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Extinction Rebellion, peu politique ? « Nous avons occupé le centre de Paris pendant cinq jours ! »

EDUCATION POUR LA PAIX .

Un article de Reporterre

En réponse à ceux qui critiquent la faiblesse politique d’Extinction Rebellion, les auteurs de cette tribune affirment que leur « message politique est dans l’action même : une autre organisation de la société est possible ». Et répètent que la non violence stricte est un choix « calculé et déterminé ».

La semaine d’action d’Extinction Rébellion a suscité de nombreux commentaires : certains purement anecdotiques et d’autres qui se veulent plus politiques. Les uns et les autres passent à côté de ce qui fait la raison d’être d’Extinction Rébellion. Explications…


Nous n’allons pas revenir sur les nombreux commentaires anecdotiques qui ne servent qu’à masquer les questions importantes. Nous allons essayer de nous concentrer sur les critiques qui portent sur la nature et les méthodes d’Extinction Rébellion.

Nous ne sommes pas un mouvement politique au sens classique.

Certains voudraient retrouver chez Extinction Rébellion les slogans et les prises de position partisanes contre tel ou tel pouvoir politique ou économique. Ces commentateurs reproduisent les schémas classiques du jeu politique et voudraient faire rentrer Extinction Rébellion dans leur cadre d’analyse habituel. Ils tirent des conclusions hâtives — et souvent contradictoires — sur un mouvement qui refuse la rhétorique et l’incantation pour choisir l’action dans un cadre très précis : la désobéissance civile.

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Question pour cet article:

Can peace be guaranteed through nonviolent means?

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Un exemple concret de notre approche est l’occupation du centre de Paris du 7 au 11 octobre. Certains ont reproché à cette occupation d’être légère en contenu politique. Vraiment ? Pendant cinq jours, au cœur de la capitale, nous avons soustrait un espace public stratégique aux pouvoirs publics. Nous y avons fait vivre une démocratie directe (trois assemblées générales tenues par jour), des lieux d’échange et de formation, des cuisines collectives ouvertes à tous… Nous avons entretenu et nettoyé l’espace public à la place des services de la Mairie. Nous avons aidé les commerçants dans leur ravitaillement et les services de la propreté à assurer la collecte des déchets. Le tout à 100 mètres de la préfecture de police. Notre message politique est dans l’action même : une autre organisation de la société est possible. Nuit Debout en discutait, nous l’avons fait à Châtelet.

Notre approche dépasse le cadre politique habituel. Nous ne contestons pas un régime en particulier, nous questionnons un système de valeurs qui conduit à la destruction du vivant. Et notre proposition est que les citoyens s’emparent de ce débat et fassent des choix eux-mêmes. Nous défendons une démocratie directe, car elle seule nous permettra d’être résilient face aux crises à venir.

Elle serait naïve, ne dérangerait pas les pouvoirs en place et surtout ne prendrait pas en compte la violence institutionnelle”

Voilà une critique qui revient souvent au sujet de la désobéissance civile non-violente. C’est un contre-sens complet ! Martin Luther King, apôtre de la non violence, n’aurait ni vu, ni pris en compte la violence institutionnelle ? Ce qu’on appelle non violence est justement une stratégie qui vise à révéler la violence institutionnelle. Comme dans les arts martiaux, il s’agit de retourner la violence de l’attaquant (ici l’État) contre lui-même.

Quand les forces de l’ordre gazent à bout portant nos activistes non-violents sur le pont de Sully à Paris, les images font le tour du monde, et la condamnation est unanime. Il faut le dire avec force, l’action non-violente c’est détourner la violence de l’État pour le placer face à ses contradictions. Ce n’est pas être naïf, c’est un choix calculé. Déterminé. Et nous l’assumons dans chacune de nos actions. L’État peut esquiver cette confrontation comme il vient de le faire, mais c’est une tactique intenable à moyen terme pour le pouvoir.

Certains groupes appellent à des actions plus radicales, qui auraient — selon eux — un impact plus grand. Qu’ils montent ces actions eux-mêmes ! Leurs tribunes et leurs lettres ouvertes ne sont que de la rhétorique. L’incantation est sans limites, l’action va les cadrer. Pour Extinction Rébellion, la désobéissance civile non-violente est à la fois une éthique et une stratégie à long terme. La non violence stricte est la seule stratégie inclusive !

Essonne, France: De Grigny à Hiroshima, le parcours d’une lycéenne partie évoquer la Paix

. PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE . .

Un article de Actu

Inès Lakehal, une jeune lycéenne de Grigny de 17 ans a été envoyée par sa commune au Japon pendant une semaine pour élever la voix grignoise en faveur de la paix.

Elle n’a que 17 ans, et pourtant. Du haut de son jeune âge, la Grignoise Inès Lakehal peut désormais se prévaloir d’avoir assisté à un des plus importants rassemblements diplomatiques et solidaires de la jeunesse. Au cours de l’été, la lycéenne était dépêchée par sa commune au pays du Soleil levant pendant une semaine, dans le cadre d’un programme d’actions mené par l’organisation non gouvernementale Mayors for peace (Maires pour la paix, en français).

Ensuite, nous avons cette volonté associative de travailler dans ces différents Objectifs : représenter Grigny lors des cérémonies de commémoration japonaises du 6 août à Hiroshima et assister ensuite à la Conférence internationale de la jeunesse pour la Paix dans le Futur avec une quarantaine d’autres adolescents de différentes nationalités. « Cette expérience a été très enrichissante, s’exclame Inès Lakehal. C’est la première fois que je voyageais seule, aussi loin en dehors de la France, et que j’avais à utiliser l’anglais continuellement. Heureusement que je m’étais bien préparée », poursuit-elle en échappant un rire de soulagement.

Éprise de paix depuis ses 11 ans, cette dernière, très impliquée dans sa ville et qui parle couramment la langue de Shakespeare, disposait de motivations et d’un profil adéquats pour que son dossier de participation soit accepté par Mayors for peace.

(Cliquez ici pour l’article en anglais. )

Latest Discussion

How can culture of peace be developed at the municipal level?

Ateliers de travail et visites culturelles

Divisée en deux temps, la journée japonaise standard d’Inès s’est articulée pendant sept jours entre des ateliers de travail thématiques sur la paix le matin et des visites culturelles du pays l’après-midi (ville d’Uwajima, balades avec le kimono estival traditionnel Yukata…). La lycéenne confie avoir rencontré lors de ce voyage des personnes « vraiment incroyables, investies, uniformément désireuses de faire la paix ».

