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Amnesty International: Une génération de jeunes militant·e·s reprend le flambeau contre le durcissement de la répression en Asie

DROITS DE L’HOMME .

Un article de Amnesty International

Une vague de manifestations initiées par la jeunesse en Asie brave la répression croissante qui s’abat sur tout le continent, notamment sur la liberté d’expression et de réunion pacifique, a déclaré Amnesty International le 29 janvier 2020 à l’occasion de la publication de son rapport annuel sur la situation des droits humains dans la région.

Intitulé Human Rights in Asia-Pacific: Review of 2019, il présente une analyse précise de l’évolution des droits humains dans 25 États et territoires, et illustre la lutte de toute une nouvelle génération de militants et militantes contre la violente répression visant la dissidence, les campagnes toxiques orchestrées sur les réseaux sociaux et la censure politique généralisée.

« 2019 fut en Asie une année de répression, mais aussi de résistance. Alors que les gouvernements à travers le continent s’efforcent de déraciner les libertés fondamentales, les citoyens se mobilisent – et les jeunes sont en première ligne de la lutte, a déclaré Nicholas Bequelin, directeur régional d’Amnesty International pour l’Asie de l’Est, l’Asie du Sud-Est et le Pacifique.

« Des étudiant·e·s de Hong Kong qui protestent en masse contre la mainmise croissante de la Chine sur la région administrative aux étudiant·e·s d’Inde qui manifestent contre les politiques hostiles aux musulmans, des jeunes électeurs et électrices thaïlandais venus gonfler les rangs d’un nouveau parti d’opposition aux manifestant·e·s pour l’égalité des personnes LGBTI à Taïwan : en ligne et sur le terrain, les mouvements populaires menés par la jeunesse remettent en cause l’ordre établi. »

La résistance de Hong Kong résonne à travers le monde

La Chine et l’Inde, les deux grandes puissances d’Asie, ont donné le ton de la répression
dans la région en rejetant ouvertement les droits humains. Le soutien de Pékin au projet de loi sur l’extradition à Hong Kong, texte conférant au gouvernement local le pouvoir de transférer des suspects vers la Chine continentale, a suscité un mouvement de protestation d’une ampleur sans précédent sur le territoire.

Depuis le mois de juin, une partie de la population de Hong Kong descend régulièrement dans les rues pour réclamer le respect de l’obligation de rendre des comptes face aux méthodes brutales de maintien de l’ordre, notamment l’utilisation injustifiée de gaz lacrymogènes, les arrestations arbitraires, les agressions physiques et les atteintes aux droits humains en détention. Cette lutte contre l’ordre établi a fait ricochet sur tout le continent.

En Inde, des millions de personnes ont contesté une nouvelle loi discriminatoire à l’égard des musulmans et manifesté pacifiquement. En Indonésie, des citoyens et citoyennes se sont rassemblés pour protester contre la promulgation par le Parlement de plusieurs lois menaçant les libertés publiques. En Afghanistan, les manifestant·e·s se sont mis en danger pour exiger la fin du conflit qui sévit de longue date dans le pays. Au Pakistan, le Mouvement pour la protection des Pachtounes (PTM), mouvement non violent, a défié la répression étatique pour se mobiliser contre les disparitions forcées et les exécutions extrajudiciaires.

La dissidence se heurte à la répression

Les contestations et la dissidence pacifiques ont fréquemment fait l’objet de représailles de la part des autorités.

Les manifestant·e·s ont été confrontés aux arrestations et à l’incarcération au Viêt-Nam, au Laos, au Cambodge et en Thaïlande, les gouvernements répressifs en Asie du Sud-Est ayant pris diverses mesures pour réduire au silence leurs opposants et museler les médias.

En Indonésie, plusieurs personnes ont trouvé la mort lorsque la police a réprimé des manifestations en faisant usage d’une force excessive. Pourtant, les autorités n’ont pas fait grand-chose pour amener les responsables présumés à rendre des comptes. Aucun policier n’a été arrêté ni aucun suspect identifié.

Au Pakistan et au Bangladesh, des militant·e·s et des journalistes ont été pris pour cibles par des lois draconiennes qui restreignent la liberté d’expression et sanctionnent la dissidence en ligne.

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What is the state of human rights in the world today?

Et à Hong Kong, pour écraser les manifestations pacifiques, la police a employé des méthodes dangereuses sans discrimination, notamment la torture en détention. Les demandes d’ouverture d’une enquête digne de ce nom sur la conduite des forces de l’ordre n’ont toujours pas été entendues.

« Les manœuvres des autorités visant à écraser toute forme de critique et à bâillonner la liberté d’expression s’avèrent tout aussi impitoyables qu’imprévisibles, et les personnes osant s’exprimer contre ces gouvernements répressifs en paient souvent le prix fort, a déclaré Biraj Patnaik, directeur pour l’Asie du Sud à Amnesty International.

« Les autorités répondent aux habitant·e·s de la région Asie-Pacifique que leurs aspirations à des sociétés plus équitables sont fantaisistes, qu’il est impossible de remédier aux inégalités économiques, que le réchauffement climatique est inexorable et les catastrophes naturelles inévitables. Surtout, la population s’entend dire que remettre en cause ce discours ne sera pas toléré », a déclaré Biraj Patnaik.

Les minorités sentent le poids d’un nationalisme intolérant

En Inde et en Chine, le simple risque d’insubordination dans des régions théoriquement autonomes a suffi à déclencher la répression d’État, les minorités étant commodément taxées de menaces pour la « sécurité nationale ».

Dans la province chinoise du Xinjiang, jusqu’à un million de Ouïghours et d’autres membres de minorités ethniques à majorité musulmane ont été enfermés de force dans des camps de « déradicalisation ».

Le Cachemire, seul État indien à majorité musulmane, a vu son statut particulier d’autonomie révoqué, lorsque les autorités ont imposé le couvre-feu, coupé l’accès à toutes les communications et arrêté les leaders politiques.

Au Sri Lanka, où des violences contre la population musulmane ont éclaté au lendemain des attentats du dimanche de Pâques, l’élection du président Gotabaya Rajapaksa a affaibli les espoirs d’avancées en termes de droits humains. Un autre homme fort autoproclamé, le président philippin Rodrigo Duterte, a poursuivi sa « guerre contre la drogue » meurtrière.

Les gouvernements ont tenté de justifier la répression en diabolisant leurs détracteurs et en les faisant passer pour des pions des « puissances étrangères », et ils ont renforcé cette répression au moyen de campagnes sophistiquées sur les réseaux sociaux. Ni l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) ni l’Association sud-asiatique pour la coopération régionale (ASACR), les deux principaux organismes de la région, n’ont tenté d’amener leurs membres à rendre des comptes, même en cas de violations flagrantes des droits humains.

