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Afrique centrale : La sauvegarde du bassin du lac Tchad, un enjeu régional majeur

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Un article de The Conversation (republié sous licence Creative Commons.)

Situé au carrefour de cinq pays de l’Afrique (Centre et Ouest) – Cameroun, Tchad, République centrafricaine, Niger et Nigeria –, le bassin du Lac Tchad représente une source d’eau importante et vitale partagée plus de 40 millions d’habitants.

Ce bassin abrite une biodiversité ainsi qu’un patrimoine naturel et culturel extrêmement précieux. Des systèmes de productions riches et variés construits sur des usages diversifiés de l’espace, ainsi que des conventions locales anciennes, attestent d’une exploitation rationnelle des ressources naturelles.


Pêcheurs sur les rives du lac Tchad, en 2015 au nord de N’Djamena (Tchad). PHILIPPE DESMAZES / AFP

Depuis quelques décennies, cet espace est malheureusement en proie à un déséquilibre anthropo-écologique, auquel s’ajoutent les changements climatiques amorcés depuis le début des années 1970 ; ces derniers ont conduit à un assèchement progressif du bassin.

On assiste ainsi à une forte pression, voire un usage concurrentiel des ressources naturelles, doublés depuis plus d’une décennie de conflits armés orchestrés par la secte de Boko Haram. La présence de ce groupe dans le bassin a exacerbé le trafic illégal de bois, le braconnage des espèces protégées et les conflits agropastoraux.
Une situation qui conduit à des migrations importantes de populations.

Des « réserves de biosphère » pour préserver les ressources

Les défis qui se posent actuellement au bassin du Lac Tchad sont de trois ordres.
Un défi sécuritaire pour la restauration de la paix et de la sécurité dans les pays du bassin du Lac Tchad ; un défi écologique, avec la conservation de la biodiversité, la gestion des écosystèmes et leur réhabilitation ; un défi socio-économique, pour la relance des activités agricoles, pastorales et piscicoles, la réduction de la pauvreté, la planification participative et la gouvernance inclusive.

Pour sauvegarder et gérer durablement les ressources hydrologiques, biologiques et culturelles de cette zone, contribuer à la réduction de la pauvreté et promouvoir la paix, les cinq États du bassin ont décidé d’appliquer le modèle des « réserves de biosphère » transfrontières et des sites du Patrimoine mondial.

C’est dans cette optique que l’Unesco, dans le cadre du projet Biosphère et patrimoine du lac Tchad (BIOPALT), s’est donnée pour mission d’accompagner les cinq États à la préparation de dossiers de nomination de réserves de biosphère nationales et/ou transfrontières et d’un site de patrimoine mondial transfrontalier dans le bassin.

Une démarche participative

Les différentes concertations – nationale, menée par BIOPALT et régionale, conduite par la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT) – ont permis de circonscrire les difficultés majeures du bassin et les attentes des communautés face à ces contraintes.

Pour mener à bien ces initiatives, la démarche participative a été adoptée. Son mode opératoire s’est construit sur quatre composantes principales : connaître, former et renforcer les capacités, réhabiliter et utiliser durablement, gérer et valoriser. Ici, les différentes activités ont été menées en s’appuyant sur des partenaires locaux, mais aussi internationaux.

Le réseau de partenaires du projet est composé de scientifiques (principalement les universités des pays membres de la CBLT, mais aussi d’autres institutions internationales), d’ONG et d’associations. Les travaux conduits sont validés par un conseil scientifique et technique.

Une dizaine d’études sur le bassin du lac Tchad

De 2017 à 2021, treize études ont été réalisées sur la biodiversité, l’hydrologie, la culture et les aspects socio-économiques du bassin. Elles ont permis une meilleure connaissance des risques hydroclimatiques, de la qualité de l’eau, de la diversité biologique et culturelle et enfin de la variabilité et la résilience au climat de cet espace.

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Deux outils ont été élaborés : un portail sur la qualité de l’eau dans le bassin du lac Tchad ; une plate-forme de suivi des inondations et des sécheresses. Ces outils permettent le contrôle de la pollution du lac et de ses affluents ainsi que la surveillance des aléas météorologiques.

Quatre ateliers – organisés autour du suivi des inondations et sécheresses, de la surveillance de la qualité de l’eau du lac Tchad et de la mise en place d’un comité PHI Cameroun – auront permis de former 90 experts.

Quelque 2 000 personnes ont également été formées dans le cadre de la gestion pacifique des ressources naturelles, la prévention des conflits et la conservation durable du lac Tchad. Un master et un MOOC ont d’autre part été créés pour aborder la gestion des réserves de biosphère et des sites du patrimoine mondial.

Enfin, une réserve de biosphère a été créée, deux autres ont été proposées ainsi qu’un site transfrontalier du patrimoine mondial, tandis que deux radios communautaires ont été lancées, participant ainsi à la prévention de l’extrémisme violent, la promotion de la paix, la protection de l’environnement et le développement durable.

Sept activités génératrices de revenus portant sur l’apiculture, la pisciculture, le maraîchage agroécologique, la riziculture et l’arboriculture ont été lancées permettant ainsi à 20 000 bénéficiaires de diversifier leurs sources de revenus et de renforcer leur résilience socio-économique face aux impacts du Covid-19.

Trois techniques de restauration écologiques ont également été développées, permettant la réhabilitation des terres dégradées et l’amélioration des compétences communautaires. Des actions de communication (site web, newsletter et événements) visent à faire connaître le projet.

Si 80 % des activités prévues dans le cadre du plan d’action de BIOPALT ont été réalisées, plusieurs points restent aujourd’hui à concrétiser : la finalisation de quatre publications, la réalisation d’une étude bioécologique et socioéconomique à Kalamaloué (Cameroun), la réalisation d’un atelier régional relatif au patrimoine mondial, la finalisation de MOOC sur les réserves de biosphère et le patrimoine mondial.

Restauration écologique et synergie

Plusieurs perspectives se dessinent dans une seconde phase du projet BIOPALT. La restauration écologique est, par exemple, déjà amorcée et vise à rapprocher les différents usagers du lac et promouvoir la paix et le développement. Des activités génératrices de revenus se sont développées et vont permettre d’une part de procurer des revenus substantiels aux acteurs de terrain et de l’autre de renforcer la gestion communautaire pour conserver la biodiversité et réduire la pauvreté.

La transhumance transfrontalière a elle aussi été promue, fondée sur des accords de gestion pacifique des ressources naturelles et de formations (culture de la paix, PVE). Des écoles pastorales mobiles pourront également être envisagées.

Enfin, une synergie d’action entre éducation et alphabétisation se met en place avec d’autres initiatives, à l’image du Projet de renforcement de l’éducation et de l’alphabétisation (PREAT).