« J’ai conduit des conversations sur la paix passionnantes et constructives. J’ai réalisé que bien des clichés que nous possédons sur certaines nationalités sont complètement faux. Je pense notamment à cette jeune Iranienne qui était dans mon groupe. Une des personnes les plus adorables du monde, si ouverte et vantant tant l’apaisement entre les états, alors même que nous avons en Europe cette image si mauvaise de l’Iran », reconnaît-elle.

Une future carrière dans la politique ou la diplomatie ?

Désormais riche de ses différents engagements et toujours aussi férue de paix, Inès n’exclut pas d’orienter son avenir et sa carrière vers la politique ou la diplomatie. « Depuis la fin de mes mandats au conseil municipal des collégiens à Grigny, j’accompagne les jeunes de cette instance pour leur permettre de s’adapter à leurs nouveaux rôles et prête mains fortes à ceux qui les encadrent pour trouver des idées, des projets », explique-t-elle.

La jeune demoiselle n’en reste pas pour le moins lucide et reconnaît que l’accession à de hautes sphères de décision peut parfois conduire aux désenchantements. « Avoir la chance de participer à tous ces dispositifs m’a donné une passion et l’envie de poursuivre dans cette voie. Mais c’est un milieu compliqué, que je n’avais pas ressenti jusqu’alors car à Grigny le cadre ressemble à un cocon, une grande famille où tout le monde se connaît », confit-elle.

150 communes françaises au sein de l’ONG

Mayors for peace a été créée en 1948 par les maires des villes japonaises bombardées lors de la Seconde Guerre mondiale Hiroshima et Nagasaki. Il s’agit d’une organisation non gouvernementale bénéficiant du statut de consultant spécial auprès du conseil économique et social des Nations Unies.

Ses grands axes d’actions portent sur la promotion et l’éducation à la culture de la paix, sur le soutien à la charte de l’ONU et le développement des organismes multilatéraux de sécurité, sur l’arrêt des guerres et le règlement pacifique des conflits, ou encore sur le désarmement et l’élimination des armes nucléaires. Rassemblant plus de 6 000 municipalités dans 160 pays, Mayors for peace a été rejoint en France par 150 communes tricolores. Le président de la branche hexagonale ne se révèle être que…Philippe Rio, le maire de Grigny.

Delia Mamon, la paix par l’éducation (Suisse)

EDUCATION POUR LA PAIX .

Un article en Le Temps

Delia Mamon, 65 ans, a fondé l’ONG Graines de Paix en 2005 pour repenser les systèmes éducatifs qui n’intègrent pas assez de valeurs d’humanité et de paix. Une mission d’autant plus urgente que les violences sociétales se multiplient


L’agenda 2030 du développement des Nations unies comprend 17 Objectifs de développement durable (ODD), que «Le Temps» incarne cette semaine à travers cinq personnalités.

En mars 2003, à Verbier, près de 250 personnes sont réunies sur la place du village. Delia Mamon s’en souvient comme si c’était aujourd’hui: «L’invasion américaine de l’Irak m’a fait sortir de mes gonds. Les raisons qui ont mené à la guerre relevaient d’une falsification criante de la réalité.» Ce qui l’a particulièrement mise en colère, c’est le fait que l’opinion publique «a tout gobé». Française de 65 ans, Delia Mamon refuse la passivité. Etre citoyenne, semble-t-elle suggérer, c’est assumer une responsabilité sociale.

Elle crée en 2005, à Genève, l’organisation non gouvernementale Graines de Paix, récompensée en 2019 par le Prix Smart Peace de la fondation Leaders pour la paix, créée par l’ex-premier ministre français Jean-Pierre Raffarin. Objectif: repenser l’éducation pour pacifier les rapports sociaux et la planète et pour développer, chez les élèves, la faculté de discernement.

«J’ai appris le discernement avec mon père, un inventeur de solutions technologiques pour de grandes entreprises», relève Delia Mamon, qui a eu le goût d’apprendre très jeune. Elle prenait plaisir à apprendre à lire à son frère. Avec son ONG, dont elle est présidente, elle estime qu’à une époque où les violences de tous ordres se multiplient, notamment à l’école, il est temps de «former à la culture de la paix». Elle ne va pas jusqu’à affirmer que le faucon Dick Cheney, vice-président américain à l’époque de l’invasion de l’Irak, aurait été brutalisé dans le cadre scolaire, mais elle considère la qualité du parcours éducatif de chacun comme une contribution majeure à une société moins violente. Graines de Paix axe son action sur deux Objectifs de développement durable prônés dans l’agenda 2030 des Nations unies: une éducation de qualité (ODD 4) et la construction de la paix (ODD 16).

«La paix commence par apprendre à parler et à écouter»

Femme de conviction, ex-économiste à l’OCDE avant d’être responsable du marketing stratégique pour plusieurs sociétés dont Honeywell Europe qui lui vaudra le Prix du Président en 1984, Delia Mamon a les idées aussi claires qu’elle est indépendante. A 15 ans, elle partait seule en vacances. Aujourd’hui encore, elle voyage sans peur.

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Question pour cet article:

What is the relation between peace and education?

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Même si elle exerce sa fonction de présidente à titre bénévole, Delia Mamon est totalement investie dans sa mission. Elle qui estime n’avoir «jamais buté sur un plafond de verre» a beau avoir longtemps travaillé dans le marketing, son expérience personnelle dans les systèmes éducatifs américain et français, sa découverte d’autres systèmes en Afrique ou au Moyen-Orient ont charpenté sa réflexion. Née aux Etats-Unis d’un père russophone de Samarcande, dans l’actuel Ouzbékistan, et d’une mère de Kiev, elle a bâti son expérience un peu partout. En France, en Belgique, en Italie.

Aux Etats-Unis, avec lesquels elle n’a plus vraiment d’atomes crochus, elle a vécu avec bonheur son cursus scolaire dans un établissement public du New Jersey, notamment avec un professeur noir: «Il n’y avait pas de violence physique. Le directeur de l’établissement adorait son travail. On était dans les années 1960. On était valorisé à l’oral par des présentations (show and tell). En comparaison, le système français, manquant d’humanité, ne m’a pas permis de m’épanouir, il m’a presque détruite. Aujourd’hui, j’ai une vision très claire de ce qu’il convient de faire ou de ne pas faire.» Sa priorité désormais: insérer davantage de valeurs humaines, développer la cohésion sociétale et l’entente interculturelle, favoriser l’acquisition de compétences sociales et de réflexion critique dans les programmes scolaires. «La paix, martèle-t-elle, commence par apprendre à parler et à écouter.»