Il échoit à la Cour pénale internationale d’enquêter sur les crimes contre l’humanité commis contre les Rohingyas par l’armée du Myanmar dans l’État d’Arakan en 2017. La Cour examine également les milliers d’homicides commis par des policiers aux Philippines, ainsi qu’un appel de sa décision de refuser l’ouverture d’une enquête sur des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité en Afghanistan.

Par ailleurs, dans le Pacifique, du fait de la politique de détention à l’étranger menée par l’Australie, des personnes réfugiées ou demandeuses d’asile croupissent dans des conditions physiques et psychologiques se dégradant, sur l’île de Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, et à Nauru.

Des avancées contre toute attente

Les personnes qui dénoncent ces atrocités sont régulièrement sanctionnées, mais leur mobilisation fait la différence. Dans de nombreux cas, les initiatives visant à faire progresser les droits humains en Asie se sont avérées payantes.

À Taïwan, le mariage entre personnes de même sexe est devenu légal, grâce au travail de campagne soutenu mené par les militant·e·s. Au Sri Lanka, des avocat·e·s et des militant·e·s ont mené avec succès une campagne contre la reprise des exécutions.

Le Brunéi Darussalam a été contraint de faire marche arrière quant à l’application de lois rendant l’adultère et les relations homosexuelles passibles de lapidation, tandis que l’ancien Premier ministre de Malaisie, Najib Razak, a été traduit en justice pour corruption – une première.

Le gouvernement pakistanais a promis de lutter contre le dérèglement climatique et la pollution de l’air et, pour la première fois, deux femmes ont été nommées juges pour siéger à la Cour suprême des Maldives.

À Hong Kong, la force de la contestation a contraint le gouvernement à retirer le projet de loi sur l’extradition. Pourtant, l’obligation de rendre des comptes étant bafouée pour les violences infligées aux manifestant·e·s depuis des mois, la lutte continue.

« En 2019, en Asie, les personnes qui manifestaient ont été blessées, mais pas brisées. Elles ont été muselées, mais pas réduites au silence. Et ensemble, elles ont adressé un message de résistance aux gouvernements qui continuent de bafouer les droits humains dans le but de consolider leur mainmise sur le pouvoir », a déclaré Nicholas Bequelin.

Le PAYNCoP Gabon Plaide pour l’Implication des Jeunes au Sein de la Commission Nationale des Droits de l’Homme

DROITS DE L’HOMME . .

A CPNN de Jerry Bibang, le Coordonnateur National du PAYNCoP

La Coordination Nationale du Réseau Panafricain des Jeunes pour la Culture de la Paix (PAYNCoP Gabon) a pris part, du 26 au 27 novembre 2019, à un atelier de sensibilisation sur les Institutions Nationales des Droits de l’Homme (INDH).

Organisé par le Ministère en charge des Droits de l’homme et la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) avec l’appui du Bureau Régional des Nations Unies pour l’Afrique Centrale (UNOCA) et le Centre Régional des Nations Unies pour la Démocratie et les Droits de l’Homme en Afrique Centrale (CARO), cette rencontre a réunis plusieurs experts notamment ceux du Système des Nations Unies, du Gouvernement, de la Commission Nationale des Droits de l’Homme ainsi que ceux des Organisations de la Société Civile.

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“L’objectif est de rendre opérationnelle la CNDH à travers le partage de bonnes pratiques et les contributions des uns et des autres” a indiqué le Représentant de l’UNOCA au début de l’atelier.

Au cours des travaux, le PAYNCoP Gabon a plaidé pour une implication plus accrue des Organisations de la Société Civile notamment celles qui représentent les jeunes. Dans ce sens, le Coordonnateur National a suggéré de modifier le critère d’âge qui fixe l’âge minimum de 40 ans pour être commissaire à la CNDH.

S’il est possible d’être député ou Ministre à 35 ans au Gabon, pourquoi fixer l’âge des commissaires de la CNDH à 40 au minimum, s’est interrogé Jerry Bibang. “Cette disposition constitue un facteur d’exclusion et une violation du droit à la participation des jeunes dans la gestion des affaires publiques,” a-t-il expliqué. Elle est d’ailleurs opposée aux instruments juridiques régionaux et internationaux qui encouragent la participation des jeunes notamment la Charte Africaine de la Jeunesse et la résolution 2250 (jeunes, paix et sécurité) du Conseil de sécurité des Nations Unies, a-t-il ajouté avant d’insister sur le fait qu’il convient de prendre en compte la composante jeunesse dans la reforme actuelle de la Commission Nationale des Droits de l’Homme.

Les différentes propositions de cet atelier visent à modifier le texte portant création et organisation de la CNDH du Gabon afin de la mettre aux normes internationales, notamment les principes de Paris. Le projet de texte modifier sera remis très prochainement aux autorités compétentes.

Le PAYNCoP Gabon S’Associe au Conseil National de la Jeunesse pour dire Stop aux Violences sur les Jeunes

DROITS DE L’HOMME . .

A CPNN de Jerry Bibang, le Coordonnateur National du PAYNCoP

Face à la recrudescence des violences sur les jeunes au Gabon, la Coordination Nationale du Réseau Panafricain des Jeunes pour la Culture de la Paix (PAYNCoP Gabon) et le Conseil National de la Jeunesse du Gabon (CNJG) se sont associés, samedi 26 octobre, pour condamner fermement ce phénomène qui porte atteinte à la jeunesse gabonaise. C’était au cours d’un point de presse qui a eu l’adhésion de plusieurs organisations de jeunesse du Gabon.

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Rights of the child, How can they be promoted and protected?

Au cours de cette déclaration, lue par Fernandez Ona, le Président du CNJG, les jeunes leaders ont rappelé les dispositions juridiques internationales relatives à la protection de l’enfant notamment l’article 16 de la Charte Africaine des Droits et du Bien-être de l’Enfant qui dispose que : « Les Etats parties à la présente charte prennent des mesures législatives, administratives, sociales et éducatives spécifiques pour protéger l’enfant contre toute forme de torture, traitement inhumain et dégradant, et en particulier toute forme d’atteinte ou d’abus physique ou mental, de négligence ou de mauvais traitement, y compris les sévices sexuels, lorsqu’il est confié à la garde d’un parent, d’un tuteur légal, de l’autorité scolaire ou de toute autre personne ayant la garde de l’enfant. »

Aussi, L’agenda 2040 de l’Union Africaine sur les droits et le bien-être de l’Enfant africain, en son aspiration 7, exhorte aux Etats-Partis d’assurer la protection contre toutes les formes de violence à l’endroit des enfants. Dans le même sens, la Constitution de la République, en son Préambule, réaffirme la nécessité d’assurer et de protéger l’intégrité physique et morale de la jeunesse.

