et les négociations sur le désarmement.

En plus de ces déclarations de militants pour la paix, l’European Leadership Network a publié une série actualisée de sept recommandations de grande envergure pour réduire les tensions militaires entre la Russie, les États-Unis et l’OTAN. La déclaration est signées par 26 académiciens russes de premier plan et 49 académiciens de premier plan du Ouest. En plus des académiciens parmi les signataires des États-Unis figurent d’anciens ambassadeurs en Russie, en Ukraine et à l’OTAN, un ancien secrétaire à la Défense et plusieurs amiraux et généraux à la retraite. Du côté russe, il y a aussi des signataires très haut placés en plus des académiciens, dont l’ancien chef des Forces russes de fusées stratégiques, un ancien ministre des Affaires étrangères, un ancien ambassadeur aux États-Unis, un ancien représentant militaire auprès de l’OTAN. et un général à la retraite des forces armées.

Les dirigeants politiques de la Russie, de l’Ukraine, des États-Unis et de l’OTAN écouteront-ils ces voix, même si elles ne se retrouvent pas dans les médias commerciaux ? Nous ne pouvons que l’espérer.

DISARMAMENT ET SECURITÉ

paix

France: La Guerre n’est jamais la solution. Oui à une solution politique négociée.

TOLÉRANCE ET SOLIDARITÉ

pope

Le Pape François: La fraternité est un bouclier contre la haine, la violence et l’injustice 

ÉQUALITÉ HOMMES/FEMMES

women

United Nations : Commission on the Status of Women 2022

LIBERTÉ DE L’INFORMATION

experts

The Expert Dialogue on NATO-Russia Risk Reduction: Seven recommendations

DÉVELOPPEMENT DURABLE

Tchad

Afrique centrale : La sauvegarde du bassin du lac Tchad, un enjeu régional majeur

PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE

olympics

Le Secrétaire général appelle à respecter la Trêve olympique pendant les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2022

DROITS DE L’HOMME

apartheid

Amnesty International : L’apartheid d’Israël contre la population palestinienne : un système cruel de domination et un crime contre l’humanité

ÉDUCATION POUR LA PAIX

chairs

Mexico : Renowned researchers share their experience of the UNESCO Chairs of the Latin American and Caribbean Region

France: La Guerre n’est jamais la solution. Oui à une solution politique négociée.

DESARMAMENT & SECURITE .

Un appel signé par des organisations mentionés en dessous et disponible sur le site web de FSU

Les tensions entre les États-Unis et la Russie – deux puissances nucléaires – atteignent des proportions alarmantes avec des mouvements de troupes russes massifs aux frontières de l’Ukraine d’une part et des livraisons d’armes et envoi de troupes par l’OTAN dans les pays limitrophes d’autre part. Cette politique de confrontation ne peut produire que des perdants.

Nous ne sommes pas à l’abri de provocations qui déboucheraient sur une guerre d’ampleur.

L’Ukraine paie un lourd tribut économique et humain en raison des hostilités nationalistes attisées au niveau international. Ces tensions peuvent avoir des conséquences très négatives pour tous les peuples d’Europe bien au-delà de la zone du conflit, par exemple la flambée des prix du gaz…

Nous choisissons la voie du dialogue et de la paix. Il existe des solutions diplomatiques à la crise.

Nous dénonçons les jeux géopolitiques à l’œuvre tant de la part de la Fédération de Russie, de l’Union Européenne, de l’OTAN et d’autres…

Nous demandons à tous les responsables politiques d’arrêter de suivre la logique militaire et de faire prévaloir l’aspiration des peuples à la paix.

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour une version anglaise de cet article.)

 

Question for this article:

How can the peace movement become stronger and more effective?

(. . . suite)

Tous les peuples sans exception – qui sont confrontés à une crise globale (climatique, sanitaire sociale ..) frappant les plus pauvres , les plus fragiles- n’ont rien à gagner à une nouvelle guerre !

Les priorités pour les peuples et l’avenir de l’humanité se nomment : Paix, climat, justice sociale, réalisation des droits humains, désarmement !

Nous revendiquons :

– Des négociations immédiates pour la désescalade ;

– L’arrêt des menaces, des concentrations de troupes de l’OTAN et de la Russie et des livraisons
d’armes à toutes les  parties ;

– Un cessez-le-feu en Ukraine et la mise en œuvre des accords existants ;

– Que les Nations-Unies soient le cadre privilégié d’élaboration des solutions politiques et diplomatiques pour régler la question ukrainienne.

Sur ces bases nous appelons aux mobilisations les plus larges possibles à compter du 12 février 2022.