L’intelligence émotionnelle des enfants

Son envie de développer une méthodologie pédagogique a un but: accroître le niveau d’éducation au sens large dans le but de prévenir les violences et la radicalisation. Le tropisme de Delia Mamon en faveur de l’éducation et de la paix, elle le lie à l’influence orientale de son père, de la famille de Samarcande imprégnée des valeurs d’ouverture évoquées par la Route de la soie, de l’amour de l’autre et de l’hospitalité persane.

Concrètement, avec ses spécialistes pédagogiques et un comité scientifique comprenant notamment le professeur Philippe Jaffé, membre du Comité des droits de l’enfant de l’ONU, Graines de Paix élabore du matériel pédagogique pour les écoles, dont une collection intitulée Grandir en paix. En Suisse, les cantons de Vaud, de Fribourg et du Valais ont validé des manuels scolaires de l’ONG genevoise. Delia Mamon apprécie beaucoup la culture du consensus suisse. Elle met néanmoins en garde: des signes d’érosion sont à ses yeux perceptibles. Le système éducatif doit en tenir compte. A cet égard, elle se félicite du Plan d’études romand qui intègre des notions de «pensée créative», de solidarité et d’estime de soi. A travers une exposition pédagogique itinérante, Léon et ses émotions, qui devrait bientôt paraître sous forme de livre, Graines de Paix juge essentiel de développer l’intelligence émotionnelle des enfants.

«Nous sommes très actifs en Côte d’Ivoire, où nous développons un projet sur plusieurs années», ajoute la présidente. La Côte d’Ivoire a été pendant quarante ans, à l’image de la Yougoslavie de Tito, un Etat bienveillant bien qu’autoritaire sous l’égide de Félix Houphouët-Boigny. Depuis la fin de la guerre civile en 2011, les autorités ivoiriennes ont pris conscience qu’il fallait restaurer la culture de la paix pour éviter une nouvelle guerre. «Cela commence par l’école, précise Delia Mamon. Bien que la pratique fût interdite en 2011, les enseignants continuaient de battre les élèves à coups de cravache. Pour y remédier, nous avons développé de nouveaux outils pédagogiques dont «Apprendre en paix, éduquer sans violence». A l’échelle mondiale, les violences physique, sexuelle et émotionnelle touchaient 50% des enfants en 2016, soit près d’un milliard d’individus. C’est pourquoi notre travail, conclut Delia Mamon, consiste aussi à aider les enseignants par des outils pour prévenir de telles violences.»

Counseil d’Europe: Une culture de la paix pour prévenir la violence et le terrorisme

. PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE . .

Une déclaration écrite de l’Assemblée Parliamentaire du Counseil d’Europe

Nous, soussignés, déclarons ce qui suit:

Nous rappelons le Doc. 13407 de l’Assemblée parlementaire du 29 janvier 2014, la déclaration écrite n° 562, le «Livre blanc du Conseil de l’Europe sur le dialogue interculturel» et la Convention culturelle européenne de 1954, ainsi que le soutien des membres de l’Assemblée aux résolutions de l’Assemblée générale des Nations Unies sur la culture de la paix et les objectifs de développement durable (ODD).

Nous considérons que les efforts déployés pour ramener la paix dans les zones de conflit et empêcher le radicalisme extrémiste dans l’ensemble des pays supposent l’engagement des parlements nationaux de mener une éducation clé à la culture de paix et aux ODD à tous les niveaux de la société et des mesures législatives efficaces et un suivi afin d’interdire l’incitation au terrorisme dans toutes les subdivisions de la société et dans les médias en «élevant les défenses de la paix dans l’esprit des hommes» (préambule de l’acte constitutif de l’UNESCO).

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Question related to this article.

How can parliamentarians promote a culture of peace?

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Nous exhortons l’Assemblée à soutenir l’initiative de la Coalition interparlementaire pour une éthique mondiale (IPCGE) en tant que partenaire stratégique pour promouvoir la mise en œuvre des résolutions des Nations Unies sur la culture de la paix et les ODD:

* par la législation dans les États membres du Conseil de l’Europe et de l’ONU pour rendre obligatoire une éducation à la culture de la paix et aux ODD à tous les niveaux de l’éducation;

* par des mesures législatives strictes pour prévenir l’incitation à la violence extrémiste et au
terrorisme.

Déclaration écrite No. 688 | Doc. 14939 | 28 juin 2019

Signataires : M. Antonio GUTIÉRREZ, Espagne, SOC ; Mme Ulviyye AGHAYEVA, Azerbaïdjan, GDL ; M. Jokin BILDARRATZ, Espagne, ADLE ; M. José CEPEDA, Espagne, SOC ; M. Boriss CILEVIČS, Lettonie, SOC ; M. Corneliu Mugurel COZMANCIUC, Roumanie, PPE/DC ; Mme Olivia DELGADO, Espagne, SOC ; Mme Miren GORROTXATEGUI, Espagne, GUE ; M. Sabir HAJIYEV, Azerbaïdjan, SOC ; M. Attila KORODI, Roumanie, PPE/DC ; Mme Carmen LEYTE, Espagne, PPE/DC ; M. Georgii LOGVYNSKYI, Ukraine, PPE/DC ; M. Pere LÓPEZ, Andorre, SOC ; Mme Yuliya LOVOCHKINA, Ukraine, SOC ; M. Marco NICOLINI, Saint-Marin, GUE ; Mme Melisa RODRÍGUEZ HERNÁNDEZ, Espagne, ADLE ; M. Stefan SCHENNACH, Autriche, SOC ; M. Samad SEYIDOV, Azerbaïdjan, CE ; M. Günter VOGT, Liechtenstein, ADLE ; M. José ZARAGOZA, Espagne, SOC

Forum de Paris sur la Paix 2019 : la liste des solutions de gouvernance qui seront présentées

LIBRE CIRCULATION DE L’INFORMATION

Communiqué de presse du Forum de Paris sur la Paix

À la suite de son appel à projets annuel, le Forum de Paris sur la Paix a reçu plus de 700 candidatures venues de 115 pays du monde entier. Les projets qui ont été sélectionnés sont déployés dans toutes les régions du monde. Cette année, la plupart des projets choisis par le Comité de sélection sont mis en œuvre de façon globale, ou sur plusieurs continents simultanément (48 %). L’autre moitié des projets se déploie principalement en Afrique (12 %), en Asie (11 %), en Amérique latine (10 %) et au Moyen-Orient (7 %).