« En dépit de ce dispositif normatif, force est de constater pour le regretter, la récurrence des cas de violences à l’endroit des jeunes sur le territoire national » a souligné Jerry Bibang, le Coordonnateur National du PAYNCoP. « Ces violences sont multiples et variées, notamment les violences physiques, sexuelles, économ

Le PAYNCoP Gabon et AFRICTIVITES édifient les organisations de la société civile sur la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP)

DROITS DE L’HOMME . .

de Jerry Bibang, le Coordonateur National du PAYNCoP Gabon

Dans le cadre de la célébration du mois africain de la justice, le Mouvement Citoyen pour la Bonne Gouvernance au Gabon (MCB2G) et le Réseau Panafricain des Jeunes pour la Culture de la Paix (PAYNCoP), en partenariat avec les Africtivistes, ont organisé, le samedi 10 aout, une conférence publique sur le thème “Commission Africaine des Droits de l’Homme et des peuples et accès à la justice : mécanisme pour ce droit fondamental.”


(Cliquez sur le photo pour l’élargir.

Animée par Maitre Paulette Oyane Ondo, avocate et défenseure des Droits de l’homme, la rencontre qui s’est tenue au Centre Culturel de Glass a regroupé plusieurs responsables d’Ong et associations œuvrant pour la défense et la promotion des Droits de l’Homme.

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How can human rights be defended?

Dans son allocution de circonstance, Jerry Bibang, le Coordonateur Général du MCB2G et Coordonateur National du PAYNCoP Gabon a insisté sur le contexte de cette rencontre : “l’activité qui nous réunis ce jour s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du programme intitulé. ‘Local Initiative for Justice’ qui vise à mettre en place un cadre de dialogue, d’échange, de discussion et de débat autour des problématiques de droits de l’homme et des peuples. Ce programme, piloté par la plate forme Africtivistes, se compose de 5 grandes sessions qui se tiendront successivement au Gabon, au Congo, en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso et au Cameroun.”

A travers ce programme, “les Africtivistes et toutes les parties prenantes souhaitent mieux faire connaitre la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) qui reste encore peu connu du grand public,” a-t-il ajouté.

Prenant la parole, Maitre Paulette Oyane Ondo a commencé par un rappel historique avant d’aborder la composition, le fonctionnement, les mécanismes et les conditions de saisine de la CADHP. Pour l’avocate, la Commission, créée en 1987 en Ethiopie, assure essentiellement la promotion, la protection, la garantie et le respect des Droits de l’Homme en Afrique. Son outil de base est la Charte africaine des Droits de l’Homme et des peuples.

La commission fait également office de juridiction entre Etats ou en cas de différent entre un Etat et un individu ou un groupe de personne vivant en Afrique. Si la commission est accessible à tous, il existe toutefois des conditions pour qu’elle se saisisse d’une affaire. La première condition est que le pays mis en cause ait ratifié la Charte africaine des Droits de l’homme ; et la deuxième est que la plainte soit liée à une violation du texte de base. L’avocate a profité de l’occasion pour relever le mutisme et l’absence de la société civile gabonaise auprès de la CADHP, avant de répondre aux nombreuses questions des participants.

En marge de cette communication, le public a également eu droit à la présentation de la plate forme Africtivistes, assurée par Boursier Tchibinda, l’un des membres de cette organisation panafricaine ainsi que la présentation du MCB2G, par Joanie Mahinou, la Coodonatrice générale adjointe de cette Ong.

Amnesty International: Les politiques opprimantes et sexistes ont galvanisé le combat pour les droits des femmes en 2018

DROITS DE L’HOMME .

Un article de Amnesty International

Les militantes à travers le monde se sont trouvées en première ligne du combat pour la défense des droits humains en 2018, a déclaré Amnesty International le 10 décembre, à l’occasion du lancement de son bilan sur la situation des droits humains durant l’année écoulée.


Photo copyright REUTERS/Vincent West

L’organisation de défense des droits humains met par ailleurs en garde contre le fait que les mesures prises par des dirigeants « durs à cuire », qui promeuvent des politiques misogynes, xénophobes et homophobes, ont mis en péril des libertés et des droits pourtant acquis de longue date.

« En 2018, nous avons vu nombre de ces dirigeants “durs à cuire” tenter de saper le principe même d’égalité, qui constitue le socle des droits humains. Ils pensent que leurs politiques font d’eux de vrais durs, mais elles ne sont guère plus que des stratégies d’intimidation visant à diaboliser et à persécuter des populations déjà marginalisées et vulnérables », a déclaré Kumi Naidoo, secrétaire général d’Amnesty International.

« Ce sont les militantes qui ont cette année fait preuve de la plus puissante détermination à combattre ces dirigeants répressifs. »

Amnesty International expose donc les résultats de son analyse dans un document intitulé Les droits humains aujourd’hui, qui présente la situation de ces droits dans sept régions du monde : l’Afrique, les Amériques, l’Europe et l’Asie centrale, l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, l’Asie de l’Est, l’Asie du Sud et l’Asie du Sud-Est. Le lancement de ce compte rendu marque le 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui constitue la première déclaration mondiale des droits et qui a été adoptée en 1948 par des gouvernements du monde entier.

2018 : le soulèvement des femmes

Le pouvoir grandissant de la voix des femmes ne doit pas être sous-estimé, indique ce document. Si les mouvements de défense des droits des femmes sont bien établis, ce sont les militantes qui ont porté les principales causes du combat pour les droits fondamentaux durant l’année écoulée. Et des organisations menées par des femmes, telles que Ni una menos en Amérique latine, ont galvanisé des mouvements de masse d’une ampleur totalement inédite concernant des questions liées aux femmes.

En Inde et en Afrique du Sud, des milliers de personnes sont descendues dans la rue pour protester contre les violences sexuelles endémiques. En Arabie saoudite et en Iran, des militantes ont bravé le risque d’une arrestation en résistant, respectivement, à l’interdiction de conduire et à l’obligation de porter le hijab (voile islamique). En Argentine, en Irlande et en Pologne, de très nombreuses personnes se sont rassemblées pour réclamer la suppression de lois répressives sur l’avortement. Aux États-Unis, en Europe et dans certains pays d’Asie, des millions des personnes ont participé à la deuxième marche des femmes organisée dans le cadre du mouvement #MeToo, demandant la fin de la misogynie et des atteintes aux droits des femmes.

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What is the state of human rights in the world today?

Le rapport souligne toutefois que l’on ne peut pas célébrer « cette formidable montée du militantisme féminin » sans s’intéresser aux éléments moteurs qui ont conduit de si nombreuses femmes à se mobiliser pour exiger un changement.

« Les droits des femmes ont systématiquement été placés un échelon en dessous des autres droits et libertés par des gouvernements qui pensent pouvoir s’en tenir à de belles paroles à ce sujet et qui font très peu concrètement pour protéger les droits de la moitié de la population mondiale, a déclaré Kumi Naidoo.