Premiers signataires : Le Mouvement de la Paix, FSU, CGT, Enseignants Pour la Paix (EPP), PUGWASH- France, AFCDRP (Association française des communes départements et régions pour la Paix), Appel des Cent Bagnolet, ACCA (Agir contre le colonialisme aujourd’hui), PCF, République et Socialisme, Collectif citoyen pour la paix en Ukraine, Conseil de coordination du Forum des Russes de France, APCV (Association de promotion des cultures du voyage), Parti pour la laïcité et la démocratie en Algérie (PLD), IDRP (Institut de Recherche pour la Paix), Vrede (Mouvement Belge pour la Paix), Union des fédérations de pionniers de France, Abolition des armes nucléaires – Maison de vigilance, Université Européenne de la Paix (UEP), Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), Alerte Otan (Belgique), Pôle de renaissance communiste en France (PRCF), Mouvement pour une Alternative Non Violente (MAN), France Amérique Latine (FAL), La Voix Lycéenne, AFPS Paris-Sud, Collectif Faty KOUMBA (Association des Libertés, Droits de l’Homme et non-violence), FNDIRP44, Mouvement National de Lutte pour l’Environnement (MNLE),ATTAC ,Fondation Copernic

Niger : La presse publique et privée de Dosso organise un méga concert pour la paix et la cohésion sociale

. PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE .

Un article de ANP Agence Nigérienne de Presse

Le collectif des médias publics et privés  de Dosso a organisé, le samedi 05 février, un méga concert dans le cadre de la culture de la paix et de la cohésion sociale au Niger et particulièrement à Dosso.

Il a été animé par plusieurs artistes locaux. Pour donner un cachet particulier à cette manifestation, le collectif de la presse publique et privée de Dosso a fait appel à l’artiste humoriste, ambassadeur de la paix en Afrique, porte flambeau de la parenté à plaisanterie, Adoulaye Segda, plus connu sous son nom d’artiste Djingri Lompo et le roi des arènes, détenteur du sabre national Kadri Abdou dit Issaka Issaka.

A l’appel de ces deux géants de la culture et du sport au Niger, l’arène de lutte Salma Dan Rani qui a abrité les manifestations a fait guichet complet. A midi déjà, l’arène était archicomble, Dosso s’est vidée de sa population au profit de l’arène : personne ne veut se faire raconter le combat palpitant entre l’ambassadeur de la paix et le roi des arènes car Djingri Lompo s’est proclamé vainqueur avant même le début de la compétition.

Après une fatiyah suivie de l’exécution de l’hymne national du Niger, les artistes locaux de Dosso ont présenté leurs prestations. Le moment tant attendu a été l’entrée dans l’arène de l’ambassadeur de la paix Djingri Lompo à dos d’âne sous les applaudissements nourris de la jeunesse qui retrouve son idole : la sécurité a eu du mal à contenir le public

La cérémonie a été rehaussée par la présence des autorités administratives, des cadres régionaux et de nombreux invités.

Prononçant son discours à cette circonstance, le président du collectif de la presse publique et privée, M. Moussa Hamani a remercié la population de Dosso pour “cette grande mobilisation qui démontre son profond attachement à la paix et à la cohésion sociale, des vertus chères à notre pays et à la région de Dosso en particulier”.

(Cliquez ici pour l’article en anglais. )

Latest Discussion

Can festivals help create peace at the community level?

M. Moussa Hamani a, au passage, rappelé la principale vocation de la presse qui est de faire “la visibilité des actions et faits de notre société”.

Mais, aujourd’hui a-t-il affirmé, “la presse a décidé de montrer à la face du monde qu’elle est multidimensionnelle, capable de faire sa propre visibilité”. M. Moussa Hamani a précisé que “c’est le collectif de la presse publique et privée de la région de Dosso qui donne l’exemple à travers ce concert grandeur nature sur un sujet sensible, un sujet universel à savoir la paix et la cohésion sociale dans notre pays”.

“Cette action modeste, mais noble, vise entre autre à accompagner les nombreux  efforts des autorités nigériennes dans la promotion et la consolidation de la paix” a souligné le président du collectif de la presse publique et privée est “une grande première au Niger”.

Elle sera, a-t-il affirmé, “inscrite en lettre d’or dans les annales de l’histoire du peuple nigérien et en particulier celle de la presse nigérienne”.

M. Moussa Hamani a rendu un vibrant hommage aux “forces de défense et de sécurité qui se sacrifient nuit et jour pour assurer notre quiétude et que dieu accueille dans son paradis éternel toutes celles et ceux qui sont tombés sur les champs d’honneur”.

“Parce que la paix n’a pas de prix et que l’union fait la force”, le président du collectif de la presse publique et privé  de Dosso a invité les populations à “s’unir, à former un seul bloc pour barrer la route aux esprits malveillants susceptibles de troubler la paix dans notre pays”.