Le projet BIOPALT aura ainsi permis d’obtenir des résultats tangibles dans le domaine de la restauration d’écosystèmes dégradés (mares, plaines dunaires) et la promotion d’activités génératrices de revenus à base d’économie verte.

La formation et le renforcement des capacités sur la gestion pacifique des ressources naturelles, s’appuyant sur « l’approche PCCP » de l’Unesco, a également été développée, tout comme le renforcement de la coopération transfrontalière, de l’intégration régionale et la réalisation de dossiers d’inscription du lac Tchad sur la liste du patrimoine mondial et de création de réserves de biosphère.

Depuis 50 ans, le Programme pour l’homme et la biosphère (MAB) de l’Unesco s’appuie sur l’alliance entre sciences exactes, sciences naturelles et sciences sociales pour trouver des solutions mises en œuvre au cœur de 714 sites naturels d’exception (dans 129 pays) bénéficiant du statut de réserves de biosphère.

Auteurs:

Amadou Boureima, Responsable du Laboratoire d’études et de recherches sur les territoires sahélo-sahariens (LERTESS), Université Abdou Moumouni de Niamey (UAM)

Aristide Comlan Tehou, Chercheur au Laboratoire d’écologie appliquée de la faculté des sciences agronomiques, University d’Abomey-Calavi de Bénin

Daouda Ngom, Professeur titulaire, responsable du Laboratoire d’écologie et d’écohydrologie, Université Cheikh Anta Diop de Dakar

Mallé Gueye, Enseignant-chercheur, département hydrosciences et environnement, Université Iba Der Thiam de Thiès
The Conversation

Le Mouvement de la Paix Appelle Partout en Francel le 6 Novembre 2021 
à Contribuer au Succes de la Journee Mondiale d’action pour le Climat

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Une déclaration par Le Mouvement de la Paix

Déjà le 25 septembre, dans une soixantaine de villes, le Mouvement de la Paix a manifesté pour « la paix, le climat, le désarmement nucléaire, la justice sociale et les droits humains » à travers des appels signés par de nombreuses organisations (voir les textes des appels ci-dessous).

Pour les actions du 6 novembre, à l’occasion de la COP 26 de Glasgow, Le Mouvement de la Paix est signataire de l’appel national Unis pour le climat qui souligne que « Le dérèglement climatique, c’est notre présent à toutes et tous, partout dans le monde. Phénomène global, il appelle des réponses mondiales : baisse massive des émissions de gaz à effet de serre, lutte contre les pollueurs et le système productiviste qu’ils nourrissent, solidarité internationale entre les pays riches et le Sud global, justice sociale et protection des droits humains doivent être les principes directeurs de l’action pour la justice climatique ».

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En plus de ces objectifs Le Mouvement de la Paix, comme l’Onu et des centaines d’organisations au plan mondial, souligne que les actions pour le climat, la paix et les droits humains sont liées et que le défi climatique nécessite une diminution drastique des dépenses militaires mondiales et l’élimination des armes nucléaires qui représentent aussi un danger mortel pour l’humanité.

Nous rappelons à titre d’exemple que le Green Deal européen pour le climat prévoit seulement 100 milliards d’euros par an au plan européen, alors que la cour des comptes européenne préconise 1112 milliards d’euros par an et qu’en une seule année, les dépenses militaires mondiales sont de 1732 milliards d’euros (source Sipri).

C’est dans cette logique et avec le souci d’une parfaite transparence des données que le Mouvement de la Paix comme 180 autres organisations au plan international appelle à signer l’appel international pour que lors de la COP26, les gouvernements s’engagent à réduire significativement leurs émissions de Gaz à effet de Serre (GES) militaires (Les pétitions du moment… | Le Mouvement de la Paix – mvtpaix.org) et qu’au sein du GIEC soit mis en place un groupe de travail spécifique pour mesurer les GES liés aux activités militaires.

Sur ces fondements, Le Mouvement de la Paix appelle partout en France, le samedi 6 novembre 2021, à contribuer au succès de la journée mondiale d’action pour le climat.

Appel unis pour le climat pour le 6 novembre

Appel national unitaire de convergence pour le 25 septembre : paix, climat, désarmement nucléaire, justice sociale et droits humains

Appel du collectif national en marche pour la paix pour le 25 septembre

Dalaba, Guinée : lancement du projet APAC de Didhèrè Foulah à Kaala

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Un article de Guinée Matin

L’Association pour la promotion des initiatives locales « APIL »  a lancé le samedi dernier, 25 septembre 2021, le Projet APAC de Didhèrè Foulah à Kolia, dans la Sous- préfecture de Kaala (une localité située à 20 km de la commune urbaine de Dalaba). La cérémonie a eu lieu en présence du nouveau préfet, Colonel Mohamed Bangoura, des cadres préfectoraux, sous préfectoraux et communaux, rapporte Guineematin.com à travers un de ses correspondants dans la région de Mamou.`

Selon les informations, le projet APAC de Didhèrè Foulah vise à protéger un site au confluent de plusieurs cours d’eau et à l’intersection de plaines et de hauts plateaux pour lui permettre de garder un écosystème viable dans la zone de Dalaba. Son objectif  global est surtout d’appuyer les initiatives locales à la résilience face au COVID-19 par les communautés de l’APAC et contribuer à la conservation et au maintien de l’écosystème de Didhèrè Foulah.

« Nos activités à réaliser se résument au renforcement des capacités des acteurs sur l’environnement, sensibiliser les communautés sur l’importance de l’APAC, doter les communautés en matériels et équipements pour la surveillance de l’APAC, les former en technique d’installation d’une pépinière, les approvisionner en semences et en matériels pour l’agriculture, faire la promotion du l’écotourisme par la construction d’un mausolée et d’un abri pour les touristes, initier d’autres activités pour le développement des nos localités pour que les populations soient indépendantes et éradiquer la pauvreté », a précisé Madame Mariama Diouldé Diallo, présidente de l’APIL.

A la cérémonie de lancement de ce projet dans le district de Hérico, Dr Hassimiou Bah, le secrétaire général de l’APIL, est brièvement revenu sur l’historique de Didhèrè Foulah, autrefois considéré comme un repère et une refuse de démons.

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« Didhèrè Foulah, véritable aire protégée du patrimoine historique est étroitement intégrée aux modes de vie, aux stratégies de gestion des terres et aux identités de la communauté locale,  en ce sens que tous les habitants accordent une attention soutenue à la conservation du site.