« Pire encore, un grand nombre des gouvernants actuels à travers le monde ont lancé de nouvelles attaques contre les droits des femmes avec des discours misogynes et clivants. Ces dirigeants tentent de se justifier en expliquant qu’ils protègent des valeurs traditionnelles garantissant les intérêts de la famille, alors qu’en réalité ils défendent des programmes privant les femmes de l’égalité la plus fondamentale. »

Les droits humains aujourd’hui souligne qu’un nombre croissant de politiques et de lois visent à soumettre et à contrôler les femmes, en particulier en ce qui concerne la santé en matière de sexualité et de procréation. Ainsi, en Pologne et au Guatemala, les décideurs politiques défendent un durcissement des lois sur l’avortement, et aux États-Unis, la baisse des subventions versées aux centres de planning familial met en danger la santé de plusieurs millions de femmes.

Des militantes mettent en péril leur vie et leurs libertés pour attirer l’attention sur des injustices en matière de droits humains. Parmi elles figurent Ahed Tamimi, une adolescente palestinienne militante injustement emprisonnée pour avoir osé défendre son peuple ; Loujain al Hathloul, Iman al Nafjan et Aziza al Yousef, trois militantes actuellement détenues en Arabie saoudite pour avoir mené campagne en faveur des droits des femmes ; et Marielle Franco, qui a été assassinée au Brésil il y a quelques mois parce qu’elle s’est courageusement battue pour les droits humains.

2019 : une année charnière pour les droits des femmes

Kumi Naidoo insiste sur le fait que l’anniversaire, en 2019, de la déclaration des droits des femmes – la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes – représente une étape cruciale que le monde ne devra pas négliger.

Ce texte, qui aura 40 ans l’année prochaine, a été largement adopté. Pourtant, de nombreux gouvernements ne l’ont adopté qu’à la condition de pouvoir rejeter certaines dispositions essentielles destinées à garantir les libertés des femmes, comme celles relatives à la mise en place d’une politique nationale d’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes dans le droit et en pratique, ou celles portant sur l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes dans le mariage et dans les relations familiales.

Amnesty International demande aux gouvernements de prendre les mesures nécessaires pour protéger les droits des femmes, ce qui comprend non seulement le respect des normes internationales mais aussi la réforme des lois nationales néfastes, ainsi que des mesures assurant l’autonomisation des femmes et la protection de leurs droits.

« Le fait que de si nombreux pays n’aient que partiellement accepté cette déclaration des droits des femmes montre bien qu’un grand nombre de gouvernements pensent que la protection des droits des femmes se résume à un simple exercice de relations publiques visant à donner d’eux une belle image, alors qu’il s’agit d’une priorité qu’ils doivent traiter de toute urgence, a déclaré Kumi Naidoo.

« Partout dans le monde, en moyenne les femmes sont beaucoup moins bien payées que leurs confrères, bénéficient beaucoup moins de la sécurité de l’emploi, sont privées d’un accès à la représentation politique par ceux qui sont au pouvoir, et sont en butte à une violence sexuelle endémique dont les gouvernements continuent de ne pas se préoccuper. Pourquoi une telle situation ? Si nous vivions dans un monde où les hommes, et non les femmes, étaient soumis à cette persécution, cette injustice perdurerait-elle ?

« Je reconnais qu’Amnesty International peut et doit faire plus pour les droits des femmes. Alors que nous nous apprêtons à entrer dans l’année 2019, je pense que nous devons, maintenant plus que jamais, soutenir les mouvements de défense des droits des femmes, donner un écho aux voix des femmes dans toute leur diversité, et lutter pour que tous nos droits soient reconnus. »

(Merci à Janet Hudgins, le reporter du CPNN pour cet article.)

Enseignant(e)s et militant(e)s dénoncent les politiques migratoires américaines et tentent d’offrir des livres et des jeux aux enfants placés en détention

DROITS DE L’HOMME .

Un article de Internationale de l’Education

Un groupe d’enseignant(e)s, de syndicalistes, de militant(e)s et de dignitaires religieux/euses s’est rendu dans un centre de détention situé à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique pour offrir des livres, des jeux et des cadeaux aux enfants incarcérés par les autorités migratoires américaines.

Cette délégation avait pour objectif de dénoncer le caractère cruel, inhumain et traumatisant de la séparation entre enfants et parents, les conditions de détention illégales des mineur(e)s d’âge et les violations systématiques des droits humains des familles migrantes auxquelles se livrent les autorités américaines.

Sous le soleil accablant du Texas, les éducateurs/trices en provenance des deux côtés de la frontière entre les Etats Unis et le Mexique se sont rendu(e)s au centre de détention de Tornillo, où vivent actuellement plusieurs centaines d’enfants dans une série de tentes encerclées d’un mur de pierre et de fils barbelés, sous la surveillance des gardes armés du Département de la sécurité intérieure des Etats-Unis. 

Avant de rejoindre l’entrée du centre, la délégation de militant(e)s, composée de membres de l’American Federation of Teachers (AFT), du Sindicato Nacional de Trabajadores de la Educación (SNTE) et du Secrétaire général de l’Internationale de l’Education (IE) David Edwards, a participé à un rassemblement en vue de protester contre les politiques de séparation familiale et de détention illimitée, mises en place par le gouvernement américain.

Ce rassemblement, ainsi que la visite au centre, fait suite au décret migratoire promulgué par le Président Donald Trump, lequel n’a pris aucune mesure pour réunir les enfants et leurs parents et poursuit sa politique de détention des enfants, des mineur(e)s et des migrant(e)s cherchant asile. L’administration continue également à violer les lois internationales et à placer en détention des milliers d’enfants.

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

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Questions for this article:

The post-election fightback for human rights, is it gathering force in the USA?

(. . . suite)

Les gardes armés protégeant l’entrée du centre ont refusé d’accepter les cadeaux (cahiers, ours en peluches, ballons de football) et n’ont pas autorisé les enseignant(e)s à entrer sur le site ou à rendre visite aux enfants. De même, les autorités américaines n’ont pas répondu à une lettre envoyée au préalable, demandant l’autorisation de remettre du matériel pédagogique aux enfants.

« Nous avons vu des gouvernements dans le monde maltraiter les populations migrantes et réfugiées, mais nous sommes scandalisé(e)s par le degré de cruauté, d’arrogance et de mépris des droits humains qu’affichent les autorités américaines », a fait remarquer David Edwards, Secrétaire général de l’IE.

