Résultats positifs de l’UNCSW63 concernant les droits fondamentaux des femmes en matière de systèmes de protection sociale, de services publics de qualité, y compris l’éducation, et d’infrastructures durables

. . . EGALITE HOMMES/FEMMES . . .

Un article de Internationale de l’Education

La délégation des travailleuses, y compris des syndicalistes de l’éducation, se félicite des conclusions concertées de la 63e session de la Commission de la condition de la femme, qui incluent un langage positif sur les systèmes d’éducation et de protection sociale.

Principales avancées concernant la problématique du genre et l’éducation

Les conclusions concertées de la 63e session de la Commission de la condition de la femme (UNCSW63), adoptées le 22 mars, ont donné des résultats satisfaisants concernant la problématique de genre et l’éducation:

* Les paragraphes du préambule comportent trois références importantes à l’éducation

Les espaces éducatifs sont spécifiquement mentionnés dans la liste des sites clés qui nécessitent une action et une attention concernant le harcèlement sexuel. L’éducation de la petite enfance est expressément mentionnée comme « essentielle pour permettre aux femmes d’entrer et de rester sur le marché du travail ».  Les multiples obstacles au droit à l’éducation des filles, basés sur le genre et des plus pernicieux, sont également soulignés.

* Appel aux gouvernements à renforcer les cadres normatifs, juridiques et politiques

Il est fait explicitement référence aux formes de discrimination multiples et croisées auxquelles sont confrontées les femmes et les filles handicapées ainsi que les femmes et les filles autochtones (y compris en ce qui concerne l’éducation), en particulier pour celles vivant dans les zones rurales.

Les gouvernements sont instamment invités à « adopter des politiques et une législation nationales sensibles au genre en matière de migration, qui soient conformes aux obligations pertinentes du droit international, afin de protéger les droits fondamentaux de toutes les femmes et les filles migrantes, quel que soit leur statut, et de reconnaître leurs compétences et leur éducation ».

Une avancée majeure pour l’éducation des femmes est l’appel à éliminer la ségrégation professionnelle en remédiant aux « obstacles structurels, aux stéréotypes de genre et aux normes sociales négatives; en favorisant l’égalité d’accès et la participation des femmes au marché du travail, à l’éducation et à la formation; en aidant les femmes à diversifier leurs choix éducatifs et professionnels dans les domaines émergents et les secteurs économiques en pleine croissance, tels que la science, la technologie, l’ingénierie, les mathématiques ainsi que les technologies de l’information et de la communication; en reconnaissant la valeur des secteurs comptant un grand nombre de travailleuses ».

* Renforcement des services publics pour les femmes et les filles

Un paragraphe clé du document appelle à investir dans les systèmes et infrastructures d’enseignement public, dans l’enseignement primaire et secondaire gratuit et obligatoire, et dans la promotion des possibilités d’apprentissage tout au long de la vie pour tous. Il stipule également que les gouvernements doivent « s’attaquer aux normes sociales négatives et aux stéréotypes de genre dans les systèmes éducatifs, y compris dans les programmes et les méthodologies d’enseignement, qui dévalorisent l’éducation des filles et empêchent les femmes et les filles d’avoir accès à l’éducation et d’achever et de poursuivre leurs études ».

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

(Cliquez ici pour l’article en anglais ou ici pour l’article en espagnol .)

Questions for this article:

Prospects for progress in women’s equality, what are the short and long term prospects?

(. . . suite)

Une autre référence explicite importante est faite aux adolescentes enceintes, aux mères adolescentes et aux mères célibataires, en appelant les gouvernements à adopter des politiques propres à faciliter leur retour et l’achèvement satisfaisant de leurs études.

Principales avancées concernant les systèmes de protection sociale, l’accès aux services publics et les infrastructures durables

La délégation des femmes syndicalistes a également fait pression avec succès pour l’inclusion d’un langage progressiste concernant les systèmes de protection sociale et l’accès aux services publics et aux infrastructures durables. Quelques exemples: des références à l’importance des normes de l’Organisation internationale du Travail (OIT) et des enjeux du travail décent; des mesures visant à renforcer la protection des travailleurs de l’économie informelle et à promouvoir leur formalisation; veiller à ce que le travail de prise en charge d’autrui non rémunéré soit valorisé dans les régimes de cotisation; garantir l’accès au congé de maternité, de paternité et parental payé; promouvoir la responsabilité partagée de la prise en charge entre les parents; et la reconnaissance du fait que l’accès universel à la protection sociale joue un rôle central dans la réduction des inégalités, ainsi que l’accent mis sur la nécessité de progresser concernant les soins de santé universels.

Pour la première fois, les gouvernements ont reconnu le droit à la sécurité sociale, y compris l’accès universel à la protection sociale, et que l’accès des femmes à la protection sociale est souvent limité lorsqu’il est lié à un emploi formel. Les conclusions concertées reconnaissent que les coupes budgétaires et les mesures d’austérité entravent l’accès des femmes à la protection sociale, aux services publics et à des infrastructures durables, en particulier dans les domaines de la santé et de l’éducation. Elles reconnaissent également le lien entre la protection sociale sensible au genre et la prévention de la violence sexiste. Et, surtout, elles s’engagent à fournir aux travailleuses du secteur public un salaire décent.

Une lutte permanente

La délégation des travailleuses, y compris la délégation de l’IE, devra toutefois poursuivre ses efforts pour faire spécifiquement référence aux femmes et aux filles LGBTIQ+ et les inclure dans le document final de la CSW, en 2020.

Certaines demandes n’ont pas été satisfaites, telles que des références aux prestations des survivantes, un langage plus fort concernant la ratification des conventions de l’OIT et un accent mis sur la nécessité de systèmes de protection sociale contributifs et non contributifs.

Malgré des progrès importants, il reste encore des difficultés pour concrétiser pleinement les droits fondamentaux des femmes, dans toute leur diversité, comme le soulignait le communiqué de presse ducaucus des droits des femmes de la CSW. La suppression de la prestation de services aux survivantes de la violence est un sujet de préoccupation majeur, une évolution qui ne correspond pas à la prise de conscience croissante et aux actions entreprises pour réduire et éliminer la prévalence et les conséquences de la violence sexiste à l’égard des femmes. Les États membres n’ont pas non plus pris l’engagement d’intégrer l’orientation sexuelle, l’identité de genre et l’expression de genre dans la conception de la protection sociale, des services publics et des systèmes d’infrastructure. Les conclusions concertées ont également démontré la réticence des gouvernements à réglementer et à demander au secteur privé de rendre des comptes pour sa part de responsabilité dans la défense des droits fondamentaux des femmes.

En ce moment crucial, la CSW doit continuer à permettre à la société civile de s’exprimer dans le cadre de ses délibérations et à renforcer le potentiel de ces négociations pour poursuivre la pratique de la promotion consensuelle des droits fondamentaux des femmes.

A la fin de la première semaine de l’UNCSW63, des milliers, voire des millions, de jeunes du monde entier sont descendus dans la rue pour défiler et manifester pour la justice climatique, y compris devant le siège des Nations Unies à New York. La délégation syndicale de l’UNCSW63 a manifesté de manière solidaire aux côtés des étudiant·e·s.

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