Dans les temps, ce site était considéré comme le repère et le refuse des démons et des esprits de la rivière de Tènè. Il s’y trouvait une forêt très épaisse au point que les rayons du soleil ne lui parvenaient presque jamais. C’est là que les Djallonkés venaient pour adorer les esprits. En ce lieu se produisit un évènement si inattendu qu’on baptisa le lieu Didhèrè Foulah. Les païens s’emparent d’Abdoulaye Foulah et décidèrent de l’immoler en l’honneur des esprits du site. Ils voulurent l’égorger, mais le couteau ne put le blesser. Dieu sauva Foulah. Car, son boubou, trop long, fit que sa tête émergea de l’eau et il y vécu un temps (pendant 3 mois ou 12 jours, selon la légende). Alors que Foulah était en vie, les poissons ont rongé son petit orteil droit. Ainsi, jusqu’à nos jours, ses descendants naissent sans un ongle à ce petit orteil. C’est une femme de la famille NDanyebhé qui le sauva des eaux et il survécut et reprit sa lutte pour implanter l’islam », a expliqué Dr Hassimiou Bah.

Au nom des populations locales, le maire de la commune rurale de Kaala, Mamadou Saliou Barry, a salué l’initiative de l’APIL et s’est engagé à accompagner la mise en œuvre du projet APAC pour le bonheur des populations locales.

« L’évènement qui nous réunit ici est le lancement du projet APAC qui doit contribuer à la conservation et le maintien de l’écosystème de Didhèrè Foulah. Notre vaillante population salue vivement la présence de ce projet dans notre commune rurale. Nous allons nous battre pour que ce projet soit une réalité pour le bonheur de nos citoyens et les générations futures », a dit Mamadou Saliou Barry.

Présent à cette cérémonie, le Colonel Mohamed Bangoura, nouveau préfet de Dalaba, s’est réjoui de ce projet et a invité les populations à la culture de la paix.

« Je suis très heureux, quelques jours après ma nomination en qualité de préfet, de lancer un grand projet lié à la résilience à la COVID-19, ayant beaucoup d’actions en vue, dont : la préservation de la biodiversité d’un site protégé, l’aviculture, l’apiculture, la création de pépinières, le maraîchage, l’écotourisme… Je félicite les initiateurs de ce projet et la coopération internationale pour son financement. Braves populations de Kaala, je vous demande de profiter de ce projet en y apportant votre contribution et de tout faire pour le pérenniser. C’est pourquoi je vous exhorte d’unir vos forces et vos initiatives pour que ce projet soit une réussite dans votre localité. Le développement doit être notre ambition. Pour le réussir, il faut instaurer un climat de paix, d’unité et de cohésion sociale entre les différents acteurs au développement », a indiqué Mohamed Bangoura.

A noter que l’association pour la promotion des initiatives locales est une association apolitique à but non lucratif, née de la volonté d’un groupe de personnes soucieuses d’apporter leur contribution dans le processus de lutte contre la pauvreté, surtout en milieu rural.

Argentine : les enseignant·e·s portent la stratégie nationale pour l’éducation environnementale globale

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Un article par Graciela Mandolini pour L’internationale de l’Éducation

Nous vivons une époque historique où s’expriment en permanence des urgences de toutes sortes : environnementales, climatiques, énergétiques, sanitaires, économiques… Toutes convergent vers ce qu’un grand nombre d’auteur·e·s définissent comme une crise de civilisation. La question environnementale donnent le ton et les problèmes environnementaux ont fait irruption dans la sphère scolaire, avec une rapidité et une persistance sans précédent.

Si nous considérons l’éducation comme un processus en évolution permanente, nous pourrions dire que la communauté enseignante en Argentine mène plusieurs actions importantes dans le domaine de l’éducation environnementale globale. Il s’agit notamment de la participation à la conception des programmes scolaires et aux projets et programmes visant à intégrer la dimension environnementale pour le développement durable à l’enseignement et l’apprentissage.

École de formation pédagogique et syndicale

Depuis 25 ans, la Confederación de Trabajadores de la Educación de la República Argentina (CTERA) a mis en place des processus de formation pour le personnel enseignant, centrés sur l’éducation environnementale : formation de troisième cycle et spécialisation en éducation environnementale pour le développement durable en partenariat avec des universités publiques, rencontres présentielles avec le personnel enseignant en activité, projets, programmes et actions dans le domaine de l’éducation environnementale pour les futur·e·s enseignant·e·s du secondaire, ainsi que des activités pratiques, récréatives et didactiques telles que la plantation d’arbres, le compostage, etc.

Le syndicat a travaillé avec conviction sur un projet visant à créer des espaces de consolidation des connaissances pour promouvoir l’échange des savoirs et le développement des compétences, en renforçant la formation du personnel enseignant à tous les niveaux du système éducatif formel, en vue de promouvoir une éducation environnementale pour le développement durable.

Ce thème est l’un des piliers fondamentaux des initiatives promues par l’École de formation pédagogique et syndicale de notre organisation « Marina Vilte ».

Dans un premier temps (fin des années 1990), la CTERA a formulé une proposition de formation, débouchant sur une spécialisation supérieure en éducation environnementale pour le développement durable, en partenariat avec une université publique. Elle offre aujourd’hui au niveau national, via ses sections locales, une formation à plus de 4.000 enseignant·e·s spécialisé·e·s en éducation environnementale.

Pandémie et éducation environnementale

En 2020, pour répondre à la pandémie, après les phases de confinement et, plus tard, de distanciation sociale, des filières de formation pédagogique ont été créées pour permettre d’effectuer des parcours théoriques et conceptuels sur le thème qui nous occupe.

En premier lieu, au travers de dispositifs mis en place à cette fin, le secrétariat à l’éducation de la CTERA et diverses sections locales ont créé des instances de formation appliquant la méthodologie de co-auto-assistance, afin que le personnel enseignant puisse percevoir cela comme une invitation à l’étude et à la formation permanente, sans se sentir contraint par des exigences pouvant entraîner une surcharge de travail en termes d’enseignement. Ces formats pédagogiques ont permis de développer une approche des processus de réflexion sur la pratique éducative, basée sur les intérêts et les motivations personnels, de manière autorégulée.

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Despite the vested interests of companies and governments, Can we make progress toward sustainable development?

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Dans un second temps, et en coordination avec l’INFoD (Institut national de formation du personnel enseignant), la CTERA a élargi la proposition en avançant l’idée d’un cours avec accompagnement.

Dans les deux situations, il a été jugé nécessaire de revoir les conditions particulières inhérentes à la problématisation du programme de formation du personnel enseignant, en fonction des situations analysées, à la complexité des phénomènes que cela entraîne, et aux pratiques en termes de sens, d’intervention, de recherche, d’extension et de transcendance, qui permettent l’interaction dans et avec les communautés d’origine.