Plusieurs ONG ont signalé que des enfants avaient été ligotés, menottés et forcés à prendre des médicaments et des somnifères. D’autres sont privés d’exercice et d’affection humaine. Leur situation est encore aggravée par le traumatisme à long terme engendré par le fait d’avoir été séparés de leurs parents, a expliqué Edwards:

« En tant que représentante des éducateurs et éducatrices, en tant que communauté de professionnels chargés de prendre soin des enfants, et en tant qu’organisation internationale engagée à défendre les droits humains, l’Internationale de l’Education condamne ce traitement violent et scandaleux des migrants et des enfants, et exige la cessation immédiate de ces mesures. En tant qu’éducateurs, notre mission consiste à accueillir, développer, encourager et inspirer les enfants. Et nous luttons également pour faire valoir leurs droits. »

La Présidente de l’AFT, Randi Weingarten, a déclaré: « Ces politiques sont caractéristiques des régimes tyranniques ou dictatoriaux, et non pas de nos démocraties… Ces agissements considérés comme une violation des droits humains fondamentaux ont causé de profondes séquelles traumatisantes. La communauté internationale doit réagir et prendre des mesures pour mettre un terme aux agissements odieux de cette administration. »

Juan Díaz de la Torre, Président du SNTE, également présent lors du rassemblement, a déclaré que, en tant qu’éducateurs/trices, « notre vocation va bien au-delà de l’enseignement dans les classes. Nous sommes des femmes et des hommes engagés à former les citoyens et citoyennes de demain. Le traitement inhumain enduré par ces enfants laissera des traces dans leur développement si nous n’intervenons pas immédiatement. »

Il a ajouté que si l’on souhaite apporter des solutions au problème de la migration, un processus/accord multilatéral est nécessaire, impliquant tous les pays qui accueillent ou expulsent les migrant(e)s. Tout le monde doit s’employer à trouver des solutions: « Même si les frontières paraissent nous diviser, nous partageons une vocation commune qui nous unit ».

Remarque – Vous vous demandez peut-être ce qu’il est advenu des cadeaux. Ils ont été remis aux organisations travaillant avec les enfants migrants dans la région frontalière.

(Merci a Janet Hudgins, le reporter de CPNN pour cet article.)

Le lauréat du prix Nobel prend la tête d’une marche homérique à travers l’Inde en faveur de la sécurité des enfants

DROITS DE L’HOMME .

Un article de Internationale de l’Education

Lorsque Kailash Satyarthi prend un engagement, rien ne peut l’arrêter, comme le montre la réponse de millions de personnes à son appel à mettre fin aux abus sexuels et la traite des enfants dans la plus grande marche qu’a connu le pays.

Le mois dernier, un nombre estimé à plus de 10 millions d’Indiens ont exprimé leur opposition aux abus subis par les enfants en marchant en masse à travers le pays.

Lancée par le lauréat du prix Nobel de la Paix, Kailash Satyarthi, Bharat Yatra, une marche visant à mettre fin aux abus sexuels et à la traite des enfants, a parcouru plus de 11.000 km à travers 22 Etats et territoires de l’Union, du 11 septembre au 16 octobre. 

« Le crime dont sont victimes nos enfants n’est pas ordinaire. Il s’agit d’une épidémie morale qui hante notre pays ainsi que le reste du monde que nous ne pouvons tolérer. Nous devons, en tant que nation, rompre notre silence, élever notre voix et nous unir », a déclaré Satyarthi.

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

Questions for this article:

How to stop violence against children?

(. . . suite)

C’est à Delhi, dernière étape de la marche, que Satyarthi s’est exprimé devant des milliers d’étudiant(e)s qui se sont engagé(e)s à soutenir la campagne. Il a été rejoint, à la fin de la marche, par le Secrétaire général de l’Internationale de l’Education Fred van Leeuwen, ami et partisan de longue date. Ensemble, Satyarthi, van Leeuwen et Sylvia Borren ont créé la Campagne mondiale pour l’éducation.

Assurer la sécurité des enfants en Inde est un immense défi. La campagne a sensibilisé l’opinion sur le fait que, chaque jour, 40 enfants étaient violés et 48 autres subissaient des abus sexuels, tandis que des centaines de milliers de mineur(e)s étaient victimes de la traite à des fins abominables.

La campagne vise avant tout à exhorter le gouvernement à intervenir davantage pour que la sécurité des enfants figure en tête des priorités.

Celle-ci a réuni des personnes de tous horizons, des milieux économiques et politiques, aux groupes de femmes et d’enseignant(e)s, en passant par les responsables religieux, les enfants et les parents.

(Merci à Janet Hudgins, le reporter de CPNN pour cet article.)

(Cliquez ici pour une version anglaise de cet article et ici pour une version en espagnol.)

Amnesty: Huit portraits de femmes montrent qu’il faut profiter de la Journée internationale des droits des femmes pour affirmer : «Nous n’attendrons pas le respect de nos droits!»

DROITS DE L’HOMME .

Un article par Shiromi Pinto pour Amnesty International

Des femmes du monde entier participent à la Grève des femmes, organisée le 8 mars afin de mettre en évidence les conséquences d’une Journée sans femmes. Pouvons-nous nous permettre de nous passer pendant une journée de femmes telles que les huit présentées dans ce billet de blog, dont le refus d’attendre est capital pour renverser la tendance régressive actuelle en matière de droits des femmes ?


Photos des 8 femmes décrites ci-dessous montrées dans l’ordre supérieur gauche à inférieur droit
(cliquez sur la photo pour l’agrandir)

S’il y a une chose que j’ai comprise en janvier avec la Marche des femmes, qui a été un moment historique, c’est que les femmes en ont assez d’attendre. Aujourd’hui les rues sont emplies de la même ferveur, à l’occasion de ce qui semble bien parti pour être une grève des femmes sans précédent. Début 2017, plus de 3 millions de personnes, tous genres confondus, ont défilé dans le monde entier pour défendre les droits des femmes et de nombreux autres droits qui leur sont liés. Les raisons qu’avaient ces manifestants de descendre dans la rue n’ont pas disparu. Bien au contraire, elles sont renforcées par les remarques misogynes du président des États-Unis Donald Trump ou ses décrets discriminatoires, notamment l’interdiction d’entrée sur le territoire des États-Unis pour les personnes originaires de certains pays, qui ont des répercussions à la fois vastes et profondes pour les migrants et d’autres minorités. Ses décisions mettent également en danger la santé et la vie des femmes. Mais la situation n’est pas propre aux États-Unis. La preuve : des milliers de femmes qui font grève aujourd’hui dans le monde entier. Elles savent que, lorsqu’il s’agit des inégalités qui touchent encore tant de femmes de par le monde, les chiffres sont extrêmement parlants.

Selon les prévisions du Forum économique mondial, il faudra encore 169 ans pour combler la différence de salaire entre hommes et femmes. Il ne s’agit là que de l’un des nombreux exemples édifiants donnant un aperçu du temps qu’il va falloir avant que les femmes et les filles obtiennent d’être traitées avec équité. Pas moins de 225 millions de femmes à travers le monde n’ont pas la possibilité de choisir si elles veulent ou non des enfants, et quand. Environ 47 000 femmes meurent chaque année des suites d’un avortement pratiqué dans des conditions dangereuses, et cinq millions d’autres en gardent des séquelles invalidantes. On estime à 35 % le nombre de femmes dans le monde ayant déjà été victimes de violences physiques et/ou sexuelles. Plus de 32 millions de filles (contre 29 millions de garçons) ne vont pas à l’école primaire. Et sur le nombre de femmes vivantes aujourd’hui, 700 millions étaient mariées avant l’âge de 18 ans.