Une diversité d’acteurs

Les projets retenus sont portés par de nombreux types d’organisations venant de 32 pays différents. Ils sont initiés notamment par des États (8 projets), des organisations internationales (17 projets), des ONG (34 projets), des entreprises (10 projets), des fondations (4 projets) et des think tanks (6 projets).
Ces projets sont portés par une très grande diversité d’organisations venant de 32 pays différents. Ils sont initiés notamment par des États (8 projets), des organisations internationales (17 projets), des ONG (34 projets), des entreprises (10 projets), des fondations (4 projets) et des think tanks (6 projets).

Des solutions pour dépasser les discours

Le Forum met l’accent sur ceux qui mettent en œuvre des solutions innovantes pour répondre aux défis transfrontaliers. Les porteurs de projet sélectionnés pourront présenter leur solution de gouvernance du 11 au 13 novembre à la Grande Halle de La Villette à Paris. Cette deuxième édition sera pour eux l’occasion de concrétiser, développer et valoriser leur projet, en touchant des milliers d’acteurs de l’action collective.

Wan Fambul = National Framework for Inclusive Governance and Local Developpement par le Bureau du vice-président de Sierra Léone
Paix et sécurité | Afrique (Sierra Léone)
Wan Fambul Framework a été créé pour faciliter la gouvernance inclusive, le développement rural durable et centré sur la communauté, menant à des communautés résilientes et cohésives à travers la Sierra Leone. Le projet a mis en place des structures pour résoudre les conflits de longue date et inciter les collectivités à incarner les promoteurs de leur propre rétablissement et développement.

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Question related to this article.

Global meetings, conferences, assemblies, What is the best way for delegates to interact afterwards?

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Quelques exemples :

D50 Enterprise Digital Economy Summit par China Electronics Chamber of Commerce (CECC)
Économie inclusive | Asie (Chine)

Fondé sur la Charte des Nations unies et les principes internationaux établis, Entreprises Digital Economy Summit of Fifty Countries (D50) prône les principes d’équité et de justice, d’ouverture et de transparence, de négociation, de construction collective et de partage mutuel, établissant conjointement une plateforme de consensus pour le dialogue, la communication, la coopération et le développement parmi les économies numériques mondiales.
 
OKA: facilitating migrant access to information par Igarapé Institute
Nouvelles technologies | Amérique Latine (Brésil)


L’information est l’une des premières victimes des crises de déplacement. L’application de téléphonie mobile OKA comble une partie de cette lacune en fournissant des données géolocalisées à jour sur les services publics fédéraux au Brésil dans des domaines tels que le logement, l’éducation, la santé, l’assistance sociale et juridique, les communautés, l’emploi et les urgences pour les migrants volontaires et forcés.
 
Ecosystems, Companies, Sustainable Development: Rating in Protection the Earth par Socio-Ecological Union (SEU) 
Environnement | Europe de l’est et Asie centrale (Russie)

Conformément aux Objectifs de développement durable, l’objectif de ce projet est d’évaluer l’impact environnemental des entreprises sur la biosphère. Les plus grandes entreprises de Russie et du Kazakhstan ont déjà été évaluées. Le projet contribue à une plus grande responsabilité sociale et transparence dans les entreprises dans chaque région du monde, pour chaque entreprise transnationale.
 
Akhlaquna par la Fondation Qatar
Culture et éducation | Moyen-orient (Qatar)

Comment pouvons-nous encourager les gens à continuer à faire le bien face aux défis encombrants ? Comment faire primer la vertu et la moralité ? Akhlaquna vise à récompenser et à soutenir les jeunes dans leur recherche du changement afin d’entraîner des répercussions à l’échelle mondiale, d’être reproduite et maintenue étant donné qu’elle dépend de l’effort humain.
 
Model Drug Law – national engagement in West Afrique and replication in one region par la Global Commission on Drug Policy 
Développement | Afrique

Le projet cible les dirigeants nationaux, les organisations clés de la société civile ainsi que les journalistes afin de renforcer de manière durable et significative la capacité d’amélioration des lois relatives à la drogue en Afrique occidentale. La réplicabilité du projet pourra être appliquée en Afrique de l’est et du sud dans les pays touchés par les circuits d’acheminement de l’héroïne.
 
Découvrez toute la liste ici.

Youth for climate : 130 scientifiques soutiennent la grève des jeunes pour le climat

. . DEVELOPPEMENT DURABLE . .

Un article de LCI

APPEL – 130 scientifiques travaillant dans le domaine du climat et de l’environement apportent leur soutien à la grève des jeunes pour le climat qui se tient vendredi 24 mai. Parmi eux Valérie Masson-Delmotte, Robert Vautard, ou encore Jean Jouzel.

Vendredi 24 mai, des jeunes du monde entier devraient de nouveau descendre dans les rues pour alerter sur le changement climatique, ils pourront compter sur le soutient de 130 scientifiques qui ont annoncé soutenir la grève des jeunes pour le climat. Le mouvement doit alerter sur “la fulgurance du changement climatique” et le non-respect des engagements pris, citant le cas de la France.

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Question for this article:

Despite the vested interests of companies and governments, Can we make progress toward sustainable development?

How can we ensure that science contributes to peace and sustainable development?

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“Nous, scientifiques dans le domaine du climat et de l’environnement, sommes solidaires des collégiens, lycéens et étudiants qui se mobilisent. Comment ne pas être inquiets du monde qui se prépare ?”, s’alarment les scientifiques, dont les climatologues Valérie Masson-Delmotte, Robert Vautard, Jean Jouzel, Gilles Ramstein, la paléoclimatologue Elsa Cortijo et d’autres chercheurs de l’Institut Pierre Simon Laplace (ISPL), de recherche en sciences de l’environnement.

“Depuis près de 30 ans, le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat ) et de très nombreuses études scientifiques alertent sur la fulgurance du changement climatique (…), mais rien ne change”, constatent-ils. “Dans notre pays où l’accord de Paris a été signé, ce qui est hautement symbolique, les engagements pris ne sont pas respectés“, poursuivent-ils.