Loi Pino Solanas

Le Congrès argentin a récemment adopté la loi nationale sur l’éducation environnementale globale. Cette loi, qui tire son nom du cinéaste argentin Pino Solanas, vise à implanter une politique publique nationale « permanente, transversale et globale » dans tous les établissements scolaires du pays. Celle-ci prévoit l’interdépendance de tous les éléments qui composent l’environnement et interagissent avec ce dernier, le respect et la valeur de la biodiversité, l’équité, la reconnaissance de la diversité culturelle, la protection du patrimoine naturel et culturel et l’exercice du droit à un environnement sain.

La loi propose de créer la stratégie nationale pour l’éducation environnementale globale. Elle favorise la préparation et le développement de stratégies juridictionnelles et permet, en outre, de renforcer l’engagement environnemental intergénérationnel. Elle envisage également la mise en œuvre de mesures d’amélioration institutionnelle dans le programme d’études. Elle affirme que toutes les propositions éducatives doivent être soutenues au travers de l’éducation des jeunes et des enfants. Ce projet met en avant une politique publique qui renforce le paradigme de la participation citoyenne pour la durabilité.

Éducation environnementale, éducation pour la vie

Nous pensons que toute proposition, projet ou programme d’éducation environnementale pour le développement durable que nous mettons en œuvre doit nécessairement interagir avec l’histoire, les trajectoires, les projets institutionnels, ses acteurs et ses perspectives locales et régionales qui lui donneront à la fois son sens et sa singularité.

Une éducation environnementale qui se base sur le paradigme de la pensée environnementale latino-américaine permet de créer un dialogue centré sur les connaissances de la communauté, en récupérant ses voix, trajectoires, attentes, expériences, demandes, préoccupations et propositions pour rendre visibles les problèmes environnementaux sur le territoire, au travers du démantèlement des pratiques devenues habituelles au quotidien, de la création d’un dialogue et de l’articulation des savoirs disciplinaires capables de nous dé-familiariser de nos pratiques et de les re-conceptualiser.

Pour la CTERA, l’éducation environnementale pour le développement durable consiste à définir des critères environnementaux, sensibiliser aux problèmes environnementaux, comprendre la complexité environnementale, créer, émerveiller, faire preuve d’empathie, développer une réflexion interdépendante et tirer des enseignements de la vie.

Il s’agit d’une proposition conceptuelle qui intègre la méthodologie et qui s’entremêle avec cette dernière. Raison pour laquelle il est très important de savoir comment nous rendons le contenu disponible, la manière dont nous présentons la dynamique et les propositions de travail et encourageons la participation, à partir des initiatives suivantes :

* Activités ludiques permettant l’expression de nos sensations, émotions et sentiments-pensées.

* Actions permettant de formuler des propositions où l’identité s’exprime de manière artistique et créative.

* Cérémonies ancestrales qui se concrétisent en montrant le besoin de renouer avec la nature et nous reconnaissant comme des enfants de la Terre Mère.

Participation à des activités de plantation d’arbres, de compostage, de recyclage, de récupération de matériaux, de campements, etc.

Les stratégies didactiques que nous pouvons utiliser en tant que responsables de l’éducation environnementale pour aborder les questions, problèmes et conflits qui nous concernent et nous interpellent constituent un travail continu où convergent une multitude de recherches, dans le cadre d’un processus de rétroaction entre la culture et la nature, le personnel enseignant, les élèves, l’école et la communauté, générant des processus créatifs engagés dans la réalité et favorisant la construction de processus d’enseignement et d’apprentissage visant à réaliser une société basée sur la justice environnementale, sociale et, bien sûr, éducative.

France : Marche pour le Climat: Plusieurs Milliers de Personnes Défilent à Paris

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Un article de BFM TV

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté ce dimanche à Paris pour une loi climat plus ambitieuse, alors que des doutes se font jour sur un référendum pour inscrire la lutte contre le dérèglement climatique dans la Constitution.


Cadre de video de BFM TV

Les manifestants, rassemblés derrière une banderole “Loi climat = échec du quinquennat”, ont rallié la place de le République à celle de la Bastille en passant par le Châtelet.

Emmanuel Macron s’était engagé devant les membres de la Convention citoyenne pour le climat  (CCC) à envoyer aux parlementaires leur proposition de modification de l’article 1 de la Constitution mais, face aux réticences du Sénat sur la formulation (le texte doit être voté dans les mêmes termes par les deux chambres pour pouvoir être soumis à référendum), le JDD affirme que le président a renoncé au scrutin.

L’Elysée a assuré que la modification constitutionnelle n’était “en rien enterrée”, sans évoquer toutefois de référendum.

“Ce dont je suis le garant”, c’est qu'”il n’y aura pas d’abandon. Ce texte va vivre sa vie parlementaire, qui seule permet d’aller au référendum si les sénateurs et les députés s’accordent”, a ensuite insisté le chef de l’Etat, en marge d’un déplacement à Strasbourg.

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“Un rendez-vous raté pour le climat”

Malgré les assurances élyséennes, écologistes, partis de gauche et syndicats y ont vu une preuve de plus des reniements de l’exécutif, alors même qu’ils manifestaient pour dénoncer comme “un rendez-vous raté pour le climat” la loi “climat et résilience” adoptée mardi à l’Assemblée.

Un texte sensé traduire une partie des 149 propositions de la CCC, convoquée par Emmanuel Macron dans la foulée de la crise des gilets jaunes pour réduire de 40% les émissions françaises de gaz à effet de serre “dans un esprit de justice sociale”.

Selon les organisateurs, 115.000 personnes au total ont participé à 163 défilés à travers le pays, dont 56.000 à Paris, soit un peu plus que revendiqué lors du précédent mouvement fin mars, juste avant le début de l’examen de la loi climat. Les comptages de la police n’étaient pas immédiatement disponibles.

“Il s’agit de continuer à dénoncer le manque d’ambition de la loi climat et, depuis ce matin, l’abandon quasi certain du référendum qui constitue une reculade de plus”, a résumé le réalisateur et militant Cyril Dion, “garant” de la CCC, présent dans le cortège parisien dernière une banderole “Loi climat = échec du quinquennat”.

Des rassemblements ont aussi eu lieu à Besançon, Chartres, Cherbourg, Lannion, Laval, Lille, Martigues, Nantes, Quimper, Saint-Brieuc, Strasbourg ou encore Valenciennes…

La droite a elle accusé le chef de l’Etat “d’hypocrisie”, sur fond de tension autour des prochaines régionales et de tentative d’OPA macroniste sur l’électorat de droite modéré en vue de 2022.

“Avant même que le Sénat n’ait voté quoi que ce soit et que la discussion avec l’Assemblée nationale ne s’engage, Emmanuel Macron nous accuse de blocage pour justifier l’annulation d’un référendum dont il ne voulait pas”, a tweeté le chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau.