Tant de progrès restent encore à réaliser, et les femmes et les filles du monde entier en ont assez. Voici huit femmes qui luttent en première ligne pour leurs droits, refusant d’attendre face à l’injustice.

Elles n’attendront pas. Nous non plus.

Et vous ?

AFRIQUE

Tlaleng Mofokeng – Elle n’attendra pas… alors que des femmes n’ont toujours pas le droit d’avorter

Médecin en Afrique du Sud, Tlaleng Mofokeng est une force que l’on ne peut ignorer. Cette professionnelle de la santé dévouée s’exprime également sans détour en faveur de la santé sexuelle en tant que présentatrice radio, diffusant son message aussi largement que possible. « Je ne m’arrêterai pas tant que le droit à l’avortement ne sera pas respecté et que les femmes auront accès à des services d’interruption de grossesse sûrs, affirme-t-elle. En Afrique du Sud, des femmes meurent tous les jours des suites d’un avortement pratiqué dans de mauvaises conditions, et pourtant les personnalités politiques pensent que les droits des femmes en matière de procréation peuvent être utilisés comme une balle de ping-pong politique. » Tlaleng Mofokeng dénonce aussi la culture du viol et est aux premières loges du mouvement qui vise à faire en sorte que les professionnels de la santé traitent tous leurs patients avec respect et sans discrimination. Une véritable défenseure des droits humains, comme toutes les femmes présentées ici.

« Le monde entier pense avoir le droit de dire aux femmes ce qu’elles doivent faire de leur vagin et de leur utérus. Il semble que la santé des femmes soit un sujet sur lequel n’importe qui se sent autorisé à donner son avis. »

AMÉRIQUES

Connie Greyeyes- Elle n’attendra pas… qu’une autre femme disparaisse

Connie Greyeyes est devenue militante « par accident ». Elle appartient au peuple autochtone Cri et vit en Colombie-Britannique, une province de l’ouest du Canada. Elle s’est rendu compte qu’un nombre alarmant de femmes de sa communauté étaient portées disparues ou avaient été tuées. Elle a commencé à organiser un soutien pour les familles de ces femmes et a présenté à Ottawa, capitale du pays, une demande d’enquête nationale. Selon les chiffres officiels, plus de 1 000 femmes autochtones ont disparu ou ont été assassinées au Canada au cours des 30 dernières années. Les efforts de Connie Greyeyes et de nombreuses autres femmes autochtones de tout le pays ont porté leurs fruits : le gouvernement a annoncé l’ouverture d’une enquête en 2016.

« Quand nous sommes ensemble, il se dégage une telle force ! Être capable de sourire après avoir découvert que quelqu’un qui vous est précieux a été assassiné. Comment ne pas se sentir inspirée par des femmes qui ont vécu l’enfer à cause de ce qui est arrivé à leur enfant, et en sont revenues ? Vous savez, qui luttent, qui essaient d’obtenir justice. Comment ne pas se sentir inspirée, ne pas vouloir continuer à se battre ? »

Karla Avelar – Elle n’attendra pas… alors que des réfugiés ne peuvent obtenir la sécurité

Karla Avelar a survécu. Elle a survécu aux attaques de gangs, à plusieurs tentatives de meurtre et à la prison au Salvador. Aujourd’hui, elle est à la tête de Comcavis Trans, une organisation qui soutient les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées (LGBTI), exposées à des menaces et des violences au Salvador. Leur situation est si précaire dans le pays que beaucoup cherchent refuge ailleurs. À travers Comcavis, Karla Avelar fournit des informations et d’autres formes de soutien pour aider ces personnes au cours du voyage, souvent périlleux, qui les mène normalement jusqu’au Mexique ou aux États-Unis. Mais la position radicale des États-Unis à propos des réfugiés et des migrants entrant dans le pays fait courir un risque encore plus grand à ces réfugiés LGBTI – un problème auquel Karla Avelar s’attaque désormais avec énergie et détermination.

« Les décisions de Trump affectent des milliers de personnes, en particulier des personnes LGBTI qui sont déjà victimes de racisme, de discrimination et de violences. Au lieu de garantir la protection des droits fondamentaux des personnes migrantes, le gouvernement des États-Unis montre ces gens du doigt et les présente comme des criminels. »

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Question related to this article

Do women have a special role to play in the peace movement?

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ASIE-PACIFIQUE

Su Changlan – Elle n’attendra pas… pour réunir des enfants et leurs parents

L’histoire de Su Changlan, ancienne institutrice, est loin d’être unique. D’après l’une de ses amies, c’est une histoire que partagent de nombreuses femmes en Chine. Elle ne pouvait rester sans rien faire lorsqu’elle entendait parler de jeunes filles victimes de la traite d’êtres humains, vendues et mariées de force, ou de parents dont les enfants avaient disparu. Elle a fait de son mieux pour aider des personnes dans ces situations, et bien d’autres encore. Elle défendait de nombreuses causes, allant des droits fonciers aux manifestations en faveur de la démocratie à Hong Kong. Elle savait qu’elle risquait de payer ses actions de sa liberté et c’est malheureusement ce qui est arrivé. Elle est en détention depuis 2015.

« J’espère que les parents ne perdent pas espoir dans la recherche de leurs enfants disparus. Nous, membres de la société civile, devons agir ensemble pour les aider à retrouver leurs enfants. Le gouvernement devrait aussi investir plus dans ce domaine, au lieu de nous empêcher de faire notre travail ! »

Samira Hamidi – Elle n’attendra pas… alors que les femmes sont exclues du gouvernement

Depuis 2004, Samira Hamidi a réalisé un travail de pionnière pour les femmes en Afghanistan. En tant que présidente du Réseau des femmes afghanes (AWN), elle a lutté activement pour faire en sorte que les voix et les préoccupations des femmes soient représentées aux plus hauts niveaux du gouvernement. Dans le même temps, militante déterminée sur la scène internationale, elle ne cesse de rappeler aux gouvernements et aux potentiels donateurs que la sauvegarde et le renforcement des droits des femmes en Afghanistan doivent faire partie de tout dialogue engagé avec les dirigeants du pays. Le chemin est semé d’embûches mais elle ne se décourage pas, luttant pour la cause des femmes défenseures des droits humains, veillant à ce que leurs préoccupations soient entendues.