“Nous soutenons la mobilisation des jeunes générations, qui vont être confrontées demain à un monde rendu plus difficile à cause de l’inertie d’aujourd’hui”, indiquent les scientifiques, qui se disent “disponibles pour apporter (leur) expertise et (leurs) connaissances à cette mobilisation”. Jeudi, le site youthforclimate.fr, en plein scrutin européen, des appels à la grève étaient répertoriés dans plus de  2.260 villes réparties dans 90 pays, dont une centaine de villes en France.

En France, plus de 85 associations et syndicats ont rejoint l’appel à se mobiliser ce vendredi. Pour les salariés ne pouvant pas se joindre aux marches, le collectif “Citoyens pour le climat” suggère d’aller travailler avec un brassard pour soutenir les grévistes ou d’interpeller son employeur sur le réchauffement climatique et le déclin de la biodiversité. Le lendemain, d’autres marches à pied ou à vélo sont prévues dans 80 villes, essentiellement en France, mais pas à Paris.

France: 7 associations rappellent le rejet par l’ONU de l’arme nucléaire dès 1946

DESARMAMENT & SECURITE .

Un article de Initiatives pour le desarmament nucléaire

Le 24 janvier 1946 la première résolution de l’ONU appelle à l’élimination des armes atomiques. Malgré cela, aujourd’hui les Etats détenteurs de l’arme nucléaire persistent à ignorer cet appel et au contraire se lancent dans une nouvelle course aux armements nucléaires.

Depuis l’adoption du Traité sur la Non-Prolifération des armes nucléaires (TNP) en 1970, les initiatives de l’ONU en faveur du désarmement nucléaire se sont multipliées, jusqu’au vote par 122 pays le 7 juillet 2017 d’un Traité d’interdiction des armes nucléaires. Malgré ces nombreuses résolutions et l’engagement au désarmement nucléaire des États dotés (1) inscrit dans l’article VI du Traité de Non-Prolifération, ceux-ci refusent l’horizon d’un monde sans armes nucléaires.

Alors que le stock mondial d’armes atomiques reste considérable, les pays nucléaires mettent au point de nouvelles armes atomiques plus performantes et plus sophistiquées qui accroissent la menace sur l’humanité d’une destruction volontaire (guerre nucléaire) ou involontaire (par erreur humaine ou technologique).

La menace d’une telle destruction est maintenant classée parmi les plus importantes pour notre planète.

En France, l’absence d’un débat objectif sur la bombe atomique laisse croire à l’opinion publique qu’elle serait une garantie absolue de sécurité. A l’occasion de cet anniversaire de la Résolution 1 des Nations Unies, il faut que nos dirigeants prennent conscience de l’urgence de cette situation et qu’ils mettent fin à cette absurde et suicidaire course aux armements nucléaires en s’engageant enfin dans la voie d’un désarmement nucléaire général, progressif et contrôlé.

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Question for this article:

Can we abolish all nuclear weapons?

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En 1999 le scientifique et humaniste français Théodore Monod déclarait : “L’arme nucléaire, c’est la fin acceptée de l’humanité”.
Etats dotés de l’arme nucléaire: Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie.

Associations signataires :

AFCDRP – Association Française des Communes, Départements et Régions pour la Paix.

Michel.cibot@gmail.com
https://afcdrp.com/
 
AMFPGN – Association des Médecins Français pour la Prévention de la Guerre Nucléaire.
r.galinski@amfpgn.org
https://www.amfpgn.org/
 
GRIP – Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité
https://www.grip.org/
 
IDN Initiatives pour le Désarmement Nucléaire
idn.france.association@gmail.com

Accueil


 
Mouvement de la Paix   
national@mvtpaix.org
www.mvtpaix.org/
 
Pax Christi France      
delegue@paxchristi.cef.fr
https://www.paxchristi.cef.fr/
 
Pugwash France
contact@pugwash.fr     
pugwash.fr/

France: Gilets Jaunes. Soixante Jours Qui Ont Tout Bousculé

. . DEVELOPPEMENT DURABLE . .

Un article de Pierre Duquesne avec Cécile Rousseau dans L’Humanité

Depuis le 17 novembre, les gilets jaunes ont remis sur le devant de la scène le monde populaire, révélé l’ampleur de la crise démocratique. Une mobilisation inédite qui a donné un coup d’arrêt au quinquennat d’Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron aime, décidément, les petits villages normands. Avant de débattre sept heures durant dans un gymnase du Grand-Bourgtheroulde, mardi, il avait fait une halte au Berd’huis, petite bourgade de l’Orne, en avril 2018, pour un rendez-vous avec Jean-Pierre Pernaut. Cela semble d’un autre temps. Un an après son élection, le président se sentait puissant. Aux syndicats qui luttaient contre la transformation de la SNCF, il prévenait qu’il irait « jusqu’au bout ». Aux étudiants et lycéens qui ferraillaient contre la logique de sélection de Parcoursup, il balançait qu’ils feraient mieux d’aller réviser. « Il n’y aura pas d’examen en chocolat dans la République », ajoutait-il, depuis une classe de CE2. Sans vergogne, il disait « merci » aux retraités de perdre des revenus du fait de la hausse de la CSG.

« Beaucoup de chemin a été parcouru mais il y a encore immensément à faire », disait-il alors. Les capitalistes ne pouvaient lui donner tort. Pour eux, le bilan était déjà amplement positif. L’ISF portant sur les placements financiers a été rayée d’un trait de plume. La flat tax, anglicisme utile pour masquer la fin de la progressivité de la fiscalité sur le capital, venait de passer comme une lettre à la poste. En 2019, le Cice gravé dans le marbre va rendre 40 milliards d’euros aux entreprises. Les difficultés ? Elles « ne m’arrêtent pas et, je ne suis pas naïf, je les avais même préméditées », déclarait, gonflé à bloc, le président des ultrariches. Il n’avait pas prémédité, visiblement, que la colère sociale jaillirait sur les ronds-points, que le cri d’une plus grande justice fiscale retentirait sous les fenêtres de l’Élysée, entièrement barricadé. Ni que cette contestation ruissellerait partout, sortant du lit habituel des défilés République-Nation, pour inonder les rues huppées de la capitale.

« C’est un moment central du quinquennat »

L’histoire dira quand le quinquennat d’Emmanuel Macron aura basculé réellement. Le 17 novembre ? Le 1er décembre, quand les émeutes enflammèrent les quartiers chics de l’Ouest parisien ? Ou le 10 décembre, lorsque, pour la première fois, Emmanuel Macron a reculé, après un exercice de contrition télévisé. « Le monarque a perdu de sa superbe », confiait à l’Humanité, ce soir-là, un gilet jaune de Montabon. Pour le président de la République, tout a changé lorsqu’il fut contraint de fuir sous les lazzis la préfecture incendiée du Puy-en-Velay, encore fumante. « C’est un moment central du quinquennat », confiera-t-il ce soir-là à des députés LaREM.