Cameroun : Une radio pour la protection de la réserve de biosphère de Waza

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Un article de L’UNESCO

La biosphère de Waza, la plus ancienne du Cameroun, est située dans le bassin du lac-Tchad, dans la région de l’Extrême-Nord. Elle est classée en réserve de forêt, réserve de faune, parc national et sanctuaire. Ce statut particulier a justifié son reclassement en 1979 au rang de réserve de biosphère, reconnue par l’UNESCO.



Avec ses 170 000 hectares de superficie, la biosphère de Waza offre les conditions idéales pour proposer un écotourisme de qualité, notamment grâce à la nombreuse présence sur place d’éléphants, de girafes, d’importantes colonies de différentes espèces d’oiseaux et de félins, au rang desquels les lions. Malheureusement, la biosphère de Waza est également considérée comme un lieu dangereux car parcourue par des groupes terroristes qui constituent une menace pour la cohésion sociale.

La biosphère de Waza, cette richesse touristique du Cameroun, subit depuis quelques années, une dégradation consécutive à la présence et/ou à l’action conjuguée des communautés riveraines sur son patrimoine biologique, hydraulique et culturel. En dépit d’une certaine implication de ces mêmes communautés à la gestion de Waza, il perdure un difficile compromis au regard des besoins directs des riverains et des exigences de gestion durable de cette biodiversité riche mais fragile.

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How can tourism promote a culture of peace?

Islamic extremism, how should it be opposed?

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Près de 30 années après la convention de Rio sur la diversité biologique, la nécessité de gérer de manière durable les ressources de la biodiversité apparaît plus que jamais prioritaire. Dans cet élan, les initiatives visant à rendre opérationnel le concept de gestion durable se sont multipliées.

C’est dans ce cadre que s’inscrit le Bureau régional de l’UNESCO pour l’Afrique centrale, dans sa démarche d’accompagnement des pays du bassin du Lac-Tchad (Cameroun, Niger, RCA et Tchad), pour le renforcement de la résilience des communautés face aux défis sécuritaires et climatiques.

L’UNESCO, par le biais du projet BIOPALT, soutient ainsi la mise en place d’une radio communautaire au niveau de la biosphère de Waza. Pour assurer la réussite de cet appui, l’équipe du projet BIOPALT a effectué une visite d’échange et de partage d’expérience, avec l’équipe locale, qui portait sur les impacts potentiels positifs de l’outil radio de proximité au sein de la communauté. Par ailleurs, l’UNESCO envisage d’autres actions de soutien, notamment la restructuration du bâtiment devant abriter la radio mais également de la formation, l’acquisition d’équipements radiophoniques et leur installation.   

En cette période de pandémie de la COVID-19, la radio apparait plus que jamais indispensable dans la dynamique de mobilisation et d’adhésion des bénéficiaires autour des initiatives locales. Elle facilite également la création de conditions favorables au dialogue, entre les communautés, et améliore la dissémination d’informations utiles aux riverains, afin de promouvoir la culture de la paix et contribuer à l’éducation citoyenne.

Il est attendu de la radio qu’elle accompagne, en outre, les politiques et mesures de lutte contre la pauvreté et la recherche de solutions pour une paix durable, notamment dans le parc et les zones en proie aux attaques de Boko-Haram dans la région.

L’initiative BIOPALT, financée par la Banque Africaine de Développement (BAD), met un accent particulier sur la transmission des connaissances et le partage d’expériences afin d’encourager les populations riveraines à l’adoption et la mise en valeur des pratiques de développement durable pour préserver la réserve de biosphère et améliorer le bien-être socio-économique des communautés locales.

France: L’Affaire du Siècle et la Marche du Siècle : Victoire historique pour le Climat !

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Un article de CDURABLE

Deux ans après cette mobilisation incroyable [Marche-du-Siecle – Voir CPNN 17 mars 2019], la justice vient de reconnaître que l’inaction climatique de l’État est illégale et que c’est une faute qui engage sa responsabilité.


Video, Victoire historique pour le climat

Quatre associations, Notre Affaire à Tous, la Fondation pour la Nature et l’Homme, Greenpeace France et Oxfam France ont décidé, au nom de l’intérêt général, d’attaquer l’Etat français en justice pour qu’il respecte ses engagements climatiques et protège nos vies, nos territoires et nos droits. C’est l’Affaire du Siècle. Notre printemps 2019 devait être climatique et social. Le 15 mars 2019, la jeunesse était en grève partout en France et dans le monde. Le 16 mars, nous marchions ensemble, pour dire « ça suffit ! » et demander des changements immédiats. Deux ans après cette mobilisation incroyable qui a porté l’Affaire du Siècle, nous avons gagné ! La justice vient de reconnaître que l’inaction climatique de l’État est illégale, que c’est une faute, qui engage sa responsabilité.

C’est une victoire historique pour le climat ! Et cette victoire, c’est grâce à vous, grâce aux 2,3 millions de personnes qui soutiennent l’Affaire du Siècle.

Le tribunal administratif de Paris a rendu ce mercredi 3 février 2021 son jugement tant attendu dans l’Affaire du Siècle. Après deux ans de mobilisation et de rebondissements, la justice reconnaît la responsabilité de l’État français dans la crise climatique !

C’est un jour historique, particulièrement dans cette période où les occasions de se réjouir se font si rares. L’État est jugé responsable de préjudice écologique, et son non-respect de ses engagements à réduire les émissions de gaz à effet de serre est désormais illégal !

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Despite the vested interests of companies and governments, Can we make progress toward sustainable development?

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Avec ce jugement, dès maintenant, des victimes directes des changements climatiques en France vont pouvoir demander réparation. L’État peut donc s’attendre à faire face à une pression inédite pour enfin agir contre les dérèglements climatiques.

Pour autant, l’histoire de l’Affaire du Siècle n’est pas encore terminée. Le tribunal doit maintenant décider s’il ordonne à l’État de prendre des mesures supplémentaires pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre et respecter ses engagements pour le climat. Une nouvelle audience aura lieu au printemps.

D’ici là, nous allons déposer de nouveaux arguments pour démontrer que les actions prévues par l’État sont insuffisantes et que la justice doit contraindre l’État à lutter efficacement et concrètement contre le dérèglement climatique ! L’État peut également faire appel de ces décisions. Et cela n’empêche pas de se réjouir déjà de cette étape décisive pour la justice climatique !

Avec ce jugement extraordinaire, dès aujourd’hui, des victimes directes des changements climatiques en France vont pouvoir demander réparation à la France. L’État va donc faire face à une pression inédite pour enfin agir contre les dérèglements climatiques.

Et maintenant ?

La procédure juridique n’est pas terminée. Le tribunal doit maintenant décider s’il ordonne à l’Etat de prendre des mesures supplémentaires pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre et respecter ses engagements pour le climat. Une nouvelle audience aura lieu au printemps. D’ici là, nous allons déposer de nouveaux arguments pour démontrer que les actions prévues sont insuffisantes et que la justice doit contraindre l’Etat à lutter efficacement et concrètement contre le dérèglement climatique ! L’Etat peut également faire appel de ces décisions.