« Les femmes devraient bénéficier des mêmes chances que les hommes pour faire de l’Afghanistan un pays meilleur. »

EUROPE

Jeanette John Solstad Remø – Elle n’attendra pas … d’avoir le droit d’être reconnue comme femme

Jusqu’à récemment, elle s’appelait John Jeanette, son prénom traduisant la double identité qu’elle était forcée d’accepter chaque jour en Norvège. Cet ancien commandant de sous-marin ne pouvait envisager son avenir autrement qu’en tant que femme. La législation norvégienne, cependant, ne l’autorisait pas à changer de genre à l’état civil sans subir une « véritable conversion sexuelle » impliquant le retrait de ses organes reproducteurs et un examen psychiatrique. John Jeanette a refusé de se soumettre à ces épreuves. En conséquence, sur tous ses papiers, que ce soit son permis de conduire, son passeport, ses ordonnances médicales et même sa carte de bibliothèque, le genre indiqué restait « masculin ». Elle a milité sans relâche contre la législation norvégienne et ses actions, ainsi que celles des personnes et organisations qui la soutenaient – dont Amnesty International – lui ont permis de remporter une grande victoire. En 2016, la Norvège a enfin adopté une nouvelle loi sur la reconnaissance officielle du genre, qui permet aux personnes transgenres de choisir leur genre. Aujourd’hui, pour célébrer cet événement, John Jeanette a changé son nom et s’appelle désormais Jeanette John.

« Tout le monde mérite de pouvoir exprimer son genre. »

MOYEN-ORIENT ET AFRIQUE DU NORD

Loujain al Hathloul – Elle n’attendra pas … d’avoir le droit de conduire

Sans craintes et impressionnante, Loujain al Hathloul s’est révoltée contre l’interdiction de conduire en vigueur pour les femmes en Arabie saoudite et en a assumé les conséquences. En novembre 2014, elle a été placée en détention pour 73 jours parce qu’elle avait posté en direct sur Twitter des messages et des photos d’elle en train de conduire une voiture pour traverser la frontière alors qu’elle revenait des Émirats arabes unis. Libérée en février 2015, elle s’est présentée à une élection en novembre de la même année : c’était la première fois que les femmes avaient à la fois le droit de voter et d’être candidates à une élection dans le pays. Toutefois, bien qu’elle ait finalement été reconnue officiellement comme candidate, aucun bulletin à son nom n’a été produit. Aujourd’hui, elle continue de lutter afin de bâtir un avenir meilleur pour tous les Saoudiens. Un avenir dans lequel les femmes pourront jouir de leurs droits en tant que citoyennes à part entière de leur pays.

« Je gagnerai. Peut-être pas tout de suite, mais je gagnerai, c’est sûr et certain. »

Narges Mohammadi – Elle n’attendra pas… qu’une autre femme soit défigurée dans une attaque à l’acide

Défenseure passionnée des droits des femmes en Iran, Narges Mohammadi n’a eu de cesse de dénoncer les attaques à l’acide visant des femmes. Elle a également mené de nombreuses autres actions en faveur des droits humains, notamment en demandant l’abolition de la peine de mort, et a payé le prix fort pour son engagement. Elle a été condamnée à un total de 22 années d’emprisonnement pour avoir osé faire entendre sa voix. Le tribunal a notamment retenu à titre de « preuve » contre elle sa rencontre avec l’ex-haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, en 2014, lors de la Journée internationale des droits des femmes. « Dans un pays où il est aussi difficile d’être une femme que d’être une mère ou une défenseure des droits humains, être les trois à la fois est un crime impardonnable », a-t-elle récemment écrit depuis sa prison. En 2016, Narges Mohammadi a entamé une grève de la faim parce qu’elle n’était pas autorisée à parler au téléphone avec ses deux enfants, qui vivent désormais en France avec leur père. Ses enfants peuvent désormais lui parler une fois par semaine, mais ils font face à la perspective de vivre sans leur mère pendant de nombreuses années.

« Me voilà ici, dans ma patrie, déclarée coupable et emprisonnée parce que je suis une défenseure des droits humains, une féministe et une opposante à la peine de mort. [Mais] non seulement mon incarcération et ma récente condamnation à 16 ans de prison ne me font rien regretter mais elles renforcent même plus que jamais ma conviction et mon engagement dans la défense des droits humains. »

(Merci à Janet Hudgins, le reporter pour cet article.)

Canada: la Cour suprême entérine le droit de négociation, les enseignant(e)s savourent leur victoire

DROITS DE L’HOMME .

Un article de l’Internationale de l’Education

A l’issue d’un bras de fer juridique particulièrement rude et clivant, les éducateurs/trices de Colombie-Britannique célèbrent la décision de la Cour suprême qui réaffirme le droit à la négociation collective et ouvre la porte à l’embauche de centaines d’enseignant(e)s. L’ensemble des gouvernements canadiens sont tenus de respecter le droit de négociation et les conventions collectives


Selon toute vraisemblance, le gouvernement de Colombie-Britannique devra embaucher des centaines d’enseignant(e)s et devra allouer chaque année entre 250 millions et 300 millions de dollars canadiens (soit entre 170 et 205 millions d’euros) supplémentaires à l’éducation. En effet, la Cour suprême du Canada vient d’invalider la décision prise le 10 novembre 2015 par la Cour d’appel de Colombie-Britannique en faveur du gouvernement provincial. Ce jugement réhabilite la décision initialement prise par la juge de la Cour suprême, Susan Griffin, en faveur des syndicats. Ces estimations financières ont été avancées, au terme d’une bataille juridique engagée en 2002 par les syndicats, par Glen Hansman, Président de la Fédération des enseignantes et enseignants de la Colombie-Britannique (BCTF), une organisation membre de la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE), qui est elle-même affiliée à l’Internationale de l’Education.

« La victoire obtenue aujourd’hui est un succès historique pour le respect de nos droits, et vient légitimer toutes ces années passées à combattre la politique anticonstitutionnelle mise en œuvre par le gouvernement de Colombie-Britannique qui a eu ainsi toute la latitude pour sous-financer l’éducation », s’est réjoui Hansman. « Désormais, nous entrevoyons une lueur d’espoir pour tous les étudiantes et étudiants de ce système scolaire qui, nous le souhaitons, verront les conditions d’apprentissage et le niveau de soutien s’améliorer. Nous espérons également que les enseignantes et enseignants bénéficieront de nouveau de conditions d’enseignement plus justes et plus acceptables. »

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Question(s) related to this article:

The right to form and join trade unions, Is it being respected?

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Ce jugement marque le point final d’une procédure juridique particulièrement longue, au cours de laquelle la BCTF n’a cessé de répéter que le gouvernement, en privant les enseignant(e)s de leurs conventions collectives et de leur droit de négociation en 2002, et en refusant par la suite de prendre en compte cette situation, agissait de façon anticonstitutionnelle. La Cour suprême du Canada a donc confirmé le droit de négociation des enseignant(e)s, et a reconnu la légitimité des arguments avancés par la BCTF depuis les premières violations de conventions collectives des enseignant(e)s par la ministre de l’Education, Christy Clark.