Plus rien, en effet, ne sera comme avant. Parce que l’on a vu surgir des visages, des figures jusqu’ici restées invisibles. Il fallait voir, sur les barrages ou dans les manifs, les gilets jaunes connectés sur les lives de BFMTV – ses cartons d’audience expliquant peut-être la position conciliante de cette chaîne au début du mouvement – pour comprendre la satisfaction des couches populaires et moyennes de se voir enfin représentées sur le petit écran. A refait surface tout un peuple que certains croyaient englouti pour toujours dans le « cauchemar pavillonnaire » (1), où un « prolétariat pacifié » aurait succombé au culte de la marchandise et de la propriété des zones périurbaines. Un « huis clos de l’ego » où l’on vivrait « ensemble séparé » dans une routine bien balisée, loin des manifs et des luttes collectives.

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Question for this article:

What is the future of the Gilets Jaunes movement?

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Raté. Des milliers d’employés, d’ouvriers, de salariés ont fraternisé et manifesté pour la première fois. À l’image de Dimitri, menuisier de 31 ans, croisé samedi dernier sur les Champs-Élysées. « Je n’avais pas voté depuis Chirac et encore, parce que ma grand-mère m’y avait poussé ! Je ne m’intéressais pas à la politique mais j’ai participé dès le 1er acte des gilets jaunes parce que je ne peux plus continuer à vivre dans cette société inégalitaire. À Poissy, on s’est organisé en collectif, on fait des distributions de tracts dans la région pour éveiller les consciences. En manifestation, j’ai rencontré tous les métiers, des chômeurs, des brancardiers, des jeunes, des vieux… » Ce mouvement laissera des traces chez lui, et pas simplement parce qu’il a été violenté par la police, lors de l’acte IV. Cet habitant de Carrières-sous-Poissy (Yvelines), gagnant 1 700 euros par mois, en est sorti avec une blessure au genou, un téléphone cassé et la détermination qu’il ne lâcherait rien. « J’étais choqué, mais je suis passionné par ce mouvement, par cette volonté de trouver la bonne manière d’être juste. Comme Macron a déjà reculé sur la taxe carbone, il faut continuer. » Cette politisation expresse le pousse, aujourd’hui, à réclamer un changement de Constitution, estimant désormais que le référendum d’initiative citoyenne (RIC) ne « va pas assez loin ».

Plus rien ne sera comme avant, car ce mouvement mêle les revendications sociales et démocratiques. Là encore, c’est du jamais-vu. Le mouvement n’est pas né dans une entreprise, soulignait, visiblement soulagé, le patron des patrons, Geoffroy Roux de Bézieux, le 12 décembre, lors d’une cérémonie à l’hôtel Georges V. « Et d’ailleurs, le siège du Medef, souvent la cible des manifestations de travailleurs, a été totalement épargné par les gilets jaunes », ajoutait-il, avant de remettre un prix à plusieurs PDG, dont ceux de la Française des Jeux, de Veolia, d’Atos (Thierry Breton) ainsi qu’à Frédéric Oudéa (Société générale) (2). Sauf que ce mouvement, s’il a effectivement débordé les grandes centrales syndicales, ne peut toutefois être détaché du monde du travail, confiait, au début du mouvement, Benoît Coquart, sociologue à l’Inra. « J’ai échangé avec une salariée d’Amazon, croisée sur un rond-point. Autour du brasero, elle racontait comment il est très difficile de se syndiquer, de porter des revendications, dans cette entreprise où il y a beaucoup d’intérimaires et de CDD. Ce qu’ils ne peuvent plus faire dans leur entreprise, ils peuvent le faire via ce type de mouvement qui, à première vue, se déroule hors du monde du travail », rapporte ce chercheur. « Macron on assurera l’intérim », pouvait-on lire sur un mur de Dijon, entre deux slogans demandant la démission du chef de l’État.

« Le premier mouvement social du nouvel âge global »

Quant aux concessions lâchées par Emmanuel Macron, le 10 décembre, elles n’ont pas ému le patron du Medef. « C’est vrai que 15 milliards d’euros, cela fait beaucoup. Mais si cela permet de retrouver la paix civile, cela vaut le coup », a-t-il déclaré, avant de citer Lénine : « Il faut toujours être un pas devant les masses. »

Plus rien ne sera comme avant, car, pour la première fois depuis longtemps, les classes dominantes ont eu peur devant ce « monstre qui a échappé à ses géniteurs », ces « factieux », « séditieux » (Christophe Castaner) ou face à cette « foule haineuse » (Emmanuel Macron). Mais la stratégie répressive (lire ci-contre) n’a pas suffi à éteindre les défilés qui ont continué entre Noël et le Nouvel An. « C’est peut-être le premier mouvement social du nouvel âge global, défini par Saskia Sassen. Cet âge où les États ont volontairement délégué certains de leurs pouvoirs à l’Union européenne ou à des agences administratives indépendantes, éloignant d’autant la décision du citoyen », analysait Danielle Tartakovsky, historienne et spécialiste des mouvements sociaux, aux Échos. Mais la grande force de ce mouvement, qui a fédéré sous l’accessoire protecteur du gilet jaune des individus aux visions politiques très larges, pourrait constituer sa faiblesse pour la suite. Et s’il porte pour l’instant des revendications égalitaires et plutôt progressistes, c’est encore loin des forces qui inscrivent leur pas dans la longue histoire du mouvement ouvrier. Reste à savoir aussi quels en seront les débouchés sur le terrain de la politique institutionnelle. Bref, tout reste à faire pour inscrire définitivement 2018 dans la lignée de 1995, 1968, 1936 et 1789, comme le clamait récemment une pancarte de gilets jaunes.

(1) Le Cauchemar pavillonnaire, Jean-Luc Debry, l’Échappée, 2014. (2) Challenges, 12 décembre 2018.

(Merci a Kiki Chauvin, le reporter de CPNN pour cet article.)

France: L’Atelier des Artistes en Exil: Prix Culture pour la Paix

EDUCATION POUR LA PAIX

Extraits du site web de L’Atelier des Artistes en Exil:

L’Atelier des Artistes en Exil a remporté la Prix culture pour la Paix, décerné par la Fondation Chirac.