Comment est-ce que vous pouvez agir ?

Partagez la vidéo de cette victoire historique avec vos proches, sur Facebook, sur Twitter, sur Instagram, envoyez-leur cet email… Ensemble, aujourd’hui, nous avons remporté une victoire cruciale face à l’urgence climatique. Mais ce n’est pas fini, la mobilisation doit continuer pour obliger l’Etat à agir.

Merci pour votre engagement pour la justice climatique,

Clotilde, Cécile, Jean-François Cécile.

Des sociétés fracturées mènent les peuples et la planète vers une collision selon PNUD

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Un article du Programme des Nations Unies pour le Développement

La pandémie de COVID-19 est la crise la plus récente à laquelle le monde est confronté, mais à moins que les êtres humains ne relâchent leur emprise sur la nature, ce ne sera pas la dernière, selon un nouveau rapport du PNUD, qui propose un nouvel indice expérimental du progrès humain tenant compte des émissions de dioxyde de carbone et de l’empreinte matérielle des pays.


Photo: LALS STOCK/shutterstock.com

Le rapport présente un choix difficile pour les dirigeants mondiaux : prendre des mesures audacieuses pour réduire l’immense pression exercée sur l’environnement et le monde naturel, faute de quoi les progrès de l’humanité seront ralentis.

« Les êtres humains exercent sur la planète une pression qui n’a jamais été aussi écrasante. Face à la COVID-19, des températures record et des inégalités croissantes, il est temps d’utiliser cette force pour redéfinir ce que nous entendons par progrès, maintenant que nos empreintes carbone et de consommation sont connues », déclare Achim Steiner, Administrateur du PNUD.

« Comme le montre ce rapport, aucun pays au monde n’a encore atteint un très haut niveau de développement humain sans avoir exercé une pression énorme sur la planète. Mais nous pourrions être la première génération à corriger cette situation. C’est la prochaine étape critique du développement humain », a-t-il déclaré.

Le rapport soutient qu’au moment où les peuples et la planète entrent dans une toute nouvelle époque géologique nommée l’Anthropocène, ou l’ère des êtres humains, il est temps pour tous les pays de repenser leur chemin vers le progrès en tenant pleinement compte des pressions dangereuses que les êtres humains exercent sur la planète, et en éliminant les déséquilibres flagrants de pouvoir et d’opportunités qui empêchent le changement.

Pour illustrer ce point, l’édition du 30e anniversaire du Rapport sur le développement humain, La prochaine frontière : le développement humain et l’Anthropocène, propose un nouveau point de vue expérimental dans son Indice annuel de développement humain (IDH).

En ajustant l’IDH, qui mesure la santé, l’éducation et le niveau de vie d’un pays, avec l’inclusion de deux autres éléments, à savoir les émissions de dioxyde de carbone d’un pays et son empreinte matérielle, l’indice montre comment la situation globale du développement mondial pourrait changer si le bien-être des êtres humains et l’allègement des pressions exercées sur la planète étaient tous deux au cœur de la définition du progrès de l’humanité.

L’IDH ajusté aux pressions planétaires — ou IDHP —, fait ressortir une nouvelle vision du monde, proposant une évaluation moins optimiste, mais plus claire du progrès humain. Par exemple, plus de 50 pays quittent le groupe à très haut développement humain, en raison de leur dépendance aux combustibles fossiles et de leur empreinte matérielle.

Malgré ces ajustements, des pays comme le Costa Rica, la Moldavie et le Panama améliorent leurs classements d’au moins 30 places, mettant en évidence le fait qu’une pression moins forte sur la planète est possible.

« Le Rapport sur le développement humain est un produit important des Nations Unies. À une époque où il est nécessaire d’agir, la nouvelle génération de rapports sur le développement humain, qui met davantage l’accent sur les questions déterminantes de notre époque, telles que le changement climatique et les inégalités, nous aide à orienter nos efforts vers l’avenir que nous voulons », a déclaré Stefan Löfven, Premier ministre suédois, pays hôte du lancement du rapport.

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Selon le rapport, la prochaine étape critique du développement humain exigera de travailler avec et non contre la nature, tout en transformant les normes sociales, les valeurs ainsi que les mesures d’incitation gouvernementales et financières.

Par exemple, de nouvelles estimations prévoient que d’ici 2100, les pays les plus pauvres du monde pourraient connaître jusqu’à 100 jours supplémentaires par an de conditions météorologiques extrêmes en raison du changement climatique — un chiffre qui pourrait être réduit de moitié si l’Accord de Paris sur le changement climatique est pleinement mis en œuvre.

Et pourtant, les combustibles fossiles sont toujours subventionnés : le coût total des subventions publiques pour les combustibles fossiles — en comptant les coûts indirects — est estimé à plus de 5 000 milliards USD par an, soit 6,5 % du PIB mondial, selon les chiffres du FMI cités dans le rapport.

Le reboisement et une meilleure prise en charge des forêts pourraient à eux seuls représenter environ un quart des mesures que nous devons adopter avant 2030 pour empêcher le réchauffement climatique d’atteindre deux degrés Celsius au-dessus des niveaux préindustriels.

« Bien que l’humanité ait réalisé des choses inouïes, il est évident que nous tenions la planète pour acquise, » a déclaré Jayathma Wickramanayake, Envoyée de la Jeunesse du Secrétaire général des Nations Unies. « Partout dans le monde, des jeunes se sont exprimés, reconnaissant que ces pratiques mettent en péril notre avenir collectif. Comme l’indique clairement le Rapport sur le développement humain 2020, nous devons transformer notre relation avec la planète pour rendre durable la consommation d’énergie et de matières, et pour garantir que chaque jeune soit éduqué et habilité à apprécier les merveilles qu’un monde sain peut offrir. »

La façon dont les peuples subissent les pressions planétaires est liée au fonctionnement des sociétés, affirme Pedro Conceição, auteur principal du rapport, et aujourd’hui, des sociétés fracturées mènent les peuples et la planète vers une collision.

Selon le rapport, les inégalités au sein des pays et entre les pays qui sont profondément enracinées dans le colonialisme et le racisme, impliquent que les personnes qui possèdent le plus de richesses profitent des avantages de la nature et en exportent les coûts. Cette situation restreint les possibilités des personnes les moins nanties et diminue leurs capacités à réagir contre ce déséquilibre.

Par exemple, les terres gérées par les peuples autochtones en Amazonie absorbent, par personne, la même quantité de dioxyde de carbone que celle émise par les un pour cent les plus riches de la population mondiale. Cependant, les peuples autochtones continuent d’être confrontés à des difficultés, à des persécutions et à des discriminations et ont du mal, selon le rapport, à se faire entendre lors des prises de décision.