Ce jugement marque le point final d’une procédure juridique particulièrement longue, au cours de laquelle la BCTF n’a cessé de répéter que le gouvernement, en privant les enseignant(e)s de leurs conventions collectives et de leur droit de négociation en 2002, et en refusant par la suite de prendre en compte cette situation, agissait de façon anticonstitutionnelle. La Cour suprême du Canada a donc confirmé le droit de négociation des enseignant(e)s, et a reconnu la légitimité des arguments avancés par la BCTF depuis les premières violations de conventions collectives des enseignant(e)s par la ministre de l’Education, Christy Clark.

« Je tiens à féliciter la Fédération des enseignantes et enseignants de la Colombie-Britannique pour son engagement et sa détermination sans failles qui ont permis à la justice de triompher », a déclaré la Présidente de la FCE, Heather Smith. « Cette décision envoie un signal fort à tout gouvernement provincial/territorial qui entendrait bafouer les droits des enseignantes et enseignants par la voie juridique. »

La BCTF réclame l’application immédiate de la décision

Cet arrêt a réhabilité sans délai les clauses du contrat des enseignant(e)s qui avaient été supprimées par le gouvernement libéral en 2002, relatives à la taille des classes, au nombre d’étudiant(e)s ayant des besoins particuliers pouvant être admis au sein d’une classe et au nombre d’enseignant(e)s spécialisé(e)s devant être recruté(e)s dans les écoles.

Hansman a indiqué qu’il faudrait probablement un certain temps pour rétablir la taille des classes au niveau de 2002, le syndicat ayant perdu l’équivalent de 3.500 postes à temps plein au cours des 15 dernières années. Par ailleurs, il a appelé « le gouvernement à prendre des mesures immédiates afin d’appliquer de nouveau ces dispositions, de façon à ce que nous retrouvions un système scolaire qui finance et soutienne comme il se doit les enseignantes et enseignants, les écoles et les étudiantes et étudiants. »

(Merci à Janet Hudgins, le reporter pour cet article.)

La réponse officielle de San Francisco à l’élection de Trump

DROITS DE L’HOMME .

Un article de Presenza (Article traduit de l’anglais par Sabine Haouara et Jean-Marc Dunet, reproduis selon les provisions de Creative Commons

Le conseil des autorités de surveillance de San Francisco a récemment pris une résolution introduite par le président du conseil London Breed en réponse à l’élection de Donald Trump. Voici le texte de la résolution :


(Crédit image : San Francisco Bay Times)

ATTENDU QUE, le 8 Novembre 2016 Donald Trump a été élu pour devenir le 45ème président des États-Unis, en conséquence de quoi

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : quelles que soient les menaces proférées par le président élu Trump, San Francisco demeurera une Ville Sanctuaire. Nous ne tournerons pas le dos aux hommes et aux femmes originaires d’autres pays qui participent à la grandeur de la ville et qui représentent plus d’un tiers de la population. Il y a ici le Golden Gate : nous construisons des ponts, pas des murs ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : nous ne reviendrons jamais sur les droits des femmes, que cela soit dans le domaine de la santé, du travail ou dans n’importe quel domaine menacé par un homme qui traite les femmes comme des obstacles à rabaisser ou des objets à agresser. Et non moins important, nous nous assurerons que nos jeunes filles grandiront avec des modèles qui leur montrent qu’elles peuvent être et faire ce qu’elles veulent ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : il n’y aura pas de thérapie de conversion, ni de suppression des droits à San Francisco. Nous avons commencé à accueillir les mariages homosexuels depuis 12 ans et nous n’allons pas nous arrêter maintenant. Et pour toutes les personnes LGBTQ* de tout le pays qui se sentent effrayés, intimidés, ou seuls : vous comptez. Vous êtes vus, vous êtes aimés ; et San Francisco n’arrêtera jamais de se battre pour vous ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : nous croyons encore au principe fondamental de liberté religieuse de cette nation. Nous ne bannissons pas des personnes pour leur foi. Et les seules listes que l’on garde sont des invitations à venir prier ensemble ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : la vie des personnes de couleur compte à San Francisco, même si cela pourrait ne pas être le cas à la Maison Blanche. Et, guidés par l’équipe de travail du président Obama sur la police du 21ème siècle, nous continuerons à réformer notre service de police et à reconstruire une relation de confiance entre la police et les communautés de couleur afin que tous les citoyens se sentent en sécurité dans leurs quartiers ; et, cela étant

(Voir suite sur colonne de droite. . . )

( Clickez ici pour l’originale anglaise de cet article.)

Question for this article:

Is the post-election fightback for human rights gathering force in the USA?

(. . . suite)

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : le changement climatique n’est pas un canular ou un complot des Chinois. Dans cette ville entourée d’eau sur trois côtés, la science est importante. Et nous continuerons notre travail sur l’Energie propre, le Zéro déchet, ainsi que tout ce que nous faisons pour protéger les générations futures ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : nous avons fourni des soins de santé à tous dans cette ville depuis presque une décennie, et si la nouvelle administration va au bout de sa promesse impitoyable d’annuler l’assurance maladie pour 20 millions de personnes, les habitants de San Francisco seront protégés ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : nous sommes le lieu de naissance des Nations Unies, une ville rendue plus forte par les milliers de visiteurs internationaux que nous accueillons chaque jour. Nous resterons engagés pour l’internationalisme ainsi que pour nos amis et alliés du monde entier – que cela soit ou ne soit pas le cas de l’administration à Washington ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : San Francisco restera une des premières villes pour le transport et continuera à construire les systèmes Muni et BART [réseaux de transport de San Francisco, NDT] sur lesquels nous pouvons tous compter, même si l’administration de Washington va au bout de son projet de supprimer le financement fédéral pour le transport en commun ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : la Californie est la sixième plus grande économie du monde. La région de la Baie est la capitale de l’innovation du pays. Nous ne serons pas intimidés par les menaces de révoquer notre financement fédéral, et nous ne voulons pas non plus sacrifier nos valeurs ou les membres de notre communauté pour vos dollars ; et, cela étant

A ÉTÉ PRISE LA RÉSOLUTION : nous condamnons tous les crimes et les discours haineux perpétués en raison de cette élection. Et bien que les États-Unis vont bientôt avoir un président qui a fait preuve d’un manque de respect envers les valeurs que nous tenons en haute estime à San Francisco, il ne peut pas changer qui nous sommes, et il ne changera jamais nos valeurs. Nous argumentons, nous militons, nous débattons vigoureusement au sein de San Francisco, mais sur ces points nous sommes unis à 100 %. Nous combattrons la discrimination et l’irresponsabilité dans toutes ses formes. Nous sommes une Ville. Et nous avancerons ensemble.

* LGBTQ : lesbienne, gay, bisexuel, transexuel, Queer