à propos

L’Europe assiste sur son territoire au plus grand mouvement de population de ses soixante-dix dernières années. Parmi ces personnes se trouvent des artistes contraints de fuir leur pays. Parce que réfugié n’est pas un métier, que le rôle de l’art est celui de dire et de montrer ce qui dérange et de faire entendre la voix des opprimés, que c’est à travers la voix de ses artistes que les cultures des pays en péril peuvent continuer à se perpétuer, il est important que les artistes puissent continuer à exercer leur art.

C’est pourquoi l’atelier des artistes en exil se propose d’identifier des artistes en exil de toutes origines, toutes disciplines confondues, de les accompagner en fonction de leur situation et de leurs besoins, de leur offrir des espaces de travail et de les mettre en relation avec des professionnels (réseau français et européen), afin de leur donner les moyens d’éprouver leur pratique et de se restructurer.

L’atelier des artistes en exil développe également son propre festival pluridisciplinaire, Visions d’exil, en co-construction avec des lieux partenaires.

notre mission

un lieu dédié pour l’aa-e au 102 rue des Poissonniers 75018 Paris

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Question pour cet article:

Do the arts create a basis for a culture of peace?, What is, or should be, their role in our movement?

The refugee crisis, Who is responsible?

L’atelier des artistes en exil propose :

* un espace d’accueil et de conseil où les artistes sont reçus
individuellement et où leurs besoins sont identifiés ;

* un espace de convivialité où les artistes peuvent transiter, disposer d’ordinateurs connectés à internet, se réunir en petit nombre, organiser des rendez-vous ;

* des espaces de pratique artistique où les artistes peuvent venir travailler

. . . ponctuellement ou sous forme de résidences, ponctuées de monstrations

. . . en direction des professionnels, d’ateliers de pratique artistique en direction

. . . d’un public amateur.

vous êtes un artiste en exil…

Vous étiez un artiste professionnel dans votre pays, vous aviez une activité artistique dans votre pays, vous souhaitez redémarrer ou développer votre pratique, l’aa-e peut :

* faire le point sur votre situation ;

* mettre à disposition des lieux de réunion et de travail ;

* trouver des espaces de travail équipés :

* aménager des rencontres avec des professionnels ;

* organiser des moments de visibilité avec du public ;

* faire le lien avec d’autres artistes pour échanger ou compléter un projet ;

* aider à rédiger un cv ou un dossier artistique ;

* relayer votre profil et vos projets sur son site web ;

* accompagner le montage de votre projet ;

* mettre en place des cours et des formations ;

* informer sur le système culturel français ;

* faciliter des démarches administratives ;

* dispenser des conseils et indiquer les bons interlocuteurs juridiques et sociaux ;

* proposer de conduire des workshops.

France: Gilets Jaunes où la Démocratie est en Marche !

. . DEVELOPPEMENT DURABLE . .

Extraits de deux articles par Mauricio Alvarez dan Pressenza

Le mouvement des Gilets Jaunes prend de plus en plus d’ampleur. À quelques jours d’une quatrième grande journée de manifestation, prévue ce samedi 8 décembre 2018, les actions se multiplient partout sur le territoire français : des filtrages sur les routes, des blocages de stations-service, des opérations « péage gratuit », etc. Malgré les différentes tentatives du gouvernement pour criminaliser cette mobilisation citoyenne sans précédent, le mouvement est toujours approuvé par plus de 75% de la population française. Les lycéens et certains syndicats s’ajoutent peu à peu à la mobilisation, et l’éventualité d’une grève générale ou d’une possible révolution hante tous les esprits.


Texte panneau : “Baisse des taxes et impôts. On en peut plus ! L’État est un cancre pour la gestion de l’argent des français” (Image by Mauricio Alvarez)

Dans ce contexte particulier, nous souhaitons prendre un peu de recul pour tenter de comprendre l’impact de ce mouvement des Gilets Jaunes sur la Démocratie. La vraie. . . .

Dans la plupart des pays du monde, la forme de gouvernement la plus courante, c’est l’oligarchie, où le pouvoir est réservé à un petit groupe de personnes qui forment une classe dominante. En France, il existe un parcours académique tout tracé pour les futures élites. Celui-ci s’étend des lycées Henri IV et Louis Le Grand aux grandes écoles ENA et Sciences Po.

Le résultat de ce parcours en circuit fermé, c’est la profonde déconnexion entre les vies “dorées” des gouvernants et celles des citoyens qu’ils sont censés représenter.

L’influence du capitalisme sur la Démocratie

Depuis l’avènement du capitalisme au XVIIIème siècle, les gouvernements du monde entier ont étés confrontés à une forte influence des industriels et des détenteurs du capital dans leurs décisions politiques. À tel point qu’aujourd’hui, les pays sont gouvernés comme de véritables entreprises, où le volet social est de plus en plus considéré comme une « déformation » qu’il faut à tout prix éviter. La croissance, l’équilibre budgétaire, la dette, la fiscalité, etc. sont les points de référence pour concevoir des stratégies et des programmes politiques. L’humain et la nature sont donc relayés à une place secondaire. Ils sont devenus de simples variables d’ajustement.


Reprenons les mots d’Étienne Chouard, « Depuis 200 ans, l’élection permet aux riches d’acheter le pouvoir, (et donc de ne plus payer d’impôts, de mener durablement une politique de chômage, de bas salaires et de gros profits) et ils appellent ça le ‘gouvernement représentatif’ ». . . .

En Marche Arrière

[En France], Emmanuel Macron a été élu en 2017 pour incarner un changement positif, et cela avec un parti qui se plaçait en dehors des clivages partisans de “droite” ou de “gauche”. Pourtant, sa politique n’a fait qu’empirer la situation économique et sociale. . . .

Au niveau des mesures, celles-ci ne peuvent pas être plus impopulaires :

– La baisse des APL (Aide personnalisée au logement)
– La suppression des contrats aidés
– La vitesse abaissée à 80 km/h sur les routes secondaires
– La réforme de la SNCF
– Transformation de l’ISF en «impôt sur la fortune immobilière»

Ces différentes mesures ont peu à peu entamé la confiance des citoyens envers le gouvernement, mais la goutte qui fait déborder le vase c’est sans aucun doute le projet du gouvernement d’augmenter une fois de plus les taxes sur les carburants à partir de Janvier 2019. Cette mesure de trop est à l’origine d’un mouvement sans précédent dans l’histoire récente de la France : Les Gilets Jaunes . . . .