D’autre part, il arrive souvent que la discrimination fondée sur l’appartenance ethnique touche les communautés et les expose à des risques environnementaux élevés tels que les déchets toxiques ou une pollution excessive. Cette tendance, affirment les auteurs, se reproduit dans les zones urbaines à travers les continents.

Le rapport suggère que l’allègement des pressions planétaires qui permettra à tout un chacun de s’épanouir dans cette nouvelle ère exige que l’on diminue les déséquilibres flagrants de pouvoir et d’opportunités qui font obstacle à la transformation.

Selon le rapport, les actions publiques peuvent remédier à ces inégalités, en ayant recours par exemple à une fiscalité de plus en plus progressive ou à des investissements et des systèmes d’assurance préventifs destinés aux communautés habitant le long des côtes, mesure qui peut protéger les vies des 840 millions de personnes exposées au risque d’inondations côtières à travers le monde. Mais il faut un effort concerté pour s’assurer que toutes ces actions n’opposent pas davantage les peuples et la planète.

« La prochaine étape critique du développement humain ne consiste pas à choisir entre les peuples ou les arbres ; il s’agit de reconnaître, aujourd’hui, que le progrès humain impulsé par une croissance inégale et à forte intensité de carbone touche à sa fin », a déclaré Pedro Conceicão.

 « En s’attaquant aux inégalités, en tirant parti des innovations et en travaillant avec la nature, le développement humain pourrait entamer un processus transformationnel destiné à soutenir les sociétés et la planète en même temps  », a-t-il déclaré.
 
Pour en savoir plus sur le Rapport sur le développement humain 2020 et l’analyse du PNUD sur l’IDH expérimental ajusté aux pressions planétaires, consultez report.hdr.undp.org/fr/.

(Merci à Phyillis Kotite, le reporter de CPNN pour cet article.)

À Montréal, manifestation pour la «justice climatique»’

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Un article de la Tribune de Geneva

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi à Montréal pour la «justice climatique». Plusieurs organisations avaient appelé à un rassemblement pour plaider en faveur d’un projet de société «liant l’action écologique à la justice sociale». «Justice sociale, ‘‘climate justice’’, même combat», proclamait une vaste banderole, tandis qu’une autre appelait à une «relance juste et verte».


Le 27 septembre 2019, près d’un demi-million de personnes avaient déjà défilé dans les rues de Montréal. AFP

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Are we seeing the dawn of a global youth movement?

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Le 27 septembre 2019, près d’un demi-million de personnes avaient défilé dans les rues de Montréal avec la militante suédoise Greta Thunberg dans le cadre de la «grève mondiale pour le climat». La marche avait été qualifiée de «plus grosse manifestation de l’histoire du Québec» par l’un des organisateurs.

Paires de souliers d’enfants

Parmi les organisations ayant appelé à la manifestation de samedi, à l’occasion de la journée mondiale de mobilisation climatique, figuraient notamment la coalition étudiante pour un virage environnemental et social (CEVES), «la planète s’invite au parlement» et la «coalition pour le définancement de la police».

La manifestation a débuté devant un monument du centre-ville qui abritait jusqu’à récemment la statue d’un ancien premier ministre du Canada. La statue en bronze de John A. Macdonald, accusé d’avoir mis en œuvre une politique d’assimilation forcée des populations autochtones, avait été jetée à terre à la fin août lors d’un rassemblement contre le racisme.

De nombreuses paires de souliers d’enfants avaient été placées devant le monument pour symboliser les menaces des changements climatiques pour les nouvelles générations.

Travail : Démocratiser, Démarchandiser, Dépolluer

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Un manifeste de Democratizing Work

Le texte suivant a été publié le 16 mai dans 41 publications, dans 36 pays du monde, en 25 langues, y compris dans Le Monde, Die Zeit, The Guardian et The Boston Globe. Il a été signé par plus de 3 000 universitaires de 650 universités du monde entier, listés ici.

(Image de Juan Carlos Marin)

Que nous apprend cette crise ? En premier lieu que les humains au travail ne peuvent être réduits à des « ressources ». Les caissièr.e.s, les livreur.e.s, les infirmièr.e.s, les docteur.e.s, les pharmacien.nes, et toutes celles et ceux qui nous ont permis de continuer à vivre dans cette période de confinement, en sont la démonstration vivante. Cette pandémie nous montre aussi que le travail lui-même ne peut être réduit à une « marchandise ». Les soins de santé, la prise en charge et l’accompagnement des plus vulnérables sont autant d’activités qui doivent être protégées des seules lois du marché, sans quoi nous risquons d’accroître toujours plus les inégalités, jusqu’à sacrifier les plus faibles et les plus démunis. Pour éviter un tel scénario, que faut-il faire ? Permettre aux employés de participer aux décisions. C’est-à-dire démocratiser l’entreprise. Démarchandiser le travail. C’est-à-dire que la collectivité garantisse un emploi utile à toutes et tous. Au moment où nous faisons face à la fois au risque pandémique et à celui d’un effondrement climatique, ces deux changements stratégiques nous permettront non seulement d’assurer la dignité de chacun, mais aussi d’agir collectivement pour dépolluer la planète et la sauver.

Démocratiser. Ceux–et singulièrement celles—qui font partie des personnels essentiels se lèvent chaque matin pour aller servir les autres, particulièrement les personnes racisées, migrantes et les travailleurs de l’économie informelle, pendant que tous ceux qui le peuvent restent confinés. Elles témoignent de la dignité du travail et de l’absence de banalité de leur fonction. Et elles démontrent le fait-clé que le capitalisme a toujours cherché à rendre invisible, cherchant à transformer les humains en « ressource » : il n’y a ni production ni service sans investisseurs en travail.

De leur côté, les confinés – et singulièrement les confinées – mobilisent tout ce qu’ils peuvent pour assurer la poursuite des missions de leur organisation depuis leur domicile. Ils et elles démontrent massivement que ceux qui supposent que le grand enjeu de l’employeur est de garder sous ses yeux le travailleur indigne de confiance, pour mieux le contrôler, se fourvoient grandement. Les travailleurs démontrent chaque jour qu’ils ne sont pas une simple « partie prenante » de l’entreprise parmi d’autres. Ils sont LA partie constituante, pourtant toujours trop souvent exclue du droit de participer au gouvernement de l’entreprise, monopolisé par les apporteurs en capital.