“Nous devons en outre, a-t-il dit, cultiver et pérenniser la parenté à plaisanterie, cette richesse de notre patrimoine culturel qui véhicule l’union, l’entraide, la cohésion et la paix”.

Le président du collectif de la presse publique et privée de la région de Dosso a remercié Djingri Lompo et Issaka Issaka, ces deux ambassadeurs de la paix et de la cohésion sociale qui ont semé la joie dans les cœurs des dossolais et des nigériens dans leur ensemble ainsi que les artistes locaux qui ont témoigné leur engagement pour la paix au Niger.

M. Moussa Hamani a également adressé aux autorités administratives et coutumières, les hautes personnalités, les cadres régionaux, les partenaires et autres bonnes volontés, ainsi que les scolaires les reconnaissances du comité d’organisation pour leur soutien ayant permis la réussite du spectacle.

Afrique centrale : La sauvegarde du bassin du lac Tchad, un enjeu régional majeur

. . DEVELOPPEMENT DURABLE . .

Un article de The Conversation (republié sous licence Creative Commons.)

Situé au carrefour de cinq pays de l’Afrique (Centre et Ouest) – Cameroun, Tchad, République centrafricaine, Niger et Nigeria –, le bassin du Lac Tchad représente une source d’eau importante et vitale partagée plus de 40 millions d’habitants.

Ce bassin abrite une biodiversité ainsi qu’un patrimoine naturel et culturel extrêmement précieux. Des systèmes de productions riches et variés construits sur des usages diversifiés de l’espace, ainsi que des conventions locales anciennes, attestent d’une exploitation rationnelle des ressources naturelles.


Pêcheurs sur les rives du lac Tchad, en 2015 au nord de N’Djamena (Tchad). PHILIPPE DESMAZES / AFP

Depuis quelques décennies, cet espace est malheureusement en proie à un déséquilibre anthropo-écologique, auquel s’ajoutent les changements climatiques amorcés depuis le début des années 1970 ; ces derniers ont conduit à un assèchement progressif du bassin.

On assiste ainsi à une forte pression, voire un usage concurrentiel des ressources naturelles, doublés depuis plus d’une décennie de conflits armés orchestrés par la secte de Boko Haram. La présence de ce groupe dans le bassin a exacerbé le trafic illégal de bois, le braconnage des espèces protégées et les conflits agropastoraux.
Une situation qui conduit à des migrations importantes de populations.

Des « réserves de biosphère » pour préserver les ressources

Les défis qui se posent actuellement au bassin du Lac Tchad sont de trois ordres.
Un défi sécuritaire pour la restauration de la paix et de la sécurité dans les pays du bassin du Lac Tchad ; un défi écologique, avec la conservation de la biodiversité, la gestion des écosystèmes et leur réhabilitation ; un défi socio-économique, pour la relance des activités agricoles, pastorales et piscicoles, la réduction de la pauvreté, la planification participative et la gouvernance inclusive.

Pour sauvegarder et gérer durablement les ressources hydrologiques, biologiques et culturelles de cette zone, contribuer à la réduction de la pauvreté et promouvoir la paix, les cinq États du bassin ont décidé d’appliquer le modèle des « réserves de biosphère » transfrontières et des sites du Patrimoine mondial.

C’est dans cette optique que l’Unesco, dans le cadre du projet Biosphère et patrimoine du lac Tchad (BIOPALT), s’est donnée pour mission d’accompagner les cinq États à la préparation de dossiers de nomination de réserves de biosphère nationales et/ou transfrontières et d’un site de patrimoine mondial transfrontalier dans le bassin.

Une démarche participative

Les différentes concertations – nationale, menée par BIOPALT et régionale, conduite par la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT) – ont permis de circonscrire les difficultés majeures du bassin et les attentes des communautés face à ces contraintes.

Pour mener à bien ces initiatives, la démarche participative a été adoptée. Son mode opératoire s’est construit sur quatre composantes principales : connaître, former et renforcer les capacités, réhabiliter et utiliser durablement, gérer et valoriser. Ici, les différentes activités ont été menées en s’appuyant sur des partenaires locaux, mais aussi internationaux.

Le réseau de partenaires du projet est composé de scientifiques (principalement les universités des pays membres de la CBLT, mais aussi d’autres institutions internationales), d’ONG et d’associations. Les travaux conduits sont validés par un conseil scientifique et technique.

Une dizaine d’études sur le bassin du lac Tchad

De 2017 à 2021, treize études ont été réalisées sur la biodiversité, l’hydrologie, la culture et les aspects socio-économiques du bassin. Elles ont permis une meilleure connaissance des risques hydroclimatiques, de la qualité de l’eau, de la diversité biologique et culturelle et enfin de la variabilité et la résilience au climat de cet espace.