LES 6 ENSEIGNEMENTS POUR ENRICHIR NOTRE DÉMOCRATIE

1. Un gouvernement démocratique devrait être horizontal, non hiérarchisé

L’organisation des Gilets Jaunes est horizontale. Dès l’origine, les membres du mouvement, répartis sur tout le territoire, ont évité d’établir des rapports hiérarchiques. Ils ne parlent pas de chefs ou de représentants, et privilégient les porte-parole. Toute personne qui a essayé de s’autoproclamer « représentant des gilets jaunes », cherchant des bénéfices personnels (parfois politiques), a été rapidement rappelé à l’ordre. Pour eux, chaque citoyen a son mot à dire. Cette organisation permet d’éviter la formation d’élites, qui risqueraient à terme de tomber dans un processus d’embourgeoisement.

Cette horizontalité a été copieusement critiquée par de nombreuses structures traditionnelles (syndicats, médias, membres du gouvernement, etc.) qui estiment qu’aucun dialogue n’est possible sans têtes visibles ou représentants. Il y a un vrai malaise à faire face à une masse d’anonymes (le peuple) souhaitant faire respecter leurs droits.

Questions :
Un vrai gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple aurait-t-il besoin de représentativité ? Si la réponse est positive, comment faudrait-il élire les éventuels représentants du peuple ?

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2. Une démocratie devrait fonctionner de façon décentralisée et s’articuler autour de centres de décision de petite taille

Depuis le début du mouvement, les Gilets Jaunes se sont manifestés dans l’ensemble du territoire français. Organisés dans de petits groupements, ils décident, au fur et à mesure, et de façon autonome, des opérations à mettre en place localement : filtrages sur les routes, blocages des stations-service, opérations « péage gratuit », etc.

Ce mode d’organisation et de gouvernance a permis rapidement de recréer des liens, de renforcer la solidarité locale, et de nourrir l’engagement politique des citoyens sur tout le territoire.

Questions :
Quelle est l’échelle de référence de la démocratie ? Celle qui permettrait aux citoyens de se sentir acteurs et responsables du système ?

3. Dans une démocratie on devrait avoir la possibilité de révoquer le mandat d’un élu, si sa gestion est jugée non satisfaisante

Dans la rue et dans les médias, les Gilets Jaunes ne cessent de demander la démission immédiate du président de la République Emmanuel Macron. Insatisfaits et affectés directement par les mesures engagées depuis le début du quinquennat, ils souhaiteraient avoir la possibilité de révoquer son mandat à tout moment.

Certains considèrent qu’aucun pouvoir ne devrait rester longtemps dans les mêmes mains : ni parlementaire, ni gouvernemental, ni judiciaire, ni médiatique.

Questions :
Est-il nécessaire dans une démocratie d’avoir un président de la République ? Ou le rôle du premier ministre suffirait-il pour faire exécuter les lois et les décisions prises par le parlement et les élus locaux ? Quelles seraient les conditions pour révoquer le mandat d’un élu avant son terme ?

4. L’Exécutif ne doit pas être en charge à la fois de l’élaboration, du vote et de l’exécution des lois

Depuis les élections présidentielles et législatives, le parti LREM du président de la République a toujours disposé à l’Assemblée nationale d’une majorité absolue ou relative. Cela veut dire que les rôles législatifs et exécutifs sont concentrés. Nous sommes donc face à un pouvoir « absolu ».

Le ras-le-bol des Gilets Jaunes est dû en partie à la violence des mesures prises par le gouvernement dans un temps record. À des lois impopulaires, rédigées, votées et exécutées sans contrainte majeure, car l’opposition est sous représentée.

Idéalement, les pouvoirs doivent être séparés pour être affaiblis. Le pouvoir devrait travailler sous le contrôle permanent des citoyens qui sont toujours l’arbitre ultime. La confusion des pouvoirs, comme le pouvoir sans contrôle citoyen, rendent légitime l’insurrection populaire (*).

Question :
Comment pourrions-nous garantir la totale séparation des pouvoirs dans notre démocratie ?

5. Dans une démocratie on devrait utiliser un langage simple, compréhensible par tous

Les Gilets Jaunes, tout comme la plupart des citoyens, s’expriment de façon simple. Leurs paroles se trouvent bien loin des discours technocratiques des élites politiques.

Ces derniers jours dans la presse, la France assiste à un dialogue de sourds. À des cris de désespoir des personnes n’arrivant plus à joindre les deux bouts, les responsables politiques répondent avec des termes techniques tels que l’équilibre budgétaire ou la dette de l’État.

Rappelons l’importance de l’empathie, de la capacité à se mettre à la place de l’autre afin de créer des rapports et des dialogues constructifs. Les parties, ne se sentant pas écoutées et comprises, finissent par développer un climat de méfiance et de haine, qui aboutit souvent à des manifestations violentes. C’est effectivement ce qui se passe en ce moment en France. Le gouvernement répond aux demandes des citoyens avec des mesures hautement sécuritaires. De leur côté, les citoyens n’ayant pas d’autres moyens de se faire entendre, recourent à la violence.

Question :
Comment éviter le recours à la violence pour se faire entendre ?

6. L’information doit rester libre et indépendante

Le mouvement des Gilets Jaunes s’est créé et s’est développé grâce à Internet. Pour se faire entendre, s’organiser et se rassembler les citoyens se sont servis d’outils informatiques, qui leur permettent de garder la main sur l’information.

Face à une mobilisation d’une dimension sans précédent, les médias traditionnels se sont très rapidement emparés de ce sujet, devenant un relai clé pour informer l’ensemble de la population.

Les Gilets Jaunes, les citoyens non mobilisés, les forces économiques et politiques ont eu la possibilité de s’exprimer librement dans la radio, la télévision, la presse écrite, ou les médias sur Internet.

Dans une tendance mondiale vers la privatisation des médias où le contrôle de l’information est exercé par des forces économiques, l’État démocratique doit garantir l’existence de sources d’information à la fois indépendantes des pouvoirs politiques et indépendantes des forces économiques. Sont concernés par ce principe d’indépendance nécessaire, les journaux, la radio et la télévision, mais aussi les instituts de sondage et les instituts statistiques, ainsi que tout instrument existant ou à venir permettant la diffusion massive d’informations (*).

Question :
Comment l’État pourrait garantir des médias d’information libres, politiquement et économiquement ?