Si l’on se demande sérieusement comment exprimer la reconnaissance des entreprises et de la société dans son ensemble envers les travailleurs, il faudra bien sûr aplatir la courbe des rémunérations et démarrer moins bas, mais ces seuls changements ne suffiront pas. De même qu’après la seconde guerre mondiale, on accorda le droit de vote aux femmes en reconnaissance de leur incontournable contribution, il est aujourd’hui devenu injustifiable de ne pas émanciper les investisseurs en travail en leur accordant la citoyenneté dans l’entreprise. C’est là un changement nécessaire. 

En Europe, la représentation des investisseurs en travail dans l’entreprise a débuté au sortir de la seconde guerre mondiale, au travers des Comités (VARIA FR)/Conseil (VARIA BE) d’entreprise. Mais, ces Chambres de représentation des travailleurs sont restées des organes souvent faibles, soumises à la bonne volonté de l’équipe de direction choisie par les actionnaires. Elles ont été incapables de bloquer la dynamique du capital qui accumule pour lui-même en détruisant la planète. Ces Chambres de représentation des travailleurs doivent désormais être dotées de droits similaires à ceux des Conseils d’administration, afin de soumettre le gouvernement de l’entreprise (le top management) à une double majorité. En Allemagne, aux Pays-Bas et dans les pays scandinaves, des formes de codétermination (mitbestimmung) mises en place progressivement après la seconde guerre mondiale ont représenté une étape cruciale mais encore insuffisante.

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How can we work together to overcome this medical and economic crisis?

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Même aux Etats-Unis, où le droit à la syndicalisation a été combattu, des voix s’élèvent aujourd’hui pour accorder aux investisseurs en travail le droit de se choisir des représentants bénéficiant d’une majorité spéciale au sein des Conseils. Le choix du CEO – ou encore mieux de la CEO – comme celui de la stratégie de l’entreprise ou de la répartition des profits sont des enjeux trop importants pour les laisser aux seuls représentants des actionnaires. Ceux qui investissent leur travail dans l’entreprise, leur santé, en bref leur vie, doivent aussi pouvoir collectivement valider ces décisions.
Même aux Etats-Unis, où le droit à la syndicalisation a été combattu, des voix s’élèvent aujourd’hui pour accorder aux investisseurs en travail le droit de se choisir des représentants bénéficiant d’une majorité spéciale au sein des Conseils. Le choix du CEO – ou encore mieux de la CEO – comme celui de la stratégie de l’entreprise ou de la répartition des profits sont des enjeux trop importants pour les laisser aux seuls représentants des actionnaires. Ceux qui investissent leur travail dans l’entreprise, leur santé, en bref leur vie, doivent aussi pouvoir collectivement valider ces décisions.

Démarchandiser. Cette crise illustre aussi combien le travail ne devrait pas être traité comme une marchandise. Elle démontre que le mécanisme du marché ne peut être laissé seul en charge des choix collectifs fondamentaux. La création de postes dans le secteur des soins aux personnes, l’approvisionnement en matériel de survie, ont été soumis depuis des années à une logique de rentabilité. La crise révèle cet aveuglement. Il existe des besoins collectifs stratégiques qui doivent être immunisés de la marchandisation. Douloureusement, nos dizaines de milliers de morts nous le rappellent aujourd’hui. Ceux qui affirment encore le contraire sont des idéologues qui nous mettent tous et toutes en danger. La logique de rentabilité ne peut pas décider de tout. 

De même qu’il faut protéger certains secteurs des seules lois d’un marché non régulé, il faut aussi assurer à chacun l’accès à un travail qui lui permette d’assurer sa dignité. Une façon d’y parvenir est de créer une garantie d’emploi pour tous (job guarantee), offrant la possibilité à chaque citoyen de bénéficier d’un emploi. L’Article 23 de la Déclaration universelle des droits humains, consacre le droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions de travail équitables et satisfaisantes et à la protection contre le chômage. Dès lors, cette garantie d’emploi permettra non seulement à chacun de vivre dignement, mais aussi collectivement de décupler nos forces pour mieux répondre aux nombreux besoins sociaux et environnementaux auxquels nous faisons face. A la main des collectivités locales, la Garantie Emploi pour tous permettra notamment de contribuer à éviter l’effondrement climatique tout en assurant un avenir digne pour chacun. L’Union européenne doit se donner les moyens d’un tel projet dans le cadre de son Green Deal. En revoyant la mission de sa Banque centrale afin de financer ce programme nécessaire à notre survie, elle se rendra légitime dans la vie de chaque citoyen de l’Union. En apportant une solution contre-cyclique au choc de chômage qui vient, elle démontrera sa contribution à la prospérité sociale, économique et écologique, de nos sociétés démocratiques.

Dépolluer. Ne répétons pas le choix naïf de 2008 : la crise fut l’occasion de sauver les banques en approfondissant l’endettement public, sans qu’aucune condition ne soit mise à ces sauvetages. Si nos Etats interviennent pour sauver des entreprises aujourd’hui, il importe que celles-ci soient mises en conformité avec le cadre général de la démocratie. L’Etat, au nom de la société démocratique qu’il sert et qui la constitue, au nom aussi de sa responsabilité de veiller à notre survie environnementale, doit conditionner son intervention à des changements de cap dans la ligne stratégique des entreprises aidées. Il doit imposer – outre le respect de normes environnementales strictes – des conditions de démocratisation quant au gouvernement interne des entreprises. Car ce sont les entreprises gouvernées démocratiquement qui seront prêtes pour mener la transition écologique, celle dans lesquelles aussi bien les apporteurs de capital que les investisseurs en travail pourront faire entendre leurs voix et décider de concert des stratégies à mettre en œuvre. Cela n’étonnera personne : dans le régime actuel, l’arbitrage capital/travail/planète est toujours défavorable… au travail et à la planète. Les ingénieurs de l’Université de Cambridge, Cullen, Allwood et Borgstein (Envir. Sc. & Tech. 2011 45, 1711–1718) l’ont montré : 73% de la consommation mondiale d’énergie pourraient être économisés grâce à des « modifications réalisables des processus productifs » (achievable design changes). Mais ces changements impliquent une plus grande intensité de main-d’œuvre, et des choix souvent plus coûteux à court terme. Tant que les entreprises sont dirigées au seul profit des apporteurs de capitaux, dans quel sens penchera la décision à l’heure des coûts d’énergie dérisoires ? Malgré les défis de tels changements, certaines entreprises sociales ou coopératives – en poursuivant des objectifs hybrides à la fois financiers, sociaux, et environnementaux et en développant un gouvernement interne démocratique – ont d’ores et déjà démontré la crédibilité d’une telle voie.

Ne nous faisons aucune illusion. Abandonnés à eux-mêmes, la plupart des apporteurs de capitaux ne veilleront ni à la dignité des investisseurs en travail, ni à la lutte contre l’effondrement climatique. Un autre scenario est à portée de main : démocratiser l’entreprise et démarchandiser le travail. Et cela nous permettra de dépolluer la planète.