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour une version anglaise de cet article..)

Questions for this article:
 

What is the relation between the environment and peace

(. . . suite)

Deux outils ont été élaborés : un portail sur la qualité de l’eau dans le bassin du lac Tchad ; une plate-forme de suivi des inondations et des sécheresses. Ces outils permettent le contrôle de la pollution du lac et de ses affluents ainsi que la surveillance des aléas météorologiques.

Quatre ateliers – organisés autour du suivi des inondations et sécheresses, de la surveillance de la qualité de l’eau du lac Tchad et de la mise en place d’un comité PHI Cameroun – auront permis de former 90 experts.

Quelque 2 000 personnes ont également été formées dans le cadre de la gestion pacifique des ressources naturelles, la prévention des conflits et la conservation durable du lac Tchad. Un master et un MOOC ont d’autre part été créés pour aborder la gestion des réserves de biosphère et des sites du patrimoine mondial.

Enfin, une réserve de biosphère a été créée, deux autres ont été proposées ainsi qu’un site transfrontalier du patrimoine mondial, tandis que deux radios communautaires ont été lancées, participant ainsi à la prévention de l’extrémisme violent, la promotion de la paix, la protection de l’environnement et le développement durable.

Sept activités génératrices de revenus portant sur l’apiculture, la pisciculture, le maraîchage agroécologique, la riziculture et l’arboriculture ont été lancées permettant ainsi à 20 000 bénéficiaires de diversifier leurs sources de revenus et de renforcer leur résilience socio-économique face aux impacts du Covid-19.

Trois techniques de restauration écologiques ont également été développées, permettant la réhabilitation des terres dégradées et l’amélioration des compétences communautaires. Des actions de communication (site web, newsletter et événements) visent à faire connaître le projet.

Si 80 % des activités prévues dans le cadre du plan d’action de BIOPALT ont été réalisées, plusieurs points restent aujourd’hui à concrétiser : la finalisation de quatre publications, la réalisation d’une étude bioécologique et socioéconomique à Kalamaloué (Cameroun), la réalisation d’un atelier régional relatif au patrimoine mondial, la finalisation de MOOC sur les réserves de biosphère et le patrimoine mondial.

Restauration écologique et synergie

Plusieurs perspectives se dessinent dans une seconde phase du projet BIOPALT. La restauration écologique est, par exemple, déjà amorcée et vise à rapprocher les différents usagers du lac et promouvoir la paix et le développement. Des activités génératrices de revenus se sont développées et vont permettre d’une part de procurer des revenus substantiels aux acteurs de terrain et de l’autre de renforcer la gestion communautaire pour conserver la biodiversité et réduire la pauvreté.

La transhumance transfrontalière a elle aussi été promue, fondée sur des accords de gestion pacifique des ressources naturelles et de formations (culture de la paix, PVE). Des écoles pastorales mobiles pourront également être envisagées.

Enfin, une synergie d’action entre éducation et alphabétisation se met en place avec d’autres initiatives, à l’image du Projet de renforcement de l’éducation et de l’alphabétisation (PREAT).

Le projet BIOPALT aura ainsi permis d’obtenir des résultats tangibles dans le domaine de la restauration d’écosystèmes dégradés (mares, plaines dunaires) et la promotion d’activités génératrices de revenus à base d’économie verte.

La formation et le renforcement des capacités sur la gestion pacifique des ressources naturelles, s’appuyant sur « l’approche PCCP » de l’Unesco, a également été développée, tout comme le renforcement de la coopération transfrontalière, de l’intégration régionale et la réalisation de dossiers d’inscription du lac Tchad sur la liste du patrimoine mondial et de création de réserves de biosphère.

Depuis 50 ans, le Programme pour l’homme et la biosphère (MAB) de l’Unesco s’appuie sur l’alliance entre sciences exactes, sciences naturelles et sciences sociales pour trouver des solutions mises en œuvre au cœur de 714 sites naturels d’exception (dans 129 pays) bénéficiant du statut de réserves de biosphère.

Auteurs:

Amadou Boureima, Responsable du Laboratoire d’études et de recherches sur les territoires sahélo-sahariens (LERTESS), Université Abdou Moumouni de Niamey (UAM)

Aristide Comlan Tehou, Chercheur au Laboratoire d’écologie appliquée de la faculté des sciences agronomiques, University d’Abomey-Calavi de Bénin

Daouda Ngom, Professeur titulaire, responsable du Laboratoire d’écologie et d’écohydrologie, Université Cheikh Anta Diop de Dakar

Mallé Gueye, Enseignant-chercheur, département hydrosciences et environnement, Université Iba Der Thiam de Thiès
The Conversation